Par Albert Camus , Joël Malrieu , Mériam Korichi , Agnès Verlet , Robert Sabatier

Note moyenne : 3.98/5 (sur 282 notes)
Gallimard 1972
ISBN : 2070360024  
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Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l'universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n'être sur la terre qu'en sursis, d'une mort qui, quoi qu'il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu'indifférent à tout après ça ? Étranger sur la terre, étranger à lui-même, Meursault le bien nommé pose les questions qui deviendront un leitmotiv dans l'oeuvre de Camus. De La Peste à La Chute, mais aussi dans ses pièces et dans ses essais, celui qui allait devenir Prix Nobel de littérature en 1957 ne cessera de s'interroger sur le sens de l'existence. Sa mort violente en 1960 contribua quelque peu à rendre mythique ce maître à penser de toute une génération. --Karla Manuele

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Critiques et avis sur L'Etranger


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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, 2009-02-25 10:25:32

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    « Le président a toussé un peu et sur un ton très bas, il m’a demandé si je n’avais rien à ajouter. Je me suis levé et comme j’avais envie de parler, j’ai dit, un peu au hasard d’ailleurs, que je n’avais pas eu l’intention de tuer l’Arabe. Le président a répondu […] qu’il serait heureux, avant d’entendre mon avocat, de me faire préciser les motifs qui avaient inspiré mon acte. J’ai dit rapidement, en mêlant un peu les mots et en me rendant compte de mon ridicule, que c’était à cause du soleil. » Meursault, le narrateur de « L’étranger », a tué un jeune Arabe de cinq coups de revolver, sur une plage écrasée de chaleur et de lumière, près d’Alger.



    Au début du livre, Meursault se rend à l’enterrement de sa mère pour laquelle il n’éprouvait pas une grande affection. Le lendemain, il rencontre sur la plage Marie, une jeune dactylo qu’il avait connue dans le bureau où il travaille, et ils deviennent amants. Il fait également la connaissance de son voisin, Raymond Sintès, une sorte de souteneur, qui lui demande d’écrire une lettre pour se venger d’une « maîtresse ». Meursault accepte. Quelques jours plus tard, les nouveaux amis vont passer la journée sur cette plage près d’Alger où le frère de la « maîtresse » a suivi Sintès. Une altercation a lieu, et quelques instants plus tard, Meursault tue le jeune Arabe.



    La première partie du livre raconte les quelques jours qui vont de l’enterrement au meurtre. La seconde est consacrée au procès de Meursault. D’un bout à l’autre de la narration, une sensation étrange, voire un malaise, étreint le lecteur. Car ce qui semble dominer chez Meursault, c’est l’indifférence, l’impassibilité, comme s’il était étranger à toute chose. Cette sensation est renforcée par le style froid et lisse de Camus. De là à penser que Meursault est un être amoral, dénué de toute sensibilité, il n’y a qu’un pas.



    Pourtant, ne dit-il pas du moment où il a tué : « J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux » ? Meursault est simplement un garçon tranquille, solitaire, qui refuse de mentir sur ses sentiments. A Marie qui lui demande s’il l’aime, il répond qu’il lui semble que non. Aux obsèques de sa mère, il ne feint pas un chagrin qu’il ne ressent pas. Même lors de son procès, où il joue sa tête, Meursault continue de dire la vérité. Et c’est ce que ne lui pardonneront pas ses juges.



    Car tout être humain qui ne respecte pas les règles morales dictées par la société représente un danger pour elle. Mais plus dangereux encore est l’homme qui ne fait pas même semblant de les respecter. Camus a écrit dans une préface à « L’étranger » : « Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort ». En refusant de masquer la vérité de son être, Meursault se retrouve étranger parmi les siens. Au prix de sa vie il persiste dans cette vérité, celle d’un homme tout autant de sensations que de raison et qui, jouet des circonstances, tente de persévérer dans son être, par-delà le bien et le mal.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/02/17/letranger-dalbert-camu..
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarah_DD, 2008-08-06 22:11:00

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    J'ai relu ce classique (ce que je fais rarement) des années après l'avoir analysé en classe, comme la plupart des écoliers je suppose. Je l'ai davantage apprécié maintenant, peut-être parce que je n'y cherchais rien, sûrement pas les points d'une interro.
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    • Livres 5.00/5
    Par Giwago, 2008-04-21 15:00:37

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    L’Etranger est sans doute un de mes livres préférés (Camus étant un de mes auteurs préférés). Ce livre assez court est d’une très grande intensité. A chaque fois que je le lis je ressens une émotion énorme en voyant l’histoire de cet homme tellement banal en fin de compte qui bascule dans le tragique à cause d’un peu de sueur dans les yeux. L’Etranger est, selon moi, un des meilleurs romans de l’absurde, ou plutôt de l’absurdité de la vie qui, à cause d’un choix (bon ou mauvais) peut changer du tout au tout. C’est un des monuments de la littérature française, à lire absolument (du moins, à mon avis).
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    • Livres 2.00/5
    Par Crapouillaud, 2007-08-05 20:30:20

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    J'ai eu beaucoup de mal à comprendre le style de l'auteur. Il ne faut pas trop s'en étonner, c'est le principal intérêt du livre, me direz-vous... Mais ce manque total d'émotion, au lieu de m'intriguer, m'a tout simplement lassé très rapidement et m'a empêché de m'intéresser à l'histoire.
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    • Livres 0.00/5
    Par lauravanelcoytte2, 2010-03-18 15:54:09

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    Cinquantième anniversaire de la mort de Camus
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Citations et extraits de L'Etranger


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  • Par AireLibre, 2008-02-04 22:19:53

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    Sans transition, il m'a demandé si j'aimais maman.J'ai dit : "Oui, comme tout le monde" et le greffier, qui jusqu'ici tapait régulièrement sur sa machine, a dû se tromper de touches, car il s'est embarrassé et a été obligé de revenir en arrière. Toujours sans logique apparente, le juge m'a alors demandé sij'avais tiré les cinq coups de revolver à la suite. J'ai réfléchi et précisé que j'avais tiré une seule fois d'abord et, après quelques secondes, les autres autres coups. "Pourquoi avez-vous attendu entre le premier et le second coup ?" dit-il alors. Une fois de plus,j'ai revu la plage rouge et j'ai senti sur mon front la brûlure du soleil. Mais cette fois, je n'ai rien répondu.
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  • Par Crapouillaud, 2007-08-05 20:24:45

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    Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
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  • Par skyso, 2010-02-23 15:19:51

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    L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde.
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  • Par skyso, 2010-02-27 13:35:02

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    On se fait toujours des idées exagérées de ce qu'on ne connaît pas.
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  • Par skyso, 2010-02-27 13:34:34

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    Un homme qui n'aurait vécu qu'un seul jour pourrait sans peine vivre cent ans dans une prison. Il aurait assez de souvenir pour ne pas s'ennuyer.
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