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ISBN : 2070360024
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 2857 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 12 janvier 2013

    LydiaB
    Je me rends compte que je n'ai jamais fait de fiche de lecture sur ce livre, voilà qui va être réparé ! C'est en classe de Première que j'ai lu ce livre pour la première fois car il était dans ma liste du bac (quel est le sagouin qui a dit que ça remontait aux calendes grecques ?). Sur le coup, avec ce fameux "Aujourd'hui maman est morte, ou peut-être hier, je ne sais pas", je me suis dit que la lecture allait être difficile... Bien évidemment, je n'avais pas compris sur le moment toute la finesse de cette phrase et je pensais que le sieur Camus s'adonnait à la boisson.

    Trêve de plaisanterie, ce roman met en oeuvre l'absurde, celui de la condition humaine. le personnage, sorte d'anti-héros, prénommé Meursault, est étranger au monde qui l'entoure. Et quiconque ne rentre pas dans le moule se verra rejeté, exclu et pénalisé par la peine ultime, la mort. Voilà qui pourrait résumer un peu l'idée, bien que cela reste complexe.

    Ce qui fait tout le succès de ce roman, c'est d'abord ce personnage qui est également le narrateur. Souvent, le lecteur a de l'empathie lorsqu'un récit est à la première personne. L'autre facette du succès, c'est que ce roman parait simple. Il raconte une histoire somme toute banale, celle d'un homme qui vient à l'enterrement de sa mère, qui tombe amoureux de Marie et dont le voisin de palier a des problèmes avec une de ses maîtresses. Ce voisin, Raymond, invite Marie et Meursault dans un cabanon appartenant à l'un de ses amis, sur la plage. le groupe croise alors des jeunes gens parmi lesquels figurent des frères de la maîtresse bafouée. Bien évidemment, une bagarre s'ensuit, dans laquelle Raymond est blessé. Un peu plus tard, alors qu'il se baladait sur la plage, Meursault rencontre à nouveau l'un des protagonistes de la bagarre. Aveuglé par le soleil, n'ayant plus, dès lors, tous ses sens, le narrateur prend le revolver qui se trouvait dans sa poche et tire à l'aveugle, tuant le jeune. Voilà qui pourrait figurer dans les faits divers... Oui mais Meursault ne s'arrête pas là. Une balle aurait pu, à la limite passer pour un accident... mais certainement pas les quatre autres qui ont suivi ! Et que dire ensuite du procès ? Meursault ne montrera pas une once de regret face à son geste, tout comme on lui reprochera de ne pas avoir pleuré à la mort de sa mère... Les conventions sont les conventions... mais Meursault y est étranger.

    Je lis et je relis ce roman avec plaisir, y découvrant à chaque fois une signification. Sous ses dehors d'une simplicité confondante se cachent en fait une symbolique et une poésie représentatives de Camus.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 3.00/5
    Par Ancolie, le 22 août 2012

    Ancolie
    L'étranger de Camus… en le voyant dans le top des livres les plus lus chez les membres de Babelio, je me suis dit « Tiens, il me semble l'avoir lu ». Mais aucun souvenir ne me revenait quant à l'histoire… En fouillant plus dans ma mémoire, je me suis rappelée avoir dû le lire pour le cours de français et qu'il m'en restait une impression d'ennui. Une autre chose m'est revenue : mon professeur avait parlé de l'importance du thème de la chaleur et du soleil dans ce roman. Et voilà, tout ce qui subsistait de ma lecture.
    Je me suis donc attelée à le relire et surprise, j'ai trouvé tellement plus dans ce roman. le style concis de Camus révèle que point n'est besoin de phrases à rallonge pour dire d'une écriture qu'elle est belle. La personnalité de Meursault est ordinaire et exceptionnelle à la fois. Cette condamnation de l'hypocrisie générale vis-à-vis de ceux qui osent dire tout haut ce que l'on ne veut avouer,... Oui, ce roman m'a beaucoup plus interpellée que quand j'avais seize ans.
    Ce constat m'a confortée dans le fait que certaines lectures ne doivent pas se faire trop tôt au risque d'en perdre quelque chose ou de ne rien en gagner.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 29 décembre 2011

    lecassin
    « L'étranger », deuxième volume - publié en 1942 - de la trilogie de l'absurde, comme l'a dénommée l'auteur lui-même (« Le Mythe de Sisyphe », « L'Etranger » et « Le Malentendu ») est le roman par lequel je suis entré dans l'univers de Camus, à quinze ans… pour y découvrir, entre autres que « tout homme naît pour mourir »…Vaste programme !
    En fait, ce petit roman (par le nombre de pages) retrace une partie de la vie de cet employé de bureau, Meursault, qui se verra condamné à mort : un enchaînement de circonstances l'ayant amené à tuer un arabe, sur une plage inondée de soleil…
    Mais qui est Meursault ?
    Inconsciemment, sans doute, il est « L'étranger », étranger à lui même et à la société dont il ne joue pas le jeu et semble ignorer ou rejeter les règles. Ainsi, il ne pleurera pas à l'enterrement de sa propre mère, il ne se défendra pas vraiment à son procès et repoussera l'aide du prêtre au moment de partir au châtiment suprême…
    Pour Meursault, l'existence ici-bas n'a pas de sens : les événements s'enchaînent fatalement les uns aux autres sans autre vecteur que le hasard.
    Mais attention : « les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux .» disait si joliment Brassens ; donnant ainsi une dimension universelle au « résumé » le « L'étranger » par Camus lui même : « Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort »…
    C'est fort…C'est très fort … et pour moi, sans aucun doute, un des chef-d'œuvre de la littérature française.
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    • Livres 2.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 20 mars 2012

    NastasiaBuergo
    Ce livre est considéré par beaucoup comme un chef-d'œuvre. Ceux qui prétendent le contraire se font régulièrement huer. J'ai donc décidé, envers et contre tous, de prétendre le contraire (car j'ai bien écouté les conseils de Monsieur Corneille, mais, bien loin d'être une nouvelle Rodrigue, je sais qu'il n'y aura pour moi ni victoire ni triomphe ni gloire, tout au plus, peut-être, une once de péril.)
    Je ne peux pas dire que ce livre soit sans intérêt, mais cela signifie-t-il chef-d'œuvre pour autant ? cela signifie-t-il monument de la littérature française pour autant ? Là, permettez-moi de m'interroger. Sans être du calibre d'un vrai bouquin qui questionne du genre L'homme sans qualités de Musil (peut-être faut-il un peu remettre Camus à sa place ?), l'ouvrage a le mérite de soulever, cahin-caha, deux ou trois questions qu'il peut être intéressant de méditer ou de rediscuter autour d'un verre entre amis, d'où mes deux étoiles et non une seule.
    Cependant, lors de cette lecture, j'ai passé mon temps à attendre que quelque chose décolle, et rien n'a jamais décollé. Je fus donc horriblement déçue par ce livre vis-à-vis duquel, aux dires des critiques, j'avais nourri de nombreux et fructueux espoirs. le style, ou plutôt l'absence de style (je sais, c'est ça le « génie », faire comme si on n'avait pas de style alors qu'on en est pétri et qu'on en a plein ses poches, OK je veux bien, si vous le dites, mais je n'en crois rien) de cet écrit en font une œuvre aride qui pourra apparaître à certains (j'en fais partie) comme insipide, voire vaine. Ceux qui veulent trouver des qualités à ce classique (NB: classique seulement pour les Français, ailleurs on l'ignore copieusement) en trouveront. Selon mon fort misérable avis, c'était une espèce de curiosité, un objet peu esthétique comme ces machins dont on ne sait pas trop quoi faire et qu'on n'ose pas non plus jeter car ce sont des soi-disant œuvres d'art et donc qu'on pose dans un recoin peu éclairé, faute de mieux. Bref, j'en étais conduite à me demander « Imposture ou chef-d'œuvre? that is the question ».
    À ce stade, me direz-vous, de deux choses l'une : soit je suis passée totalement à côté de ce livre, ce qui n'est pas impossible, soit ce livre n'est pas aussi fantastique qu'on veut bien le prétendre, ce qui n'est pas impossible non plus. Cependant, étant d'un naturel réfractaire à toute forme de manichéisme, de dichotomie ou d'avis bêtement tranchés et inconciliables, je pense qu'il existe une troisième voie : celle du chemin. Sur le chemin qui conduit un lecteur à une œuvre, il peut y avoir mille embûches, détours ou passages infranchissables qui font que l'œuvre demeurera inaccessible ou qu'au contraire, au prix d'un effort (qui peut être de différents ordres) le lecteur pourra s'avancer sur le chemin, jusqu'à atteindre l'œuvre. J'ai honnêtement essayé de m'avancer sur ce chemin, mais c'était trop loin de moi, trop « étranger » si j'ose écrire, et je ne pense pas jamais atteindre l'orée de ce qui pourrait m'en rapprocher. Alors, je vous regarderai de l'autre rive monsieur Camus, sans bien comprendre tout ce remue-ménage autour de vous, et m'en retournerai toute penaude sur mon chemin, si étranger au vôtre.
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    • Livres 5.00/5
    Par born2fly, le 11 février 2013

    born2fly
    C'est un des livres que vous devrez absolument lire avant de mourir.
    Un incontournable: touchant, profond, mélancolique, subtil ...
    La lecture de ce roman est une expérience à part, qui marque à tout jamais.
    Dès les premières lignes: " Aujourd'hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. ", on est plongé dans l'esprit de cet homme, Meursault, qui " passe son existence " comme s'il était un passager dans son proppre corps.
    Toute sa vie, ou bien la vie que les autres lui font vivre, sera mise dans les mains de quelqu'un d'autre.
    Est-il vraiment le maître de sa vie? Seulement quand il sera condamné en verra-t-il la valeur.
    Il entrevoit la responsabilité de ses actions... ... et il voit l'absurdité de Sisyphe.
    N'est-ce pas cela l'une des choses de la vie que de ne s'apercevoir de la valeur d'une chose qu'au moment où on risque de la perdre?
    Emmerdant! oui, c'est pour ça qu'il est génial!!
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Citations et extraits

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  • Par Cielo1984, le 24 mai 2013

    Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l'ai insulté et je lui ai dit de ne pas prier. Je l'avais pris par le collet de sa soutane. Je déversais sur lui tout le fond de mon cœur avec des bondissements mêlés de joie et de colère. Il avait l'air si certain, n'est-ce pas ? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de femme. Il n'était même pas sûr d'être en vie puisqu'il vivait comme un mort. Moi, j'avais l'air d'avoir les mains vides. Mais j'étais sûr de moi, sûr de tout, plus sûr que lui, sur de ma vie et de cette mort qui allait venir. Oui, je n'avais que cela. Mais du moins, je tenais cette vérité autant qu'elle me tenait. J'avais eu raison, j'avais encore raison, j'avais toujours raison. J'avais vécu de telle façon et j'aurais pu vivre de telle autre. J'avais fait ceci et je n'avais pas fait cela. Je n'avais pas fait telle chose alors que j'avais fait cette autre. Et après ? C'était comme si j'avais attendu pendant tout le temps cette minute et cette petite aube où je serais justifié. Rien, rien n'avait d'importance et je savais bien pourquoi. Lui aussi savait pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j'avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n'étaient pas encore venues et ce souffle égalisait sur son passage tout ce qu'on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais. Que m'importaient la mort des autres, l'amour d'une mère, que m'importaient son Dieu, les vies qu'on choisit, les destins qu'on élit, puisqu'un seul destin devait m'élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères. Comprenait-il, comprenait-il donc ? Tout le monde était privilégié. Il n'y avait que des privilégiés. Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait. Qu'importait si, accusé de meurtre, il était exécuté pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère ? Le chien de Salamano valait autant que sa femme. La petite femme automatique était aussi coupable que la Parisienne que Masson avait épousée ou que Marie qui avait envie que je l'épouse. Qu'importait que Raymond fût mon copain autant que Céleste qui valait mieux que lui ? Qu'importait que Marie donnât aujourd'hui sa bouche à un nouveau Meursault ? Comprenait-il donc, ce condamné, et que du fond de mon avenir... J'étouffais en criant tout ceci. Mais, déjà, on m'arrachait l'aumônier des mains et les gardiens me menaçaient. Lui, cependant, les a calmés et m'a regardé un moment en silence. Il avait les yeux pleins de larmes. Il s'est détourné et il a disparu.
    Lui parti, j'ai retrouvé le calme. J'étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j'ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu'à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. À ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m'était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai pensé à maman. Il m'a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d'une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s'éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s'y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n'avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine.

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  • Par Osmonde, le 22 mai 2013

    Le jour de mon arrestation, on m'a d'abord enfermé dans une chambre où il y avait déjà plusieurs détenus, la plupart des Arabes. Ils ont ri en me voyant. Puis ils m'ont demandé ce que j'avais fait. J'ai dit que javais tué un Arabe et ils sont restés silencieux.

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  • Par newZoe, le 15 mai 2013

    Maman disait souvent qu’on était jamais tout à fait malheureux. Je l’approuvais dans ma prison, quand le ciel se colorait et qu’un nouveau jour glissait dans ma cellule. Parce qu’aussi bien j’aurais pu entendre des pas* et mon cœur aurait pu éclater.

    (*de ceux qui viendraient le chercher pour l’exécution capitale)

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  • Par Loutre_des_Rivieres, le 13 mai 2013

    La gachette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence execptionnel d'une place où j'ai été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fous sur ce corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.
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  • Par shmoe72, le 14 mai 2013

    Je ne dirais pas que ce livre est un chef d'oeuvre,mais une très bonne oeuvre sur le sens de la dérision....j'adore personnellement Camus,et je me délècte a chaque fois que je lis ce livre....mais c'est là une simple affaire de goûts...

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