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ISBN : 2253023116
Éditeur : Le Livre de Poche

Note moyenne : 4/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Vermilion Sands, a écrit J. G. Ballard, c'est la banlieue exotique de mon esprit.
Désert, mer de sable, lacs fossiles, récifs de quartz. Paysage abstrait semblable à ceux peints par Dali ou Max Ernst.
Vermilion Sands est une bizarre station balnéaire auprès d'un océan de sable. Avec son mal des plages, sa mélancolie d'arrière-saison. Avec ses milliardaires excentriques, ses artistes désœuvrés, ses belles et riches héritières désaxées, trompa... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Emnia
Emnia10 mai 2016
  • Livres 5.00/5
Dans Vermilion Sands, j'ai retrouvé la plume féérique du Ballard du Rêveur illimité.

Les 9 nouvelles du recueil, sises dans la ville ou aux abords de Vermilion Sands, prennent pour objets d'étonnantes œuvres d'art (sculptures qui chantent ou poussent, nuages qui grâce à d'habiles planeurs deviennent portraits ou vanités), des technologies paraissant être le fruit d'enchantements (machine à taper des vers parfaits rendant obsolètes les poètes, maisons ou vêtements gardant le souvenir de leur propriétaire), ou des particularités de la faune et de la flore locales (raies des sables volantes, océan de sable sur lequel vogue toute une flotte de navires, fleurs chantant l'opéra). Ballard, qui tel une bonne fée donne vie et âme à l'inanimé comme au végétal, mêle ici le merveilleux à la science-fiction pour engendrer un univers utopique et onirique marqué par une beauté jamais exempte d'une certaine noirceur. Un idéal tout d'étrangeté et parfois cruel se dessine à travers ces contes dans lesquels riches héritières, actrices, chanteuses et artistes remplacent princes et princesses ; dans lesquels les couleurs, les rouges et les ocres, le soleil du désert éclatent ; les formes, les constructions refusent de demeurer statiques ; les musiques jaillissent de toutes parts, jusqu'à la cacophonie.
Vermilion Sands m'est apparu autant comme une réflexion sur le potentiel illimité de la création artistique que comme l'image d'un futur idéal dans lequel les technologies, à force d'extrême sensibilité, s'humanisent, à l'instar de ces vêtements traumatisés par le meurtre de leur porteur. Mais avant toute chose, l'univers comme l'écriture en sont simplement beaux, foisonnants, brillants, sans cesse surprenants. C'est émerveillé que l'on referme l'ouvrage.
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Lepasgrandchose
Lepasgrandchose02 novembre 2015
Quand l'écran de mon cinéma mental s'est enfin décidé à s'éteindre. Un autre s'est mis en route, celui des rêves. J'ai dit toute mon admiration à Michel Blanc ( ? ) et j'ai rêvé que je n'arrivais pas à dormir. Ce dernier a eu raison de mon désir de sommeil. Étant dans un état plus que second je me suis dit ( avec quel génie ) que je devrais lire les nouvelles de Ballard que je n'avais pas encore lues.
Lire Ballard est un projet pas commun, il faudrait pour l'apprécier pleinement, le lire au pied d'un immeuble HLM ( immondes constructions de le Corbusier. Cités verticales aux allures de centres de concentration.). Mais j'en avais pas envie. Hier matin, j'ai lu Des Saints et des Larmes de Cioran à la messe, c'est vous dire si je suis un rebelle. Ballard donc...
Vermilion Sands est une cité balnéaire léthargique pour millionnaires qui à coups de billets de banque pensent oublier qu'ils ne bandent plus ( ça c'est ma théorie, ce n'est pas dans le livre ), et que leurs femmes redeviendront belles un jour ( là aussi ).
Ballard décrit un monde où tout est positif, y compris les regrets. le travail est devenu une distraction et la distraction le travail ultime. Un monde sans amour puisque l'amour ne peut exister sans la haine. Un monde sans livres, puisque la littérature ne peut exister sans souffrance. Bref, un monde qui n'est plus rien, si ce n'est un condensé de ce que le notre fait de pire.
Là par exemple, un connard a l'outrecuidance de rouler à moto ( vous connaissez des Prix Nobel motards, vous ? ) dans ma rue. Dans le monde de Ballard, les résidents n'auraient même pas la décence de lui souhaiter le prochain pylône.
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Charybde7
Charybde726 avril 2013
  • Livres 5.00/5
On pourrait facilement se perdre, définitivement, dans cet intervalle temporel, dans la station balnéaire de Vermilion Sands, villégiature au milieu des dunes plongée en léthargie, autrefois fréquentée par des cinéastes d'avant-garde et des excentriques cosmopolites, séjournant dans des résidences désertées qui s'affaissent aujourd'hui dans les sables.
Dans ces récits hypnotiques, des femmes passent comme des comètes, des femmes aux noms hollywoodiens bizarrement désuets, à la chevelure bleue, cerise ou corail, silhouettes dorées ou spectrales mais toujours fatales, visages mangés par des yeux de diamant, femmes aperçues au creux de la banquette d'une Rolls ou d'une grande Cadillac, êtres dévorés par l'ennui, le narcissisme et la culpabilité, endeuillés par des traumatismes en suspens, tandis que des troupes de raies des sables tournoient dans le ciel comme des nuages menaçants.
Il n'y a plus de livres ou de poèmes à écrire, plus de tableaux à peindre, plus de musique à composer, tout est désormais mécanisé. Mais les oeuvres, les objets, tout comme les animaux, les plantes, les maisons, portent en germe la rébellion contre le façonnement, la marchandisation, la répétition imposée par la mécanisation, contre le trop plein d'émotions et les névroses.
Dans ce décor désaffecté aux couchers de soleil crépusculaires, on assiste, fasciné, à la collision du futur avec le passé. Lire Vermilion Sands, c'est comme voir un rêve et entendre sa musique, c'est un envoûtement.
« La plupart d'entre nous souffraient, à des degrés divers, de lassitude balnéaire, malaise chronique qui exile ses victimes dans un trouble nirvâna de bains de soleil interminables, de lunettes noires et d'après-midi sur les terrasses. » (Numéro 5, Les Étoiles)
« La femme allait et venait dans son salon, changeant les meubles de place, presque nue à l'exception d'un grand chapeau en métal. Même dans la pénombre, les lignes sinueuses de ses cuisses et de ses épaules avaient un reflet doré scintillant. C'était la lumière incarnée des galaxies. Vermilion Sands n'avait jamais rien vu de pareil. » (Prima Belladonna)
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Athouni
Athouni05 juin 2013
  • Livres 4.00/5
Un recueil centré sur Vermilion Sands, une station balnéaire, pendant l'Intercalaire, un temps suspendu, chômé, où seul les loisirs comptent. Une sorte d'utopie où les raies des sables volent dans le ciel et où l'on peut sculpter les nuages. Toutes les nouvelles fonctionnent à l'identique : le héros est amené à rencontré une femme dont il s'éprend le plus souvent. C'est à travers cette rencontre que naissent les distorsions et que grandit l'angoisse. Ces femmes fatales sont dangereuses, sans être pour autant animées de mauvaises intentions. Elles sont simplement comme ça, à l'image des prédatrices (le vocabulaire animalier et plus précisément le monde des insectes est souvent convié). On ne reproche pas aux mantes religieuses de manger le mâle qui les féconde... Ce recueil regorge d'idées, très stimulantes et intéressantes. La construction des nouvelles, qui donne son unité au recueil, crée peut-être une sensation de redondance lorsqu'on lit le livre d'une traite.
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Fromtheavenue
Fromtheavenue23 mai 2016
  • Livres 5.00/5
je viens de découvrir cet ensemble de nouvelles à couper le souffle et de parcourir les routes et les allées de cette banlieue imaginaire d'un désert américain de science fiction rance et usé.
Je connaissais déjà l'auteur pour d'autres oeuvres de grande qualité, mais là, merci encore à l'éditeur Tristram qui publie des chefs d'oeuvre dans sa collection Souple.
Une lecture exceptionnelle, magnifiquement écrite et brillamment traduite. La galerie de portraits qu'elle offre est immense et nous permet de rencontrer un vendeur de fleurs chantantes, des statues musicales, des maisons qui gardent la mémoire de leurs précédents habitants. Au milieu des ruines d'une ville balnéaire au sable rouge qui a connu son heure de gloire il y a longtemps, parmi les raies des sables menaçantes, la poésie s'installe progressivement et on rêverait que la série puisse continuer encore longtemps. Ce bref recueil de 250 pages a été écrit sur plusieurs décennies (entre les années 50 et 70). Et l'on comprend aisément que l'auteur, tout comme les lecteurs, aient souhaité se replonger toujours plus dans cet univers foisonnant et déliquescent.
Lien : http://fromtheavenue.blogspo..
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Les critiques presse (1)
Bibliobs04 août 2014
Chef d’œuvre de la science-fiction, ce recueil de nouvelles est aussi une méditation prophétique sur ce que l’art devient à l’âge des machines et de la production de masse: une marotte pour mabouls. [...] On y trouve surtout le génie sans fond de Ballard.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde215 juin 2014
Qui était Aurora Day ? Je me le demande souvent à présent. Traversant comme une comète d’été la voûte placide d’un ciel hors saison, elle semble être apparue dans des rôles différents à chacun des membres de notre petite colonie aux Étoiles. Je la pris d’abord pour une belle névrosée jouant les femmes fatales, mais Raymond Mayo voyait en elle une des madones explosives de Salvador Dali, une énigme capable de chevaucher sereinement l’Apocalypse. Pour Tony Sapphire, comme pour le reste de ses admirateurs d’un bout à l’autre de la plage, elle était la réincarnation d’Astarté elle-même, une fille du temps aux yeux de diamant, vieille de trente siècles.
Je me rappelle très bien comment je découvris le premier de ses poèmes. Un soir, après dîner, je me reposais sur la terrasse – ma principale occupation à Vermilion Sands -, lorsque je remarquai une sorte de banderole traînant sur le sable en contrebas de la balustrade. À quelques mètres de là, il s’en trouvait plusieurs autres et, pendant une demi-heure, je les observai qui volaient çà et là, légèrement, parmi les dunes. Les phares d’une voiture brillèrent dans l’allée menant à l’atelier n°5 et j’en conclus qu’un nouveau locataire s’était installé dans la villa, inoccupée depuis plusieurs mois.
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psycheinhellpsycheinhell30 janvier 2013
La nuit dernière encore, tandis que, venu de Lagoon West, le vent du crépuscule soufflait sur le désert, j'ai entendu des fragments de musique portés par les rouleaux thermiques ; fugaces et lointains, c'étaient des échos du chant d'amour de Lunora Goalen. Mes pieds foulaient le sable cuivré vers les récilfs où poussent les sculptures soniques. J'errais dans l'ombre parmi les jardins métalliques, en quête de la voix de Lunora. Personne n'entretient les sculptures, de nos jours, et la plupart d'entre elles se sont flétries. Néanmoins, suivant l'inspiration du moment, j'ai coupé une spirale et l'ai rapportée jusqu'à ma villa pour la planter dans le lit de quartz, sous le balcon. Toute la nuit, elle a chanté pour moi, m'a parlé de Lunora et de l'étrange musique qu'elle jouait pour elle seule...
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psycheinhellpsycheinhell30 janvier 2013
Tous les soirs de l'été à Vermilion Sands, les poèmes insensés de ma belle voisine traversaient le désert depuis l'atelier n°5, Les Étoiles, jusqu'à ma villa, écheveaux brisés de rubans colorés qui se dénouaient dans le sable comme les fils d'une toile d'araignée mise en pièces. Toute la nuit, ils voletaient autour des piliers sous la terrasse, s'entrelaçaient à la grille du balcon et, au matin, avant que je les balaie, il s'en trouvait déjà d'accrochés à la façade sud de la villa comme une bougainvillée d'un éclatant rouge cerise.
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Charybde2Charybde215 juin 2014
La femme allait et venait dans son salon, changeant les meubles de place, presque nue à l’exception d’un grand chapeau en métal. Même dans la pénombre, les lignes sinueuses de ses cuisses et de ses épaules avaient un reflet doré scintillant. C’était la lumière incarnée des galaxies. Vermilion Sands n’avait jamais rien vu de pareil.
"Les travaux d’approche doivent être subtilement équivoques, poursuivit Harry en contemplant son verre de bière. Il faut de la timidité, une attitude presque mystique. Rien de précipité, rien de vorace."
La femme se pencha pour défaire une valise, et les ailettes métalliques de son chapeau palpitèrent, masquant son visage. Elle vit que nous l’observions, regarda un instant autour d’elle puis baissa les stores.
Nous nous renfonçâmes dans nos fauteuils et nous regardâmes pensivement comme trois triumvirs réfléchissant à la meilleure façon de diviser un empire, sans dire un mot de trop, chacun guettant la moindre chance de doubler les autres.
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Charybde2Charybde215 juin 2014
"Robert, puis-je faire votre portrait ? me demanda-t-elle un matin. Je vous vois sous les traits du Vieux Marin, avec une raie blanche enroulée autour du cou."
Je couvris mes pieds bandés avec une robe de chambre à dragons d’or – oubliée chez elle, supposais-je, par un de ses amants. "Hope, vous voyez en moi un personnage de légende. Je suis navré d’avoir tué l’une de vos raies, mais croyez-moi, je l’ai fait sans réfléchir.
– Tout comme le Vieux Marin quand il a tué l’albatros."
Elle tourna autour de moi, une main sur la hanche, l’autre me palpant les lèvres et le menton, comme si elle étudiait les linéaments d’une statue antique. "Je vais vous peindre en train de lire Les Chants de Maldoror."
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Videos de James Graham Ballard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Graham Ballard
ames Graham Ballard was a British novelist and short story writer who was born 15 November, 1930 and raised in the Shanghai International Settlement..His experiences during that time formed the basis of his novel Empire of the Sun which was later turned into a movie by Steven Spielberg starring 13-year-old Christian Bale, as well as John Malkovich and Miranda Richardson. J G Ballard died on April 19 2009, aged 78 after a lengthy battle with cancer
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