Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2234061172
Éditeur : Stock (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.91/5 (sur 856 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jama... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (151)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Nanouxy, le 30 mars 2012

    Nanouxy
    Difficile de faire une critique objective sur ce livre.
    Jean-Louis Fournier est un auteur que je ne connaissais que de nom. J'ignorais qu'il avait eut deux enfants handicapés. Comme une découverte d'un carnet intime, d'un père malheureux, d'un père rempli de culpabilité face à ses deux garçons qu'il n'a pas sû aimer comme il l'aurait voulu.
    En tant que maman, je peux très bien comprendre ce sentiment de peur à la naissance. On vérifie le nombre de doigts et de doigts de pied, si le coeur bat régulièrement, si l'enfant mange et se développe normalement.
    «  Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main. Personne n'a levé la main. Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois. J'ai eu deux fin du monde. »
    Deux corps en pleine évolution avec des cerveaux de petits garçons.
    « ...ils avaient certainement de la paille dans la tête. Les médecins ne l'avaient même pas vu. »
    Je suis persuadée que chaque personne ayant lu ce livre s'est demandé ce qu'il aurait fait. Parfois je l'ai trouvé très dur:
    « J'ai pensé qu'un jour, ils allaient avoir de la barbe, on allait devoir les raser[…]
    j'allais leur offrir à chacun un grand rasoir coupe-chou. On les enfermerait dans la salle de bains et on les laisserait se débrouiller avec leur rasoir. Quand on entendrait plus rien, on irait avec une serpillère nettoyer la salle de bains. »
    Derrière cet humour très noir et même dérangeant se câche un immense désespoir, celui d'un homme qui ne comprend pas que le sort se soit acharné deux fois sur sa famille et qui garde toujours l'espoir d'un « mieux » malgré tout.
    Aucun rêve, aucun projet, aucun moyen d'imaginer leur avenir étant donné qu'ils n'en ont pas.
    Une confession bien difficile pour se père qui se sent complètement dépassé par la situation, qui essaie de faire de l'humour dans cette société où le handicap est tabou et fait peur. Les parents d'enfants handicapés sont comme des maladies transmissibles, on s'en protège pour éviter que cela nous arrive.
    La maladresse des autres face à la différence est souvent plus difficile que le handicap lui-même.
    Incompréhension, colère, résignation, capitulation,...tout y passe, mais un sentiment apparaît violemment au milieu de tout ça, c'est l'amour. Un amour douloureux et, parfois, très égoïste mais que ferions-nous à sa place ?
    Une lecture remplie d'émotion qui ne peut vous laisser indifférent...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 43         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par manU17, le 18 août 2012

    manU17

    Un malheur n'arrivant jamais seul, ce n'est pas un mais deux enfants handicapés que va avoir Jean-Louis Fournier.
    Après la stupeur, l'accablement et parfois la honte qui vont le ronger, après avoir plus ou moins tu leur existence, il va choisir l'humour pour exorciser sa douleur.

    « Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une
    patience d'ange, et je ne suis pas un ange. »

    Complice de Pierre Desproges qu'il évoque d'ailleurs dans son livre, il va comme lui faire preuve d'un humour noir particulièrement grinçant. Pince sans rire, il suscite parfois des réactions d'effroi de ses interlocuteurs. Par exemple de la part de Josée qui s'occupe de ses enfants. La scène avec la ventouse est particulièrement hilarante.

    C'est toute sa tristesse, sa déception et ses regrets de père n'ayant jamais réellement pu communiquer, au sens traditionnel du terme, avec ses enfants que l'auteur exprime ici. Il est délibérément dans la provocation, il veut susciter les réactions et y parvient sans mal. Il n'hésite pas non plus à en faire parfois un peu trop, le propos n'est pas ici de faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, pas de simagrées mais du parler vrai.

    « Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné." »

    Prendre ce livre au premier degré serait un écueil que certains n'ont pas évité au vu de quelques critiques outragées.

    Pour ma part, ce livre m'a ému, touché et amusé souvent. Un livre qu'il faut avoir lu, une écriture simple, concise, efficace sans fioriture.

    « Un livre que j'ai écrit pour vous. Pour qu'on ne vous oublie pas, que vous ne soyez pas seulement une photo sur une carte d'invalidité. Pour écrire des choses que je n'ai jamais dites. »

    La plus belle des déclarations d'Amour d'un père à ses enfants…


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2012/08/ou-on-va-pap..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 48         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 06 février 2013

    lehane-fan
    Après avoir pleuré de rire à la lecture de Veuf , je décidais de récidiver , ressentant le pressant besoin de prendre une nouvelle dose d'endorphines , en attaquant Où on va , papa ? par la face Nord ! La fameuse face Écie...
    Facétieuse , oh le doux euphémisme que voilà à l'évocation du quotidien des parents Fournier et de leur progéniture .
    Thomas et Matthieu . Deux enfants pas comme les autres . Deux gamins condamnés dès la naissance . Sorte de double peine héréditaire histoire de ne privilégier personne .
    Sujet délicat s'il en est , le handicap de l'enfant peut légitimement heurter les esprits et faire polémique en cette période de politiquement correct outrancier . Parlez-en à Timsit et à ses crevettes roses...
    Récit autobiographique datant de 2008 , j'ai perçu ce bouquin comme un véritable cri du cœur , un rugissement d'amour assourdissant d'un père , pourtant loin d'avoir été parfait , envers ses deux fragiles lutins , ses deux petits brins d'herbe...
    Fournier , par le biais de petites saynètes touchantes et délicates parfois saupoudrées d'un brin de cynisme désabusé , évoque un sujet qu'il connait parfaitement sans jamais tomber dans le misérabilisme et la compassion .
    Un témoignage bouleversant sur la différence , sur cette chienne de vie malgré tout...
    Où on va , papa ? : droit au cœur du lecteur , sans aucun doute !
    http://www.youtube.com/watch?v=uEjjVq9vkfI
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 45         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par MachaLoubrun, le 26 avril 2012

    MachaLoubrun
    Etre parent n'est jamais simple et avoir une enfant handicapé c'est forcément un parcours singulier. Alors tant mieux si des œuvres comme « Intouchables » ou « Yo tambien » sont drôles et brisent des tabous, notamment sur le handicap mental…
    La lecture de « Où on va papa ? » n'était pas anodine pour moi puisque je suis la maman d'un garçon âgé de treize, handicapé mental. très peu autonome, d'un niveau scolaire de moyenne section avec des troubles du comportement de type autistique.
    Je pensais donc retrouver un peu de mon vécu dans ce livre dont tout le monde me disait « j'ai pensé à toi en le lisant », mais le degré de handicap des enfants de Jean-Louis Fournier est particulièrement sévère et chaque histoire familiale est unique.
    Ce qui me frappe dans le récit de Jean-Louis Fournier, c'est l'absence de communication possible avec ses enfants, de perspectives familiales et cela doit être très dur à vivre. J'aurais sans doute était aussi désarmée que lui face à une telle situation mais j'ai aussi appris que nous avons souvent des ressources insoupçonnées face à des situations inédites et difficiles. Ce livre me conforte dans la certitude que malgré ses nombreuses difficultés quotidiennes, notre vie de famille est riche d'échanges, de projets et le tout dans une grande complicité affective.
    « Où on va papa ? » se lit d'une traite, c'est un témoignage très touchant mais aussi un texte mordant, attachant, déroutant. Il évite tout militantisme ou misérabilisme. Avec un humour désopilant, il décrit des instants de vie, son désarroi face à ses deux garçons avec beaucoup de malice et d'affection…
    C'est beaucoup plus qu'un simple récit, un œuvre littéraire de grande qualité, au succès mérité.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 40         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 22 avril 2013

    Ellen-R
    Où on va papa ?
    Telle est la question que répète inlassablement Thomas, handicapé physique et mental à son père chaque fois que celui-ci le fait monter dans sa voiture. Et quoi que l'auteur lui réponde, l'enfant « cabossé » reprend son interrogation cent fois. Car J. L. Fournier le talentueux écrivain est le père de deux enfants lourdement handicapés, Mathieu et Thomas. Il apporte son témoignage sur ces vies cassées, sans avenir. Ses enfants ne sauront ni lire, ni écrire, ni penser, ni travailler, ni même se suffire à eux-mêmes. Ils sont incapables de se nourrir, de se laver ou de se vêtir seuls.
    A petites touches, Fournier nous fait partager son quotidien, ses inquiétudes, ses souffrances. Mathieu est décédé assez jeune. Thomas a séjourné en IMP, il a maintenant 30 ans et toujours avec autant sinon plus « de paille dans la tête ». Quand il devient incontrôlable, il se retrouve même en hôpital psychiatrique. le couple n'a pas résisté au traumatisme. Fournier lui, gardera cette blessure au plus profond de lui-même.
    « Je ne sais plus bien qui je suis, je ne sais plus très bien où j'en suis, je ne sais plus mon âge. Ma route se termine en impasse, ma vie finit en cul-de-sac», dit-il. Cruauté du destin.
    Un témoignage magnifique, bouleversant et honnête. Fournier ne se paye pas de mots, de sentiments surfaits ou de lieux communs consolateurs. Il est d'une franchise absolue. Il raconte tout : son dégoût, sa culpabilité, son agacement, ses moments de rejets, la cruauté de la condition de parent d'handicapé et même une certaine forme de désespoir devant un pareil gâchis. S'il évoque le pire, il n'oublie pas le meilleur, l'amour qui apparaît en filigrane presque à chaque ligne pour ses deux petits oiseaux cabossés, ses enfants ratés qui n'aiment que Snoopy et les pommes de terre frites.
    Un livre très court, merveilleusement écrit dans le style si particulier de Fournier, intimiste, minimaliste. Il arrive à dire un maximum de choses, à faire passer une multitude de sentiments ou de sensations avec un minimum de mots. du grand art qui repose de certains verbeux qui nous assomment avec des pavés aussi lourds que creux de 1000 ou 1200 pages.
    Merci, M. Fournier pour ce beau livre qui décomplexera tous les parents d'enfants handicapés et qui réconfortera les autres. Un Prix Fémina 2008 très largement mérité !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 34         Page de la critique

> voir toutes (90)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par maryne2410, le 12 avril 2010

    " Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie.

    Ces moments extraordinaires où le monde se réduit à une seule personne, qu'on existe que pour elle et par elle, qu'on tremble quand on entend ses pas, qu'on entend sa voix et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou.

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule et donne la chair de poule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rougir, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer. "

    p.76
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 32         Page de la citation

  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 45         Page de la citation

  • Par VeroniqueG, le 01 avril 2012

    Quand on a des enfants handicapés, il faut supporter, en plus, d'entendre dire pas mal de bêtises. Il y a ceux qui pensent qu'on ne l'a pas volé. [...] Il y a ceux qui disent que si on a des enfants handicapés, ce n'est pas du hasard. [...] Il y a ceux qui disent : "Je l'aurais étouffé à la naissance, comme un chat". [...] Il y a aussi ceux qui disent : "L'enfant handicapé est un cadeau du Ciel." Et ils ne le disent pas pour rire. Ce sont rarement des gens qui ont des enfants handicapés.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 29         Page de la citation

  • Par x-Kah-mi, le 22 décembre 2010

    Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou. Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la citation

  • Par jelly-belly, le 04 décembre 2008

    Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné."

    Commenter     J’apprécie          0 50         Page de la citation

> voir toutes (14)

Videos de Jean-Louis Fournier

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jean-Louis Fournier

La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Louis Fournier parle de son nouveau livre "Veuf"








Sur Amazon
à partir de :
5,00 € (neuf)
1,92 € (occasion)

   

Faire découvrir Où on va papa ? par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1379)

> voir plus

Quiz