Lorsque l'on a trouvé sa moitié, s'imaginer sans elle est comme un pincement au cœur. Et ce pincement se transforme rapidement en outil qui tord et serre le cœur.
Loin de moi, l'idée de me mettre à la place de
Jean-Louis Fournier qui a perdu sa femme, sa « Sylvie » après quarante ans d'amour.
Cependant, je peux lire ce livre. Tenter de la faire revivre comme il l'a fait en écrivant. C'est un joli livre qu'il nous offre. Rempli de tendresse, de tristesse, de souvenirs…
Jamais il ne s'apitoie sur son sort, jamais il ne baisse les bras. C'est un homme courageux, qui va de l'avant. La tristesse est là mais lui préfère penser à toutes ces années de bonheur, à ces souvenirs qui donnent le sourire.
Et le sourire se dessine plusieurs fois lors de la lecture. Vous connaissez ce moment après la perte d'un être cher ? Ce moment où on parle de lui en souriant, avec une impression de sérénité. Ce moment où la douleur semble moins forte, où les souvenirs que l'on se raconte atténue le manque.
Je pense donc que
Jean-Louis Fournier a entièrement raison lorsqu'il dit que les souvenirs doivent être partagés. Quoi de mieux pour repousser l'absence que de parler d'elle [de lui] avec un ami. La faire revivre le temps d'un instant.
Le courage d'un homme que l'on ne peut qu'admirer. Un homme qui a décidé que la vie n'avait qu'un côté et qu'en plus, il était bon. Malgré la douleur, c'est un livre que l'on referme avec une sensation de bien-être.
Ce livre, c'est comme lorsque la mort n'est pas plus cet outil qui tord le cœur, mais un simple pincement. Ce n'est certes pas des plus agréables mais les souvenirs heureux viennent bousculer tout ça.
Monsieur
Jean-Louis Fournier, j'espère que votre Sylvie vous voit de là où elle est et qu'elle est touchée par ces magnifiques bouts d'amour que vous avez écrit.