Voilà un roman qui m'a énormément plu mais dont je suis quasi-incapable de parler.
Comme le dit le narrateur : « ... j'ai instinctivement compris que toutes ces histoires étaient en réalité la même histoire...Je ne sais pas si elle est terminée... Je ne sais pas non plus si je la comprends... ».
J'ai passé mon temps à trouver les thèmes formidables mais sans jamais être sûre de tout à fait comprendre le dessein de l'auteur. A la fin, j'ai souri parce que j'ai cru enfin comprendre, quand le narrateur nous dit : « Ce sera un roman apocryphe, comme ma vie clandestine et invisible, un roman faux mais plus réel que s'il était vrai. ». Or le propre d'un roman est d'être une invention et "
A la vitesse de la lumière" m'a paru terriblement vrai.
Je m'y suis plongée, il m'a habitée, nous avons fait corps pendant dix jours tellement j'étais incapable de m'en détacher, fascinée et inquiète. C'est un roman et une écriture exigeants que nous avons là et une incroyable puissance s'en dégage.
Dans ce magnifique roman, Cercas nous fait voir la guerre dans toute son horreur parce qu'elle transforme un pacifiste en machine à tuer, parce qu'elle laisse des traces indélébiles chez ceux qui ont été ses instruments.
Il s'interroge en parallèle sur les effets du succès et de la toute-puissance qu'il peut donner à celui qui le connaît. le succès comme la guerre peuvent nous briser aussi durement, nous amputer d'une part de nous-mêmes.
Cercas mène son intrigue avec une virtuosité consommée. Il croise le destin de Rodney et de l'écrivain avec brio pour nous faire réfléchir sur l'horreur du monde et l'éventuel pouvoir de la littérature. Car Rodney et notre narrateur sont les deux faces d'une même histoire et c'est un lent processus qui nous amène à comprendre cela.
On reste happé par ces pages, par cette écriture qui dévide un très long fil jusqu'à la fin, comme si le livre avait été écrit dans un seul souffle.
Un livre terriblement humain qui ne peut que toucher. A lire !