«Il n'y a rien de plus dangereux que de causer dans les voitures publiques. En diligence, d'ailleurs, les gens comme il faut gardent le silence.»
Si Oscar Husson suivait à la lettre ce conseil de sa mère, son «début dans la vie» ne tournerait certes pas à la cat... > voir plus
« Un début dans la vie » aurait pu avoir pour sous-titre, ou comment faire carrière. Balzac bien que dépeignant souvent des situations réprouvées par la morale écrit souvent dans un but d'édification… Ici il prête au jeune Oscar des défauts reflétant le jeune homme plutôt que l'homme : Il fanfaronne, joue et fait fi des conseils de sa vieille mère. Oscar n'arrive pas à franchir le seuil du monde adulte alors qu'il souhaiterai tant ce détaché de celui de l'enfance incarné par sa mère. C'est donc un court roman initiatique dont la trame de début est empruntée à un texte d'une vingtaine de pages écrit par la sœur De Balzac, auquel il ajoutera un milieu et une fin. le texte est généralement plus vif que le Balzac habituel, il y a beaucoup moins de longs passages descriptifs souvent trouvé à notre époque ennuyant bien qu'ayant un certain charme désuet.
Il n'existe pas, ou plutôt il existe rarement de criminel qui soit complètement criminel. A plus forte raison rencontrera-t-on difficilement de malhonnêteté compacte. On peut faire des comptes à son avantage avec son patron, ou tirer à soi le plus de paille possible au râtelier ; mais tout en se constituant un capital par des voies plus ou moins licites, il est peu d'hommes qui ne se permettent quelques bonnes actions. Ne fût-ce que par curiosité, par amour-propre, comme contraste, par hasard, tout homme a eu son moment de bienfaisance ; il le nomme son erreur, il ne recommence pas ; mais il sacrifie au Bien, comme le plus bourru sacrifie aux Grâces, une ou deux fois dans sa vie.
Par Piling, le 25 septembre 2008
Première phrase du livre
incipit :
Les chemins de fer, dans un avenir aujourd'hui peu éloigné, doivent faire disparaître certaines industries, en modifier quelques autres, et surtout celles qui concernent les différents modes de transport en usage pour les environs de Paris. Aussi, bientôt les personnages et les choses qui sont les éléments de cette Scène lui donneront-elles le mérite d'un travail archéologique.
Tous ceux qui ont voyagé savent que les personnes réunies par le hasard dans une voiture ne se mettent pas immédiatement en rapport, et, à moins de circonstances rares, elles ne causent qu'après avoir fait un peu de chemin. Ce temps de silence est pris aussi par un examen mutuel que par la prise de possession de la place où l'on se trouve. Les âmes ont tout autant besoin que le corps de se mettre en équilibre. Quand chacun croit avoir pénétré l'âge vrai, la profession, le caractère de ses compagnons, le plus causeur commence alors, et la conversation s'engage avec d'autant plus de chaleur, que tout le monde a senti le besoin d'embellir le voyage et d'en charmer les ennuis. Les choses se passent ainsi dans les voitures françaises. Chez les autres nations, les moeurs sont bien différentes. Les Anglais mettent leur orgueil à ne pas desserrer les dents ; l'Allemand est triste en voiture, et les Italiens sont trop prudents pour causer ; les Espagnols n'ont plus guère de diligence, et les Russes n'ont point de routes.