ISBN : 2070337774
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 21 septembre 2011

    Malaura
    Etonnant comme un mot peut parfois jaillir dans notre esprit, alors même que nous achevons une lecture, la tête encore emplie d'ailleurs, et s'impose sans contrainte, comme une fulgurance, une évidence, un trait de lumière.
    Incandescence. C'est ce mot-là qui a jailli après la lecture de ce petit ouvrage regroupant huit textes, entre essais et pensées, écrits par Albert Camus, entre 1939 et 1953.
    On serait bien en peine de dire pourquoi cet adjectif-là, parmi les nombreux que l'on pourrait utiliser pour évoquer l'œuvre magistrale du grand écrivain. Pourtant, c'est celui-là qui prime.
    Incandescent, le visage de pierre de la ville d'Oran et l'irréalité de sa force minérale.
    Incandescente, l'implacabilité du désert ou « la magnifique anarchie humaine et la permanence d'une mer toujours étale ».
    Incandescence, les pays de roches et d'eau de la terre méditerranéenne où «tous les matins d'été ont l'air d'être les premiers du monde et tous les crépuscules semblent être les derniers».
    Incandescentes enfin, ces pages chaudes qui brûlent d'un amour sans borne pour la Méditerranée, comme un galet chauffé à blanc par le soleil.
    Qui a grandi au bord de l'eau, sait le pouvoir d'attraction tout puissant que la mer a sur l'homme, la plénitude mélancolique qui envahit l'être face à son immensité.
    Qui a quitté la mer sait le bruit régulier des vagues entendu au cœur d'une nuit lourde, comme un chant de l'absence, un vœu secret de retour.
    L'on suit le fil d'Ariane déroulé par l'auteur dans un périple tout méditerranéen, d'Oran à Alger, de la Grèce à la Provence, pérégrinations à la fois mobiles, mentales et contemplatives, empreintes d'interrogations sur la condition de l'homme et sur la symbolique des mythes dans notre monde d'aujourd'hui où tout reste encore à inventer pour perpétuer la Beauté.
    Des pages d'un lyrisme et d'une sensualité rarement atteints, puissantes, allusives, séduisantes et troublantes, par lesquelles l'auteur de « L'étranger » ou de l'inachevé « Le Premier Homme », exprime son exaltation pour la mer, enivrante, inspiratrice, immuable, avec cette écriture brûlante, fiévreuse et néanmoins posée et réfléchie qui caractérise l'écrivain Prix Nobel de Littérature en 1957.
    « Et je sais qu'aujourd'hui, sur la dune déserte, si je veux m'y rendre, le même ciel déversera encore sa cargaison de souffle et d'étoiles. Ce sont ici les terres de l'innocence. »
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    • Livres 4.00/5
    Par AttrapeReves, le 06 octobre 2009

    AttrapeReves
    Exemple typique de livre dont la quatrième de couverture est à la limite du mensonge et volontairement accrocheuse pour vendre au plus grand nombre de lecteurs. "Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence". Légèrement restrictif lorsqu'en réalité, il s'agit bien plus d'une réflexion sur le monde contemporain, sur le rôle des villes, des livres, de l'art et sur l'absurdité du monde moderne. Camus prend effectivement comme point de départ de sa réflexion, le bassin méditerranéen et s'appuie sur la mythologie greco-romaine pour aborder des sujets bien plus vastes. le voyage n'est qu'anecdotique, la réalité est tout autre. La plume précise et et passionné de Camus se montre incisive et critique vis-à-vis d'un monde qui semble de plus en plus oublier ses origines. Et on se prend à regretter amèrement la disparition trop brutale du Prix Nobel 1957 qui semblait bien mieux comprendre le monde actuel que bien des philosophes contemporains.
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 29 décembre 2011

    lecassin
    Paru en 1954, ce recueil de nouvelles n'est pas sans rappeler « Noces », paru 16 ans plus tôt. Albert Camus nous entraîne tout autour du Bassin Méditerranéen, d'abord dans son Algérie natale, à Oran, sur les traces du Minotaure, puis à Alger, repassant par Tipasa. Puis en Grèce sur d'autres traces, celles de Prométhée face à la violence du monde moderne ou celle d'Hélène et de sa légendaire beauté ; enfin, jusque sur la côte Atlantique pour voir « La mer au plus près ».
    Est-ce l'usure du temps, le fait qu'on s'habitue ou comme une impression de déjà vu ? Cet « Eté » là me semble moins torride que « Noces »… Excellent tout de même.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pragmatisme, le 12 mai 2010

    pragmatisme
    Albert Camus dépeint l'Algérie, Alger, Constantine mais plus particulièrement la ville d'Oran. Il rapproche sa description des mythes du minotaure et de Prométhée qu'il incarne. Cet essai lyrique a été publié pour la première fois en 1954 mais a été écrit à différents moments de sa vie, entre 1939 et 1953. C'est une invitation au voyage dans son Algérie natale.
    D'Oran, il décrit la rue, vouée à la poussière, aux cailloux et à la chaleur, avec ses boutiques de mauvais goût, ses cireurs de chaussures, sa jeunesse inspirée des vedettes américaines empruntant les boulevard le soir, ses constructions, ses monuments, ses champs de cailloux et le désert qui entoure la ville, séduisante par la solitude qu'elle reflète. Il décrit aussi l'animation de la ville ; le ring et les combats attirent de nombreuses personnes, une foule hurlante et exaltée. Il évoque ses monuments ; la maison du colon et ses pierres multicolores, placée au milieu d'un carrefour, les deux lions de Caïen sur la place d'Armes et leur légende. Il décrit les grands travaux qui transforment la corniche oranaise, la montagne Santa Cruz et les plages d'Oran. Il décrit aussi les similitudes italiennes et espagnoles d'Oran mais la différencie des grandes villes européennes. C'est une ville sans passé, "sans attendrissement". Les gens y sont beaux. Puis il raconte son retour après 15 ans d'absence, sur le site des ruines romaines de Tipasa, près d'Alger. Il y redécouvre un merveilleux paysage, une ambiance totalement méditerranéenne. Enfin, dans son journal de bord de sa traversée de l'Océan, il évoque la haute mer, qui aide à tenir debout et à mourir sans haine.
    Dans ce récit, l'auteur alterne descriptions et philosophie et c'est à ce moment là que la lecture de ce livre , au demeurant très bien écrit, m'a paru un petit peu plus difficile.

    Lien : http://pragmatisme.over-blog.fr/article-l-ete-albert-camus-47737912...
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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 21 septembre 2011

    Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m’aider à mourir sans haine.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Malaura, le 21 septembre 2011

    Grande mer, toujours labourée, toujours vierge, ma religion avec la nuit ! Elle nous lave et nous rassasie dans ses sillons stériles, elle nous libère et nous tient debout.
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  • Par Labyrinthiques, le 04 avril 2012

    « N’être rien ! » Pen­dant des mil­lé­naires, ce grand cri a sou­levé des mil­lions d’hommes en révolte contre le désir et la dou­leur. Ses échos sont venus mou­rir jusqu’ici, à tra­vers les siècles et les océans, sur la mer la plus vieille du monde. Ils rebon­dissent encore sour­de­ment contre les falaises com­pactes d’Oran. Tout le monde, dans ce pays, suit, sans le savoir, ce conseil. Bien entendu, c’est à peu près en vain. Le néant ne s’atteint pas plus que l’absolu. Mais puisque nous rece­vons, comme autant de grâces, les signes éter­nels que nous apportent les roses ou la souf­france humaine, ne reje­tons pas non plus les rares invi­ta­tions au som­meil que nous dis­pense la terre. Les unes ont autant de vérité que les autres.
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  • Par Malaura, le 21 septembre 2011

    Délicieuse angoisse d’être, proximité exquise d’un danger dont nous ne connaissons pas le nom, vivre alors, est-ce courir à sa perte ? A nouveau, sans répit, courons à notre perte.
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  • Par Labyrinthiques, le 04 avril 2012

    Pour être épar­gné, il faut dire « oui » au Mino­taure. C’est une vieille et féconde sagesse. Au-dessus de la mer, silen­cieuse au pied des falaises rouges, il suf­fit de se tenir dans un juste équi­libre, à mi-distance des deux caps mas­sifs qui, à droite et à gauche, baignent dans l’eau claire. Dans le halè­te­ment d’un garde-côte, qui rampe sur l’eau du large, bai­gné de lumière radieuse, on entend dis­tinc­te­ment alors l’appel étouffé de forces inhu­maines et étin­ce­lantes : c’est l’adieu du Minotaure.
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