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ISBN : 2352874858
Éditeur : Archipoche (15/05/2013)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Lucy Snowe, une jeune Anglaise qui se destine à l'enseignement, embarque un jour pour la sombre Villette, capitale du royaume de Labassecour. Sans connaître un mot de français, elle échoue dans un pensionnat de jeunes filles tenu par l'étrange Mrs Beck, qui l'engage comme institutrice.

Plongée dans cet univers inconnu, en butte aux colères de M. Paul, le professeur d'arithmétique, Lucy peine à trouver sa place. Déracinée, mais rebelle et orgueilleuse,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Marple
20 juillet 2016
★★★★★
★★★★★
Il ne se passe pas grand chose à Villette et dans la vie de Lucy Snowe... et pourtant que de richesses dans ce récit ! Il faudra sans conteste que j'y revienne pour approfondir !
Il semblerait que Charlotte Brontë se soit inspirée de sa propre expérience de jeune fille financièrement démunie mais instruite, obligée d'enseigner dans un pensionnat belge, pour écrire ce récit. Ses descriptions, tant des méthodes d'éducation que des crises de désespoir et de solitude, sont en effet criantes de vérité et de fait réellement poignantes.
Pourtant, ce qui m'a le plus intéressée et fait réfléchir est cette affirmation au détour d'un paragraphe que certains sont faits, presque programmés, pour être heureux et d'autres pas. Si cela peut sembler évident au temps des Brontë et des injustices entre hommes et femmes ou riches et pauvres, est-ce encore le cas aujourd'hui ? Je crois que oui, qu'il existe encore aujourd'hui des Paulina, des Lucy Snowe et des Docteurs John aujourd'hui et j'avoue que ça me dérange. de même que la fin de l'histoire m'a dérangée...
Mais arrêtons là ce qui m'a dérangée, car ma lecture a été bien plus passionnante que dérangeante. L'étude des caractères et des moeurs m'a semblé parfaitement réussie, de l'amitié papillonnante de certains aux coquetteries pas bien méchantes d'autres, en passant par les petits ridicules ou les excès d'un amour sincère. Surtout, la sèche et puritaine héroïne est attachante par sa droiture, son besoin de chaleur humaine et sa bienveillance.
Challenge Pavés 21/xx et challenge XIX 5/xx
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misspendergast
29 septembre 2014
★★★★★
★★★★★
La première partie de l'ouvrage est consacrée à la jeunesse de l'héroine, Lucy Snowe. Celle-ci, durant sa jeunesse, avait l'habitude d'aller passer quelques temps chez une famille dénommée Bretton, famille d'importance comme nous le verrons par la suite. Les Bretton se compose de Mrs Bretton et de son fils Graham. Ces premiers chapitres vont nous permettre de cerner un peu mieux le personnage de Lucy. de prime abord, simple, calme et lisse, elle possède un regard désillusionné sur ce qui l'entoure. Plus spectatrice qu'actrice, elle ne prends vie qu'au travers du regard qu'elle porte sur ceux qui l'entoure.
Mais, au fil du temps, elle n'aura d'autres choix que de s'émanciper lorsque pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires, elle se voit contrainte de chercher un travail. Dès lors, quittant son Angleterre natale, elle se voit contrainte de gagner la ville de Villette, afin d'obtenir un travail auprès de l'énigmatique Mrs Beck qui dirige un pensionnat pour jeunes filles. C'est grâce à l'intervention inopinée du plus étrange encore, M. Paul, cousin de Mrs Beck, qu'elle obtient le fameux poste qui consistera à s'occuper des filles de celles-ci. Son statut va grandement évoluer au fil de la lecture puisqu'elle deviendra institutrice au sein du pensionnat. C'est un tournant nouveau que prends la vie de la jeune fille, vivant dans l'ombre, elle se voit propulsée malgré elle sous le feux des projecteurs en devenant un élément extrêmement important de l'établissement de Mrs Beck.
On s'étonnera par moment, du caractère très étranges des nombreux personnages composant la trame de l'histoire. Lucy est de nature calme, mais au fil des pages, certains sentiments s'emparent d'elle et elle devient beaucoup plus intéressante, vraie et sympathique pour nous, lecteur. À mes yeux, cela la rendait beaucoup plus humaine.
Deux hommes se partagent le rôle du prétendant dirons-nous, ou plutôt soulève l'intérêt de la jeune fille. En premier lieu, Graham que nous découvrons dans les premiers chapitres, c'est un personnage que j'apprécie beaucoup, il est chaleureux et humain même si à quelques égards il n'est pas parfait et malgré tout je l'ai adoré! de même j'ai beaucoup apprécié le concours de circonstances qui voit Graham et Lucy réuni à nouveaux, quelques années plus tard. Vient ensuite M. Paul, un homme énigmatique, tout le contraire de Graham car plus réservé. Il n'est pas à proprement parler bel homme et je l'ai trouvé fort antipathique au début de ma lecture. Et pourtant, mon avis a bien changé au fur et à mesure que je progressais dans ma lecture. Je dois bien admettre que, de Graham ou de Paul je ne saurai dire lequel je préfère, les deux personnages m'ont touché et ce, pour des raisons différentes. Ces deux hommes importants dans la vie de Lucy lui permettront d'avancer et de faire ses propres choix.
D'autres personnages viennent agrémenter le quotidien de cette chère Lucy, notamment Polly, une toute jeune fille qui viendra habiter chez les Bretton quelque temps au début de l'ouvrage, ou encore Ginevra une affreuse coquette mais qui m'a beaucoup amusé car elle contrastait tant par sa superficialité avec le caractère austère de Lucy. Mrs Beck apporte également son lot d'intrigues et d'étonnement, c'est un personnage fort étrange mais que j'ai beaucoup apprécié car c'est une femme forte qui sait ce qu'elle veut et comment l'obtenir.
Les manigances sont légions dans cet ouvrage et arrivé à la toute fin, nous sommes étonnés de voir tomber les masques de certains personnages! La vie de gouvernante et d'institutrice n'est pas des plus simple, et j'ai adoré comprendre le contexte de l'époque décrit par Charlotte Brontë d'autant plus qu'il s'agit d'un ouvrage puisant son inspiration directe dans le vécu de l'auteure ce qui est d'autant plus intéressant. le rôle attribué aux femmes de cette époque, n'était pas des plus roses, souvent rabaissés, elle ne devait pas se montrer ''trop'' intelligente. Il y a certains éléments qui dans le récit ne peuvent que nous énerver du point de vue féminin. La religion tient également un rôle important dans cet ouvrage puisque Lucy est protestante et elle ne compte pas renier sa religion pour celle des gens de Villette. Aussi, nous avons le droit à quelques échanges assez savoureux entre elle et M. Paul à ce sujet.
A priori, on pourrait penser qu'il ne se passe pas énormément de choses dans ce roman et pourtant c'est ce qui fait le charme de l'ouvrage à mes yeux. Lucy reste extérieure la plupart du temps à ce qui l'entoure, il est vrai qu'elle observe beaucoup mais elle agit également à sa manière, et on la voit justement agir de plus en plus au fur et à mesure que nous avançons dans l'histoire grâce à l'impact des personnages gravitant autours d'elle. J'ai beaucoup aimé lever le voile sur les mystères et les secrets de certains personnages en même temps que l'héroine. Charlotte Brontë distille à merveille ce qu'il faut de suspense pour nous donner envie de poursuivre notre lecture. C'est sans compter sur une part de mystère quelque peu gothique qui vient alimenter l'imagination de notre héroïne à certains moments, et cela m'a beaucoup plu et amusé. Dans cet ouvrage, les personnages qui se sont croisés dans le passé se croisent à nouveau dans le présent et c'est avec plaisir que j'en ai retrouvé certains. La romance est quant à elle belle, simple, sans fioritures et j'ai apprécié suivre les tourments qu'animait le coeur de cette chère Lucy.
Je souhaite également insister sur l'utilisation de la première personne, qui rend le récit encore plus crédible à mes yeux et nous immerge d'autant plus dans les pensées de l'héroïne. Ce récit est assez consistant au niveau du nombre de pages, et pourtant il n'est pas du tout indigeste, l'écriture est simple, claire et agréable, Charlotte Brontë sait comment nous charmer à travers son écriture autant que par la richesse de son histoire.
Au final
Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié cet ouvrage, j'avais déjà lu le merveilleux Jane Eyre de cette auteure et une fois de plus je n'ai pas été déçue. J'ai été charmé par la simplicité des habitants de Villette, leurs manigances et leurs intrigues. J'ai d'or et déjà hâte de me plonger dans la lecture de Shirley!
Ma Note : 18,5/20!
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Demoiselle-Coquelicote
14 février 2015
★★★★★
★★★★★
Que c'est dur, d'écrire la chronique d'un livre qu'on n'a pas aimé, d'une auteure qu'on a par ailleurs adorée… C'est pourtant bien ce qui se passe avec Villette.

Lucy Snowe, jeune femme anglaise, n'a ni famille, ni argent. Elle doit subvenir à ses besoins et sur un coup de tête, quitte l'Angleterre pour le continent, le Royaume de Labassecour pour être précis (la Belgique déguisée), et pour être plus précis encore, pour Villette, la capitale (Bruxelles donc).

Les romans des soeurs Brontë m'enthousiasment généralement beaucoup. Si vous tapez « Brontë » dans la barre de recherche du blog, vous trouverez plusieurs de mes chroniques sur leurs romans. Mais là, ça a vraiment été difficile. Déjà parce que Villette est un pavé. Donc quand, au bout de cent pages, je n'aimais déjà pas beaucoup, je me sentais un peu découragée d'en avoir encore six cents à lire… Tout est long et lent dans ce livre. L'intrigue n'est pas très présente, la plupart du temps on se contente de lire une succession de petits évènements de la vie dans la pension de Mme Beck et les pensées (souvent inintéressantes, j'en suis désolée) que cela inspire à Lucy, qui est la narratrice.

Cette fille est tellement fade. Alors que son caractère effacé, sa soi-disant timidité aurait pu me la rendre sympathique, sa haute opinion d'elle-même, qu'elle se défend d'avoir mais qui transparaît dans chacun des jugements qu'elle porte sur les autres, son étroitesse d'esprit, sa rigidité, sa fierté, sa passivité, et tant d'autres choses encore, me l'ont rendue absolument insupportable. J'en suis presque venue à la détester. Tous les défauts de Charlotte Brontë transparaissent dans cette « héroïne », avec en bonne place son orgueil démesuré. Jane Eyre n'est pas parfaite non plus et peut se montrer très dure envers les autres également, mais ce n'est rien en comparaison de cette pimbêche de Lucy, certaine de détenir les clés de compréhension de l'univers. Elle passe une bonne parti du roman à se plaindre de sa situation mais elle ne fait rien, elle attend que les choses passent et se fassent sans elle. On ne sait quasiment rien de son passé (on assiste à une petite période de sa vie lorsqu'elle est adolescente puis on la retrouve directement dans la vingtaine, quand elle cherche un moyen de gagner sa vie, sans explication sur ce qui s'est passé entre-temps, ça m'énerve !), ce qui a contribué à m'empêcher de m'attacher à elle. J'ai également détesté son côté religieux, qui se double d'une forte intolérance à l'égard des croyances et des rites des autres. Il paraît que Charlotte Brontë a beaucoup souffert, lors de son voyage en Belgique, de se trouver entourée de catholiques, et c'est ce qu'elle transpose ici, mais franchement je m'en contrefiche. Je n'ai rien contre le fait de critiquer intelligemment une religion (bien au contraire…), mais s'y opposer systématiquement par principe, simplement parce qu'on en suit une autre, c'est pile poil le genre de choses qui me fait sortir de mes gonds. Donc les réflexions pseudo-philosophico-religieuses de Lucy, très peu pour moi.

Les autres personnages ne m'ont pas beaucoup plus emballée. Pourtant, je reconnais qu'ils sont très développés, tout en nuances. Rien n'est noir ni blanc, et Lucy reconnaît les qualités et défauts de chacun, mais d'une façon si moralisatrice… Elle ne note que ce qui lui apparaît bon ou mauvais. On ne voit donc les autres personnages qu'à travers le prisme de cette jeune femme « coincée », pour employer une expression moderne. J'ai néanmoins bien aimé Mme Bretton et Mme Marchmont (qu'on ne voit qu'un chapitre). Les deux principales figures masculines m'ont laissée froide, et Lucy qui fait la girouette tant qu'elle ne sait pas s'ils peuvent l'aimer, ne me les a pas rendus plus sympathiques. Ils ne sont pas non plus crédibles en tant qu'êtres humains, notamment parce que Lucy passe d'un excès à l'autre dans l'opinion qu'elle a d'eux.

J'ai été presque choquée des nombreux passages, quasiment insultants, et certainement pleins de mépris, pour tout ce qui n'est pas anglais. À quelques exceptions près (on aura bien compris que Charlotte Brontë haïssait les pensionnats anglais, à juste titre après ce qu'elle y a vécu), l'Angleterre, et surtout les Anglais et les Anglaises, surpassent le monde entier. On peut être patriote et aimer son pays sans avoir besoin de dire que tous les autres ne valent pas un crottin de cheval. Il suffit de voir comment elle a renommé la Belgique… « Labassecour »… Elle a donné le titre de « Dindonneau » à l'héritier du couple royal aussi. Charmant, n'est-ce pas ? C'est majoritairement la Belgique qui s'en prend plein la tête vu que c'est là que se déroule la majeure partie du roman, mais Charlotte Brontë, à travers Lucy Snowe, n'épargne pas non plus la France ou l'Espagne, lorsqu'elle a l'occasion de glisser une pique ou deux. Je n'ai pas arrêté de penser : puisque le mode de vie et la personnalité des continentaux lui déplaisent tant, pourquoi ne retourne-t-elle pas en Angleterre ?

Sur l'histoire en elle-même, elle n'est développée réellement que dans la deuxième moitié. Les quelques péripéties m'ont paru souvent peu crédibles, alors que c'était bien dosé dans Jane Eyre. Par exemple, Lucy arrive à Villette, catastrophe sa malle n'est pas arrivée avec elle, elle est sans le sou dans une ville inconnu dont elle ne parle pas la langue, et pourtant dès le premier soir elle trouve un toit. Chapeau ! Et dire qu'en plus elle se plaint de sa malchance ! (Tout en insistant sur le fait que c'est Sa Volonté bien sûr, et que donc elle s'y plie avec joie… Pouah !) J'ai espéré tout au long du roman qu'au moins la fin me plairait, mais je suis dubitative. Déjà parce que je l'ai devinée dès l'un des premiers chapitres, et qu'une « péripétie » dans les derniers chapitres m'a confirmée ce qu'allait être la toute fin. Mais j'aurais au moins voulu de l'émotion, un peu de développement pour me faire compatir, quelque chose quoi ! Je veux dire, elle a écrit sept cents pages dont la majorité est creuse, et elle ne pouvait pas écrire plus de quatre pages et demi sur la conclusion ?!

Ai-je des choses positives à dire ? Oui, une, par rapport au style, très XIXème. Charlotte Brontë a puisé dans son expérience bruxelloise pour écrire ce roman. Lors de son deuxième séjour à Bruxelles, elle a vécu une période de grave dépression, qu'elle rend ici d'une manière qui m'a serré le coeur. Ses mots pour conter le désespoir, la solitude et la douleur étaient parfaits. Les descriptions, tant celles du temps, des lieux que des sentiments, sont aussi souvent très belles et très visuelles. Il est quand même dommage qu'il y ait si peur d'émotions positives dans ce roman. J'ai plutôt apprécié les passages avec un accent fantastique, Charlotte Brontë avait beaucoup de talent pour ça. J'aurais aimé qu'elle écrive quelques romans clairement fantastique, mais je crois qu'elle trouvait ça en-dessous d'elle, ce qui est bien dommage parce que de ce fait ces passages finissent par relever de la superstition.

Je ne peux pas dire que c'est un mauvais roman, parce que c'est magnifiquement écrit, manifestement très réfléchi et très important pour l'auteure, et que la souffrance qui y transparaît n'est pas à prendre à la légère, mais honnêtement quasiment rien ne m'a plu, et j'ai rarement eu tant de peine à venir à bout d'un roman, a fortiori d'un roman d'une des soeurs Brontë. Il me reste Shirley à lire, j'espère qu'il sera meilleur…
Lien : http://sans-grand-interet.co..
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juliette2a
23 août 2011
★★★★★
★★★★★
C'est un très beau livre - peu connu, malheureusement - que j'ai dévoré.
Charlotte Brontë raconte ici la vie (à la première personne du singulier) de Lucy Snowe, étant obligée de rentrer dans un pensionnat à Villette, dans le royaume de Labassecour (La Belgique actuellement) où j'ai été transportée.
J'ai beaucoup apprécié les personnages que fréquente Lucy surtout Mr.Paul.
Je recommande ce livre à tous ceux qui aiment Charlotte Brontë mais assi les histoires d'amour...
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Olivia_Lanchois
04 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Grande fada de Jane Eyre de Charlotte et des Hauts de Hurlevent d'Emily, je me mets enfin à approfondir leur succincte bibliographie. Après un ratage avec Anne, (que je compte reprendre dans la foulée vu que je suis d'humeur) j'ai tenté le coup avec Villette.Basé sur l'expérience de Charlotte lors de séjour en tant que préceptrice à Bruxelles, Villette met en scène la lutte quotidienne d'une jeune fille sans famille ni relation, qui doit elle-même subvenir à ses besoins. Après une introduction qui nous la présente à l'âge de 14 ans lors d'un séjour chez sa marraine, nous la retrouvons 9 ans plus tard, après un drame familial à peine évoqué et sur lequel nous n'en saurons pas plus. Lucy est une jeune fille discrète, introvertie, ce qui la fait passer pour froide et insensible. Mais Lucy, bien que réaliste quant à sa situation précaire, est malgré tout pleine d'espoir et de vaillance. Sur un coup de tête et n'ayant rien à perdre, elle décide de s'en remettre à son intuition et quitte son pays pour le royaume de Labassecour, autrement dit, la Belgique. de rencontres fortuites en retrouvailles non moins improbables, elle va gagner sa place au sein de l'internat de Mme Beck, à Villette (comprendre Bruxelles). Au-delà du choc linguistique, dont Lucy parviendra finalement à se remettre sans mal, le choc culturel est bien plus brutal. La jeune fille, protestante, anglaise, va devoir s'adapter à sa nouvelle vie dans un milieu catholique et francophone. L'auteur ne lésine pas sur la critique de l'éducation, quelle soit anglaise ou labassecourienne (?), ni sur les différences de moeurs, de mentalités, etc. La jeune fille accepte son sort et ne s'en tire pas trop mal, mais ses luttes intérieures, ses états d'âmes et ses questionnements sont le centre du roman.L'écriture est délicieuse, les portraits psychologiques très fins et approfondis, on perçoit l'importance du moindre mot, de la moindre intonation, du moindre battement cil. Les tourments de Lucy ne sauraient laisser insensible, ses espérances sont modestes, son fatalisme modéré, elle n'aspire pas à de grandes choses improbables, mais espère juste mériter une petite place dans ce monde, avec de quoi subvenir à ses maigres besoins d'orpheline. Sa capacité d'adaptation et sa finesse d'esprit font qu'elle s'accommode même des déceptions, prenant sur elle et passant à autre chose, la mort dans l'âme, avec une résignation à toute épreuve. Son apparente froideur contraste avec la profondeur de ses sentiments, qu'elle canalise malgré tout. Lucy est un grand personnage, de même que M.Emmanuel, fascinant dans ses contradictions, et dont l'évolution au fil du récit ne dépend que des yeux de Lucy. Et même si le roman dans son ensemble ne me laisse pas la même impression de passion échevelée que Jane Eyre ou Hurlevent, il n'en reste pas moins que l'on suit les péripéties de l'héroïne avec un grand intérêt. le dénouement est à la fois attendu et surprenant. Je m'y attendais, mais pas sous cette forme particulièrement retorse. Il nous pousse à revenir en arrière en repensant à certains détails qui feraient toute la différence. Ou pas. du grand Brontë que voilà !
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Citations & extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
zanonizanoni02 septembre 2016
C'est alors que, levant les yeux au ciel, j'y ai découvert un visage au milieu d'un cercle d'étoiles, dont la plus brillante déversait de la sympathie et du réconfort. Plus doux et meilleur que la raison humaine, un esprit descendait légèrement vers la terre, auréolé d'une atmosphère qu'il avait emprunté aux étés éternels; il apportait avec lui un parfum de ces fleurs qui jamais ne se fanent, une senteur d'arbres dont le fruit est la vie; il apportait avec lui les souffles purs du monde où tout est lumineux sans le concours du soleil. ce bon ange apaisa ma faim, il me sustenta de mets délicats et doux, que lui passaient des anges radieux, groupés autour de lui et occupés à recueillir leur moisson humide de rosée, dans la fraîcheur d'une aurore céleste. Avec tendresse, il m'a calmée et a séché mes larmes, qui roulaient comme s'écoule la vie même, avec bonté il a bercé ma cruelle fatigue, avec générosité il m'a permis de reprendre courage, d'espérer encore, alors que j'étais désespérée.
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zanonizanoni30 août 2016
L'une après l'autre, les institutrices me firent des avances et offrirent de devenir plus intimes avec moi : j'essayai avec toutes...LA première, une honnête femme, était un esprit étroit, aux sentiments mesquins et sans délicatesse, une égoiste. Le seconde était une Parisienne, très raffinée en apparence, elle ne possédait qu'un coeur corrompu, était sans foi, ni principes, ni affection aucune : une fois gratté le vernis de ce caractère, il ne restait qu'un bourbier sous cette bienséance factice. Elle avait la passion des cadeaux et, sur ce point, la troisième institutrice lui ressemblait beaucoup mais, à part cela, elle était parfaitement insignifiante. Autre chose encore la caractérisait : son avarice. La vue d'une pièce d'or faisait briller ses yeux d'un éclat verdâtre, curieux à observer : elle aimait l'argent pour lui-même...Un jour, par faveur spéciale, elle me fit monter dans sa chambre, ouvrit un tiroir secret et me montra son trésor : un amas de monnaies grossières, environ quinze guinées en grandes pièces de cinq francs. Ce trésor, elle le couvait comme un oiseau couve ses oeufs. c'étaient ses économies, et elle se plaisir à venir m'en parler, avec un engouement aveugle et une persévérance ridicule, surtout chez une personne qui n'avait pas vingt-cinq ans.
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Valerie78120Valerie7812025 juillet 2013
Mais après?... n'y aura-t-il donc jamais rien pour moi, dans cette vie... pas un foyer... rien que je n'aimerai mieux que je m'aime?... personne qui n'ait tant de prix à mes yeux que, pour lui plaire, je cultiverai des dons que je possède peut-être en moi, mais néglige - uniquement parce que je ne sais à qui les offrir? (Page 525)
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zanonizanoni07 septembre 2016
Ce couple fut vraiment parmi les élus de ce monde. Riches et bons, ils profitèrent de leur fortune et en firent profiter les autres. Comme tout le monde d'ici-bas, ils connurent des heures d'angoisse, des désillusions, des difficultés, des chagrins, mais ils les supportèrent avec sérénité. Plus d'une fois, ils durent payer leur tribut au roi des ténèbres : M. de Bassompierre leur fut ravi alors qu'il était encore dans la fleur de l'âge...Louisa Bretton vécut très vieille. Une fois, également, leur maison retentit des lamentations de Rachel pleurant ses enfants, mais d'autres, vigoureux et pleins de santé, vinrent occuper la place du petit être qu'ils avaient perdu. Le Dr Bretton se vit survivre en un fils qui avait hérité de toutes ses qualités, physiques et morales, et il eut des filles superbes, qui lui ressemblaient, elles aussi. Tous ces enfants, il les éleva d'une main douce, mais ferme -aux dons innés vinrent s'adjoindre tous les mérites que l'éducation peut engendrer.
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zanonizanoni05 septembre 2016
Cette fille du ciel se souvint de moi, ce soir -elle me vit en larmes et vint me consoler : "Sommeille, dit-elle, sommeille, sois calme...je ferai en sorte que tes rêves soient d'or !"
Elle tint parole et me veilla toute la nuit ; mais à l'aurore, la Raison la releva de sa garde. (...)
Assis devant ce sombre consolateur, je me mis à discuter avec moi-même : de la vie, de ses hasards et de ses chances, de la destinée et de ses décrets. Plus calme et plus fort qu'hier soir, mon sprit se fixa certaines règles en arrière sur un bonheur passé -s'imposant un patient voyage à travers le désert du présent- se prescrivant une confiance absolue en la foi. Et en même temps, il réprimait toute velléité de s'abandonner à l'idolâtrie, il refrénait le désir de voir enfin ce pays qu'une lointaine promesse avait fait miroiter à mes yeux...ce pays que sans doute on n'atteint que dans les rêves de la mort...ce pays aux verts pâturages, visibles seulement du haut des plaines de Nabou.
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