Pour le portrait tellement juste et attachant de la mère, mais également du père, pudique, en retrait, tordu par les ans et la vie.
Pour l'atmosphère où les odeurs, les sons et images se détachent avec précision.
Le roman aurait pu être ennuyeux (436 p) car l'attente prime, mais n'oublions pas le titre "
La grande Patience". Comment retrouver aussi justement cette attente ponctuée de moments qui semblent sans fin et d'espoirs, sans contraindre notre propre impatience ? de plus, les journées ne sont pas vides, mais retracent la vie quotidienne d'anciens boulangers attachant une grande importance à la terre ainsi que la peur, les doutes liés à cette guerre lointaine qui contraint tant de personnes à l'exil et qui tue...
L'aurais-je autant apprécié si moi-même, je n'étais pas issue d'un milieu terrien, si tous ces mots n'avaient pas trouvé écho en moi ? Difficile à savoir. Cependant, s'il ne sera pas mon roman préféré cette année, j'ai réellement apprécié cette lecture.