ISBN : 2234061172
Éditeur : Stock (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.85/5 (sur 497 notes) Ajouter à mes livres
"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jama... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (95)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44, le 30 mars 2012

    nanougo44
    Difficile de faire une critique objective sur ce livre.
    Jean-Louis Fournier est un auteur que je ne connaissais que de nom. J'ignorais qu'il avait eut deux enfants handicapés. Comme une découverte d'un carnet intime, d'un père malheureux, d'un père rempli de culpabilité face à ses deux garçons qu'il n'a pas sû aimer comme il l'aurait voulu.
    En tant que maman, je peux très bien comprendre ce sentiment de peur à la naissance. On vérifie le nombre de doigts et de doigts de pied, si le coeur bat régulièrement, si l'enfant mange et se développe normalement.
    «  Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main. Personne n'a levé la main. Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois. J'ai eu deux fin du monde. »
    Deux corps en pleine évolution avec des cerveaux de petits garçons.
    « ...ils avaient certainement de la paille dans la tête. Les médecins ne l'avaient même pas vu. »
    Je suis persuadée que chaque personne ayant lu ce livre s'est demandé ce qu'il aurait fait. Parfois je l'ai trouvé très dur:
    « J'ai pensé qu'un jour, ils allaient avoir de la barbe, on allait devoir les raser[…]
    j'allais leur offrir à chacun un grand rasoir coupe-chou. On les enfermerait dans la salle de bains et on les laisserait se débrouiller avec leur rasoir. Quand on entendrait plus rien, on irait avec une serpillère nettoyer la salle de bains. »
    Derrière cet humour très noir et même dérangeant se câche un immense désespoir, celui d'un homme qui ne comprend pas que le sort se soit acharné deux fois sur sa famille et qui garde toujours l'espoir d'un « mieux » malgré tout.
    Aucun rêve, aucun projet, aucun moyen d'imaginer leur avenir étant donné qu'ils n'en ont pas.
    Une confession bien difficile pour se père qui se sent complètement dépassé par la situation, qui essaie de faire de l'humour dans cette société où le handicap est tabou et fait peur. Les parents d'enfants handicapés sont comme des maladies transmissibles, on s'en protège pour éviter que cela nous arrive.
    La maladresse des autres face à la différence est souvent plus difficile que le handicap lui-même.
    Incompréhension, colère, résignation, capitulation,...tout y passe, mais un sentiment apparaît violemment au milieu de tout ça, c'est l'amour. Un amour douloureux et, parfois, très égoïste mais que ferions-nous à sa place ?
    Une lecture remplie d'émotion qui ne peut vous laisser indifférent...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BVIALLET, le 13 mai 2012

    BVIALLET
    Telle est la question que répète inlassablement Thomas, handicapé physique et mental à son père chaque fois que celui-ci le fait monter dans sa voiture. Et quoi que l'auteur lui réponde, l'enfant « cabossé » reprend son interrogation cent fois. Car J. L. Fournier le talentueux écrivain (« Il n'a jamais tué personne mon papa », « J'irai pas en enfer » et bien d'autres) est le père de deux enfants lourdement handicapés, Mathieu et Thomas. Il apporte son témoignage sur ces vies cassées, sans avenir. Ses enfants ne sauront ni lire, ni écrire, ni penser, ni travailler, ni même se suffire à eux-mêmes. Ils sont incapables de se nourrir, de se laver ou de se vêtir seuls. A petites touches, Fournier nous fait partager son quotidien, ses inquiétudes, ses souffrances. Mathieu est décédé assez jeune. Thomas a séjourné en IMP, il a maintenant 30 ans et toujours avec autant sinon plus « de paille dans la tête ». Quand il devient incontrôlable, il se retrouve même en hôpital psychiatrique. le couple n'a pas résisté au traumatisme. Fournier lui, gardera cette blessure au plus profond de lui-même. « Je ne sais plus bien qui je suis, je ne sais plus très bien où j'en suis, je ne sais plus mon âge. Ma route se termine en impasse, ma vie finit en cul-de-sac», dit-il. Cruauté du destin.
    Un témoignage magnifique, bouleversant et honnête. Fournier ne se paye pas de mots, de sentiments surfaits ou de lieux communs consolateurs. Il est d'une franchise absolue. Il raconte tout : son dégoût, sa culpabilité, son agacement, ses moments de rejets, la cruauté de la condition de parent d'handicapé et même une certaine forme de désespoir devant un pareil gâchis. S'il évoque le pire, il n'oublie pas le meilleur, l'amour qui apparaît en filigrane presque à chaque ligne pour ses deux petits oiseaux cabossés, ses enfants ratés qui n'aiment que Snoopy et les pommes de terre frites. Un livre très court (155 pages), merveilleusement écrit dans le style si particulier de Fournier, intimiste, minimaliste. Il arrive à dire un maximum de choses, à faire passer une multitude de sentiments ou de sensations avec un minimum de mots. du grand art qui repose de certains verbeux qui nous assomment avec des pavés aussi lourds que creux de 1000 ou 1200 pages. Merci, M. Fournier pour ce beau livre qui décomplexera tous les parents d'enfants handicapés et qui réconfortera les autres. Un Prix Femina 2008 très largement mérité !

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par MachaLoubrun, le 26 avril 2012

    MachaLoubrun
    Etre parent n'est jamais simple et avoir une enfant handicapé c'est forcément un parcours singulier. Alors tant mieux si des œuvres comme « Intouchables » ou « Yo tambien » sont drôles et brisent des tabous, notamment sur le handicap mental…
    La lecture de « Où on va papa ? » n'était pas anodine pour moi puisque je suis la maman d'un garçon âgé de treize, handicapé mental. très peu autonome, d'un niveau scolaire de moyenne section avec des troubles du comportement de type autistique.
    Je pensais donc retrouver un peu de mon vécu dans ce livre dont tout le monde me disait « j'ai pensé à toi en le lisant », mais le degré de handicap des enfants de Jean-Louis Fournier est particulièrement sévère et chaque histoire familiale est unique.
    Ce qui me frappe dans le récit de Jean-Louis Fournier, c'est l'absence de communication possible avec ses enfants, de perspectives familiales et cela doit être très dur à vivre. J'aurais sans doute était aussi désarmée que lui face à une telle situation mais j'ai aussi appris que nous avons souvent des ressources insoupçonnées face à des situations inédites et difficiles. Ce livre me conforte dans la certitude que malgré ses nombreuses difficultés quotidiennes, notre vie de famille est riche d'échanges, de projets et le tout dans une grande complicité affective.
    « Où on va papa ? » se lit d'une traite, c'est un témoignage très touchant mais aussi un texte mordant, attachant, déroutant. Il évite tout militantisme ou misérabilisme. Avec un humour désopilant, il décrit des instants de vie, son désarroi face à ses deux garçons avec beaucoup de malice et d'affection…
    C'est beaucoup plus qu'un simple récit, un œuvre littéraire de grande qualité, au succès mérité.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 11 octobre 2011

    emeralda
    J'ai déjà eu l'occasion de lire Jean-Louis Fournier et j'avais beaucoup aimé. C'était dans un autre registre, plus humoristique, pas le moins du monde autobiographique comme cette fois. Cependant, c'est très confiante que j'ai débuté la lecture de cet ouvrage, forte de tous les commentaires enthousiastes des lecteurs que j'ai rencontré sur la Toile ou en réel.
    D'emblée, le ton va être donné par la seule personne qui a le droit de railler ses enfants : leur père.
    Le sujet ne prête pas vraiment à sourire ou à faire de mauvaises plaisanteries, ce ne serait pas politiquement correct et pourtant, Jean-Louis Fournier ose grâce à son statut paternel. Il sait de quoi il cause, il a connu "deux fins du monde", lui !
    Il veut rendre un hommage à sa manière à ses deux premiers enfants qui étaient handicapés et qui aujourd'hui ne sont plus. Il sait trouver de fort belles formules pour nous le dire comme : "Mathieu est parti chercher son ballon dans un endroit où on ne pourra plus l'aider à le récupérer."
    J'ai trouvé cela beau, émouvant alors que l'objectif de cet ouvrage n'est pas de nous attendrir, du moins, ce n'est pas un récit qui veut à toute force nous faire pleurer. Non, Jean-Louis Fournier raille, plaisante, se moque sans méchanceté, établit des faits sans faux semblants. C'est l'histoire d'un papa avec deux fils qui n'ont pas eu de chance, qui furent différents, mais qui furent pourtant bien présents et qu'il ne veut pas oublier.
    Jean-Louis Fournier ne nous épargne pas dans le sens où il ne nous cache rien. Avoir des enfants handicapés, ce n'est pas drôle. C'est même plutôt lourd et épuisant tant physiquement que nerveusement, même s'il y trouve quelques avantages (si je vous assure). C'est encore dit sur le ton du sarcasme, avec peut-être une pointe d'aigreur, de regret, mais ce fut son lot et celui de Mathieu et de Thomas. Ils ont fait avec et ils s'en sont pas trop mal tirés. D'ailleurs le ton employé dans cet ouvrage cache beaucoup d'amour. Ce n'est pas parce que ce père plaisante sur ses enfants qu'il ne les a pas aimé, c'est sans doute tout le contraire. Il ne les oubliera jamais et nous aussi grâce à ce livre.
    On éprouve toutes une palette de sentiments. On sourit, on s'amuse presque, on est touché. le tragique côtoie le comique avec aisance, un naturel surprenant, mais salvateur. Il y a une tendresse infinie dans ce livre, la douceur est palpable, mais hélas la dure réalité rattrape toujours nos protagonistes comme une certaine fatalité dont il faut s'accommoder coûte que coûte. On n'est pas dans un cauchemar, ni dans un rêve, c'est juste la vie avec son lot d'absurdités.
    Je crois qu'il faut absolument livre ce titre pour mieux comprendre les parents d'enfants handicapés.
    Ce sont des hommes et des femmes admirables, qui comme nous sont fatigués (plus en réalité, mais ils font face), qui en ont ras-le-bol, qui pensent, qui imaginent des choses horrible, mais à mon sens très saines, car nous ne sommes pas des super-héros, nous sommes juste des êtres humains avec nos limites. Tous les parents me comprendront et Jean-Louis Fournier également.
    Il y a tout ce qu'il ne fera jamais avec ses fils, tous ces petits riens qui pourtant ont de la saveur et de la valeur à nos yeux. Non, le handicap va priver Jean-Louis Fournier de ces moments de joie, mais il aura eu d'autres plus cocasses assurément.
    Il y a aussi les idées noires qui passent, mais ne restent pas car la vie est ainsi faite. La nature donne de l'énergie même aux plus fatigués de tout. Les parents d'enfants handicapés ne savent pas toujours comment ils font pour toujours aller de l'avant, mais ils le font jour après jour.
    Quelle abnégation quand même. Cela force le respect et rassure en même temps sur la nature humaine.
    C'est court, bref et incisif.
    Jean-Louis Fournier tranche dans le vif et tire sur les pansements d'un coup sec. Ça fait mal, mais cela dure moins longtemps (enfin en théorie parce que lui, ses blessures ne guérissent pas complètement).
    Son écriture est concise. J'apprécie de ne pas me noyer dans le superflu.
    N"hésitez pas, franchissez le pas et lisez ce court bouquin qui va bousculer pas mal de choses dont nos façons de percevoir les éléments extérieurs. C'est véritablement un ouvrage qui peut aider à faire évoluer les mentalités, même si évidemment c'est une goutte d'eau dans l'océan de ce combat.
    Vous ne le regretterez pas (enfin je l'espère).
    Je vous concèderai bien volontiers que le dernier paragraphe laisse un petit goût amer, cependant faut-il se boucher les yeux et les oreilles ?
    On n'est pas dans le registre du pathos, c'est bien au-delà et je vous assure que même avec tous les sentiments que vous éprouverez en parcourant ces quelques pages (cela se lit en fait très vite car les chapitres sont parfois de simples paragraphes), on en ressort grandi.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/10/ou-on-va-papa.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 03 février 2012

    carre
    Jean-Louis Fournier pratique l'humour et la dérision pour mettre des mots sur les injustices de la vie. Ce récit malheureusement autobiographique ne déroge pas à la règle. Mais sous le rire, bien évidemment c'est un homme en souffrance qui nous raconte sa famille au quotidien. Fournier ne s'épargne rien, cette douleur chronique et malgré tout cette douceur envers Mathieu et Thomas, ces deux fils handicapés à 80%, ce témoignage qui ne se veut en aucun cas compatissant,nous place malgré tout en voyeur, et nous rappelle que nos petits malheurs d'hommes bien portant sont bien peu devant une telle injustice. Une sacrée leçon de vie.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)

> voir toutes (63)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Marium, le 25 mai 2012

    Elle est terrible la mort de celui qui n'a jamais été heureux, celui qui est venu faire un petit tour sur Terre seulement pour souffrir.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par maryne2410, le 12 avril 2010

    " Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie.

    Ces moments extraordinaires où le monde se réduit à une seule personne, qu'on existe que pour elle et par elle, qu'on tremble quand on entend ses pas, qu'on entend sa voix et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou.

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule et donne la chair de poule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rougir, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer. "

    p.76
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

    Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (25 votes positifs)
  • Par x-Kah-mi, le 22 décembre 2010

    Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou. Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par VeroniqueG, le 01 avril 2012

    Quand on a des enfants handicapés, il faut supporter, en plus, d'entendre dire pas mal de bêtises. Il y a ceux qui pensent qu'on ne l'a pas volé. [...] Il y a ceux qui disent que si on a des enfants handicapés, ce n'est pas du hasard. [...] Il y a ceux qui disent : "Je l'aurais étouffé à la naissance, comme un chat". [...] Il y a aussi ceux qui disent : "L'enfant handicapé est un cadeau du Ciel." Et ils ne le disent pas pour rire. Ce sont rarement des gens qui ont des enfants handicapés.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (19 votes positifs)

> voir toutes (14)

Videos de Jean-Louis Fournier

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jean-Louis Fournier

La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Louis Fournier parle de son nouveau livre "Veuf"








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Où on va papa ? par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (752)

> voir plus

Quiz