ISBN : 2213654751
Éditeur : Fayard (2010)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Vous ne verrez jamais son visage. Vous ne connaîtrez même pas son prénom, puisque l’entreprise qui l’emploie lui en a donné un autre. Il est le téléopérateur qui finit par vous répondre après que vous avez dû appuyer successivement sur la touche étoile, trois, six, diès... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 03 avril 2012

    carre
    Un téléopérateur d'une plateforme téléphonique va contre les consignes de travail de l'entreprise et recontacte un client. Faute grave au vu de la direction alors que l'entreprise fait face à une vague de suicides. Beintingel installe son histoire avec beaucoup d'ironie et de recul ou le relationnel et le social sont remisés au placard.Une déshumanitation pour dénoncer la politique qui règne dans de nombreuses entreprises. La froide logique ou l'on va jusqu'à changer les prénoms des téléopérateurs fait froid dans le dos et montre combien l'individu est devenu un pion que l'on façonne ou que l'on jette. Un regard hélas terriblement juste et glaçant. A méditer.
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  • Par charlottelit, le 14 décembre 2011

    charlottelit
    envie de le lire, d'autant plus que j'ai travaillé dans ce milieu il y a longtemps et en conserve un souvenir ubuesque : le pion téléphone à d'autres pions qui possèdent une carte bleue et qu'il faut inciter à dépenser pour n'importe quoi, ... avec une pression constante du surveillant qui vous traque, tapi dans son antre, à l'écoute du moindre faux pas .... pas étonnant que certains se suicident ...
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 27 novembre 2010

    brigetoun
    En une langue simple et directe d'aspect, souple et travaillée, intérioriser la perte d'autonomie dans le travail en passant du faire, de la main, au dire (et des mots qui ne sont pas siens) et au travail à l'utilité invisible, se défendre en détournant son rôle grâce à une implication non demandée qui restitue le lien humain, décrire le collectif de bureau, même quand l'entente prime dans cette petite cellule, décrire la vie personnelle qui se désagrège par les longs trajets, la coupure entre le lieu de vie et celui du travail, montrer de l'intérieur la "souffrance au travail", et l'effet des articles, émissions, sur ceux dont on fait semblant de parler, tableau de ce monde qui se farde, qui nous dilue, des mots détournés, de "remettre l'humain au centre"... Pas un énième bouquin sur un thème à la mode, une relation qui semble vécue, un "nouveau" qui n'a pas de nom mais une vraie individualité, et de la pulsion vers la réalité, l'honnêteté, des relations franches, humaines (vraiment, pas comme le veut le marketting)
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    • Livres 4.00/5
    Par zelande, le 17 octobre 2010

    zelande
    Notre personnage principal est un téléopérateur parmi tant d'autres, dans une entreprise comme il y en a de plus en plus. Vous ne verrez jamais son visage. Vous ne connaîtrez même pas son prénom puisque l'entreprise qui l'emploie lui en a donné un autre. Il est celui qui finit par vous répondre une fois que vous avez appuyé successivement sur la touche étoile, trois, six, dièse puis de nouveau étoile. 'Éric à votre service . 'Éric ? Inutile de vous en souvenir. Lors de votre prochain appel, vous tomberez sur quelqu'un d'autre. John, George, Paul ou Ringo. Peu importe. En revanche, vous aurez droit aux mêmes réponses. Elles apparaissent au téléopérateur sur un écran d'ordinateur, classées par thèmes. Mais alors qu'une série de suicides dans l'entreprise rappelle douloureusement que les employés ne sont pas des machines, Eric décide un jour de transgresser les consignes : il rappelle un client de sa propre initiative...
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 29 novembre 2010

    claracambry
    Lui, c'est le nouveau dans l'entreprise. On lui demande de choisir un prénom pour ce métier de téléopérateur. Il a choisi Eric. Répondre au téléphone, déblatérer à ces clients anonymes des questions types. Vendre les nouveaux produits pour atteindre les objectifs. L'ancien électricien est devenu Eric. Il parle toute la journée pour ne dire que des formules, des phrases préconstruites. Des suicides surviennent dans l'entreprise. L'incompréhension, l'incrédulité cèdent place à des questions de fond. Un jour, Eric rappelle un client pour lui donner un renseignement. Il téléphone à un client de son propre gré sans autorisation.
    L'écriture singulière de ce livre m'a harponnée. Une écriture qui donne une force, un pouvoir aux mots. Pas de fioriture pour ce livre sur la déshumanisation du monde du travail. Des entreprises où la personne est considérée comme un objet de rendement et perd son identité.
    Les mots, Eric en dit à longueur de journées au téléphone. Des mots choisis, pesés par des spécialistes du marketing. Toujours être poli envers le client sans rentrer dans la bulle du personnel ou de l'intime. Garder ses distances avec le client mais sans le lui montrer. L'allécher par un discours et lui vendre le nouveau produit. Dans l'entreprise où Eric travaille, des employés se suicident. Sur d'autres sites ou dans d'autres services. Il y a les réactions de l'extérieur : ce n'est pas possible, on ne se suicide pas à cause de son travail. Eric rappelle un client au téléphone, lui rend service.
    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2010/11/thierry-beinstingel-retour-aux-mots.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/11/thierry-beinstingel-retour-au..
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Citations et extraits

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  • Par bibliame, le 29 décembre 2010

    - X (nom de l’entreprise), bonjour, Eric, que puis-je pour votre service (préenregistré)
    - Bonjour, je suis client chez vous et j’aimerais changer mon contrat.
    - Nous allons regarder ensemble, vous êtres bien monsieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien numéro/num de rue/ville ? (page d’accueil en couplage téléphonie informatique)
    - Oui c’est cela.
    - Donc si j’ai bien compris vous souhaitez modifier votre contrat.
    - Oui c’est cela.
    - Vous bénéficiez en ce moment de notre offre Optimum plus, est-ce exact ? (page « services du client », onglet « reformulation »)
    - Oui c’est cela.
    - Et que désirez-vous modifier mon sieur/madame/mademoiselle ? (page «services du client », question ouverte)
    - Je trouve ma facture disproportionnée par rapport à ce que j’utilise
    - Notre offre Optimum vous donne droit à. (énumartion des privilèges clients, page « services du cleint », onglet « argumentaire »). Etes-vous au courant de ces avantages ?
    - ………
    - Ai-je bien répondu à votre demande ?
    - Oui
    - Désirez-vous autre chose ?
    - Non.
    - X vous remercie de votre appel. Nous vous souhaitons, mon sieur/madame/mademoiselle une excellente fin de journée (page « savoir prendre congé », onglet « autre demandes », onglet « formules de politesse)

    - X (nom de l’entreprise), bonjour, Eric, que puis-je pour votre service (préenregistré)
    - Bonjour, je voudrais un renseignement.
    - Nous allons regarder ensemble, vous êtres bien vous êtres bien monsieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien numéro/nom de rue/ville ? (page d’accueil en couplage téléphonie informatique)
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  • Par bibliame, le 29 décembre 2010

    - Boulangerie Au Bon Pain, bonjour, que puis-je pour votre service ?
    - Bonjour, je suis client chez vous et j’aimerais une baguette et deux croissants.
    - Nous allons regarder ça ensemble. Vous êtes bien mon sieur/madame/mademoiselle X ? Vous habitez bien dans le quartier ?
    - Oui, juste en haut de la rue.
    - Donc, si j’ai bien compris, vous souhaitez acquérir une baguette et deux croissants.
    - Oui, c’est cela.
    - Désirez-vous profiter de notre pain à farine traditionnelle Optimum plus ?
    - Oui, avec deux croissants, s’il vous plaît.
    - Etes vous au courant de tous les avantages de notre farine Optimum plus ?
    - Non, mais je viens surtout pour les croissants.
    - C’est tout à fait possible, mon sieur/madame/mademoiselle. Je regarde les conditions de vente et je calcule votre prix
    - …
    - Je peux vous proposer un prix total de deux euros quatre-vingt-neuf centimes. Êtes-vous d’accord avec notre offre ?*
    - Et avec une baguette à farine Optimum confort, ça reviendrait à combien ?
    - Je calcule cette nouvelle option
    ……..

    - J’effectue le nécessaire immédiatement. Ai-je bien répondu à votre demande ? Désirez-vous autre chose ?
    - Non, ce sera tout.
    - La boulangerie Au Bon Pain vous remercie. Nous vous souhaitons, mon sieur/madame/mademoiselle une excellente fin de journée.

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  • Par brigetoun, le 27 novembre 2010

    À moins que ce voyeurisme de la mort montre seulement la sauvagerie et la perversité des rapports humains. Peut-être valoriser son propre corps en le découpant en actions à vendre est-il la seule manière qui reste à l'homme libéral pour atteindre la postérité. Enfin rompre l'identité du corps. Le dépecer sur une table métallique. Un employé heureux est plus performant, un salarié malheureux ne crée pas de valeur : phrases réelles, publiées lors des tristes événements, autant de preuves d'un totalitarisme entièrement dévoué au profit, corps et âme.
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  • Par claracambry, le 29 novembre 2010

    Pourtant, en juillet, à Marseille, dans la même torpeur estivale, avec la mer scintillante des calanques, le ciel d’airain comme un couvercle brûlant, tout cela n’avait pas suffi à faire taire le drame qui s’était déroulé et les mots implacables de celui qui avait affirmé : Je me suicide à cause de mon travail. A cause de. Origine, fondement, raison, motif. Retour brutal aux mots sauvages.
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  • Par brigetoun, le 27 novembre 2010

    On voulait quelque chose de dynamique et d'actif : le mot "senior" s'était imposé, mieux que vétéran. On conclut donc un accord du même nom, destiné à valoriser ce qu'on nomma pudiquement "la deuxième parie de la vie professionnelle". C'était un délégué qui leur avait annoncé cela avec fierté : obtenu de haute lutte de la part du syndicat qu'il représentait.
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