ISBN : 2070360024
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 1044 notes) Ajouter à mes livres
Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 décembre 2011

    lecassin
    « L'étranger », deuxième volume - publié en 1942 - de la trilogie de l'absurde, comme l'a dénommée l'auteur lui-même (« Le Mythe de Sisyphe », « L'Etranger » et « Le Malentendu ») est le roman par lequel je suis entré dans l'univers de Camus, à quinze ans… pour y découvrir, entre autres que « tout homme naît pour mourir »…Vaste programme !
    En fait, ce petit roman (par le nombre de pages) retrace une partie de la vie de cet employé de bureau, Meursault, qui se verra condamné à mort : un enchaînement de circonstances l'ayant amené à tuer un arabe, sur une plage inondée de soleil…
    Mais qui est Meursault ?
    Inconsciemment, sans doute, il est « L'étranger », étranger à lui même et à la société dont il ne joue pas le jeu et semble ignorer ou rejeter les règles. Ainsi, il ne pleurera pas à l'enterrement de sa propre mère, il ne se défendra pas vraiment à son procès et repoussera l'aide du prêtre au moment de partir au châtiment suprême…
    Pour Meursault, l'existence ici-bas n'a pas de sens : les événements s'enchaînent fatalement les uns aux autres sans autre vecteur que le hasard.
    Mais attention : « les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux .» disait si joliment Brassens ; donnant ainsi une dimension universelle au « résumé » le « L'étranger » par Camus lui même : « Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort »…
    C'est fort…C'est très fort … et pour moi, sans aucun doute, un des chef-d'œuvre de la littérature française.
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    • Livres 5.00/5
    Par hove, le 13 juillet 2011

    hove
    Le roman se découpe en deux parties. La première évoque la mort de la mère de Meursault, le personnage principal ainsi que son enterrement auquel il assiste mais où il ne montre aucun signe de tristesse. On apprend à mieux y connaître Meursault de part ses habitudes, sa manière de vivre en toute simplicité, la relation qu'il entretien avec son amie, ses voisins. La rencontre avec l'un de ses voisins est d'ailleurs le tournant de l'histoire de Meursault jusque là bien paisible. Raymond l'entraîne dans une bagarre, contre un groupe d'arabes où figure le frère de la maîtresse de ce dernier avec qui il a des ennuis. Raymond est blessé et Meursault presque par hasard se retrouve une arme à la main et tire cinq balles dans le corps de l'arabe et le tue.
    La deuxième partie du livre décrit le procès de Meursault et la situation de plus en plus pénible dans laquelle il se trouve. D'abord confiant il se rend vite compte que ses chance de sortir de prison s'amenuisent et il assiste à sa condamnation à mort en spectateur, sans pouvoir se défendre. On se rend compte que c'est son attitude à l'enterrement et sa façon d'être c'est-à-dire d'une grande honnêteté (il ne nie pas son meurtre, ne dis pas qu'il regrette son geste, refuse de dire à son amie qu'il l'aime mais veut bien se marier pour lui faire plaisir) que l'on reproche à cet être jugé insensible et donc dangereux. Meursault est étranger à la société car le mensonge ne fait pas parti de sa vie, c'est pour moi la clé de ce roman exceptionnel.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par IsaLise, le 15 décembre 2011

    IsaLise
    Cependant, si j'ai lu très rapidement ce texte, autant parce que le style est fluide que par désir de connaître la suite, je suis restée sur une impression mitigée...
    Certes, il est difficile de ne pas reconnaître les qualités d'auteur d'Albert Camus : choix des mots simples mais conforme aux personnages et à l'histoire présentée. Ainsi le personnage principal est un être en apparence un peu simplet. Il n'approfondit rien, se contente de vivre jour après jour, de se laisser porter par les évènements sans véritable indifférence puisqu'il accepte par exemple de se marier pour plaire à son amie, mais sans aucune passion. Sa mère meurt ? Quel jour était-ce ? Ah oui, tiens elle est morte... Un de ses amis veut battre sa maîtresse/la prostituée qui travaille pour lui ? Si celui-ci pense que c'est une bonne idée, ça l'est sans doute. Il n'en est ni heureux, ni choqué, ni malheureux, c'est comme ça, un point c'est tout. Il ne s'implique pas, il vivote.
    C'est un premier point qui peut agacer. Mais enfin, n'est-il donc capable d'aucune véritable émotion ? Et notre premier sentiment face à ce livre peut-être l'ennui, parfois l'agacement ou l'incompréhension... Ce n'est donc pas un roman qui m'a permis de vibrer avec lui.
    Dans le même temps, Mersault subira la condamnation à la peine capitale, non parce qu'il a commis un meurtre- ce qui est cependant le cas-, mais une fois de plus à cause de sa formidable indolence, de son manque apparent de caractère et parce qu'il n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère ! le procès reposera en très grande partie sur son apparente indifférence au monde qui l'entoure. Voilà une particularité qui nous pousse à réagir, à nous interroger: la justice est-elle justice ou bien condamne-t-elle avant tout des êtres en fonction des actes qui furent les leurs et n'avaient en réalité aucun rapport avec les tragédies évoquées ?
    Dans la cellule de Mersault, un prêtre insiste : il doit se convertir, remettre son âme à Dieu. Enfin la révolte ! Enfin, celui-ci s'exprime, ose choisir. Et tout à coup, même si le roman est souvent dérangeant en bonne partie à cause de ce personnage atypique, -ce dérangement n'excluant pas l'intérêt, la curiosité ou l'appréciation du texte écrit par l'auteur-, la conclusion éclate: "Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine."
    Et pour ma part, un sentiment d'incompréhension. Comment peut-il être heureux en étant indifférent ? Pourquoi prétend-t-il l'être pour attendre finalement des autres une forme d'accompagnement, une révolte ? Pourquoi tout à coup l'auteur brise-t-il la logique de ce personnage ? L'étranger devient-il étranger une fois encore car il est seul face à la foule ? Est-il tout aussi absurde que les autres puisque finalement, il ne parvient pas à se résoudre à être indifférent ? En se révoltant, en se connectant ainsi au monde, attend-t-il aussi des spectateurs de son exécution une révolte ? Y a-t-il un lien avec son propre père qui assista à une exécution et ce regret qu'il évoqua de ne pas l'avoir fait lui-même ?

    Devais-je écrire ou non un billet ?
    Le souhaitais-je parce que ce roman m'avait émue, proposé un message, m'avait-il divertie, avais-je appris quelque chose ? A toutes ses questions, la réponse était négative. Alors pourquoi ? Pourquoi rédiger un billet? En partageant mes doutes avec des amies, j'ai tout à coup réalisé que si je restais avec certaines questions, ce n'était pas uniquement pour déterminer s'il était intéressant ou non d'écrire un commentaire détaillé, mais parce qu'il m'avait dérangée... Dérangée en me proposant des idées auxquelles je ne pouvais adhérer : la violence contre la femme par exemple et pour laquelle est affichée seulement de l'indifférence, le manque de passion de ce personnage... Dérangée par cette fin qui me semblait remettre en question le seul engagement de Mersault. Mais justement un roman qui vous interroge ainsi peut-il être mis de côté, oublié ? La réponse était tout à coup évidente : même si je ne peux pas prétendre l'avoir adoré, j'ai été suffisamment troublée pour qu'il mérite sa place parmi mes "bonheur de lire".


    Lien : http://ecrirecommeonrespire.blogspot.com/2011/12/letranger-de-camus...
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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 09 août 2011

    Bigmammy
    Lorsque j'étais adolescente, j'avoue que je n'étais pas encline à la lecture, et certes pas celle de LA littérature qu'on nous incitait à absorber, dans les années compliquées de l'après-guerre. Tous nos professeurs de lettres puis de philosophie affichaient un militantisme de gauche absolument convenu. Il fallait avoir lu Sartre et Camus, l'alpha et l'omega de la pensée existentialiste de bon aloi. Et cela, je ne l'ai jamais admis. le premier roman que j'ai lu, à dix-sept ans, fut « Le christ recrucifié » de Nikos Kazantzakis. de Camus, j'avais lu « La peste », sans véritablement en apprécier à sa juste valeur le style et le talent, j'étais si jeune.
    Après les récentes célébrations de la mort de notre Prix Nobel, je me suis dit qu'il serait bon de m'y remettre. Après tout, L'Etranger figure à la première place d'un classement des cent plus grands romans du XXème siècle établi en 1999 par 17000 lecteurs sous l'égide de la FNAC et du Monde (une liste très franco-centrée !).
    Dans cette liste, j'ai lu un petit nombre de textes et suis ravie d'y voir figurer La Condition humaine, le Petit Prince, A la recherche du temps perdu, le Procès, 1984, le Grand Sommeil, Autant en emporte le vent, l'amant de Lady Chatterley, Belle du Seigneur, le Lotus Bleu et Blake et Mortimer. Mais pourquoi L'Etranger figure-t-il en première place ? Pourquoi ce premier roman écrit en 1942 ?
    Et surtout, est-ce un roman ? Une longue nouvelle, en deux parties, qui se situe à Alger, en plein soleil. Un très banal employé de bureau, Meursault, raconte sa vie avant et après le meurtre qu'il a commis contre un homme arabe qu'il ne connait pas. Dans la première partie de l'œuvre, il est un homme libre ; tandis que dans la seconde, il est en prison en attendant son procès au terme duquel il sera condamné à mort.
    « Devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. de l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine. » ainsi se termine-t-il.
    Le narrateur est perçu comme étranger au monde qui l'entoure, car il ne se conforme pas à la morale sociale commune. L'absurdité du crime gratuit, sans mobile, l'enchaînement des circonstances, le hasard et la fatalité, le refus de tout compromis et de tout mensonge , l'acceptation du destin, la révolte vite surmontée, une façon d'exercer, à l'intérieur de l'enfermement, sa propre liberté.
    Camus déclarait : « Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir."
    Et effectivement, aujourd'hui, nous rencontrons une foule de gens qui vivent en marge de tout et surtout d'eux-mêmes. Triste spectacle !
    Cependant, ne serait-ce que pour la qualité acérée du style, son dépouillement et son efficacité, la puissance évocatrice des paysages, des sensations et des couleurs traduites avec une économie de moyens effrayante, j'encourage vivement ceux qui ne l'ont pas lu (ou lu trop vite, ou il y a très longtemps) à redécouvrir ce texte fondateur des mythes intellectuels du XXème siècle.


    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne, le 19 octobre 2011

    sultanne
    La lecture de L'Etranger me laisse une impression étrange et mitigée : j'ai l'impression d'avoir lu un chef d'oeuvre doublé d'une histoire ennuyeuse à mourir, la force de ce livre étant de gagner en intensité à chaque page.
    Le personnage principal, cet "étranger" me désarçonne. C'est un être pensant, doué d'une faculté d'analyse et de clairvoyance que beaucoup d'hommes n'ont pas. Il reste néanmoins "handicapé du coeur", incapable de sentiment humain (l'amour, la compassion, la haine, le remord), il vit submergé par ses émotions corporelles qui, souvent expriment des besoins primordiaux (manger, dormir, faire l'amour...). A l'image d'un animal, il ne s'inscrit pas dans le temps : le passé et le futur n'occupent que peu de place dans sa pensée, il s'inscrit résolument dans le présent, souvent spectateur de sa propre vie.
    Et c'est proprement cette personnalité ambivalente que la société va lui reprocher en le condamnant à mort.
    J'inscrirais le personnage à mi-chemin entre Raskolnikov et celui du Dernier jour d'un condamné : mal situé entre un repentir qui a du mal à s'exprimer, un caractère animal, en marge de la société et une capacité néanmoins réelle à penser et à analyser ses propres actes.
    Bref, une lecture qu'il faut, je pense, "digérer" avant de se prononcer à son sujet, qui demande la maturité d'un fruit avant d'être consommé, qui réclame volonté et patience pour être compris.
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Citations et extraits

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  • Par AireLibre, le 04 février 2008

    Sans transition, il m'a demandé si j'aimais maman.J'ai dit : "Oui, comme tout le monde" et le greffier, qui jusqu'ici tapait régulièrement sur sa machine, a dû se tromper de touches, car il s'est embarrassé et a été obligé de revenir en arrière. Toujours sans logique apparente, le juge m'a alors demandé sij'avais tiré les cinq coups de revolver à la suite. J'ai réfléchi et précisé que j'avais tiré une seule fois d'abord et, après quelques secondes, les autres autres coups. "Pourquoi avez-vous attendu entre le premier et le second coup ?" dit-il alors. Une fois de plus,j'ai revu la plage rouge et j'ai senti sur mon front la brûlure du soleil. Mais cette fois, je n'ai rien répondu.
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  • Par quiliravivra, le 06 mai 2011

    J'ai pensé que je n'avais qu'un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais toute une plage vibrante de soleil se pressait derrière moi. J'ai fait quelques pas vers la source. L'Arabe n'a pas bougé. Malgré tout, il était encore assez loin. Peut-être à cause des ombres sur son visage, il avait l'air de rire. J'ai attendu. La brûlure du soleil gagnait mes joues et j'ai senti des gouttes de sueur s'amasser dans mes sourcils. C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans se soulever, l'Arabe a tiré son couteau qu'il m'a présenté dans le soleil. La lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante qui m'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, le glaive éclatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait de toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
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  • Par Crapouillaud, le 05 août 2007

    Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
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  • Par sandy73, le 13 juin 2011

    La lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante qui m'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel.
    Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, le glaive éclatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux.C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.
    Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main touché le ventre poli de la crosse et c'est là, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'un plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
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  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l'on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple, il refuse de mentir. Mentir, ce n'est pas seulement dire ce qui n'est pas. C'est aussi, c'est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu'on ne sent. C'est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu'il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. (Préface d’Albert Camus à l’édition américaine, 1955).
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