ISBN : 2266144324
Éditeur : Pocket (2004)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Au début, il est sans doute un peu dérangeant cet amour entre ce vieil écrivain et ce très jeune homme. Mais très vite on se rend compte qu'il restera sur un plan purement platonique. Alors s'installe une véritable fascination pour chacun... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (16)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par kathy, le 27 novembre 2011

    kathy
    En l'absence des hommes, -premier roman de Philippe Besson (1999) écrit par l'auteur après avoir lu « Paroles de poilus » et « Douze lettres d'amour au soldat inconnu » - est le récit pudique, élégant, sensible et sensuel d'un jeune homme entre deux amours. Deux amours qui semblent appartenir à des sphères différentes, à des moments distincts, mais qui se révèleront être reliés par un fil.
    Paris, la Grande Guerre, un garçon de 16 ans, Vincent de l'Etoile, né avec le siècle.
    Trop tôt pour Verdun, mais assez mûr pour réaliser qu'il a de la chance.
    Paris, d'abord, le « monde », le Ritz, où Vincent fait la rencontre de Marcel Proust.
    Proust qui aime chez Vincent, son intelligence et son regard neuf, sans jugement, sans morale peut-être, sa relative indifférence et sa jeunesse. « Alors que la mienne de jeunesse, dit-il, elle est si loin. Je me souviens d'avoir eu seize ans et combien il m'était difficile alors d'être aimé ! ». le désir de se revoir est là ; il trace son cercle de silence ; ils vont se revoir parce qu'ils en ont envie, besoin…
    Et puis, là-bas, dans le nord de la France, un ange sous les balles ; c'est Arthur, dans la boue des tranchées.
    Arthur, qui rencontre Vincent… et une seule caresse, dans le calme d'une chambre à l'abri du monde, pour apaiser la peur, oublier l'indicible, reprendre son souffle et retrouver un peu de soleil, de chaleur, de douceur, de VIE.
    Un TRES beau roman, une TRES belle histoire, le tout écrit dans une TRES belle écriture, et en filigrane une évocation de situations, de réflexions, de sentiments, toujours en opposition - beauté-horreur, amour-haine, calme de la chambre-bruit des bombes, vie-mort, raisonnable-irrationnel, victoire-défaite, bonheur-désespoir, réel-imaginaire, promesse-silence, présence-absence -, afin de mieux évoquer encore, l'horreur de la guerre et la beauté de l'amour et de la VIE.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 20 août 2010

    claracambry
    Été 1916, Paris, le jeune Vincent, 16 ans et insouciant, rencontre Marcel Proust. Une relation plus qu'amicale naît entre les deux. le jour suivant, Arthur âgé de 20 ans, soldat en permission avoue à Vincent de l'avoir toujours aimé. Vincent découvre l'amour dans les bras d'Arthur. Pendant sept jours, ils vont vivre cet amour charnel en cachette. Arthur reparti à Verdun, Vincent trouve en la personne de Marcel Proust un confident.
    La première partie de ce livre est consacrée aux rencontres qui vont changer la vie d'Arthur. Celle avec l'écrivain vieillissant que tout Paris respecte mais qui n'est pas dupe de ses penchants. La relation qui se noue entre eux est un amour platonique bien plus qu'une simple amitié. Vincent et Marcel Proust semblent vivre dans une bulle loin de l'horreur des tranchées.
    Et il y a le grand amour avec Arthur, le fils de la gouvernante. Pendant une semaine, chaque nuit, ils vont s'abandonner à cet amour, le consumer, le vivre passionnément. Sous la plume de Philippe Besson, cet amour est pur et beau.
    Arthur repart à Verdun et l'écrivain s'absente à Illiers. A travers les échanges épistolaires, on plonge dans l'effroi de la Grande Guerre avec la peur de la mort. Dans ses lettres à Marcel Proust, Vincent cherche du réconfort et l'écrivain devient le confident de cet amour. L‘été sera meurtrier, Arthur perdra la vie à la guerre. Dans la dernière partie du livre, la mère d'Arthur confie à Vincent un secret qu'elle porte depuis trop longtemps…
    Ce livre m'a transportée ! L'amour y est décrit tout en pudeur, en sensualité et en élégance. Cet amour contraste avec l'horreur de la guerre mais dans les lettres d'Arthur, on comprend que le jeune homme ne vit que pour Vincent. C'est beau, très beau ! La dernière partie m'a scotchée et m'a bouleversée… Et, l'écriture de Phillippe Besson si fluide m'a séduite.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 15 juillet 2010

    monito
    Très beau moment littéraire offert par Philippe Besson qui, en phrases courtes et ciselées, nous met en présence de Marcel Proust, Vincent de l'Etoile et Arthur Valès.
    Des phrases courtes qui donnent force à la rencontre de Vincent avec Marcel, l'homme aux phrases tellement longues que l'on s'y perd. Et c'est assez de cela dont il s'agit.
    Un jeune homme de seize ans, brun et beau, blasé dans une bourgeoisie étriquée trouve ou croit trouver son salut dans une certaine forme de rebellion, qui ne s'avère en fait que l'érection de la liberté en dogme absolu, (thème qui m'est cher) et qui le même jour, rencontre l'amitié avec Marcel son ainé de 30 ans et l'amour avec Arthur de retour de permission du front de Verdun en pleine grande guerre.
    Puissance de la rencontre, puissance de l'interdit de cette histoire d'amour et d'amitié unissant trios hommes plus qu'on ne saurait l'imaginer en commençant ce très court ouvrage.
    De très très belles phrases sur l'amour, l'amitié, la passion des corps, le fil du rasoir permanent sur lequel vacillent forcément toutes les relations passionnées.
    Loin d'être un livre sur l'homosexualité, c'est une déclaration d'amour de 200 pages et c'est cela qui compte.
    Un dénouement certes inattendu mais qui n'apporte guère à la force du tout sauf peut-être de séparer ces trois hommes finalement inséparables.

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jd, le 29 août 2008

    jd
    C'est l'été 1916, Vincent a seize ans, c'est un jeune bourgeois beau et cultivé. Il semble intouchable, indifférent à ce qui peut se produire autour de lui : il vit une existence tranquille dans l'hôtel particulier familial. Pourtant, autour de lui, à l'extérieur, c'est bien l'horreur de la Grande Guerre qui frappe de nombreuses familles. Cet été aurait pu être celui de l'insouciance et des rencontres légères et sympathiques dans Paris, ce ne le sera pas. L'été 1916, la vie de Vincent bascule, grâce à deux rencontres qui vont lui ouvrir les yeux, le cœur et l'esprit. Les deux rencontres essentielles de sa vie, le même mois.
    La première rencontre, c'est avec Marcel P., écrivain célèbre et d'âge mûr (qui, selon toute vraisemblance, semble être Marcel Proust) avec lequel Vincent va nouer une relation amicale bien que parfois ambiguë. En effet, l'un et l'autre l'appelle bien trop souvent « amitié » pour qu'elle ne cache rien d'autre.
    La deuxième rencontre, c'est Arthur, un soldat de 21 ans qui, profite d'une permission pour rendre visite à Blanche, sa mère, qui est la gouvernante de la famille de Vincent. Mais avant de rejoindre le front, l'horreur et la mort à Verdun, Arthur profite de ce séjour à Paris pour rentrer dans la vie bien tranquille de Vincent en lui déclarant son amour. . Durant sept nuits, ils vont se découvrir, s'aimer d'un amour fou, pur, sans contrainte. Débute alors le formidable « En l'absence des hommes », le premier roman de Philippe Besson.
    Il se dégage de ce roman une énergie et une hargne incroyables, une envie de vivre, un véritable appétit d'amour et aussi beaucoup de désillusion et de tristesse, de bonheurs et de souffrances. Car, s'il est beaucoup question de guerre, elle sert aussi de décor et de contexte à une histoire d'amour très forte; D'ailleurs, peu d'importance qu'elle lie deux hommes. Comme dans «Un homme accidentel» , le dernier ouvrage de l'auteur, je ressens le même sentiment : on fait complètement abstraction qu'il s'agit de deux hommes, et l'on rentre de plein fouet dans ce torrent d'amour.
    Sur le style, c'est tout en finesse et en sensibilité, et en pudeur, y compris sur les scènes érotiques. Les mots trouvent en permanence le chemin du cœur. Certes, la première partie en style narratif, avec des discours rapportés avec des « je dis » et « tu dis » en permanence, m'a un peu déconcerté, voire même agacé. Mais le contenu est tellement beau qu'on s'y fait finalement assez vite. Par contre, les échanges épistolaires qui composent la seconde partie sont bouleversants. Je n'évoquerai pas non plus la partie finale, qui nous emmène en émotion et en surprises vers un dénouement saisissant et déchirant.
    J'ai lu une critique de ce livre
 qui disait « Avec ce magnifique roman, on sait que ce l'amour veut dire ». C'est une jolie explication de « En l'absence des hommes »
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 10 septembre 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    J'avoue avoir mis plusieurs pages à m'attacher au personnage de Vincent. Il a seize ans, il est parfois arrogant et ne connaît que très peu la modestie. Il faut dire qu'il est bien né, qu'il n'a jamais eu à faire d'efforts pour obtenir ce qu'il désirait. Au cours de cet été, deux relations débutent. L'une avec Marcel Proust, qui est considérée comme une amitié, parfois avec une pointe d'ambiguité. Et l'autre avec Arthur, jeune soldat de vingt ans, avec qui Vincent va vivre plus qu'une passion puisque l'amour va naître entre eux.
    J'ai eu du mal avec le personnage de Vincent car je trouvais qu'il profitait des deux situations et puis, au fil des pages, on se rend que c'est un adolescent comme les autres. Plus gâté par la nature que certains, mais avec ses envies, ses doutes. Marcel Proust va devenir l'ami à qui il va pouvoir confier ses doutes, ses blessures. le seul à qui il confiera son secret.
    Concernant Arthur, c'est une très belle histoire qui naît entre eux. L'amour entre celui qui n'a rien vécu et l'autre qui vit le pire. C'est intéressant de voir comment chacun peut apporter énormément à l'autre, même si au départ tout semblait les séparer. Leur histoire est vraiment touchante, leur amour naît tellement rapidement qu'il en est extrêmement fort. Même si l'amour ne protège pas de tout.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (38)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par kathy, le 29 novembre 2011

    Quand tu sors de la tranchée pour monter à l'assaut pour la première fois, tu réalises alors que c'est la guerre vraiment, la guerre pour toi, c'est le risque maximal. Cette exposition des corps, cette offrande, c'est le risque maximal. Il faut avoir vécu ce moment pour comprendre que c'est la peur absolue, totale, indépassable, et une chose insensée, un pur suicide. Personne que nous ne peut comprendre. C'est incompréhensible pour vous tous. Et, curieusement, je vous en veux de cette incompréhension, alors que vous n'êtes pas coupables d'être dans l'impossibilité de comprendre. J'en veux aux vivants de ne pas savoir ce que c'est que la mort, j'en veux à ceux qui sont restés de ne pas savoir ce que c'est que d'être partis, j'en veux à ceux qui racontent quelque chose qu'ils n'ont pas vécu de parler sans savoir. Et cette hargne là aussi, d'une certaine façon, elle aide à tenir.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par kathy, le 27 novembre 2011

    J'ai seize ans. Je suis né avec le siècle.

    Je sais qu'il y a la guerre, que des soldats meurent sur les fronts de cette guerre, que des civils meurent dans les villes et les campagnes de France et d'ailleurs, que la guerre, plus que les destructions, plus que la boue, plus que le sifflement des balles qui déchirent les poitrails, plus que le visage accablé de celles qui attendent, parfois contre tout espoir, une lettre qui n'arrive pas, un retour qu'on retarde sans cesse, plus que le jeu de la politique auquel s'essaient les nations, c'est la mort simple et cruelle et triste et anonyme de ces soldats et de ces civils dont on lira, un jour, les noms au fronton de monuments, au son d'une musique funèbre.

    Et pourtant, je ne sais pas ce que c'est la guerre. Je vis à Paris. Je suis élève au lycée Louis-le-grand. J'ai seize ans.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par genieblanc, le 21 mai 2009

    Je finis par faire glisser ma main sous ton menton, je relève ton visage, je veux que tes yeux regardent dans les miens, qu'il y ait cette grande douceur des regards encastrés l'un dans l'autre, que nous échangions nos messages sans prononcer une parole. D'abord je vois dans tes yeux une sorte de misère, la pauvreté. Alors je fais en sorte que mon regard aille à l'intérieur de toi, qu'il efface cette misère, qu'il ramène la lumière, l'éclat.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Eloah, le 09 mai 2010

    La guerre était un murmure, une vilaine rumeur, une irritation passagère, un remords vite surmonté, une mauvaise conscience avec laquelle on peut aisément s'arranger. (...)
    Et voilà que tu débarques dans mon existence, Arthur, sans même prévenir, sans crier gare, avec ton cortège effroyable de cadavres, de bombes, de boue, ton expérience affreuse, inaudible de la douleur, de l'incompréhensible, de l'incommunicable, voilà que tu es là, tout à coup, debout devant moi, dans le costume de tes vingt ans, et que tu me regardes de tes yeux tristes, fatigués, à peine accusateurs, au point que je préfèrerais qu'ils soient pleinement accusateurs.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par kathy, le 29 novembre 2011

    Monter à l'assaut, c'est consentir à mourir et c'est désirer vivre, avec ferveur, avec rage et ce désir fervent, rageur de vivre, il ne peut s'exprimer que par la mort de l'autre, de l'ennemi. La guerre est un balancier. On ne vit que si l'autre meurt. Et nous ne gagnerons que si les autres meurent plus vite que nous, et en plus grand nombre. C'est aussi simple que ça. Alors nous montons à l'assaut pour tuer. La trouille au ventre, nous partons tuer. Nos baïonnettes sont des protections dérisoires, s'ils sont plus nombreux que nous, s'ils utilisent des obus, des gaz, mais elles sont nos seules protections. Nous ne pouvons compter que sur elles. Nous en venons à les aimer comme une personne, comme quelqu'un qui nous accompagne. Nous pouvons les détester aussi bien quand elles s'enrayent, quand elles ne sont plus que des lames de boucherie visant au hasard, traversant de la viande, embrochant des corps anonymes dans un horrible fatras. Vincent j'ai tué des hommes, des soldats allemands, des types qui avaient mon âge, mes cheveux blonds, mes yeux bleus. Certains, sans doute, étaient très beaux. Beaucoup, comme nous, sans doute, n'avaient pas voulu de cette histoire.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (17)

Videos de Philippe Besson

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Philippe Besson

La grande librairie 19/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Philippe Besson parle de son nouveau livre "Une bonne raison de se tuer"








Acheter sur Amazon

Faire découvrir En l'absence des hommes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (125)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz