ISBN : 2260017266
Éditeur : Julliard (2007)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque l’homme qu’elle aime la quitte pour une autre femme, Louise décide de fuir Paris. Mais ni le voyage ni l’exotisme de Cuba ne suffisent à dissiper son chagrin, à détourner ses pensées de son amant. Afin de garder un contact avec lui, aussi dérisoire et masochiste... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par jd, le 01 septembre 2008

    jd
    « Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées, c'est avancer en funambule au dessus des précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur. Tu vas y arriver, je suis là »
    « Se résoudre aux adieux », c'est un sujet banal, traité des milliers de fois. Un couple se sépare, on essaie de surmonter son chagrin. Les plus belles histoires en littérature sont des histoires d'amour. Avec ce roman paru en janvier 20007, Philippe Besson n'est tombé dans un aucun piège et a réalisé un ouvrage magnifique, un coup de coeur que je n'oublierai pas de sitôt.
    Louise est amoureuse de Clément, mais il la quitte pour Claire, la femme qu'il avait quittée pour Louise. Cette dernière, chroniqueuse, décide donc de fuir de Paris, d'abord direction Cuba et La Havane. Mais même au bout du monde, rien ne la détourne de ses pensées pour son amant. Elle décide de lui écrire de longues lettres. Au début, ce sont des appels, des bouteilles à la mer, de vrais SOS. Puis l'évidence s'imposera : c'est pour elle-même que Louise écrit ces lettres, inévitable étape de son procesus de guérison.
    « Oui, je me doutais que tu ne répondrais pas. Cependant, contre l'évidence, et même contre la raison, je cherchais à n'exclure aucune hypothèse. Sans me l'avouer, je songeais : un courrier de lui est hautement improbable mais pas tout à fait impossible. Tu vois, en dépit de mes affirmations, je n'en ai pas encore terminé avec l'espoir. »
    Car en effet, les réponses de Clément n'arriveront jamais. On ne saura même pas s'il les lit. Après Cuba, Louise file vers New York puis Venise, l'Orient Express et même Paris où s'achève son exil. Ses lettres, poignantes et émouvantes évoquent les souvenirs de ce couple amoureux, les jours heureux et les disputes, les espoirs et l'abandon. On vit avec pudeur ses états d'âmes, ses doutes la force de cette formidable histoire qu'elle a vécue avec Clément, et la violence de la rupture.
    « J'aurai pû te faire des reproches, des scènes même, mais ce n'est pas mon genre, je tiens en horreur les gens qui se donnent en spectacle ainsi que les récriminations ostentatoires. Je m'enfermais chez moi, je débranchais le téléphone, je me passais de vieux films en vidéo. Il y en a que je ne suis même plus capable de revoir car ils me ramènent inévitablement à ces heures de détresse. Paris Texas par exemple. Oui, il m'est devenu impossible de regarder Paris Texas. J'ai même cessé d'essayer »
    On la voit analyser les étapes de sa relation, regrettant des attitudes, se souvenant des mots et des silences, décortiquant ce qui aurait pu changer le cours de l'histoire. On a mal avec elle. On espère avec elle. Et on revit avec elle quand elle rencontre un autre homme avec qui elle veut faire sa vie.
    « Aujourd'hui, avec le retour de l'été, avec la belle lumière, les reflets dans les fenêtres entrouvertes, j'ai l'impression que Paris ressemble à une peinture de Bonnard. C'est éclatant »
    Jusqu'au bout, on va croire à une possible rencontre avec Clément. Elle n'arrive que dans ses pensées. Décrite dans une formidable fin pourtant sans surprises, cette rencontre et le dialogue qui s'installe entre les deux donnent lieu à un véritable bijou de littérature qui tient en haleine à la seule force du style. Un paragraphe superbe de 4 pages, d'un seul tenant, sans pause, où l'on retient son souffle pour aller jusqu'au bout avec la même émotion que Louise. Un final absolument époustouflant.
    « Je pense qu'il faut régler son passé, il faut arriver à le ranger dans un beau livre d'images que l'on pourra plus tard regarder avec nostalgie. le but est de faire en sorte que son passé ne fasse plus mal. On n'oublie rien, on vit avec ses souvenirs et on essaye de les dominer pour qu'ils ne nous blessent plus. » ; Philippe Besson.
    D'autres critiques sur http://lesbottesrouges.hautetfort.com
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  • Par InColdBlog, le 04 septembre 2010

    InColdBlog
    Clément, Louise. Un homme et une femme. Chabadabada, chabadabada…
    Ils s'aiment, puis un jour Clément s'en va, laissant Louise anéantie. Comme un dernier réflexe de survie, Louise décide de partir loin, le plus loin possible, et se retrouve à errer dans les rues de La Havane. N'en pouvant plus de garder sa peine au plus profond d'elle, elle se met à écrire une série de lettres à Clément. Clément lira-t-il ces bouteilles jetées à la mer ? Peu importe finalement. "« Est-ce si grave de ne pas aimer toujours ? »"
    Tout au long de cette convalescence, Louise prend conscience que ces lettres s'adressent plus à elle-même qu'à Clément. Cette correspondance sera sa thérapie. Partie en exil à Cuba, Louise va se rapprocher petit à petit de Paris, la ville de son amour perdu. Mais fait-on jamais le deuil d'un grand amour ?

    Lettres en souffrance. D'aucuns se seraient cassé les dents sur ce sujet on ne peut plus banal. Avec la sensibilité, la pudeur et la finesse qui caractérisent son écriture, Philippe Besson parvient sans peine à communiquer son empathie pour Louise au lecteur. On vit de l'intérieur ses états d'âme et la douleur de la séparation.
    Mieux, on EST Louise. On n'en peut plus de garder tout pour soi, alors on prend la plume et on vide son sac, on écrit à l'absent. Besson excelle dans ce registre de l'intime. Une de ses forces est de rendre parfaitement les cheminements intérieurs, disséquer les sentiments, explorer les failles avec sensibilité, sans voyeurisme.
    Contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre de la part de certains critiques, à aucun moment je n'ai trouvé Louise geignarde ou s'apitoyant sur son sort. Au contraire, elle est souvent lucide et n'hésite pas à laisser s'exprimer parfois sa rancœur et à lancer quelques coups de griffes.
    Pour Se résoudre aux adieux, Philippe Besson a choisi la forme épistolaire, forme contraignante s'il en est, qu'il réussit brillamment à détourner.
    Ce roman est également sur le rôle salvateur et thérapeutique de l'écriture. "« On n'écrit jamais pour les autres, jamais. On n'écrit que pour soi. On prétend dialoguer mais tout n'est que soliloque. »"
    Enfin, autre nouveauté chez Besson, le roman se clôt sur une note d'optimisme.

    Certains font passer pour un tour de force la facilité avec laquelle Besson, cette fois encore, se glisse dans la peau d'une femme. C'est quoi ces préjugés ? En quoi un homme serait-il incapable de ressentir les mêmes affres que Louise lors d'une séparation ? Je me suis même amusé à lire certains passages en remplaçant le prénom Louise par Louis, ça fonctionne tout aussi bien…
    Quoi qu'il en soit, je suis heureux de m'être réconcilié avec Philippe Besson qui est un de mes écrivains contemporains fétiches mais dont L'enfant d'octobre m'avait énormément déçu. Exceptés les passages dans lesquels il s'exprime au nom de Christine Villemin (ceux-là mêmes qui ont alimenté une polémique aux relents de pétard mouillé), j'avais vécu ce roman à l'époque comme auto-parodie de Besson par lui-même.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2007/01/26/Femme-de-lettres
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par pyrostha, le 02 février 2011

    pyrostha
    Comment faire pour se séparer d'un homme que vous aimez toujours et qui vous a abandonnée? C'est sur ce thème récurrent que Philippe Besson bâtit son roman d'une manière originale puisque sous forme épistolaire.Cette femme part pour mieux créer la distance et envoye lettre sur lettre,lui livrant des descriptions des pays dans lesquels elle va ,seule au milieu de la foule ,sans comprendre parfois la langue ...Elle lui livre aussi ses sentiments ,cette sensation de vide,de néant sans lui.Essayant de comprendre.Elle ne se fait aucune illusion,sait que rien ne servira pour qu'il revienne vers elle (il est partit pour une autre) ,ne sait même pas s'il lira ses missives mais c'est une forme de psychothérapie pour elle que je comprends parfaitement......
    De temps à autres ,les reproches fusent,elle s'en excuse ...mais ne les efface pas.
    Après de multiples détours elle revient à New York où ,là ,les souvenirs affluent car ils y sont allés tous les 2....mais elle tient le choc .Puis c'est Venise ,avec en toile de fond la chanson d'Aznavour.,...et puis enfin le grand retour à Paris....
    La dernière lettre est celle d'une femme qui a rencontré quelqu'un et qui le dit en toute simplicité .Mais ,pour moi il y a un ,"mais."...Elle imagine une ultime rencontre fortuite et la derniere phrase m'a laissée songeuse
    En tout cas ,je n'ai pu qu'être fascinée et admirative de la manière dont s'est glissé P.Besson dans la peau d'une femme! Comment a t il fait pour si bien en saisir tous les méandres?
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 17 décembre 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    La narratrice, Louise écrit des lettres à Clément, l'homme qui l'a quittée. Elle lui écrit de diverses villes, croyant que la fuite va lui permettre de faire le deuil de leur histoire.
    Elle ne lui parle pas nécessairement d'amour, bien qu'évidemment elle tente de lui rappeler ce qu'ils ont vécu ensemble. Mais jamais dans le but de le culpabiliser, juste pour tenter de passer à autre chose.
    En fait, elle lui écrit ce qu'elle lui dirait s'il était là. Ou ce qu'elle lui raconterait au retour d'un voyage qu'il n'aurait pas vécu. A travers ces lettres, elle tente de vivre encore un moment avec lui.
    C'est un livre agréable à lire, c'est fluide et cela se lit vite mais ce n'est pas touchant. du moins, je n'ai pas été touchée. Je m'attendais à un livre bouleversant. Elle se fait quitter par celui qu'elle appelle « l'homme de sa vie », je m'attendais à des cris, des larmes. Pas tout de temps, mais un signe qu'elle se sentait dépassée parfois. Comme lorsque l'on ne comprend pas pourquoi les choses arrivent.
    Mais là, rien ! Evidemment, elle parle d'eux, de sa profonde tristesse mais toujours avec un calme quasiment parfait. Résultat, je me retrouve à lire un livre intéressant mais sans ressentir la moindre émotion.
    Ce qui m'embête encore plus c'est que les deux livres précédents que j'ai lus de cet auteur m'avaient énormément plu, dont un qui m'avait même bouleversé.
    Mais je ne perds pas espoir, je me dis que Philippe Besson est peut-être plus à l'aise pour faire vivre les hommes dans ces romans plutôt que les femmes.
    Et comme la sensibilité de chacun est différente de celle des autres, peut-être que ce livre vous touchera au plus haut point.
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    • Livres 4.00/5
    Par JPB, le 06 novembre 2011

    JPB
    Du très bon Philippe BESSON, toujours dans le même registre, mais cette fois sous la forme de lettres écrites par une femme à l'homme qui vient de la quitter. La situation est pafois assez convenue, mais la narration est originale.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 25 mars 2011

    [Incipit.]

    Clément,

    J'ai décidé de t'écrire, plutôt que rien.
    Plutôt que rester là, comme ça, dans le silence.
    Que je te dise : je me suis honnêtement, sérieusement essayée au silence, je l'ai endossé comme on se glisse dans un vêtement, je m'y suis livrée comme on accepte une astreinte. Je l'ai fait d'abord pour moi, ne t'y trompe pas, c'était un choix égoïste, même s'il m'a coûté. En fait, j'ai pensé que cela me sauverait. Mais le rien-dire ne sauve pas, enfin disons que, moi, il ne m'a pas sauvée. Je crois même qu'il m'a enfoncée un peu plus dans la tristesse, le chagrin. Pour être tout à fait honnête, il m'a dévastée parce qu'il est peuplé d'images, le silence, de souvenirs impossibles à chasser, telles ces mouches importunes qui tournent autour du visage, qu'on tente d'éloigner avec de grands mouvements des bras, et qui toujours reviennent. Et puis, dans le silence, on est sans défense : les assauts n'en sont que plus blessants.

    Alors maintenant, j'essaie les mots, ça ne pourra pas être pire. Qui sait si, en parlant, je ne vais pas me délester de la douleur entassée ? Un peu.

    Pourquoi t'écrire à toi, me diras-tu ? Mais parce que des paroles sans destinataire ne sont pas vraiment des paroles. Sans écho, elles se perdent. C'est comme si elles n'avaient jamais existé. C'est écrire au vent, au désert, à l'abîme. Si personne ne m'écoute, autant continuer à me taire. Quelqu'un doit m'écouter. Et qui mieux que toi ?

    Oui, qui mieux que toi ?

    Je vais t'appeler par ton prénom.
    Clément.
    Je ne peux plus dire : «mon amour», ou des choses approchantes, toutes ces expressions niaises qu'on emploie sans en percevoir le ridicule et qu'on répète à l'envi au point de leur ôter leur signification. Tu serais embarrassé si je disais : «mon amour», de toute façon. Tu prétendrais que je ne suis pas guérie.

    Un aveu : je ne suis pas guérie. Mais les malades doivent avoir l'élégance de ne pas indisposer les bien-portants, on leur sait gré de dissimuler leur mal.
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  • Par mouloune57, le 27 février 2011

    Je ne lui ai presque pas parlé de toi. Il connaît ton existence, bien entendu. Il sait le temps partagé, les amours chaotiques, la séparation. Je lui ai mentionné ton prénom, ta profession, ces choses à quoi on a recours pour définir les gens, pour les situer, mais guère plus. Je n'ai pas évoqué la violence des sentiments, ni celle de la rupture. Il ne m'a pas particulièrement questionnée, je n'ai pas eu à lui mentir. Je me tais pour ne pas l'effrayer. Je ne voudrais pas qu'il me considère comme une femme friable, vulnérable, ni comme une malade pas vraiment guérie et susceptible de rechuter. Je lui dissimule les entailles profondes que tu as laissées, aussi bien celles qui me font souffrir que celles qui racontent nos étreintes passées. Ainsi, il n'a pas à redouter que je me perde à nouveau. Je suis convaincue néanmoins qu'il a compris l'essentiel. S'il ne m'interroge presque pas, c'est parce qu'il dispose des réponses. Il ne mesure pas exactement l'ampleur des dégâts que tu as causés mais il la devine presque assurément lorsque, posant ses doigts sur ma peau, il épouse le creux de mes plaies.
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  • Par Matimima, le 29 novembre 2008

    Mais aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinve et nous tue, ou pire : nous anésthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire séduire, séduire encore.
    Aimer, ce n'est pas gagner à tous les coups. C'est prendre des risques, faire des partis incertains, connaitre la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la douleur.
    Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balises. C'est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là.
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  • Par Lenalee, le 14 octobre 2010

    Ça fait mal d'apprendre à quitter ceux qui nous quittent, d'apprendre à les aimer en silence, le dos tourné, les yeux baissés. De devoir apprendre à son coeur la force de se vider tout en demeurant habité. Apprendre à pleurer en souriant, à s'en aller en aimant . . .
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  • Par some-books, le 03 juin 2010

    Je serais ravie d'être de celles qui encaissent les coups sans broncher. J'ai toujours éprouvé de l'admiration pour les personnes qui conservent leur sang-froid en toute circonstance, restent debout au milieu des champs de ruine et trouvent encore la ressource de secourir les blessés. Je n'ai pas leur courage, hélas, leur détermination, ou leur inconscience. Je suis trop lucide pour ne pas voir les désastres. Et trop fragile pour les regarder sans vaciller.
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La grande librairie 19/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Philippe Besson parle de son nouveau livre "Une bonne raison de se tuer"








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