Lorsqu'un roman met Versailles en scène, je peux rarement résister. Je n'ai surement encore pas assez visité/visionné/lu…sur le sujet^^ Alors, quand Matilda (merci Miss ! )m'a envoyé ce roman, j'étais ravie. Et malgré deux trois petite chose, j'ai passé un très bon moment avec ce livre.
Je vais donc commencer par me débarasser des points négatifs, histoire de pouvoir ensuite m'attarder sur ce qui m'a plu.
Tout d'abord, j'ai eu dans le premier acte, beaucoup de mal avec le style de l'auteur. Les phrases m'ont paru sérieusement manquer de fluidité. J'ai souvent trouvé le ton lourd et peu naturel dans ce premier quart du livre. Heureusement, cela s'améliore par la suite, à moins que tout simplement je ne me sois habituée.
De même, j'ai trouvé l'abondance de précisions historiques parfois surfaite. Certes, il est évident que l'auteur a fait de longues recherches préparatoires, mais il n'a pas suffisamment su s'en détacher au moment de la rédaction. Certains détails sont vraiment superfétatoires et alourdissent grandement l'ensemble. Par exemple, que nous importe le nombre de cerceaux composant chaque robe entrevue ?
Tout cela concourt à donner un rythme très, très lent, auquel il m'a fallu plusieurs pages pour m'y habituer.
En outre, plusieurs éléments m'ont semblé manquer grandement de crédibilité. Premièrement, certaines des réaction des personnages : par exemple, lorsque Viravolta reçoit un parchemin, sa première pensée est qu'il s'agit peut-être de peau humaine… Non mais WTF ? Dans quel esprit tordu une telle idée peut germer (en tous cas même pas dans le mien ! et porutant…) ? Surtout à une époque où le parchemin n'était pas un matériau si rare !
Ensuite, si le roman semble très précis sur le plan historique, certains des moyens et méthodes d'enquête m'ont semblé anachroniques : par moments on se croirait dans les Experts : par exemple les enquêteurs ont réussi à démontrer que le sang retrouvé sur ledit parchemin est bien celui de la victime sur lequel il a été retrouvé. J'aimerai savoir comment ils ont pu parvenir à de telles conclusions! Ce genre de détails, m'a vraiment dérangée.
Mais après avoir tant râlé, il est grand temps, de vous livrer les éléments qui ont fait que malgré tout j'ai passé un bon moment avec ce roman.
Tout d'abord, je dois avouer, que j'ai malgré tout été fort intéressée par les détails historiques révélés au fil des pages. On apprend tout un tas de petites anecdotes, dont certaines me resteront en mémoire. le problème est que toutes ne m'ont pas intéressée, et que l'auteur part parfois dans de longs paragraphes digressifs. Je me répète, mais le problème est qu'elles sont là présentes en trop grand nombre et auraient mérité d'être plus subtilement diffusées au fil des pages. Histoire d'alléger le tout et de gagner en rythme. Mais j'ai dit que j'arrêtais de râler.
En outre, malgré l'extrême lenteur du début, j'ai fini par bien entrer dans l'histoire et je me suis tout à coup mise à tourner les pages sans m'en rendre compte. J'ai d'ailleurs dévoré le dernier acte d'une seule traite. En effet, malgré la lenteur du début, le fabuliste réussit à nous entraîner dans son jeu macabre et je dois avouer que j'avais bien envie de voir comment il allait mettre en scène les différentes fables. J'ai beaucoup aimé cette théâtralisation des meurtres et de la vie, en parfait accord avec les moeurs de l'époque du récit. de même, j'avais hâte de découvrir toutes les implications de l'affaire, son objectif réèl, qui en tirait vraiment les ficelles. J'ai aimé cette ambiance mêlant complot politique international et personnages intrigant pour leur propre compte.
Quant aux personnages, là encore, ils représentent un point fort de ce roman. Viravolta, dit l'orchidée noire m'a énormément plu. Il est touchant et attachant, extrêmement plaisant à suivre. J'ai aimé découvrir de petits morceaux de son histoire au fil du récit, et je le retrouverai bien volontiers dans une autre aventure.
Je dois également avouer que j'ai beaucoup apprécié le personnage du Fabuliste. Son secret est assez banal de ce type d'intrigue, et il m'a d'ailleurs d'abord plus indifférée et agacée qu'autre chose. Mais, lorsqu'il se dévoile enfin, il a réussi à vraiment me toucher dans sa haine désespérée.
Enfin, j'ai tout particulièrement aimé les scènes de combats, reliquat de mon amour démesuré pour les films de cape et d'épée quand j'étais gamine. A l'écrit, ce type de scènes peut très vite devenir imbuvable de platitude, mais là pas du tout. L'auteur a su insuffler à ces passages, le rythme qui manque parfois au reste du roman. On s'y croirait vraiment, j'adore! C'est très visuel, très théâtral et ça fonctionne super bien dans le cadre de la mise en scène voulue par le fabuliste.
Bref, si ça n'est pas un coup de coeur, voilà tout de même une fort plaisante lecture. J'ai d'ailleurs bien envie d'approfondir ma découverte de l'auteur, d'autant plus que les thèmes abordés dans plusieurs de ses autres romans me tentent bien (catharisme, archéologie…).
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/05/30/delalande-arnaud-le..