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> Félicien Marceau (Préfacier, etc.)
> Thierry Bodin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070409341
Éditeur : Gallimard (1999)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.61/5 (sur 1174 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La maison Vauquer est une pension parisienne où se côtoient des résidents que tout oppose, et pourtant inexorablement liés : Rastignac, un jeune étudiant en droit, le Père Goriot, un ancien fabriquant de vermicelles, ou encore le mystérieux Vautrin. Tous ont leurs secrets et leurs faiblesses. Rastignac, obsédé par la haute société, délaisse ses études pour tenter de s’y faire intégrer. Vautrin cache une étrange cicatrice et un passé douloureux. Le Père Goriot s’est ruiné ses filles, indignes par leur honte de leur père. La maison Vauquer s’apparente alors à une peinture de cette époque, un cliché de personnages aussi différents qu’unis, criants de vérité, acteurs d’une comédie humaine.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 12 septembre 2012

    NastasiaBuergo
    Qu'est-ce qui n'a pas été dit, écrit, filmé, dessiné, radiodiffusé sur Le Père Goriot, en particulier, et sur Balzac, en général ?
    Réponse : à peu près rien. Mais s'il est vrai que parmi cet amas épais et hétérogène tout a probablement été dit et bien dit, tout le monde, moi la première, moi surtout, n'a probablement pas lu le monceau impressionnant d'avis ou de critiques littéraires qui ont été laissés à son sujet.
    Alors je ne ferai très certainement que répéter ce que d'autres auront dit bien avant moi et de bien meilleure façon que je ne saurais le faire. Excusez-moi pour cette somme de mauvaises redites.
    En premier lieu, première redite, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour s'en aller frétiller dans l'immense testament littéraire que nous a laissé le bon Honoré et qui se nomme La comédie humaine. Néanmoins, je tiens à souligner que manifestement trop de lycéens ont eu à "subir" ce roman à un âge où, selon toute vraisemblance, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de cette pièce maîtresse lorsqu'on le lit quelques années plus tard. Je vais donc clairement vous dire que si j'avais à faire découvrir Balzac à quelques jeunes personnes, je ne choisirais sans doute pas ce roman comme première approche. Passé la trentaine, pourquoi pas, même s'il va sans dire qu'on est apte à jouir de toute la saveur de cette œuvre bien avant trente ans, je suis fermement convaincue qu'il réclame à la fois vécu et investissement dans sa lecture, deux choses qui ne sont pas monnaie courante à un âge précoce.
    Ensuite, deuxième redite, que toutes les clefs d'écriture qui sont propres à Honoré de Balzac se retrouvent ici : la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel l'auteur nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final.
    Enfin, vous étonnerais-je en prétextant que Le Père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il en est la morale de la fable ? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias..., vous découvrirez qui, et de sa vision du monde ? Oui, "le monde selon Vautrin" vaut vraiment le détour. Alors, bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXème siècle.
    Juste pour la route et pour parfaire mon content de redites, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas.
    Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarque de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy.
    Le Père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur a deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les belles filles roturières qui se veulent du grand monde.
    Notre brave Père Goriot, commerçant prospère, ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" de ses deux vénales progénitures...
    Voici Honoré de Balzac dans tout sa splendeur et sa misère, lui le courtisan désabusé et parfois vindicatif, lui le magicien, l'inventeur du roman moderne, lui le génial observateur de cet étrange animal qu'on nomme "l'humain", lui, l'un de mes auteurs fétiches, mais ce n'est là qu'un fort misérable avis, un parmi pléthore d'autres et d'autre carrure et d'autre facture, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 21 janvier 2013

    Under_The_Moon
    C'est toujours avec émotion que je regarde mon exemplaire du Père Goriot sur mes étagères.
    Ce roman a été mon premier vrai coup de coeur pour un classique. Non pas que je n'en avais pas lu avant, c'est juste que celui là a été une révélation !
    C'était à la fin de ma 4ème (ok ça date!), j'étais l'une des seules à avoir lu et apprécié Eugénie Grandet et quelques mois après j'ai vu ce livre du même auteur et je me suis dit "pourquoi pas!".
    Et là, dès que j'ai ouvert le livre... Je ne voulais plus le lâcher ! A tel point que je l'ai dévoré en 2 jours ! le sort de ce père si gentil et si dévoué à ses 2 filles qui se révèleront êtres ingrats, des vrais pestes ! Et qui, pire encore, abandonneront leur pauvre père à son sort alors que lu ne cessera jamais de les aimer.
    Maintenant que je suis devenue adulte, quand j'ouvre des pages au hasard, l'histoire prend encore une autre dimension. Je ne suis plus une adolescente dans le délire "les adultes sont tous nuls et personne ne me comprend", et ce personnage de père me touche encore plus qu'il y a 14 ou 15 ans maintenant.
    Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra, mais il me semble que c'est à ce genre de "détails" qu'on reconnaît un grand livre !
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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 14 novembre 2012

    peloignon
    Lorsqu'on parle de romans d'amour on pense tout naturellement à des histoires de couples amoureux. À la limite, on pourrait imaginer un roman d'amitié, comme l'a fait Bernardin de Saint-Pierre dans son Paul et virginie, mais même dans ce roman exceptionnel la belle relation de philia est bien vite pimentée d'eros avec l'arrivée à l'adolescence des personnages principaux. Vraiment, l'amour, en littérature romanesque, c'est une affaire de couples amoureux.
    Et Balzac confirme la règle avec ses Modeste mignon, Le Colonel Chabert, Mémoires de deux jeunes mariées, etc., mais son projet titanesque d'une fresque de l'ensemble de la société l'entraîne ici à explorer l'amour sous un angle vraiment exceptionnel pour un roman : celui de la paternité.
    Or, chacun en conviendra sûrement, l'amour parental a quelque chose de beaucoup plus pur que l'amour d'un partenaire de vie. le parent (idéal) n'a en effet aucun désir égoïste pour son enfant. Il donne tout et n'espère en retour que le bien de son enfant. C'est exactement ce qui se produit pour Le Père Goriot qui aime vraiment ses filles de tout son être avec une simplicité et un abandon complet.
    Par contre, l'amour ne doit pas être une faiblesse, mais une force. Il doit vouloir renoncer à tout pour rendre possible le meilleur de l'autre et c'est loin d'être le cas en ce qui concerne l'amour de Goriot pour ses filles. Son amour est en effet si passionnel que le pauvre homme n'existe pratiquement plus du tout lui-même et ses petites sont bien trop gâtées pour pouvoir s'épanouir dans leurs vies. Goriot le sait très bien lui-même. Il a échoué tragiquement. Il n'a pas su être à la hauteur de ce qui a donné sens à sa vie : assurer le bonheur de ses filles.
    C'est ce constat qu'il exprime en excuse leur absence de reconnaissance dans le passage suivant :
    « Elles sont innocentes, mon ami! Dites le bien à tout le monde, qu'on ne les inquiète pas à mon sujet. Tout est de ma faute, je les ai habituées à me fouler aux pieds. J'aimais cela moi. Ça ne regarde personne, ni la justice humaine ni la justice divine. Dieu serait injuste s'il les condamnait à cause de moi. Je n'ai pas su me conduire, j'ai fait la bêtise d'abdiquer mes droits...le plus beau naturel, les meilleures âmes auraient succombé à la corruption de cette facilité paternelle... Moi seul ai causé les désordres de mes filles, je les ai gâtées. Elles veulent aujourd'hui le plaisir, comme elles voulaient autrefois du bonbon. Je leur ai toujours permis de satisfaire leurs fantaisies de jeunes filles... Moi seul suis coupable, mais coupable par amour. » (346-347)
    Peut-on en vouloir à un tel père d'avoir fait son propre malheur en élevant si mal ses enfants? Impossible! Il est tellement touchant! Et c'est si vrai que l'enfer est pavé des meilleures intentions...
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    • Livres 5.00/5
    Par ballad, le 29 juillet 2012

    ballad
    C'est agréable de revenir à un classique parfois, et surtout celui là. J'ai apprécié le thème, l'écriture, brillante, vous vous imaginez bien, Balzac Honoré de. J'ai apprécié la splendeur de l'écriture et la beauté des mots jusqu'à leur désuétude parfois. Et de temps en temps, cela me plaît de visiter cette époque où les hommes étaient chapeautés et se cachaient derrière de longues barbes, et où les femmes se trémoussaient dans des robes de mousseline.
    Dans cette histoire, rien de bien drôle pourtant. C'est l'histoire du Père Goriot, « Christ de la paternité », tel que le qualifie Balzac dans son livre, un homme passionné par ses filles, et ayant tout sacrifié pour leur bonheur, jusqu'à se ruiner. Grâce à lui, elles ont réussit dans la société parisienne : l'une est devenue comtesse, et l'autre est la femme d'un banquier, mais à quel prix. Eugène Rastignac, étudiant en droit, est pourtant aujourd'hui le seul à se soucier du vieil homme, désargenté. C'est lui qui a pris la place des deux filles du Père Goriot. Cette amitié est inattendue en même temps que nécessaire pour les besoins d'ascension sociale du jeune homme voulant faire son entrée dans le Tout Paris. Les personnages principaux de ce livre transitent par la pension Vauquer, tenue par une veuve assez sinistre, comme la plupart de ses pensionnaires.
    Balzac nous fait des tableaux très fidèles et brillants de la société, où se tissent des relations basées sur la légèreté et où, souvent, on se manipule les uns les autres afin d'arriver à ses propres fins et avoir sa place au soleil. L'analyse de l'auteur montre des sentiments complexes et variables chez les personnages où la sincérité finit par se mêler au mensonge. Elle est réaliste, et ne néglige pas de montrer aussi et surtout la cruauté des rapports humains.
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 03 mars 2013

    kathel
    Ce roman est une bonne entrée en matière pour découvrir La comédie humaine, le cadre de la Pension Vauquer ayant permis à l'auteur d'y faire entrer bon nombre des personnages qui se retrouvent dans d'autres romans… le Baron Nucingen apparaît ainsi dans 32 romans, Horace Bianchon, dans 29 et Eugène de Rastignac, dans 26. Et ce ne sont que quelques exemples, qui donnent une idée de l'ampleur du projet !
    La Pension Vauquer, rue Neuve Sainte-Geneviève, est tenue par une veuve qui « a eu des malheurs ».
    A l'heure des repas, la salle rassemble différents spécimens d'humanité, parmi lesquels Eugène de Rastignac, un jeune noble désargenté venu étudier à Paris, une vieille demoiselle engoncée dans des châles mités, un employé retraité à la mine pâle, une jeune orpheline et sa parente éloignée, Vautrin, un grand gaillard à favoris et un vieillard qui était vermicellier et a eu de la fortune, mais se contente maintenant de la chambre la plus misérable de la pension. Ce Père Goriot, que tout le monde raille plus ou moins, reçoit parfois quelque visite discrète d'une jeune et jolie femme, ou d'une autre du même genre…
    Eugène de Rastignac, dans son envie de découvrir le beau monde Parisien, rend visite à l'une de ses cousines, et grâce à elle, finit par découvrir que deux femmes très en vue sur la place de Paris, très bien mariées, et menant grand train, sont les filles du Père Goriot. L'une d'entre elles, Delphine, est en pleine rupture avec son amant du moment, occasion inespérée pour Eugène de tenter quelques manœuvres d'approche. C'est pour le jeune homme le début de sa conquête de Paris qui se poursuivra dans les volumes où on le peut le suivre encore, Illusions perdues et Splendeurs et misères des courtisanes.
    Outre les portraits de figures Parisiennes de Tous les milieux, Le Père Goriot est surtout le portrait d'un père, la description de l'amour paternel poussé à son paroxysme, et auquel répond un bien piètre amour filial. Certaines scènes déchirantes inspirent une pitié immense pour ce vieux bonhomme rejeté par les filles qu'il encense.
    J'ai retrouvé aussi avec grand plaisir la scène de l'arrestation de Vautrin, sans doute décortiquée en classe, si j'en crois le souvenir assez vif qu'elle m'avait laissée.
    Les nombreux protagonistes de ce roman, les scènes qui se succèdent avec vivacité, les descriptions jamais trop longues ni ennuyeuses, les dialogues qui immergent superbement dans l'époque, tout m'a enchantée dans ce chef d'œuvre ! Je recommande à ceux qui, comme moi, avaient dédaigné Balzac, se laissant emporter par leur enthousiasme pour Hugo ou Zola, tout en ignorant le formidable tableau réaliste du XIXème siècle créé par cet auteur tourangeau, de ne pas hésiter à lire un roman ou un autre de La comédie humaine, et je gage que leur programme de lecture s'en trouvera aussitôt étoffé de nombreux titres incontournables !

    Lien : http://lettresexpres.wordpress.com/2013/03/03/honore-de-balzac-le-pe..
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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve−Sainte−Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint−Marceau. Cette pension, connue sous le nom de la Maison−Vauquer, admet également des hommes et des femmes, des jeunes gens et des vieillards, sans que jamais la médisance ait attaqué les moeurs de ce respectable établissement. Mais aussi depuis trente ans ne s’y était−il jamais vu de jeune personne, et pour qu’un jeune homme y demeure, sa famille doit−elle lui faire une bien maigre pension. Néanmoins, en 1819, époque à laquelle ce drame commence, il s’y trouvait une pauvre jeune fille. En quelque discrédit que soit tombé le mot drame par la manière abusive et tortionnaire dont il a été prodigué dans ces temps de douloureuse littérature, il est nécessaire de l’employer ici : non que cette histoire soit dramatique dans le sens vrai du mot ; mais, l’oeuvre accomplie, peut−être aura−t−on versé quelques larmes intra muros et extra. Sera−t−elle comprise au−delà de Paris ? le doute est permis. Les particularités de cette scène pleine d’observations et de couleurs locales ne peuvent être appréciées qu’entre les buttes de Montmartre et les hauteurs de Montrouge, dans cette illustre vallée de plâtras incessamment près de tomber et de ruisseaux noirs de boue ; vallée remplie de souffrances réelles, de joies souvent fausses, et si terriblement agitée qu’il faut je ne sais quoi d’exorbitant pour y produire une sensation de quelque durée. Cependant il s’y rencontre çà et là des douleurs que l’agglomération des vices et des vertus rend grandes et solennelles : à leur aspect, les égoïsmes, les intérêts, s’arrêtent et s’apitoient ; mais l’impression qu’ils en reçoivent est comme un fruit savoureux promptement dévoré. Le char de la civilisation, semblable à celui de l’idole de Jaggernat, à peine retardé par un coeur moins facile à broyer que les autres et qui enraie sa roue, l’a brisé bientôt et continue sa marche glorieuse. Ainsi ferez−vous, vous qui tenez ce livre d’une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut−être ceci va−t−il m’amuser. Après avoir lu les secrètes infortunes du père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettant votre insensibilité sur le compte de l’auteur, en le taxant d’exagération, en l’accusant de poésie. Ah ! sachez−le : ce drame n’est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son coeur peut−être.
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  • Par Malahide75, le 09 mai 2013

    Voyez, n'est-ce pas un chrétien posé sur l'épaule d'un ange ? Il est digne d'être aimé, celui là ! Si j'étais femme, je voudrais mourir (non, pas si bête !) vivre pour lui. En les admirant ainsi, madame, dit-il à voix basse et se penchant à l'oreille de la veuve, je ne puis m'empêcher de penser que Dieu les a créés pour être l'un à l'autre. La Providence a des voies bien cachées, elle sonde les reins et les cœurs, s'écria t-il à haute voix. En vous voyant unis, mes enfants, unis par une même pureté, par tous les sentiments humains, je me dis qu'il est impossible que vous soyez jamais séparés dans l'avenir. Dieu est juste.
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  • Par LydiaB, le 03 mai 2010

    Un homme qui se vante de ne jamais changer d'opinion est un homme qui se charge d'aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l'infaillibilité. Il n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances : l'homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S'il y avait des principes et des lois fixes, les peuples n'en changeraient pas comme nous changeons de chemises
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  • Par LydiaB, le 04 mai 2010

    — Tu viens, répondit le vieillard, de me donner un coup de hache sur la tête. Dieu te pardonne, mon enfant ! Tu ne sais pas combien je t’aime si tu l’avais su, tu ne m’aurais pas dit brusquement de semblables choses, surtout si rien n’est désespéré. Qu’est-il donc arrivé de si pressant pour que tu sois venue me chercher ici quand dans quelques instants nous allions être rue d’Artois ?

    — Eh ! mon père, est-on maître de son premier mouvement dans une catastrophe ? je suis folle ! Votre avoué nous a fait découvrir un peu plus tôt le malheur qui sans doute éclatera plus tard. Votre vieille expérience commerciale va nous devenir nécessaire et je suis accourue vous chercher comme on s’accroche à une branche quand on se noie. Lorsque monsieur Derville a vu Nucingen lui opposer mille chicanes, il l’a menacé d’un procès en lui disant que l’autorisation du président du tribunal serait promptement obtenue. Nucingen est venu ce matin chez moi pour me demander si je voulais sa ruine et la mienne. Je lui ai répondu que je ne me connaissais à rien de tout cela, que j’avais une fortune, que je devais être en possession de ma fortune, et que tout ce qui avait rapport à ce démêlé regardait mon avoué, que j’étais de la dernière ignorance et dans l’impossibilité de rien entendre à ce sujet. N’était-ce pas ce que vous m’aviez recommandé de dire ?

    — Bien, répondit le père Goriot.
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  • Par NastasiaBuergo, le 12 septembre 2012

    L’honnêteté ne sert à rien. L’on plie sous le pouvoir du génie, on le hait, on tâche de le calomnier, parce qu’il prend sans partager ; mais on plie s’il persiste ; en un mot, on l’adore à genoux quand on n’a pas pu l’enterrer sous la boue. La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l’arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe.

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