ISBN : 2020604388
Éditeur : Editions du Seuil (2004)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Bienvenue à Ciudad Juàrez, frontière américano-mexicaine... du mauvais côté du Rio Grande, celui du Mexique. Bienvenue dans "la ville où même le diable a peur de vivre". Journaliste au grand quotidien espagnol El Diario, Toni Zamb... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 09 janvier 2011

    Eskalion
    Quand le journaliste Toni ZAMBUDIO arrive d'Espagne et débarque au Mexique, ce n'est pas pour visiter les hauts lieux touristiques de ce pays au passé légendaire.
    C'est envoyé par son journal pour enquêter pendant quelques jours sur des assassinats de jeunes ouvrières retrouvées suppliciées et atrocement mutilées près de Ciudad Juarez , à La Frontière avec les Etats-Unis, que celui-ci se retrouve à fouler le tarmac de l'aéroport de cette ville mexicaine. Mais ce voyage marque aussi pour le journaliste le retour sur une terre natale qu'il n'a pas foulée depuis une trentaine d'années.
    Les premiers contacts sont pris. Avec le chef de la police de Ciudad Juarez d'abord, avec des ouvrières des maquiladoras ensuite.
    Maquiladoras … ces entreprises étrangères venues s'installer à La Frontière pour profiter d'une main d'œuvre docile et très bon marché et où s'épuisent pour quelques dollars des cohortes de jeunes femmes se tuant à la tâche pour contribuer à l'essor de la société de consommation occidentale.
    Le cas de ces jeunes femmes assassinées fait résonnance avec le passé du journaliste, qui a vu mourir sa mère sous ses yeux alors qu'il était enfant, et n'en avait réchappé lui-même que parce qu'il n'y avait plus de balle dans le barillet de l'arme que l'assassin de sa mère avait ensuite braqué sur lui.
    Alors il enquête. Méthodiquement. Cherche à comprendre. A trouver une logique à tous ces meurtres qui s'accumulent. S'agit-il de l'œuvre d'un ou plusieurs serials killers ? de cérémonies sataniques ? Des narcotrafiquants qui règnent sur la région ?
    Les pistes sont insaisissables et glissent entre les doigts du journaliste comme le sable du désert de Sonora.
    Pourtant ses articles finissent par déranger. L'enquête se transforme en descente aux enfers pour Toni Zambudio. Elle devient alors une quête effrénée de la vérité, une affaire qu'il va faire sienne et pour laquelle le journaliste va progressivement tout sacrifier.
    A travers les méandres de cette histoire toujours plus scabreuse, il finira par se défaire de tout ce qui avait fait de lui un européen : son travail de journaliste, la famille qu'il a laissée derrière lui, là bas, en Espagne. Dans une démarche quasi d'autodestruction. Il se lancera dans une fuite en avant, voulant saisir à tout prix cette vérité qui lui échappe. Il embrassera la fatalité de cette terre maudite, où même le diable refuse de vivre et le prix à payer sera à la hauteur de sa découverte finale.
    Car à force de soulever les pierres pour voir ce qui s'y trouve caché, Toni va finir par mettre en branle un cataclysme qui emportera tout sur son passage. Dans un pays où tout peut arriver sauf la justice son destin se fondra dans celui plus sombre encore de cette région du monde devenue l'arrière cour de l'économie américaine, où la vie de jeunes mexicaines ne vaut même pas le salaire misérable qu'elle touchent.
    Patrick Bard nous livre un roman brut, et nous dresse un portait désespérant d'un pays qui vit quotidiennement la malédiction d'être le voisin de la première puissance économique mondiale. Un pays vampirisé de sa jeunesse et de ses forces vives, sacrifié sur l'autel du libre échange et où la violence n'a d'égale que la misère qu'elle côtoie.
    Car si l'enquête occupe le devant de la scène, la toile de fond de cette histoire reste omni présente. Et c'est là toute la prouesse de l'auteur à nous narrer une histoire terrifiante tout en nous peignant une situation pourtant bien réelle dans le Mexique d'aujourd'hui.
    Ce livre est effrayant de violence, mais lorsque l'on découvre les pratiques de ces grandes multinationales, cela fait encore plus froid dans le dos !
    Aujourd'hui si les carnages provoqués par la guerre des cartels du Sonora font la une quotidienne de l'actualité, les meurtres de jeunes travailleuses mexicaines eux, n'ont pas cessé. On s'y est habitué, comme on s'habituera aux tueries des narcotrafiquants. le Mexique vit sa malédiction, et le Sonora est devenu le tombeau du développement économique ultra libéral du Mexique. La mort a embrassée cette région, elle est devenue la compagne fidèle de la vie de la population.
    Comme l'écrivait Carlos Fuentès, écrivain cité dans le roman, « les Mexicains ne vont pas vers la mort, ils y retournent car ils en viennent »
    Depuis 2000, 70 journalistes ont été assassinés au Mexique.
    Quant à Toni ZAMBUDIO, il y a des balles qui mettent parfois plus de trente ans avant d'atteindre leur cible.

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 26 juillet 2011

    Malaura
    A Ciudad Juàrez, ville-frontière mexicaine, les "maquiladoras", ces filiales de multi-nationales, pullulent et emploient de la main d'oeuvre à bon marché, entraînant davantage encore misère, drogue et prostitution.
    Depuis quelques années de nombreux cadavres de femmes ont été retrouvés dans le désert, violés et torturés.
    Toni Zambudio est envoyé par son journal dans cette ville "où même le diable a peur de vivre".
    Une enquête difficile commence pour lui, semée d'embûches et de cadavres.

    L'intérêt du livre réside principalement dans le fait qu'il relève largement de la réalité.
    Au delà des ressorts romanesques de l'histoire, c'est un constat accablant des conditions de vie et de travail des ouvrières de ces villes-frontière écrasées par les grandes firmes mondiales.
    Misère, violence et mort sont hélas le lot journalier de ces malheureuses femmes dans un pays corrompu jusqu'à la moëlle.
    Avec ce roman policier, Patrick Bard réussit à allier le rythme et les rebondissements d'un bon suspense à la force et au réalisme un documentaire affolant et révoltant.
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 14 juin 2011

    kathel
    Un journaliste espagnol, Toni Zambudio, est envoyé par son journal à La Frontière mexicaine, à Ciudad Juarez pour faire une série d'articles sur des meurtres de femmes qui ont eu lieu de 1995 à 1997. Nous somes en 1997. Ces femmes, toutes employées par les grandes compagnies internationales installées aux portes des Etats-Unis, ont été retrouvées mortes dans différents endroits de la ville. Un suspect est emprisonné et pourtant les crimes ne cessent pas. L'enquête de Toni le mène sur différentes pistes plus terribles les unes que les autres.
    On a nommé « maquiladores » ces entreprises qui profitent de ce que La Frontière est grande ouverte pour les marchandises, et fermée pour les gens. Les ouvriers, des femmes essentiellement, vivent à Ciudad Juarez de façon très précaire, dans des habitations de fortune faites souvent de cartons d'emballage récupérés sur leur lieu de travail. Patrick Bard, qui a été photographe d'investigation avant d'écrire, a bâti son roman à partir de faits réels, après s'être imprégné sur place de tout le tragique de la situation de ces femmes. Cela donne une véracité impressionnante au roman, qui bénéficie par ailleurs d'une construction très efficace. Sans rien dévoiler de plus, je peux dire que les coups de théâtre ne manquent pas. Ils ne sont pas cachés par la dénonciation de situations malheureusement bien réelles.
    Les thèmes de l'extrême pauvreté, de la prostitution, du satanisme, de la pollution, de l'immigration clandestine, sont abordés, mais le propos n'est jamais lourd et les démonstrations s'accompagnent parfois d'ébauches de solution, avec des personnages qui s'engagent aux côtés des ouvrières des « maquiladores », comme Guadalupe Vidal, de l'association « L'alliance des femmes » qui fera faire un grand pas à l'enquête de Toni. Un très bon polar, tant par les descriptions saisissantes que par les excellents dialogues, qui tient en haleine jusqu'à l'épilogue.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-patrick-bard-la-frontier..
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 29 janvier 2011

    maltese
    Antonio Zambudio est envoyé par El Diario, le journal madrilène pour lequel il travaille, pour enquêter à Ciudad Juarez, ville mexicaine à La Frontière avec les Etats-Unis, dans laquelle des femmes sont assassinées d'atroces façons sans que la police puisse trouver les meurtriers.
    Toutes les pistes semblent avancées, à commencer par celles d'un tueur en série et/ou d'un groupe sataniste.
    Patrick Bard, lui-même journaliste, brimballe et malmène son personnage sur les routes mexicaines et du sud des Etats-Unis, dans une quête de la vérité bien difficile, parsemée de cadavres.
    Zambudio aura bien du mal à s'y retrouver dans cet écheveau et à démêler le vrai sens de cet imbroglio empli de fausses pistes, et où le silence causé par la peur empêche ceux qui aurait des débuts de réponse de parler.
    Patrick Bard est allé sur place pour voir comment les Mexicains vivent dans cette ville que l'on dit la plus dangereuse du monde, et cela se ressent. L'auteur a en effet parfaitement fouillé son sujet et transcrit avec justesse, semble-t-il, la vie difficile dans cette ville frontière où les entreprises multinationales se sont exportées pour exploiter une main-d'oeuvre payée une misère, qui vit dans des conditions déplorables et travaille sans aucune protection au milieu de produits très dangereux, qui, comble de tout, polluent allègrement l'environnement.
    L'intrigue ne contient aucun temps mort, et si l'ensemble n'est pas d'une grande originalité, on suit cette enquête avec intérêt et révolte, Patrick Bard faisant se mêler fiction et réalité de manière convaincante, soulignant au passage les difficultés que peu rencontrer un journaliste d'investigation.
    Il est intéressant par ailleurs d'aller sur le site web de l'auteur pour, notamment, voir ses photos (entre autres du Mexique).
    [http://http://www.patrickbard.com/]
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 24 septembre 2010

    zembla
    4ième de couverture : "Journaliste madrilène, Toni Zambudio arrive à Ciudad Juàrez, ville frontière entre les États-Unis et le Mexique. Sous la poussière et la chaleur étouffante du désert, on a retrouvé les corps de cinquante femmes violées et mutilées. L'enquête de Zambudio met au jour les conditions de travail des victimes, employées par des entreprises occidentales. le journaliste commence vite à déranger beaucoup de monde..."
    Polar noir c'est noir et il y a vraiment plus d'espoir. Ce roman est basé sur des faits réels : des femmes mexicaines ont vraiment disparues par centaine et certaines ont été retrouvées mortes. le style est journalistique, l'auteur nous faisant une analyse effrayante des conditions de travail des ouvrières de Ciudad Juàrez , de l'immoralité et du cynisme des grandes entreprises occidentales. Vous ne regarderez plus votre micro-onde ou votre télévision du même regard.
    L'intrigue policière est quand a elle d'une grande efficacité et nous fait plonger dans une grande course poursuite pour découvrir la vérité qui se cache dérrière ces meurtres. Pas de baisse de régime, ni de rythme on est happé par cette machine(la mondialisation) qui détruit tout sur son passage pour fait un maximum de profit.
    Ma note 8/10.
    A noter que ce livre a reçu le prix polar Michel Brun 2002.

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 14 juin 2011

    Zambudio avait coupé à droite, par un sentier, une ruelle sans nom, comme le lui avaient indiqué les gosses, puis il était descendu vers un groupe de cabanes en contrebas. Tous le regards convergeaient vers lui. A mi-pente, il s’était arrêté, avait pénétré dans une petite allée entre deux huttes de carton. Un homme assez jeune étai occupé à fracasser à coups de marteau une vieille batterie de voiture, tandis qu’un autre, plus vieux, contemplait le crépuscule naissant dans un fauteuil à bascule qui avait connu des jours meilleurs, quelques années plus tôt. A l’extérieur de la cahute, une vieille femme s’escrimait à allumer, avec des brindilles, un four de fortune en terre séchée pour y cuire des tortillas de maïs. Toni avait lancé un timide « Bonjour ! » à la ronde. Un bébé dormait dans un berceau bricolé à l’aide de bois de caisses d’emballage. Sur le flanc de la couche de fortune, un plaisantin avait écrit : « Ne pas déranger, les mecs. Je bosse. »
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  • Par Stemilou, le 07 mai 2011

    Les mexicains l’appelaient le « Mur de la honte », demandant avec ironie si le président des USA viendrait un jour de ce côté de la frontière pour déclarer : « Soy mexicano », comme Kennedy naguère à Berlin.
    Les sans-papiers traversaient désormais par le désert, risquant la mort par insolation en été, par hypothermie en hiver, pour échapper aux hélicoptères, aux chiens et aux jumelles à vision nocturne de la migra.
    En un peu plus de deux ans, près de quatre cents infortunés candidats avaient laissé leur peau à ce jeu sordide du chat et de la souris.
    Zambudio descendit vers la berge. Des remugles écœurants montaient de l’eau noire. Une immense fresque représentant Che Guevara était peinte à même le sol en pente, narguant l’Amérique.
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Découvrez les images du 9eme Salon Policier de Neuilly-Plaisance (93) auquel la librairie Arthur a participé, les 2 et 3 avril 2011.
Michel Leydier a remporté le Lionceau Noir pour "Super mytho !" (Syros) tandis que Patrick Bard a obtenu le Lion Noir pour "Orphelins de sang" (Seuil).








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