ISBN : 2070131637
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres

A la veille de ses six ans, Olivier fut fauché par une voiture. Il ne survécut pas à l'accident. II était le frère jumeau de Jérôme Garcin. Olivier a grandi en lui, en même temps que lui. Une présence fantomatique ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 juin 2011

    brigittelascombe
    Nevermore.Jamais plus. Victor Hugo a pleuré tant et tant de mots sur sa Léopoldine, que l'on se dit c'est ça le deuil, la perte, l'absence.
    Dans ce livre autobiographique (qui prolonge "La Chute de cheval" et "Théatre de l'intime", cette longue lettre émouvante adressée à son jumeau Olivier, tué à six ans dans un accident de voiture, Jérome Garcin, lui, semble crier "encore", car au décés de son double, de sa moitié indissociable, plutot que de se dissocier en devenant schizophrène, il a intériorisé ce fantome, cet ange dont l'aile a frolé sa clavicule cassée lors d'une chute de cheval.Lui, l'impatient a porté le nostalgique et a redoublé d'activités pour prouver qu'il était toujours là.
    C'était écrit chuchote la grand mère, comme on livre un secret. Olivier, grand pour son age, n'a t il pas sur une erreur du curé partagé l'hostie comme on recevrait une extrème onction? N'a t il pas fait un horrible cauchemar dont il ne réchappait pas la veille de sa mort?
    Ecrit ou pas, Jérome Garcin, éloigné de l'enterrement ne cherche pas en Dieu la solution à cette injustice que la vie lui a faite mais dans les arbres et les pierres qui l'apaisent.
    Et cette mort qui se répète avec celle de son père. Ce père qui bien après le départ d'Olivier avait eu peur de perdre Laurent, le petit frère né trois ans après l'accident, celui qui avait giflé Jérome qui tenait l'enfant dans ses bras, alors qu'une voiture reculait sans visibilité, celui qu'on appelait le tueur lors des concours d'équitation, celui qui passait sa hargne à cheval quitte à y laisser sa peau et celui qui justement a laissé sa vie là dans une chute mortelle.
    Double injustice.L'adolescent Jérome devient ombrageux et noie ses chagrins dans la poésie.
    L'écriture exutoire ne viendra que plus tard, bien plus tard lorsqu'il sera capable d'apprivoiser, d'exorciser le deuil, de le prolonger sur le papier pour garder sa mémoire ouverte et vivre malgré tout pour (je cite) confondre son hiver d'homme pécaire avec son éternel printemps.
    Un livre qui touche au coeur et bouleverse par sa sensibilité exacerbée!
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par krol-franca, le 23 avril 2011

    krol-franca
    Ah la puissance des mots ! Ce récit autobiographique mais pas seulement (j'y reviendrai) est un véritable hymne à l'écriture.
    Je ne savais pas que Jérôme Garcin maniait aussi bien notre langue. Les mots sont justes, les images très suggestives, les nombreux oxymores nous sourient, les descriptions de la campagne nous charment, tout au long de ce court récit.
    L'écriture est un moyen, pour lui, de redonner vie à ce frère jumeau renversé par une voiture à l'âge de presque 6 ans, « d'exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d'une invisible geôle. […] Tu m'as révélé l'incroyable pouvoir de la littérature, qui à la fois prolonge la vie des disparus et empêche les vivants de disparaître. »

    « Si le malheur absolu ne donne pas du talent, il révèle, dans la plaie vive, celui qui était inexprimé. » Cette remarque s'adresse à Philippe Forest (auteur que j'ai maintenant très envie de lire) mais elle pourrait tout aussi bien s'adresser à l'auteur lui-même…

    Ce récit est aussi prétexte à évoquer des textes littéraires, des auteurs qui ont subi la perte d'un enfant, de Victor Hugo à Philippe Forest, des écrits scientifiques sur la gémellité.
    C'est un questionnement personnel mais tellement universel, une visite dans ses souvenirs à travers un texte qui s'adresse, avant tout, à Olivier.
    Du rôle de Dieu à celui de la psychanalyse, de la condition des gémellaires à celle des singuliers, l'auteur partage avec Olivier, et donc, avec nous, lecteurs fortuits, ses interrogations, ses angoisses, ses doutes. Cette mise à nu ne nous permet-il pas de mieux nous comprendre ? N'est-ce pas le propre de tout écrit ? On y puise ce qu'on veut, ce dont on a besoin, on s'émeut, on s'interroge, on se remet en question, on cherche, on se cherche.
    Et puis quelle franchise, quel regard sur lui-même : « A mesure que je vieillis, je me sens gagné par un sentiment croissant d'incomplétude, une manière de boiterie, invisible mais récurrente. A vingt ans, pressé de vivre, je m'imaginais invincible et indivisible. Tu ne me manquais guère, trop occupé que j'étais à me préférer. »
    « Ce tout petit tombeau de papier » nous ravit, nous touche, nous transporte. de bien belles pages !


    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-olivier-de-jerome-garcin-72..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Martinelafonbaillou, le 20 février 2011

    Martinelafonbaillou
    Un livre poignant et subtil. Jérôme Garcin murmure sa douleur à nos oreilles. Et c'est beau.
    C'est à la source d'un Tout amputé, d'un Entier brisé en deux parts inégales (une part vivante, l'autre morte) que vient puiser la langue magnifique de l'écrivain. C'est à la source de ce langage "éolien", doux et mystérieux babil que l'auteur vient chercher son autre, son pareil, qu'il exprime dans le plus accompli des styles ses doutes, ses interrogations, et qu'il détricote toute une vie bien remplie. Peut-être trop pour un seul homme. Aurait-il vécu pour deux ?
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 07 juin 2011

    Chouchane
    Comment Jérome Garcin transforme un sujet particulièrement sombre, la mort d'un jumeau à l'âge tendre de 6 ans, en un monologue lumineux dans lequel il parle à son frère perdu. Ce faisant, il nous livre une réflexion essentielle sur la vie, l'amour, l'amitié, le fait d'être père. Il écrit des mots merveilleux sur les gens qu'il aime, sa femme, ses enfants, sa mère, Bartabas son ami. Ses sentiments coulent, fluides et sans réserve. Moi qui n'ai ni jumeau, ni cheval, qui ne suis ni un homme, ni un écrivain, j'ai eu l'impression que ce livre parlait de moi. Par quelle magie, ce frère et ce père mort, ces douleurs sont devenus des couleurs, des scintillements qui ont éclairé mes heures de lecture. Vous aimerez.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BRIGITTEB, le 28 octobre 2011

    BRIGITTEB
    Je ne sais que penser de ce livre. Bien sûr, on ne peut qu'être ému par le malheur qui frappe Jérôme Garcin par la mort accidentelle de son jumeau à l'age de 6 ans. On compatit à un si brusque et injuste malheur.
    La perte d'un jumeau est encore plus difficile à vivre pour celui qui reste et qui recherchera en vain son double, sa moitié, sa vie durant.
    Mais ce livre est aussi une description détaillée de la famille Garcin, d'une lignée bourgeoise et bien pensante de médecins qui trahisssent un jour leur caste en se tournant vers l'édition. Dans ce milieu, il n'y a pas de place pour le chagrin: on éloigne les enfants, on ne parle pas de ce qui fait mal. le sentiment de culpabilité des uns ou des autres est à peine évoqué, et cela rajoute à la sensation d'étouffement dont Jérôme Garcin lui-même, 50 ans après, ne peut sortir.
    Un livre à lire, toutefois, pour une belle écriture, quelque peu ostentatoire, il est vrai, mais à lire entre les lignes pour comprendre l'indiscible.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Thomas Stélandre pour le Magazine Littéraire

    Jérôme Garcin s'adresse à Olivier, son frère jumeau, fauché à l'âge de 6 ans par une voiture. À en croire Jérôme Garcin, écrire, c'est « toujours remuer de vieilles histoires et avancer, sur des béquilles, ... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par krol-franca, le 23 avril 2011

    Depuis combien de temps, Olivier, ne suis-je pas allé fleurir ta tombe ? [...] Mais je ne sais pas m'adresser aux sépultures. J'ai perdu le langage qu'on apprend au catéchisme et qu'on pratique dans les églises. Je suis discourtois avec le Ciel, maladroit avec ses intercesseurs. Rien de ce qui est trop élevé ne m'attire - j'aime le monde à hauteur d'homme et que le sacré s'accomplisse sur la terre, dans un geste simple, une offrande discrète, la beauté d'une lumière de velours adoucissant la pierre. Je préfère les lieux de mémoire aux lieux de culte, où l'on professe : "ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites." Mes morts vivent en moi. Ils me tiennent compagnie. Ils voyagent et respirent à mon rythme."
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  • Par krol-franca, le 23 avril 2011

    "Si tu vivais encore, Olivier, peut-être me gronderais-tu, me malmènerais-tu, me forcerais-tu à sortir de mon cocon, me reprocherais-tu cette émotion excessive qui me saisit lorsque j'ouvre un vieil album de photos, mon goût grammatical pour l'imparfait, les passés simple et composé. Tu raillerais ma sensiblerie, je me moquerais de ton amnésie."
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  • Par calamitysab, le 31 mai 2011

    Il aura fallu que j'écrive pour, enfin, me retourner sur moi-même et reprendre la conversation interrompuue avec ceux que je portais en moi, et qui étaient morts. Car tu n'as jamais été plus vivant qu'au bout de ma plume.
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  • Par brigittelascombe, le 03 juin 2011

    Que l'on ne s'étonne pas de trouver quelques taches sur ce document.Ecrire son testament n'est pas une oeuvre de joie,ce sont des larmes que j'ai versées sur ma future mort.
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  • Par brigittelascombe, le 03 juin 2011

    Pour moi les absents ont toujours raison
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