ISBN : 2070362604
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.77/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
" Certains critiques m'avaient détourné de lire "Au bon beurre", laissant entendre qu'il existait, entre Jean Dutourd et le couple immonde qu'il a peint, une obscure connivence. Or, à mesure que, ces jours-ci j'avançais dans le livre, j'éprouvais un sentiment de délivra... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par hexagone, le 15 mai 2011

    hexagone
    Jean Dutourd qui nous a quitté il y a peu, n'évoquait à la vérité pas grand chose pour moi. Je savais qu'il était académicien, donc inatteignable et qu'il participait fréquement aux " Grosses Têtes " de Philippe Bouvard sur RTL, station périphérique très populaire.
    C'est l'actualité de sa mort qui m'a poussé à lire un de ses livres. " Au bon beurre" m'a semblé le plus emblématique et surtout le sujet m'inspirait.
    Nous sommes au coeur de la seconde guerre mondiale, la France est occupée, soumise.
    Jean Dutourd s'empare de la vie d'un couple de crémier pour bâtir sont histoire.
    Les Poissonard sont de petits commerçants crémier au coeur de Paris et vont profiter de la période d'occupation pour se faire du beurre bien gras.
    Il n'y aura aucune limite à leur cupidité, leur mercantilisme et leur déshonneur.
    Dénonçant aux autorités les suspects, filoutant en coupant le lait, leur cupidité n'a pas delimite et ne se froisse pas de leur immoralité.
    Car sous cette occupation, bon nombre de français se sont pliés, ont courbé l'échine, mis le genou à terre. Peut-on les juger à l'aune de notre époque ? Il en fallait du courage pour résister, s'opposer et combattre.
    S'il ne s'agissait que de plier l'échine on n'en aurait pas voulu aux Poissonard. Mais ils bombent le torse, retroussent les manches pour exploiter la situation politique et en tirer profit. Tout est bon, le marché noir, l'expoitation des employés, la dénonciation.
    Jean Dutourd donne une dimension de Thénardier aux Poissonard dans le long chapitre dont Josette l'employée est l'épicentre. de Josette à Cosette il n'y a qu'une lettre, mais Jean Dutourd rend habilement hommage à Hugo tout en étayant la dimension de salauds des Poissonard.
    Salopard on a envie de les appeler.
    Durant toute la guerre, ils vont allégrement amonceler les millions, s'enrichir, accroître leur patrimoine meuble et immeuble.
    La rencontre avec Pétain est superbe de réalité et de fantasmagorie.
    On s'attend à une justice, humaine ou divine, même pas.
    Par un retournement de veste magnifique, les Poissonard parviennent à passer pour d'honorables résistants, ah ! l'opportunisme.
    Les Poissonard auront été de ces gens qui se seront fait du beurrre sur la misère du monde et que rien n'aura déranger, surout pas leur conscience.
    Combien sont-ils ces Poissonard ? Où sont-ils ?
    Un livre agréable à lire, révoltant, édifiant sur cette méchanceté qui se passe tous les jours s'en que l'on s'en rende compte, sournoise. Un livre écrit en 1952 et qui a du déranger à l'époque.
    Je sais que Jean Dutourd a été décrié, mais " Au bon beurre " mérite vraiment la lecture.

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    • Livres 5.00/5
    Par JPB, le 26 novembre 2011

    JPB
    Un régal, magnifique ! C'est un roman virtuose, qui peint des personnages parfois ignobles, et parfois héroïques. La description des deux Poissonard atteint des sommets de veulerie et je comprends mieux le commentaire élogieux de François MAURIAC qui accompagne le livre. On commence le roman et on ne peut s'arrêter de lire, ni de se demander quand la situation va enfin finir par tourner au vinaigre pour les deux crèmiers. Mais non, ils passent entre toutes les gouttes, et finissent même résistants ! le livre a été écrit en 1952, c'était un exploit que de décrire l'occupation sous cet angle, si peu de temps après la libération. Tous les Français n'ont certes pas dû se reconnaître, mais il est clair que certains ont dû sentir le vent du boulet. A recommander.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 09 mars 2011

    mimipinson
    Voilà une injustice réparée. Mille fois, j'ai entendu parler de ce roman, mille fois s'est présentée l'occasion d'en voir le film sans aboutir. Il aura donc fallu que Jean Dutourd nous quitte, pour qu'après « la grosse tête » qui m'a tant fait rire, j'en découvre l'écrivain.
    Dans au « bon beurre », nous découvrons Paris sous l'occupation, et plus particulièrement une certaine France, celle qui s'est enrichit du malheur des autres. Rien de nouveau, me direz-vous !!!! Cela a toujours existé, et hélas, c'est on ne peut plus vrai encore de nos jours. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, le filon n'est spas près de se tarir….hélas…
    Le couple Poissonard, crémiers de son état, ne tardera pas à comprendre comment s'y prendre pour se remplir les poches : marché noir, fraude, vol, délation, dissimulation. Non content de cela, il poussera le vice jusqu'à « finasser » avec l'ennemi, faire du lèche-bottes auprès du Maréchal…..
    Bref des gens pas très fréquentables. Les temps ont changés, mais des Poissonard, il en existe des milliers de nos jours. On les croise aussi bien dans son monde professionnel, dans sa vie de tous les jours. Et oui, que ne ferait-on pas pour grappiller un petit quelque chose, obtenir une petite faveur, une promotion, un avancement, une nomination……
    « On a tout intérêt à se tenir peinard »
    Outre le fait de dénoncer, très peu de temps après la fin de la seconde guerre, une certaine société de cette époque, Jean Dutourd l'a fait avec beaucoup d'humour, mais ans aucune complaisance. De plus son roman est d'une incroyable modernité, puisque 60 ans après sa publication, il pourrait sans aucun problème être transposé à notre époque. Ce livre est remarquablement écrit.
    J'ai donc beaucoup apprécié la lecture de ce livre, mais, je ne peux en faire un coup de cœur dans la mesure où la fin, m'a déçue. En effet, j'attendais autre chose. Je m'attendais à ce que justice soit faite ; j'aurais voulu que, comme il est souvent dit dans le livre « tout se paye dans la vie, tout se paye !... »




    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/03/au-bon-beurre.html
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    • Livres 3.00/5
    Par paulotlet, le 15 avril 2011

    paulotlet
    Cette chronique grinçante de la vie d'un couple de crémier nous plonge au coeur de ce que l'homme a de plus médiocre. Traversant la guerre avec comme seule préoccupation leur propre intérêt, les héros de cette histoire triste n'hésitent pas à dénoncer, trahir, voler, tromper et escroquer leurs semblables. Collabos puis résistants, ils réussiront avec un cynisme jamais démenti à s'enrichir du malheur de tous. Lorsque ce roman est paru en 1952, on a voulu y voir une oeuvre anti-patriotique. Dutourd, homme de droite, monarchiste assumé (notons quand même qu'il fut résistant), aurait volontairement minimisé l'effort méritoire du peuple français pour se libérer. Il suffit hélas de regarder autour de soi pour perdre ses illusions sur le genre humain.
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    • Livres 2.00/5
    Par araucaria, le 29 avril 2012

    araucaria
    Grosse déception en lisant ce livre. J'ai été très déçue par son style que j'ai trouvé pauvre, je m'attendais à beaucoup mieux de la part d'un académicien français. le lire ne m'a pas enrichie.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - « Quoi qu'elle fît, Julie Poissonard fleurait toujours le brie-coulommiers : elle était crémière. » Dès l'incipit, le ton est donné : cruelles et jubilatoires, ces scènes de la vie sous l'occupation allemande dressent un portrait féroce des B.O.F. (beurre, oeufs, fromages). Jean Dutourd avoue sans ambages qu'Au Bon Beurre, publié en 1952, répondait autant à un désir de vengeance - « une vengeance d'homme de lettres, [qui se mange] froide à souhait à cause du recul romanesque » - qu'à une ambition littéraire : écrire un roman réaliste à la manière de Balzac autour d'un type nouveau, le commerçant enrichi par le marché noir. Verve et noirceur s'allient pour retracer l'ascension des Poissonard, crémiers parisiens, qui ont l'idée géniale d'entasser des stocks en prévision des restrictions à venir. « Des boîtes de jambon Olida, grosses comme des foies de boeuf, servaient de support au lit conjugal ; des sacs de riz et de lentilles tapissaient les murs. Les sardines avaient pris possession de la « bibliothèque [...] « Banania, sur des étagères, alignait des régiments de Sénégalais hilares, qui reluquaient cinq mille Hollandaises de la maison Van Houten. » L'instauration des cartes d'alimentation va faire la fortune nos crémiers ; déconcertants de cupidité et de veulerie, ils arnaquent le chaland comme il se doit et rédigent avec volupté des lettres de délation afin que chacun reste « à sa place : les soldats au front, les commerçants dans leur magasin et les prisonniers au stalag ». Pour mettre à la portée des plus jeunes cette indispensable lecture, L'École des Loisirs en édite une version illustrée par un Philippe Dumas inspiré, qui a puisé dans ses souvenirs d'enfance et ponctue d'un trait drôle et cinglant ce grand roman de l'Occupation. Charlotte Plat

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Citations et extraits

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  • Par mimipinson, le 09 mars 2011

    « tout se paye dans la vie, tout se paye !... »
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Vidéo de Jean Dutourd


Emmanuel Carrère La Moustache
Emmanuel Carrère - La Moustache - éditions POL - Apostrophes : Emmanuel Carrère est invité à Apostrophes par Bernard Pivot, le 18 avril 1986, à l'occasion de la parution de "La Moustache" aux éditions POL, en compagnie notamment d'Hélène Carrère d'Encausse, Jean Delay, Florence Delay, Jean Dutourd, Frédric Dutourd- Antenne 2 - "un stylo dans le patrimoine génétique"








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