ISBN : 2253011843
Éditeur : Le Livre de Poche
(1975)
Note moyenne : 4.09/5 (sur 149 notes)
La Dame aux camélias16Ajouter à mes livres
La société bourgeoise du XIXe siècle tolérait qu'un homme puisse entretenir une liaison, aussi ruineuse fût-elle, avec une courtisane, mais en aucun cas il ne devait s'éprendre d'une de ces demi-mondaines. C'est pourtant ce qui arrive à Armand Duval, qui aime dès le pre... > voir plus
Le titre fleuri et l'ombre de Dumas père m'avait laissé présager une histoire pleine de romantisme et d'érotisme latent. Il n'en est rien. Marguerite est bien une prostituée qui meurt seule et auprès de laquelle on se dépêche de récupérer une fois morte tout L'Argent qu'elle a englouti de son vivant. L'univers décrit est un univers glauque, où L'Argent détruit les relations les plus nobles. Loin d'idéaliser le monde, Dumas commence avec une scène étonnante: une exhumation du corps de Marguerite, sur demande d'Armand, ce qui fait l'occasion d'une belle description de cadavre qui aurait enchanté Zola dans les plus pourris de ses romans naturalistes. Armand vit de véritables ascenseurs émotionnels, lui qui voudrait traiter avec toute la noblesse de l'amour le plus pur celle qui vend ses charmes aux plus offrant. Dans la hantise que Marguerite le trompe, il se traine à ses pieds et la maudit pour l'adorer toujours plus. J'ai beaucoup aimé suivre cette histoire qui sait offrir ce qu'il faut de réalisme pour empêcher la mièvrerie. Variation affichée sur la Manon Lescaut de l'abbé Prévost, ce roman m'a énormément plu!
Le papa savait raconter des histoires rocambolesques et passionantes, le fils a rajouté les sentiments, la passion qu'on peut ressentir jusqu'à la folie pour une femme pourtant peu recommandable. On pense à Manon Lescaut, à la peau de chagrin qui se réduit: c'est une belle histoire d'un amour impossible et pourtant absolu et merveilleux. A lire pour rêver ses amours!
Marguerite Gauthier et Violetta Valéry, son double à l'opéra, deux incarnations extraordinaires de la belle et brillante courtisane du milieu du XIX e siècle que le cœur et la phtisie perdront. A l'origine, le premier roman du jeune Alexandre Dumas fils qui, quelques années plus tard, l'adaptera avec succès pour le théâtre. Inspiré de son aventure avec Marie Duplessis qui mourut en pleine jeunesse de la tuberculose, ce roman est, dans la tradition romantique, un texte de pure émotion mais aussi une description "réaliste'" et sans concession de la condition des "demi-mondaines" parisiennes.
La Traviata est dans mon panthéon des opéras. Belle, brillante Violetta à qui Verdi a fait une part presque plus belle encore que Dumas fils à Marguerite. Que ce soit sur la scène et en musique ou par le roman, n'hésitez pas à aller au devant de ces "filles"aimantes que seule leur condition a mené à la mort et à la ruine.
Une belle histoire d'amour, qui se lit assez facilement. J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur, simple mais percutant. Les personnages Armand Duval et Marguerite Gautier sont très attachants et au fil de la lecture on en vient à espérer que leur amour donnera la force à Marguerite de guérir et de sortir de ça condition de courtisane. Véritable photographie d'une époque, ce roman permet de nous donner une autre image de ce qu'était les courtisanes. Certaines aspiraient à l'amour, mais leur beauté était à la fois leur meilleur alliée et leur pire ennemie. La beauté leur offrait le luxe et des conditions de vie bourgeoise. Malheureusement, les hommes qu'elles rencontraient ne cherchaient qu'à posséder cette beauté sans chercher à connaître la véritable personnalité de ces femmes. Cruel destin de ses femmes condamnées à vendre leur beauté, sans parvenir jamais à connaître l'amour.
Quel beau livre !!!! L'auteur a énormement de talent !! il décrit tellement bien l'amour, c'est très beau, les mots sont justes, les sentiments merveilleusement bien transcris ! J'ai été subjugué surtout par le style de l'auteur, par la narration, les personnages d'Armand et Marguerite qui s'aiment mais leur amour rencontre de nombreux obstacles. De plus, ce livre narre la vie des courtisanes, à l'époque de Dumas, ce dernier porte un regard assez intéressant sur leur vie. Je vous conseille ce livre !!!
C’est que depuis que je vous ai vue, je ne sais comment ni pourquoi, vous avez pris une place dans ma vie, c’est que j’ai eu beau chasser votre image de ma pensée, elle y est toujours revenue, c’est qu’aujourd’hui quand je vous ai rencontrée, après être resté si longtemps sans vous voir, vous avez pris sur mon cœur et mon esprit un ascendant plus grand encore, c’est qu’enfin, maintenant que je vous connais, vous m’êtes devenu indispensable, et que je deviendrais fou, non pas seulement si vous ne m’aimez pas, mais si vous ne me laissez pas vous aimer.
Adieu ma chère Marguerite; je ne suis pas assez riche pour vous aimer comme je le voudrais, ni assez pauvre pour vous aimer comme vous le voudriez. Oublions donc, vous un nom qui doit vous être à peu près indifférent, moi, un bonheur qui me devient impossible.
Un jour un jeune homme passe dans une rue, il y coudoie une femme, il la regarde, il se retourne, il passe. Cette femme, il ne la connaît pas, elle a des plaisirs, des chagrins, des amours où il n’a aucune part. Il n’existe pas pour elle, et peut-être, s’il lui parlait, se moquerait-elle de lui comme Marguerite avait fait de moi. Des semaines, des mois, des années s’écoulent, et tout à coup, quand ils ont suivi chacun leur destinée dans un ordre différent, la logique du hasard les ramène en face l’un de l’autre. Cette femme devient la maîtresse de cet homme et l’aime. Comment ? pourquoi ? leurs deux existences n’en font plus qu’une ; à peine l’intimité existe-t-elle, qu’elle leur semble avoir existé toujours, et tout ce qui a précédé s’efface de la mémoire des deux amants. C’est curieux, avouons-le.
Pauvres créatures ! Si c’est un tort de les aimer, c’est bien le moins qu’on les plaigne. Vous plaignez l’aveugle qui n’a jamais vu les rayons du jour, le sourd qui n’a jamais entendu les accords de la nature, le muet qui n’a jamais pu rendre la voix de son âme, et, sous un faux prétexte de pudeur, vous ne voulez pas plaindre cette cécité du cœur, cette surdité de l’âme, ce mutisme de la conscience qui rendent folle la malheureuse affligée et qui la font malgré elle incapable de voir le bien, d’entendre le Seigneur et de parler la langue pure de l’amour et de la foi.
-Ou que je ne vous accepte pas, alors vous m'en voudrez, ou que je vous accepte, alors vous aurez une triste maîtresse; une femme nerveuse, malade, triste, ou gaie d'une gaieté plus triste que le chagrin, une femme qui crache le sang et qui dépense cent mille francs par an, c'est bon pour un vieux richard comme le duc, mais c'est bien ennuyeux pour un jeune homme comme vous, et la preuve, c'est que tous les jeunes amants que j'ai eus m'ont bien vite quittée.
Théâtre : le demi monde à la Comédie Française Sur les indications du metteur en scène, Maurice ESCANDE, Lise DELAMARE et Magali de VENDEUIL répétent une scène de la pièce d'Alexandre DUMAS Fils, "Le demi monde", dans laquelle elles interprètent repectivement la baronne Suzanne d'Ange et Marcelle, deux demi-mondaines. Pierre DESCAVES assiste à la répétition.