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ISBN : 2330064438
Éditeur : Actes Sud (04/05/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.46/5 (sur 605 notes)
Résumé :
Barcelone années cinquante, le jeune Adrià grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le destine à une carrière de violoniste virtuose.

Brillant, solitaire et docile, le garçon essaie de satisfaire au mieux les ambitions démesurées dont il est dépositaire, jusqu'au jour où il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d'un magasin d'antiquités extorquées ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (183) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
26 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
Attention : roman époustouflant mais exigeant qui m'a demandé un temps d'adaptation à sa forme de narration inhabituelle et qu'il est quasiment impossible de résumer.
Pour autant, c'est une lecture solide, consistante et gratifiante, qui mérite le détour et le statut de chef d'oeuvre dans mon panthéon personnel. Un roman marquant donc, totalement inclassable !
J'ai beaucoup hésité à me lancer dans cette " critique ", uniquement motivée finalement par l'envie d'attirer l'attention sur un roman rare, original, foisonnant paru à la fin de l'été 2013, comme on en rencontre peu.
La trame principale du livre s'articule autour des confessions d'un homme dont la mémoire s'effiloche, Adrià Ardèvol y Bosch, qui permettent de suivre l'histoire de sa famille, enchevêtrée avec L Histoire européenne, du Barcelone des années cinquante en passant par l'Inquisition, l'Allemagne nazie à l'Espagne d'aujourd'hui. L'itinéraire d'un jeune garçon solitaire et brillant, dépositaire des espoirs familiaux et de lourds secrets hérités en même temps que le magasin d'antiquités aux provenances parfois douteuses. Et c'est justement la pièce la plus rare, un violon d'exception, un Storioni, qui sert de fil conducteur pour ne pas se perdre dans le dédale de ces presque 800 pages.
Ce qui m'a le plus déconcerté ici c'est évidemment l'absence de chronologie et de repères de ponctuation classiques. C'est bien sûr en cela que ce roman n'est pas d'un abord facile dans les premières pages. Il faut accepter qu'un paragraphe, et même une phrase parfois, s'achève à une époque et avec des personnages différents entre le début et la fin. Franchement je me suis demandé si je savais encore lire et surtout si j'étais encore apte à comprendre ce que je lisais. Insolite donc, inconfortable évidemment ; et puis, bien sûr, on s'habitue à cette structure flottante, à cette petite gymnastique intellectuelle. C'est sûrement excellent pour les neurones...
Jaume Cabré renforce ainsi sans doute la difficulté de son personnage à rassembler les bribes éparses de son histoire dans une mémoire qui se disloque. C'est tout à fait ingénieux. Côté écriture, le style reste limpide et clair, le propos érudit et ambitieux, dans ce roman aux pistes multiples.
L'art, la soif de connaissances, le Mal, le pardon sont les thèmes majeurs de cette fresque passionnante.
Confiteor, je confesse...je replongerai un jour avec plaisir dans cette fresque, comme j'ai apprécié de lire à nouveau les frères Karamazov il y a peu, pour savourer au-delà de la découverte la profondeur d'une pensée, la réflexion d'un écrivain majeur.
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paroles
07 janvier 2014
★★★★★
★★★★★
Il me manque des étoiles...
Un roman magistral, envoûtant et d'une rare densité !!!
Un brillant érudit sentant sa mort prochaine,
fit venir son ami, lui parla sans témoin.
Prends cela, lui dit il, ces quelques papiers là sont toute ma mémoire.
N'y cherche aucun trésor.
Il n'en contient aucun ou plutôt un seulement
l'amour que je porte à Sara.
Quant au reste, tu verras, ce sont des mots,
les maux que seul l'homme peut infliger à l'homme.

Au début, la lecture est difficile. Mais une fois accepté le postulat de l'écrivain : l'écriture est celle d'un monologue dans lesquelles les idées bouillonnent et se succèdent les unes aux autres, le livre est d'une incroyable densité.
On se laisse entraîner par les aller-retour incessants dans L Histoire (inquisition, nazisme, franquisme...), dans des lieux différents (XVIIe en Italie ; Seconde Guerre mondiale à Auschwitz ; Barcelone années 50 ; etc), on y croise de nombreux personnages au passé quelquefois sulfureux, on s'intéresse à l'art sous n'importe quelle forme, à la connaissance dans de nombreux domaines, on y trouve l'amour et l'amitié, la foi, on y croise la violence, la barbarie, l'appât du gain, l'envie, le mal et quelquefois le pardon.
On est secoué, catapulté d'une époque à l'autre, d'un pays à l'autre, on traverse le roman comme dans un manège tournant rapidement captant de-ci de-là des images, des bribes de conversation, des morceaux de décors, des petites musiques, des silhouettes...
On est bouleversé, chahuté... Mais on ressort enchanté, subjugué par la puissance de ce roman.

Juste avant que sa mémoire ne disparaisse, Adrià Ardevol déverse ses souvenirs dévastateurs et plus rarement consolateurs, dans un flot impétueux, sans ordonnancement. Adrià se confesse.
Entre un père tyrannique et une mère sans coeur, Adrià n'a pour seule échappatoire que la curiosité qui le pousse à apprendre. Enfant solitaire, n'ayant qu'un seul ami, il va devenir un brillant universitaire, mais surtout il va découvrir l'origine douteuse de la richesse familiale à travers le magasin d'antiquités de haute facture ayant appartenu à son père. La première pièce remarquable est un violon qu'utilise parfois Adrià, un violon au passé chargé...
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tamara29
24 mai 2014
★★★★★
★★★★★
Je me suis perdue avec infiniment de plaisir dans cet incroyable récit « Confiteor ».
Je me suis perdue dans le labyrinthe des pensées d'Adrià Ardèvol, le suivant pas à pas à mesure qu'il grandissait, à mesure que la maladie d'Alzheimer entremêlait ses souvenirs et ses connaissances érudites.
Ce roman nargue les règles de la narration, mêlant les périodes, les lieux historiques, les personnages dans le même paragraphe, dans la même phrase à s'en arracher les cheveux, à revenir en arrière en se disant que, vraiment, on ne comprend rien…
Mais, au fur et à mesure qu'on reconnaît les personnages, comme agrippé au fil d'Ariane, on les accompagne, et on chemine lentement dans les dédales de la mémoire d'Adrià. Fébrilement, comme hypnotisé, on avance dans le récit de ce garçon devenu homme, intelligent, intellectuel savant, solitaire, marqué par des parents intransigeants et distants.
C'est l'histoire de son amour pour une femme, Sara. C'est l'histoire de son amitié avec Bernat. C'est l'histoire d'un violon sur plusieurs générations que beaucoup convoiteront… C'est l'histoire d'amours obsessionnels, de passions, de collections, de possessions. C'est aussi l'histoire avec un grand H. car ce roman nous parle de l'esthétique, du beau, de la recherche de la perfection mais aussi du bien et du mal, des guerres, des religions, de l'horreur et de la haine.
Ce roman, vous l'aurez compris, est tout à fait singulier par sa construction. Durant la lecture, j'ai souvent pensé à l'énorme travail de création de l'auteur Jaume Cabré. Défiant les règles de l'écriture, il a créé ses propres règles, brillantes, afin de permettre au lecteur de continuer à le suivre (et à vouloir le suivre). L'auteur catalan sème ici ou là des indices (un prénom, un lieu, un objet, deux jouets) tels de petits cailloux qu'on trace pour ne pas perdre la piste de ce chemin de traverse.
Et, peu à peu, à chaque page tournée, les informations s'emboîtent comme des morceaux de puzzle tandis que les pensées d'Adrià, sous forme de « confessions », se font plus brumeuses et emmêlées.
Incroyable jeu de narration qui trouve double sens : à la fois par la maladie d'Alzheimer qui ronge et malmène les pensées du narrateur et, paradoxalement, justement, de par cet « entremêlement » des histoires, cela nous mène (et nous « force ») à une réflexion sur le monde, sur les hommes.
Certains pourront comprendre qu'on supporte le Mal grâce à la beauté du monde. Moi, j'ai (peut-être malheureusement) plutôt vu cela comme le mal qui s'infiltre partout à travers l'Histoire, dans toutes les histoires, perpétuellement. Comme si le beau et l'amour devaient côtoyer obligatoirement le sang, la haine et la cruauté. Ces envies, ces buts (pour un objet, un amour, une collection, une race « pure ») qui peuvent tourner à l'obsession, à la faute, à la traîtrise et à l'horreur indescriptible...
Cet enchevêtrement nous permet d'entrevoir peu à peu que ces périodes d'horreur et de haine sont comme des cycles, des boucles d'histoire, des prolongements. le mal qui s'insinue, le mal qui se prolonge…
Et, en même temps que nous viennent ces réflexions sur les hommes, toutes sortes d'émotions nous submergent :
face au nazisme, à l'inquisition, à la période franquiste, à la cruauté et la la folie des hommes,
ou encore ces autres émotions que l'on ressent pour Adrià qui vouait sa vie à la connaissance et dont la vie, par cette maladie, lui fait comme un pied de nez,
mais aussi ces émotions face à l'amitié, l'amour de certains personnages pour leur famille, leurs enfants, le grand amour…
…Tour à tour, sourires ou noeud dans la gorge…et les yeux embrouillés jusqu'aux larmes.
Ce roman nous ouvre les portes sur de multiples questions philosophiques et éthiques : le travail de l'écrivain,les oeuvres littéraires, l'art, l'esthétique, le beau versus le mal, les religions, le pardon, la faiblesse des hommes, l'humain contre l'inhumain, la mémoire et l'oubli…
Alors, c'est emplie de toutes ces émotions et tous ces questionnements que j'ai refermé ce livre, empressée d'en parler à mes amis lecteurs, impatiente de connaître et de partager avec eux leur ressenti et leur analyse.
Mais, je suis certainement plus anxieuse d'en faire une « critique », désirant qu'elle reflète un tant soit peu les qualités de ce roman et de ce que Jaume Cabré a souhaité raconter et exposer. J'espère que ce petit billet reflètera au moins tout le plaisir éprouvé durant cette lecture, ces palpitations du coeur face à la profondeur de cette oeuvre magique…
Ce roman fait partie de ces oeuvres qui nous rappellent pourquoi nous aimons tant lire. Il fait partie de ces oeuvres qu'on ne referme jamais vraiment car il nous marque pendant longtemps (et plus)...
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isabelleisapure
26 octobre 2013
★★★★★
★★★★★
J'avais jusqu'ici la prétention d'avoir un cerveau pas trop mal fait.
Jaume CABRE m'en a un instant fait douter !
Oh certainement pas par défection de sa part bien au contraire, mais par la façon dont il a su capter ma concentration, voire la développer pour m'emporter avec lui dans cet ouvrage difficile à pénétrer de prime abord, c'est effectivement là où j'ai douté un moment de mes facultés de concentration…, mais absolument exceptionnel, que dis-je fabuleux qui perpétuellement vous absorbe en vous faisant sans cesse perdre puis retrouver le Nord!
Résumer ce phénomène littéraire serait bien trop audacieux de ma part. Simplement l'auteur se saisi d'un personnage qui s'extirpe avec force de son environnement bourgeois familial de Barcelone qui veut faire de lui un être exceptionnel au sens de l'art. Celui-ci choisira en fait de devenir professeur et se lancera dans une sorte d'autopsie du passé nauséabond de l'histoire avant en quelque sorte que la défection de la mémoire collective ne l'emporte dans l'oubli.
De l'inquisition à la dictature Franquiste en passant par Auschwitz, Jaume Cabré nous entraine à travers une intrigue romanesque puissante et bouleversante mêlant dans l'urgence de sa propre mémoire déclinante tantôt les sentiments du personnage central pour l'amour de la femme de sa vie à laquelle il dédie ce récit, tantôt conversations entre personnages morts et vivants qu'en les confondant par la symétrie de leurs actes à des siècles de différence il nous fait vivre l'horreur de la vilénie des hommes de pouvoir qu'au fil des jours ils s'évertuent en permanence à nous masquer sans pour autant jamais y parvenir.
On s'y perdrait. Sauf que Jaume Cabré, pour lien dans ses aller et retour permanents entre les époques et les situations, nous offre un fil conducteur qu'il a imaginé sous forme du parcours de mains en mains d'un violon dont il se sert comme symbole de l'immortalité de l'art face à la versatilité de l'humain …
Si comme moi vous éprouvez quelques difficultés à « forcer la serrure » pour entrer dans ce roman je vous invite à en faire autant, ce qu'il y a derrière la porte est tellement fascinant !
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Charybde2
13 juillet 2013
★★★★★
★★★★★
Roman d'une rare puissance, somme de son auteur, d'une ampleur comparable à celle d'un Musil.
« Jo confesso », publié en 2011 en catalan, paraissant en août 2013 en français aux Actes Sud sous le titre de « Confiteor » dans une impressionnante traduction d'Edmond Raillard, dixième roman de l'auteur, aura bien des chances d'apparaître aux yeux des lecteurs aguerris du romancier-philologue de Barcelone comme une synthèse monumentale de ses principaux écrits précédents.
Pour ceux qui le découvriront seulement, je prends le pari qu'ils connaîtront un immense bonheur de lecture, égal au mien, et qu'ils seront d'accord, après cette plongée dans 800 pages d'une rare densité, pour l'installer – peut-être paradoxalement – sur le même type de piédestal que « L'homme sans qualités » de Robert Musil (qui aurait au passage absorbé avec subtilité « Les désarrois de l'élève Törless », pour parfaire son déguisement de roman d'apprentissage). Et, oui, je pèse ici mes mots.
Le roman épouse d'abord l'apparence du récit d'enfance d'Adria, principal narrateur et protagoniste de l'ensemble, qui, du bas de ses sept ans, dans la Catalogne de l'après-guerre franquiste, se voit signifier par son père, antiquaire très haut de gamme, spécialiste des manuscrits et objets culturels rarissimes, linguiste accompli, son destin, déjà décidé, de violoniste virtuose ET d'érudit hors normes, destiné à la connaissance la plus globale possible (notamment par l'apprentissage progressif d'au moins 14 ou 15 langues) avec peut-être toutefois, le moment venu, quelques retombées commerciales intéressantes pour le magasin familial d'antiquités…
Rapidement, toutefois, le roman prend son essor, quitte ce terrain d'apparence encore familière et prosaïque, pour parcourir avec ferveur, passion et terrible urgence (ce qui – lorsque la moitié du propos SEMBLE concerner les notions mêmes de connaissance, d'érudition et de talent artistique – relève ici d'une singulière prouesse), en les ancrant au plus profond de la chair et de l'intellect de ses personnages, l'ensemble des thèmes chers à Cabré, évoqués dans les romans précédents : valeur de la création artistique – et tout particulièrement musicale, combat pour le pouvoir dans la famille et hors de la famille – et corruption qu'entraîne le pouvoir, rôle de la connaissance dans la morale de l'individu et de la cité,… mais aussi hélas, impossibilité du pardon.
Pour mener à bien cette gigantesque fresque en forme d'histoire d'amour maudit malgré (presque) tous les efforts, et de formidable interrogation sur la possibilité pour la connaissance et l'art de jouer un rôle, si ce n'est d'antidote, par trop illusoire, au moins de ralentisseur face à la course à l'avidité et au mal dans laquelle l'humanité se plonge si souvent et si goulûment, Jaume Cabré convoque tour à tour, dans des volutes de narrations enchevêtrées, de temporalités multiples, de révélations, de liens qui se dérobent, d'hypothèses fallacieuses et de désolantes surprises, une extraordinaire galerie qui inclut, à travers les âges, en sus des étonnantes familles et proches du héros et de ses meilleur(e)s ami(e)s, un bûcheron émérite, un fabricant de violons rivalisant peu à peu avec Stradivarius, un colonel SS, un médecin allemand dévoyé, un inquisiteur adjoint résistant aux ordres les plus abjects de son supérieur Nicolas Eymerich (le « religieux » catalan historique, et non son génial pendant réinventé par Valerio Evangelisti), un ou deux philosophes et linguistes de réputation mondiale, un survivant de Birkenau, un commissaire de police catalan, un moine exilé au fin fond de l'Afrique, un nazi brièvement réfugié au Vatican, et bien d'autres… donnant au roman tout ce foisonnement érudit, subtil, et pourtant dynamique et bouillonnant, qui rapproche donc bien, malgré les apparences, Cabré de Musil, la sphère européenne de la pensée, ayant à digérer (et n'y parvenant guère) l'historicité du fascisme après 1945 de la Cacanie aux valeurs millénaires pourtant bien moribondes, et l'amour total pris dans le piège de l'impossibilité du pardon – ou de l'ironie tragique du sort, que ne renierait pas l'Anouilh d' « Antigone » - à celui, même platonique, qu'interdit la société viennoise de 1910.
Et au milieu de ce chaos et de ces rapides insensés, l'âme d'un violon gouverne peut-être néanmoins le fleuve horrible…
Un très grand roman, presque impossible à résumer, difficile à ne pas dévoiler de manière dommageable tant les rebondissements, les rires (parfois serrés), les intuitions de lecteur démenties et les surprises - sans recours à un deus ex machina, mais seulement à la mécanique cruelle de la tragédie – y sont belles et nombreuses. Un roman qui ne trahit jamais votre intelligence, et vous fait néanmoins pleurer d'émotion dans ses cinquante dernières pages. Un roman qu'il ne faudra vraiment pas rater à partir de sa sortie fin août, voilà.
En citation, pour ne rien déflorer par inadvertance, je me contenterai du tout premier paragraphe, qui donne le ton.
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Les critiques presse (4)
Bibliobs31 décembre 2013
Une somme romanesque follement ambitieuse, où tous les chemins mènent au Mal.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress18 octobre 2013
Huit ans de travail, près de 800 pages, des centaines de sous-intrigues et de personnages, un récit qui court du XIVe au XXIe siècle entre l'Espagne, l'Allemagne, Paris et Rome: Confiteor a tout du roman-monstre, qui tente d'embrasser le mouvement du monde et tous les genres littéraires.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique15 octobre 2013
"Confiteor" est un immense roman, exigeant, touffu, mais d’une richesse formidable.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama04 septembre 2013
Au détour des confessions d'un homme vieillissant, ce roman aussi dense que déchirant épouse le chaos de l'Histoire et de la mémoire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (177) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde213 juillet 2013
Ce n’est qu’hier soir, alors que je marchais dans les rues trempées de Vallcarca, que j’ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable. Tout à coup, j’ai vu clairement que j’avais toujours été seul, que je n’avais jamais pu compter sur mes parents ni sur un Dieu à qui confier la recherche de solutions, même si, au fur et à mesure que je grandissais, j’avais pris l’habitude de faire assumer par des croyances imprécises et des lectures très variées le poids de ma pensée et la responsabilité de mes actes. Hier, mardi soir, en revenant de chez Dalmau, tout en recevant l’averse, je suis arrivé à la conclusion que cette charge m’incombe à moi seul. Et que mes succès et mes erreurs sont de ma responsabilité, de ma seule responsabilité. Il m’a fallu soixante ans pour voir ça. J’espère que tu me comprendras et que tu sauras voir que je me sens désemparé, seul, et que tu me manques absolument. Malgré la distance qui nous sépare, tu me sers d’exemple. Malgré la panique, je n’accepte plus de planche pour me maintenir à flot. Malgré certaines insinuations, je demeure sans croyances, sans prêtres, sans codes consensuels pour m’aplanir le terrain vers je ne sais où. Je me sens vieux et la dame à la faux m’invite à la suivre. Je vois qu’elle a bougé le fou noir et qu’elle m’invite, d’un geste courtois, à poursuivre la partie. Elle sait que je n’ai plus beaucoup de pions. Malgré tout, ce n’est pas encore le lendemain et je regarde quelle pièce je peux jouer. Je suis seul devant le papier, ma dernière chance.
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nadejdanadejda26 octobre 2013
Isaiah Berlin posa le livre sur la petite table et dit je lis tous les jours et tous les jours je m'aperçois qu'il me reste tout à lire. Et de temps en temps je dois relire, même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de la relecture.
--- Et qu'est-ce qui rend digne de ce privilège ?
--- La capacité de fasciner le lecteur ; de le faire s'émerveiller de l'intelligence qui se trouve dans le livre qu'il relit, ou de la beauté qu'il génère. Cela dit, la relecture, par sa nature même, nous entraîne dans une contradiction.
--- Que veux-tu dire, Isaiah ?
--- Un livre qui ne mérite pas d'être relu ne méritait pas davantage d'être lu.
(...) Mais avant de le lire nous ne savions pas qu'il ne méritait pas une relecture. La vie est cruelle. p 573-574
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willymjgwillymjg17 avril 2014
Le lecteur se retrouve vite perdu dans les brouillards de cinq siècles d’Histoire que tente de suivre le petit poucet, recherchant les cailloux jetés par les personnages en fuite, sur un tracé sinueux où surgit Félix Ardévol, personnage autoritaire doté d’une érudition extravagante qu’il développe au sein d’un magasin d’antiquités aux provenances troubles. Son jeune fils Adrià tente en vain de trouver refuge dans les bras d’une mère effacée qui ne rêve que d’une seule ambition : faire de son fils un violoniste virtuose. -Ugh. Des personnages haut en couleurs inviteront le lecteur à suivre le récit dans un méli-mélo tel qu’il sera impossible à un lecteur averti de résumer cet énorme roman ou d’en partager une richesse à extraire des méandres de la créativité littéraire de cet auteur catalan. Délirant ? Pas vraiment. Car l’auteur nous fera surprendre les confidences que se feront les indiens et le petit cow-boy Carson. Compliqué ? Résumons, il sera question pour le lecteur de faire une tentative de reconstituer le puzzle d’une grande histoire de famille, de la musique, de l’évocation avec passion et regrets d’une enfance ballottée au milieu de ce monde tordu et mystérieux des parents, avec les amitiés et amours de jeunesse.
Ce récit épuisant et énervant à lire, nous entraine dans un voyage de l’Histoire que seul un auteur au « long cours » - huit années de travail – épaulé par un éditeur et quelques éditorialistes et critiques littéraires excités par la particularité du rythme littéraire tenteront de nous faire tenir en main au fil de ces centaines de pages au récit désordonné. Ce roman pourrait nous faire faire un voyage extraordinaire pour autant que les « césures » soient survolées et que le lecteur armé d’une bonne paire de ciseaux puisse réaménager le récit afin de s’offrir un texte concis et heureux à lire. Car il faut du souffle pour plonger et replonger sans arrêt d’un bain à un autre bain d’une autre époque, côtoyant ou retrouvant des personnages déjà cités ou nouveaux venus. Le lecteur groggy n’osera jamais étaler son incapacité à poursuivre son exténuante lecture et se fera expliquer et enfin comprendre que l’auteur, tel un scénariste sans suite adorant les flashes et les flashes-back, n’a pas forcément joué dans la chronologie mais dans la déconcertante facilité d’une manipulation collective qui tente de snober les critères de la littérature classique et conventionnelle et de se hisser ainsi dans la sphère très sélecte des auteurs qui se plaisent à réaliser des entorses aux bases mêmes de la littérature compréhensible.
Donc ce gros livre désarmera plus d’un lecteur. L’auteur en teneur de plume (ou en maître du traitement de texte) aura réussi à faire parler de lui en présentant un texte qui, remis dans l’ordre, a un intérêt certain à être lu, mais qui, tel qu’il est présenté à la lecture est d’une sinuosité telle que les méandres du temps et de l’histoire mènent le lecteur bien loin d’un fleuve tranquille et demandera à plus d’un de ramer sec et dur pour entendre les murmures lancinants de ce violon et les sempiternelles jérémiades d’une histoire qui pourrait être plus agréable à découvrir.
Donc si vous voulez faire le snob, offrez-le à vos ennemis. S’ils ne réagissent pas… vous verrez. S’ils réagissent… vous conforterez ainsi vos plaisirs.
-Ugh.
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tamara29tamara2931 janvier 2015
[A propos de Primo Levi et Paul Celan]
- Ils ne se sont pas suicidés parce qu’ils avaient connu l’horreur, mais parce qu’ils l’avaient écrites.
- Je ne te suis pas.
- Ils l’avaient écrites ; ils pouvaient mourir. Je vois ça comme ça. Mais il y a autre chose : ils se sont rendus compte qu’écrire c’est revivre, et passer des années à revivre l’enfer, c’est insupportable. Ils sont morts d’avoir écrit l’horreur qu’ils avaient vécue. Et à la fin, toute cette douleur et toute cette panique réduites à mille pages ou à deux mille vers ; faire tenir tant de douleur dans quelques centimètres carrés de papier imprimé, cela a l’air d’un sarcasme.
+ Lire la suite
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TheWindTheWind14 février 2016
- Je lis tous les jours et tous les jours je m'aperçois qu'il me reste tout à lire. Et de temps en temps je dois relire, même si je ne relis que ce qui est digne du privilège de la relecture.
- Et qu'est-ce qui rend digne ce privilège ?
- La capacité de fasciner le lecteur ; de le faire s'émerveiller de l'intelligence qui se trouve dans le livre qu'il relit, ou de la beauté qu'il génère.
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