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> Félicien Marceau (Préfacier, etc.)
> Thierry Bodin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070409341
Éditeur : Gallimard (1999)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.61/5 (sur 2013 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La maison Vauquer est une pension parisienne où se côtoient des résidents que tout oppose, et pourtant inexorablement liés : Rastignac, un jeune étudiant en droit, le Père Goriot, un ancien fabriquant de vermicelles, ou encore le mystérieux Vautrin. Tous ont leurs secrets et leurs faiblesses. Rastignac, obsédé par la haute société, délaisse ses études pour tenter de s’y faire intégrer. Vautrin cache une étrange cicatrice et un passé douloureux. Le Père Goriot s’est ruiné ses filles, indignes par leur honte de leur père. La maison Vauquer s’apparente alors à une peinture de cette époque, un cliché de personnages aussi différents qu’unis, criants de vérité, acteurs d’une comédie humaine.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 12 septembre 2012

    Nastasia-B
    Qu'est-ce qui n'a pas été dit, écrit, filmé, dessiné, radiodiffusé sur Le Père Goriot, en particulier, et sur Balzac, en général ? Réponse : à peu près rien.
    Mais s'il est vrai que parmi cet amas épais et hétérogène tout a probablement été dit et bien dit, tout le monde, moi la première — moi surtout — n'a probablement pas lu le monceau impressionnant d'avis ou de critiques littéraires qui ont été laissés à son sujet.
    Alors je ne ferai très certainement que répéter ce que d'autres auront dit bien avant moi et de bien meilleure façon que je ne saurais le faire. Excusez-moi pour cette somme de mauvaises redites.
    En premier lieu, première redite, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour s'en aller frétiller dans l'immense testament littéraire que nous a laissé le bon Honoré et qui se nomme La Comédie Humaine. Néanmoins, je tiens à souligner que manifestement trop de lycéens ont eu à " subir " ce roman à un âge où, selon toute vraisemblance, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de cette pièce maîtresse lorsqu'on le lit quelques années plus tard.
    Je vais donc clairement vous dire que si j'avais à faire découvrir Balzac à quelques jeunes personnes, je ne choisirais sans doute pas ce roman comme première approche. Passé la trentaine, pourquoi pas, même s'il va sans dire qu'on est apte à jouir de toute la saveur de cette œuvre bien avant trente ans, je suis fermement convaincue qu'il réclame à la fois vécu et investissement dans sa lecture, deux choses qui ne sont pas monnaie courante à un âge précoce.
    Ensuite, deuxième redite, que toutes les clefs d'écriture qui sont propres à Honoré de Balzac se retrouvent ici : la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel l'auteur nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final.
    Enfin, vous étonnerais-je en prétextant que le père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il en est la morale de la fable ? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias..., vous découvrirez qui, et de sa vision du monde ? Oui, "le monde selon Vautrin" vaut vraiment le détour. Alors, bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXème siècle.
    Juste pour la route et pour parfaire mon content de redites, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas.
    Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarque de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy.
    Le père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur a deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les belles filles roturières qui se veulent du grand monde.
    Notre brave père Goriot, commerçant prospère, ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" de ses deux vénales progénitures...
    Voici Honoré de Balzac dans tout sa splendeur et sa misère, lui le courtisan désabusé et parfois vindicatif, lui le magicien, l'inventeur du roman moderne, lui le génial observateur de cet étrange animal qu'on nomme "l'humain", lui, l'un de mes auteurs fétiches, mais ce n'est là qu'un fort misérable avis, un parmi pléthore d'autres et d'autre carrure et d'autre facture, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 21 janvier 2013

    Under_The_Moon
    C'est toujours avec émotion que je regarde mon exemplaire du Père Goriot sur mes étagères.
    Ce roman a été mon premier vrai coup de coeur pour un classique. Non pas que je n'en avais pas lu avant, c'est juste que celui là a été une révélation !
    C'était à la fin de ma 4ème (ok ça date!), j'étais l'une des seules à avoir lu et apprécié Eugénie Grandet et quelques mois après j'ai vu ce livre du même auteur et je me suis dit "pourquoi pas!".
    Et là, dès que j'ai ouvert le livre... Je ne voulais plus le lâcher ! A tel point que je l'ai dévoré en 2 jours ! le sort de ce père si gentil et si dévoué à ses 2 filles qui se révèleront êtres ingrates, des vraies pestes ! Et qui, pire encore, abandonneront leur pauvre père à son sort alors que lui ne cessera jamais de les aimer.
    Maintenant que je suis devenue adulte, quand j'ouvre des pages au hasard, l'histoire prend encore une autre dimension. Je ne suis plus une adolescente dans le délire "les adultes sont tous nuls et personne ne me comprend", et ce personnage de père me touche encore plus qu'il y a 14 ou 15 ans maintenant.
    Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra, mais il me semble que c'est à ce genre de "détails" qu'on reconnaît un grand livre !
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 15 août 2013

    juliette2a
    Le Père Goriot est une oeuvre grandiose.
    Ce roman est avant tout un grand cri d'amour, paternel certes, mais un amour sublime que porte Joachim Goriot à ses deux filles, Delphine de Nucingen et Anastasie de Restaud. J'ai été émerveillée par ce père si pauvre, logeant dans une misérable pension chez Madame Vauquer, mais, qui, pour le bonheur de ses filles, se sacrifiera jusqu'à la fin de sa vie...Quel homme ! J'ai rencontré peu de personnages aussi généreux (mais le mot est trop faible) que ce bon Père Goriot...
    Toutefois, Balzac nous dépeint également, à travers les portraits plus ou moins satiriques de ses personnages, le Paris du début du XIXème, glorieux, mais également corrompu par l'argent.
    Dans cette ville animée par les scandales financiers ou familiaux, nous suivons le jeune Eugène de Rastignac, étudiant en droit et locataire de la maison Vauquer, sorte de Bel-Ami, qui, par le biais des femmes, veut faire son chemin. J'ai beaucoup aimé ce personnage, finalement le seul qui restera fidèle au Père Goriot jusqu'à la fin, attachant et qui se bat contre l'injustice de ce monde.
    Ce qui m'a le plus marquée dans ce merveilleux roman, c'est le décalage entre la richesse des demoiselles Goriot et leur entourage, superficiel et égoïste, et la pauvreté qui règne dans la pension Vauquer, autour de ses pensionnaires (Le Père Goriot, bien sûr, mais aussi Eugène ou encore Victorine Taillefer, abandonnée par son père). La fin est d'ailleurs désespérante au plus haut point. Seul l'ambition de Rastignac, afin de venger son ami Goriot, constitue une lueur d'espoir dans une société ravagée par la haine et le mensonge...
    Ainsi, je ne peux que m'incliner devant le talent De Balzac, démontré dans ce premier roman de "La comédie humaine", fresque inoubliable, et, bien évidemment, immense Oeuvre de la littérature française...
    Magistral !
    A lire !!
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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 14 novembre 2012

    peloignon
    Lorsqu'on parle de romans d'amour on pense tout naturellement à des histoires de couples amoureux. À la limite, on pourrait imaginer un roman d'amitié, comme l'a fait Bernardin de Saint-Pierre dans son Paul et virginie, mais même dans ce roman exceptionnel la belle relation de philia est bien vite pimentée d'eros avec l'arrivée à l'adolescence des personnages principaux. Vraiment, l'amour, en littérature romanesque, c'est une affaire de couples amoureux.
    Et Balzac confirme la règle avec ses Modeste mignon, Le Colonel Chabert, Mémoires de deux jeunes mariées, etc., mais son projet titanesque d'une fresque de l'ensemble de la société l'entraîne ici à explorer l'amour sous un angle vraiment exceptionnel pour un roman : celui de la paternité.
    Or, chacun en conviendra sûrement, l'amour parental a quelque chose de beaucoup plus pur que l'amour d'un partenaire de vie. le parent (idéal) n'a en effet aucun désir égoïste pour son enfant. Il donne tout et n'espère en retour que le bien de son enfant. C'est exactement ce qui se produit pour Le Père Goriot qui aime vraiment ses filles de tout son être avec une simplicité et un abandon complet.
    Par contre, l'amour ne doit pas être une faiblesse, mais une force. Il doit vouloir renoncer à tout pour rendre possible le meilleur de l'autre et c'est loin d'être le cas en ce qui concerne l'amour de Goriot pour ses filles. Son amour est en effet si passionnel que le pauvre homme n'existe pratiquement plus du tout lui-même et ses petites sont bien trop gâtées pour pouvoir s'épanouir dans leurs vies. Goriot le sait très bien lui-même. Il a échoué tragiquement. Il n'a pas su être à la hauteur de ce qui a donné sens à sa vie : assurer le bonheur de ses filles.
    C'est ce constat qu'il exprime en excuse leur absence de reconnaissance dans le passage suivant :
    « Elles sont innocentes, mon ami! Dites le bien à tout le monde, qu'on ne les inquiète pas à mon sujet. Tout est de ma faute, je les ai habituées à me fouler aux pieds. J'aimais cela moi. Ça ne regarde personne, ni la justice humaine ni la justice divine. Dieu serait injuste s'il les condamnait à cause de moi. Je n'ai pas su me conduire, j'ai fait la bêtise d'abdiquer mes droits...le plus beau naturel, les meilleures âmes auraient succombé à la corruption de cette facilité paternelle... Moi seul ai causé les désordres de mes filles, je les ai gâtées. Elles veulent aujourd'hui le plaisir, comme elles voulaient autrefois du bonbon. Je leur ai toujours permis de satisfaire leurs fantaisies de jeunes filles... Moi seul suis coupable, mais coupable par amour. » (346-347)
    Peut-on en vouloir à un tel père d'avoir fait son propre malheur en élevant si mal ses enfants? Impossible! Il est tellement touchant! Et c'est si vrai que l'enfer est pavé des meilleures intentions...
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    • Livres 5.00/5
    Par SagnesSy, le 10 octobre 2014

    SagnesSy
    « Ah ! Sachez-le : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son coeur peut-être.«
    (Notons que Balzac parle franglais)
    Ce roman, « fleuron de la couronne » des chefs-d'oeuvre De Balzac, inaugure le tome 3 de l'édition Pléiade qui ne contient (presque) que des grands romans, ça va être quelque chose ! Dans l'introduction, on apprend entre autres qu'il a écrit le premier jet en dix jours (10 jours !) pour éponger une dette (il « devait » une nouvelle à une publication) et une fois écrit, il s'est dit oh la, je tiens un truc, là, et a retravaillé et retravaillé et voilà, à l'arrivée, merveille absolue. Cet homme était incroyable.
    Je vais détailler quelques points, parce que j'aime ça et que ça me fait plaisir, mais je voudrais en préalable rendre compte du plaisir total et absolu éprouvé pendant cette lecture, jamais encore je n'avais été ainsi rivée et immergée dans une intrigue balzacienne, j'ai ri (mais vraiment ! Balzac est drôle, et c'est une découverte), j'ai été émue, Goriot m'a invitée à réfléchir à mon propre comportement. Histoire d'un père dévoré par l'ingratitude de ses filles, bien sûr (je pense que personne n'ignore aujourd'hui cet aspect de ce roman, donc je ne développe pas), le Père Goriot est aussi l'histoire d'Eugène de Rastignac, stigmatisé pour la postérité comme l'arriviste type, l'incarnation de l'ambition, mais cet état a une génèse, une progression, et la suivre est une expérience ébouriffante.
    Vous me pardonnerez (ou pas) la longueur de ce billet et le langage relâché (ou empreint de mimétisme pataud, je laisse filer mes doigts sur le clavier) dont je vais faire usage, la passion m'anime et je n'entends pas la brider.
    Alors déjà, Balzac a fait deux préfaces à ce roman, où il s'énerve. Ce qu'il dit, en gros (très très grossi), c'est ah ouais comme ça vous faites rien qu'à raconter des conneries sur mon oeuvre, ouiiii d'après vous je ferais exprès de reprendre sans arrêts des personnages d'un texte à l'autre, sans chronologie, pour vous forcer à rien comprendre et à tout relire tout le temps, donc à acheter, et puis je serais un vilain pas beau qui dit que la Femme est pleine de vices, tout ça. Mais mes cocos, premièrement ta gueule et ensuite, tiens, je te fais un tableau Femmes vertueuses versus Femmes criminelles dans l'ensemble de toute mon oeuvre et crois-moi qu'elle est longue et belle, quand tu seras grand tu comprendras, peut-être si t'as de la chance et qu'il fait beau. Alors, tu le vois le ratio ? 38/20. Alors museau, les mouettes.
    « Certaines personnes voudront voir dans ces phrases purement naïves une espèce de prospectus, mais tout le monde sait qu'on ne peut rien dire, en France, sans encourir des reproches. Quelques amis blâment déjà, dans l'intérêt de l'auteur, la légèreté de cette préface, où il paraît ne pas prendre son oeuvre au sérieux, comme si l'on pouvait répondre gravement à des observations bouffonnes, et s'armer d'une hache pour tuer des mouches. »
    Et j'ai vraiment eu l'impression que ce même énervement, cette même volonté de provoquer, de railler les reproches, l'animait tout au long de l'écriture du Père Goriot, dès le début, où il s'adresse à la lectrice qui s'installerait tranquillement dans son fauteuil pour lire un drame horrible, et n'y penserait plus l'instant suivant quand elle irait manger.
    En plus des deux personnages principaux (Goriot et Rastignac, donc), se présente à nous pour la première fois un for-mi-dable caractère en la personne de Vautrin, qui représente LA tentation dans toute sa splendeur (pour Rastignac). Ses propos sont sidérants (mais vraiment), son panache total, sa force à la fois comique et effrayante. Morceaux choisis :
    « L'honnêteté ne sert à rien. L'on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu'il prend sans partager; mais on plie s'il persiste; en un mot, on l'adore à genoux quand on n'a pas pu l'enterrer sous la boue.«
    « Voilà la vie telle qu'elle est. Ca n'est pas plus beau que la cuisine, ça pue tout autant, et il faut se salir les mains si l'on veut fricoter; sachez seulement bien vous débarbouiller : là est toute la morale de notre époque.«
    « Avoir de l'ambition, mon petit coeur, ce n'est pas donné à tout le monde. » (…) « Si j'ai encore un conseil à vous donner, mon ange, c'est de ne pas plus tenir à vos opinions qu'à vos paroles. Quand on vous les demandera, vendez-les. Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit en l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des évènements; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les évènements et les circonstances pour les conduire.«
    (Alors qu'il tente de convaincre Rastignac de valider l'assassinat d'un gêneur, comprenant qu'il n'obtiendra pas son accord, il s'exclame, écoeuré) « Les temps sont bien changés. Autrefois on disait à un brave : « Voilà cent écus, tue-moi M. untel », et l'on soupait tranquillement après avoir mis un homme à l'ombre pour un oui, pour un non. Aujourd'hui je vous propose de vous donner une belle fortune contre un signe de tête qui ne vous compromet en rien, et vous hésitez. le siècle est mou.«
    (Il emmène la logeuse au théâtre, elle s'est pomponnée, entrant de force dans un corset trop petit, elle est boudinée à mort) « Voilà manman Vauquerre belle comme un astrrre, ficelée comme une carotte. N'étouffons-nous pas un petit brin ? lui dit-il en mettant sa main sur le haut du busc; les avant-coeurs sont bien pressés, maman. Si nous pleurons, il y aura explosion; mais je ramasserai les débris avec un soin d'antiquaire. – Il connaît le langage de la galanterie française, celui-là ! dit la veuve en se penchant à l'oreille de Mme Couture.«
    Et puis bien sûr Goriot est émouvant. Très touchant. Et en même temps, tout l'art De Balzac consiste à nous faire ressentir également combien il peut être horripilant, par cela même qui nous touche. « Elle me disait tout à l'heure en revenant : « Papa, je suis bien heureuse ! » Quand elles me disent cérémonieusement : Mon père, elles me glacent; mais quand elles m'appellent papa, il me semble encore les voir petites, elles me rendent tous mes souvenirs. Je suis mieux leur père.«
    Et enfin Rastignac, que l'on va retrouver au moins deux importantes fois dans la suite de la Comédie Humaine, qui va briller, interjeter, épigrammer avec éclat, qui va bouffer Paris, et qui est ici un jeune homme encore pur qui se projette seul d'un état mental à un autre, qui rebondit comme une balle de moralité en assouvissement, qui vibre, ressent, entend, comprend, et juge pourtant. L'avant dernier paragraphe est tout simplement historique, avec LA phrase restée célèbre pour l'éternité :
    « Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine, où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnant un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : « A nous deux, maintenant ! »
    Vivement.
    « Elle était jolie par juxtaposition. Heureuse, elle eût été ravissante : le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.«
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Citations et extraits

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  • Par Minlinks1, le 16 octobre 2014

    Un homme qui se vante de ne jamais changer d’opinion est un homme qui se charge d’aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l’infaillibilité. Il n’y a pas de principes, il n’y a que des événements ; il n’y a pas de lois, il n’y a que des circonstances : l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S’il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n’en changeraient pas comme nous changeons de chemises.
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  • Par Minlinks1, le 16 octobre 2014

    L’honnêteté ne sert à rien. L’on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu’il prend sans partager ; mais on plie s’il persiste ; en un mot, on l’adore à genoux quand on n’a pas pu l’enterrer sous la boue. La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l’arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe.

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  • Par OceaneVincent, le 11 octobre 2014

    Vous qui tenez ce livre d'une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut-être ceci va m'amuser. Après avoir lu les secrètes infort du Père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettent votre insensibilité sur le compte de l'auteur, en le taxant d'exagération, en l'accusant de poésie. Ah ! Sachez-le : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true.

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  • Par LydiaB, le 03 mai 2010

    Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n'en changeraient pas comme nous changeons de chemises
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  • Par LydiaB, le 04 mai 2010

    — Tu viens, répondit le vieillard, de me donner un coup de hache sur la tête. Dieu te pardonne, mon enfant ! Tu ne sais pas combien je t’aime si tu l’avais su, tu ne m’aurais pas dit brusquement de semblables choses, surtout si rien n’est désespéré. Qu’est-il donc arrivé de si pressant pour que tu sois venue me chercher ici quand dans quelques instants nous allions être rue d’Artois ?

    — Eh ! mon père, est-on maître de son premier mouvement dans une catastrophe ? je suis folle ! Votre avoué nous a fait découvrir un peu plus tôt le malheur qui sans doute éclatera plus tard. Votre vieille expérience commerciale va nous devenir nécessaire et je suis accourue vous chercher comme on s’accroche à une branche quand on se noie. Lorsque monsieur Derville a vu Nucingen lui opposer mille chicanes, il l’a menacé d’un procès en lui disant que l’autorisation du président du tribunal serait promptement obtenue. Nucingen est venu ce matin chez moi pour me demander si je voulais sa ruine et la mienne. Je lui ai répondu que je ne me connaissais à rien de tout cela, que j’avais une fortune, que je devais être en possession de ma fortune, et que tout ce qui avait rapport à ce démêlé regardait mon avoué, que j’étais de la dernière ignorance et dans l’impossibilité de rien entendre à ce sujet. N’était-ce pas ce que vous m’aviez recommandé de dire ?

    — Bien, répondit le père Goriot.
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