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Félicien Marceau (Préfacier, etc.)Thierry Bodin (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409341
Éditeur : Gallimard (1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.63/5 (sur 3108 notes)
Résumé :
La maison Vauquer est une pension parisienne où se côtoient des résidents que tout oppose, et pourtant inexorablement liés : Rastignac, un jeune étudiant en droit, le Père Goriot, un ancien fabriquant de vermicelles, ou encore le mystérieux Vautrin.
Tous ont leurs secrets et leurs faiblesses.
Rastignac, obsédé par la haute société, délaisse ses études pour tenter de s’y faire intégrer.
Vautrin cache une étrange cicatrice et un passé douloureux.
Le Père Goriot s’est ruiné ses filles, indignes par leur honte de leur père.
La maison Vauquer s’apparente alors à une peinture de cette époque, un cliché de personnages aussi différents qu’unis, criants de vérité, acteurs d’une comédie humaine.
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Critiques, Analyses & Avis (125) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B12 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Qu'est-ce qui n'a pas été dit, écrit, filmé, dessiné, radiodiffusé sur le Père Goriot, en particulier, et sur Balzac, en général ? Réponse : à peu près rien.
Mais s'il est vrai que parmi cet amas épais et hétérogène tout a probablement été dit et bien dit, tout le monde, moi la première — moi surtout — n'a probablement pas lu le monceau impressionnant d'avis ou de critiques littéraires qui ont été laissés à son sujet.
Alors je ne ferai très certainement que répéter ce que d'autres auront dit bien avant moi et de bien meilleure façon que je ne saurais le faire. Excusez-moi pour cette somme de mauvaises redites.
En premier lieu, première redite, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour s'en aller frétiller dans l'immense testament littéraire que nous a laissé le bon Honoré et qui se nomme La Comédie Humaine. Néanmoins, je tiens à souligner que manifestement trop de lycéens ont eu à " subir " ce roman à un âge où, selon toute vraisemblance, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de cette pièce maîtresse lorsqu'on le lit quelques années plus tard.
Je vais donc clairement vous dire que si j'avais à faire découvrir Balzac à quelques jeunes personnes, je ne choisirais sans doute pas ce roman comme première approche. Passé la trentaine, pourquoi pas, même s'il va sans dire qu'on est apte à jouir de toute la saveur de cette oeuvre bien avant trente ans, je suis fermement convaincue qu'il réclame à la fois vécu et investissement dans sa lecture, deux choses qui ne sont pas monnaie courante à un âge précoce.
Ensuite, deuxième redite, que toutes les clefs d'écriture qui sont propres à Honoré de Balzac se retrouvent ici : la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel l'auteur nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final.
Enfin, vous étonnerais-je en prétextant que le père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il en est la morale de la fable ? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias..., vous découvrirez qui, et de sa vision du monde ? Oui, "le monde selon Vautrin" vaut vraiment le détour. Alors, bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXème siècle.
Juste pour la route et pour parfaire mon content de redites, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas.
Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarque de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy.
Le père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur a deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les belles filles roturières qui se veulent du grand monde.
Notre brave père Goriot, commerçant prospère, ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" de ses deux vénales progénitures...
Voici Honoré de Balzac dans tout sa splendeur et sa misère, lui le courtisan désabusé et parfois vindicatif, lui le magicien, l'inventeur du roman moderne, lui le génial observateur de cet étrange animal qu'on nomme "l'humain", lui, l'un de mes auteurs fétiches, mais ce n'est là qu'un fort misérable avis, un parmi pléthore d'autres et d'autre carrure et d'autre facture, autant dire, pas grand-chose.
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Under_The_Moon
Under_The_Moon21 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
C'est toujours avec émotion que je regarde mon exemplaire du Père Goriot sur mes étagères.
Ce roman a été mon premier vrai coup de coeur pour un classique. Non pas que je n'en avais pas lu avant, c'est juste que celui là a été une révélation !
C'était à la fin de ma 4ème (ok ça date!), j'étais l'une des seules à avoir lu et apprécié Eugénie Grandet et quelques mois après j'ai vu ce livre du même auteur et je me suis dit "pourquoi pas!".
Et là, dès que j'ai ouvert le livre... Je ne voulais plus le lâcher ! A tel point que je l'ai dévoré en 2 jours ! le sort de ce père si gentil et si dévoué à ses 2 filles qui se révèleront êtres ingrates, des vraies pestes ! Et qui, pire encore, abandonneront leur pauvre père à son sort alors que lui ne cessera jamais de les aimer.
Maintenant que je suis devenue adulte, quand j'ouvre des pages au hasard, l'histoire prend encore une autre dimension. Je ne suis plus une adolescente dans le délire "les adultes sont tous nuls et personne ne me comprend", et ce personnage de père me touche encore plus qu'il y a 14 ou 15 ans maintenant.
Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra, mais il me semble que c'est à ce genre de "détails" qu'on reconnaît un grand livre !
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juliette2a
juliette2a15 août 2013
  • Livres 5.00/5
Le Père Goriot est une oeuvre grandiose.
Ce roman est avant tout un grand cri d'amour, paternel certes, mais un amour sublime que porte Joachim Goriot à ses deux filles, Delphine de Nucingen et Anastasie de Restaud. J'ai été émerveillée par ce père si pauvre, logeant dans une misérable pension chez Madame Vauquer, mais, qui, pour le bonheur de ses filles, se sacrifiera jusqu'à la fin de sa vie...Quel homme ! J'ai rencontré peu de personnages aussi généreux (mais le mot est trop faible) que ce bon Père Goriot...
Toutefois, Balzac nous dépeint également, à travers les portraits plus ou moins satiriques de ses personnages, le Paris du début du XIXème, glorieux, mais également corrompu par l'argent.
Dans cette ville animée par les scandales financiers ou familiaux, nous suivons le jeune Eugène de Rastignac, étudiant en droit et locataire de la maison Vauquer, sorte de Bel-Ami, qui, par le biais des femmes, veut faire son chemin. J'ai beaucoup aimé ce personnage, finalement le seul qui restera fidèle au Père Goriot jusqu'à la fin, attachant et qui se bat contre l'injustice de ce monde.
Ce qui m'a le plus marquée dans ce merveilleux roman, c'est le décalage entre la richesse des demoiselles Goriot et leur entourage, superficiel et égoïste, et la pauvreté qui règne dans la pension Vauquer, autour de ses pensionnaires (Le Père Goriot, bien sûr, mais aussi Eugène ou encore Victorine Taillefer, abandonnée par son père). La fin est d'ailleurs désespérante au plus haut point. Seul l'ambition de Rastignac, afin de venger son ami Goriot, constitue une lueur d'espoir dans une société ravagée par la haine et le mensonge...
Ainsi, je ne peux que m'incliner devant le talent De Balzac, démontré dans ce premier roman de "La Comédie humaine", fresque inoubliable, et, bien évidemment, immense Oeuvre de la littérature française...
Magistral !
A lire !!
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cmpf
cmpf24 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Ce roman aurait pu s'appeler la maison Vauquer tant le lieu lui-même comme ses pensionnaires sont présents. C'est d'ailleurs sur sa description qu'il s'ouvre. Et si le roman est présenté comme l'histoire de l'amour paternel déçu du père Goriot, beaucoup de personnes se croisent dans ce titre et l'on retrouve la plupart dans d'autres titres de la Comédie humaine.
Ce personnage de Goriot est extrêmement attachant. Ancien vermicellier, il s'est retiré des affaires et s'est logé dans le plus bel appartement de la pension. Il a marié richement ses deux filles Delphine à un baron, Anastasie à un comte, à une époque où le mariage était la seule possibilité de réussite des femmes. Pensant recevoir l'affection de ses filles en retour, il est au contraire bientôt écarté de leurs foyers et ne les voit que lorsqu'elles sont à court d'argent. Il se dépouille petit à petit et doit bientôt changer successivement d'appartement jusqu'à une misérable mansarde. Même s'il s'est fourvoyé dans son amour inconditionnel pour ses filles qui le lui rendent si peu, cet amour maladroit, on peut même dire malsain, est pourtant à la fois compréhensible et tellement touchant. Touchante aussi sa fausse naïveté qu'il trahit parfois : « . Ah ! mon bon ami, monsieur Eugène, vous ne savez pas ce que c'est que de trouver l'or du regard changé tout à coup en plomb gris. Depuis le jour où leurs yeux n'ont plus rayonné sur moi, j'ai toujours été en hiver ici ; je n'ai plus eu que des chagrins à dévorer, et je les ai dévorés ! J'ai vécu pour être humilié, insulté. Je les aime tant, que j'avalais tous les affronts par lesquels elles me vendaient une pauvre petite jouissance honteuse. Un père se cacher pour voir ses filles ! Je leur ai donné ma vie, elles ne me donneront pas une heure aujourd'hui ! »
Autre personnage récurrent, Rastignac, dont j'avais toujours entendu parler comme d'un affreux arriviste, et c'est vrai qu'il le deviendra plus tard. Mais lorsqu'il arrive à Paris et s'installe dans la pension Vauquer, c'est encore un coeur relativement pur. Relativement car il n'hésite pas à exploiter l'amour inconditionnel que lui portent sa mère et ses deux soeurs. Il sera le seul avec le futur docteur Bianchon à s'intéresser à ce vieil homme, à le soigner, à s'indigner de son sort. Et si c'était un personnage réel, pour cela je trouverais qu'on peut beaucoup lui pardonner. Autant que le portrait d'un « Christ de la Paternité », c'est le roman d'apprentissage de Rastignac. Arrivé depuis peu à Paris, il apprend grâce à madame de Beauséant à se conduire dans le monde. Et dessillé tant par le sort du père Goriot que par les conseils de Vautrin, il finit par prendre la décision de réussir à tout prix et particulièrement par les femmes.
Autre personnage qui parcourt la Comédie humaine, Vautrin, qui apparait dans ce titre. Ancien bagnard, sachant se couler dans des personnalités différentes, il est très intelligent et cynique. Il offre son aide à Rastignac afin qu'il réussisse dans le monde. Il n'hésitera pas, pour montrer son pouvoir, à faire assassiner sous couvert de duel, un jeune homme afin que sa soeur soit enfin accueillie par son père qui la rejette depuis des années.
Que celles et ceux qui n'auraient pas lu cet ouvrage et envisageaient de le faire, ne soient découragés par cette critique. D'une part l'oeuvre est tellement connue que je ne pense pas avoir dévoilé grand-chose et d'autre part il y a beaucoup d'autres éléments dans ce merveilleux livre De Balzac. Connaissez-vous par exemple la charmante mademoiselle Michonneau ?
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michfred
michfred02 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Les interminables pages sur la pension Vauquer avec lesquelles Balzac campe -ou plutôt installe- le décor, sont les 40èmes rugissants du Père Goriot: passé le pensum de cette longue description, c'est une belle traversée et le lecteur aguerri peut jouir du voyage...
J'aime tellement le livre et j'aime tellement Balzac désormais - mon premier contact, trop tôt, avec Eugénie Grandet, a été un coup d'épée dans l'eau- que même la description de la pension Vauquer, avec ses pensionnaires répartis en strates sociologiques obligeamment expliquées et surlignées par l'auteur, a pour moi un charme magnétique: essayons de le faire partager...
Eugène de Rastignac a quitté sa province charentaise et vient tenter sa chance à Paris. Il est jeune, plein d'idéaux et de principes, plein de fougue et d'empathie.
Il est pauvre aussi et plein d'ambition : c'est pourquoi il est installé à la fameuse pension Vauquer, perchoir sordide pour oiseaux de passage ou nid discret pour grands prédateurs, avec vue sur la houle parisienne... plus vous êtes haut dans les étages, plus vous êtes bas sur l'échelle de la réussite: notre étudiant crèche en hauteur, inutile de le préciser!
Sa tante lui conseille de faire un beau mariage: d'"arriver par les femmes" - comme on conseillerait la route des alizées à un coursier des mers...
Le Père Goriot c'est donc un roman de formation, encore un, mais contrairement à la formation lente, machinale et sans événement d'un Frédéric Moreau chez Flaubert, ou à la lente consomption d'un amour interdit pour le jeune Félix dans le Lys du même Balzac, la formation de Rastignac va se faire au pas de charge, à la hussarde : Eugène n'est pas un colimaçon comme Félix, ni un mollasson comme Frédéric: c'est un gascon, et il a du répondant!
Dans la pension - vous voyez comme elle est importante, on y revient toujours, ne sautez pas les pages, persévérez!- se trouve un négociant en bonneterie, le Père Goriot, sorte de Christ de la paternité , vrai pélican pour ses deux filles, Delphine et Anastasie, qui le spolient allègrement et consciencieusement de ses biens pour éponger leurs dettes, vaquer à leurs plaisirs, entretenir leurs amants, vivre leur vie.
Plus elles le dépouillent, plus le malheureux vieillard monte dans les étages de la pension, devenant le souffre-douleur et la risée de tous.
Rastignac se prend d'affection et de pitié pour le vieil homme et rencontre ses filles... L'une, la blonde Dephine, épouse du baron de Nucingen, navigue dans le milieu de la haute finance, et l'autre, la brune Anastasie, devenue comtesse de Restaud, dans la faune huppée de l'aristocratie parisienne. Rastignac tombera sous le charme de l'une et deviendra l'amant de l'autre, mais sans perdre la tête pour autant. En revanche il joue,il gagne et sauve Delphine de la déroute puis il perd. Beaucoup.
Tentera-t-il une nouvelle carte, que lui propose l'inquiétant Vautrin - un rapace de haut vol, pensionnaire mystérieux de madame Vauquer, - qui le prend sous son aile protectrice et lui conseille la timide Victorine Taillefer,- tiens, tiens, une autre pensionnaire- mais millionnaire potentielle? Il suffit juste de tuer son frère.
Vautrin est dénoncé comme forçat en cavale par une pensionnaire - vous l'aviez deviné, non?- , et arrêté, mais le frère de Victorine meurt quand même, assassiné dans des circonstances obscures...
Le père Goriot apprend la ruine financière et le scandale qui menacent ses deux filles -Anastasie doit vendre ses diamants pour sauver son amant Maxime de Trailles- Il a un malaise et meurt bientôt, abandonné de ses filles qui n'assistent pas à son agonie, ne viennent pas à son enterrement et y pourvoient encore moins....
Rastignac qui lui a lui fait donner des soins, le veille, l'enterre. Il n'a même pas le sou qu'il faut donner au fossoyeur.
Le tour de force de Balzac est d'avoir concentré dans cette narration alerte, menée grand train, nombre d'événements violents, marquants, de personnages vénéneux, amoraux, mais, avant de les lâcher dans le monde, face à face, et de les regarder se déchirer à belles dents, il les a fait mijoter au préalable dans le chaudron de sorcière de la pension Vauquer.
Lenteur de la décoction, réaction explosive du mélange. La parfaite alchimie romanesque!
Même jeu d'antithèse pour les personnages: douceur et abnégation du personnage éponyme, le pauvre Père Goriot, cynisme et cruauté de son entourage.
Quant au jeune Rastignac, cette leçon de vie expéditive l'aura instruit mieux que de longues années d'apprentissage.
Un grand fauve est né.Le voilà prêt à entrer dans la jungle parisienne.
Oui, décidément, il faut lire attentivement et relire, je dirais même se délecter, se pourlécher de la description de la pension Vauquer: ce grouillant microcosme est la matrice même du roman...
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Citations & extraits (228) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB03 mai 2010
Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n'en changeraient pas comme nous changeons de chemises
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LydiaBLydiaB04 mai 2010
— Tu viens, répondit le vieillard, de me donner un coup de hache sur la tête. Dieu te pardonne, mon enfant ! Tu ne sais pas combien je t’aime si tu l’avais su, tu ne m’aurais pas dit brusquement de semblables choses, surtout si rien n’est désespéré. Qu’est-il donc arrivé de si pressant pour que tu sois venue me chercher ici quand dans quelques instants nous allions être rue d’Artois ?

— Eh ! mon père, est-on maître de son premier mouvement dans une catastrophe ? je suis folle ! Votre avoué nous a fait découvrir un peu plus tôt le malheur qui sans doute éclatera plus tard. Votre vieille expérience commerciale va nous devenir nécessaire et je suis accourue vous chercher comme on s’accroche à une branche quand on se noie. Lorsque monsieur Derville a vu Nucingen lui opposer mille chicanes, il l’a menacé d’un procès en lui disant que l’autorisation du président du tribunal serait promptement obtenue. Nucingen est venu ce matin chez moi pour me demander si je voulais sa ruine et la mienne. Je lui ai répondu que je ne me connaissais à rien de tout cela, que j’avais une fortune, que je devais être en possession de ma fortune, et que tout ce qui avait rapport à ce démêlé regardait mon avoué, que j’étais de la dernière ignorance et dans l’impossibilité de rien entendre à ce sujet. N’était-ce pas ce que vous m’aviez recommandé de dire ?

— Bien, répondit le père Goriot.
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OceaneVincentOceaneVincent11 octobre 2014
Vous qui tenez ce livre d'une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut-être ceci va m'amuser. Après avoir lu les secrètes infort du Père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettent votre insensibilité sur le compte de l'auteur, en le taxant d'exagération, en l'accusant de poésie. Ah ! Sachez-le : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true.
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Eve-YesheEve-Yeshe21 mai 2015
"Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n'en changeraient pas comme nous changeons de chemises"
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fredhofredho18 janvier 2014
Depuis le jour où leurs yeux n'ont plus rayonné sur moi, j'ai toujours été en hiver ici; je n'ai plus que des chagrins à dévorer, et je les ai dévorés! J'ai vécu pour être humilié, insulté. Je les aime tant, que j'avalais tous les affronts par lesquels elle me vendaient une pauvre petite jouissance honteuse. Un père se cacher pour voir ses filles! Je leur ai donné ma vie, elles ne me donneront pas une heure aujourd'hui!
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Vidéo de Honoré de Balzac
Femmes d'exception, femmes d'influence : Catherine Authier nous présente son histoire des courtisanes au XIXe siècle. http://bit.ly/1iRhNHn Courtisanes, femmes galantes : en quoi le parcours de ces femmes fut-il en tout point exceptionnel ?
À l'heure où le Musée d'Orsay leur consacre une exposition, découvrez avec Catherine Authier le destin de ces femmes d'influence. La courtisane est une figure puissante de l'imaginaire et des sensibilités du 19e siècle. Elle a en effet joué un rôle non négligeable tant sur les plans économique, social que culturel : économique car cette femme indépendante est une "petite entreprise" à elle toute seule et pose le problème des maisons closes, des "insoumises" et de leur statut; social car elle joue le rôle de précurseur dans des domaines aussi importants que le corps, l'hygiène, la maladie, la maternité, la mode vestimentaire, etc.; culturel par sa représentation médiatique voire la politique et par là même le juridique (certaines de ces courtisanes étaient en effet fichées par la police qui n'avait aucun mal à se procurer leurs photographies qui circulaient dans tout Paris). Aussi bien présente dans la littérature (Balzac, Proust) que dans les arts de la scène (théâtre avec Dumas fils, opéra avec Offenbach), elle a donné lieu à une mythification, des clichés, voire des stéréotypes physiques et moraux. Qu'en est-il réellement? Quel rôle ont donc tenu ces femmes dans le Paris du 19e siècle? Ont-elles été des femmes d'influence? Des pionnières dans le domaine de la liberté et des droits de la femme? de nombreux témoignages de courtisanes ponctués d'anecdotes nous permettent de répondre à ces questions en illustrant le propos de l'auteur sur un mythe qui fascine encore dans notre société moderne. Catherine Authier est historienne.
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