> Denis Lagae-Devoldère (Traducteur)

ISBN : 2351780051
Éditeur : Gallmeister (2006)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
- Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 27 février 2012

    carre
    Ce récit autobiographique conte l'aventure qu'a vécut Pete Fromm
    en acceptant un boulot qui va le tenir tout un hiver dans les grandes rocheuses. Formidable témoignage dans cet univers magnifique et sauvage,
    Fromm nous livre son ressenti avec humour et chaleur (oui je sais on est dans les Grandes Rocheuses, n'empêche). Ces galères, ces doutes, sa solitude, ces petits moments de vie qui deviennent des joies immenses. Une aventure dépaysante qui fait un bien fou. Fromm ne se veut porteur d'aucun message, juste l'histoire d'un homme sincère, honnête, amoureux de la nature.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo, le 26 mai 2012

    cyberugo
    Voici un récit de nature-writing correspondant à la définition du genre. le héros et narrateur, étudiant, se retrouve à garder durant 6 mois hivernaux un bassin de jeunes saumons, mais surtout à braver le froid, la neige, mais aussi et surtout pour vivre une expérience de vie, qui va déclencher de nombreuses questions.
    Le récit alterne entre périodes de solitude et de découvertes de paysages, de cuisine, de faune, et périodes, souvent brèves, de rencontres avec des chasseurs et des gardes des Eaux et Forêts.
    Le dépaysement est total grâce à la magnifique façon de l'auteur de retransmettre les ambiances et l'atmosphère de cette expérience.
    Un seul regret toutefois : l'auteur ne fait que peu part de ses introspections, ce qui est sans doute un choix délibéré. Dans ce thème, je préfère par exemple le récit de Sylvain Tesson.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 mai 2010

    LiliGalipette
    Récit autobiographique de Pete Fromm.
    L'auteur raconte comment, alors qu'il était étudiant en biologie animale à l'université de Missoula, il a tout abandonné pour vivre sept mois au milieu des Rocheuses, dans le parc naturel de Selway-Bitterroot. Embauché par l'office de la pêche et de la chasse de l'Idaho, il est chargé de surveiller un bassin où grandissent des alevins de saumon. Avec pour seul logis une tente de toile et pour seule compagnie une jeune chienne nommée Boone, Pete Fromm affronte l'hiver des Rocheuses et la solitude glacée d'une enclave reculée.
    Il s'agit clairement d'un témoignage. L'auteur raconte son histoire, à la première personne. Il pose un regard plus mûr sur une folle expérience de jeunesse. Folle parce que vécue après un certain nombre de décisions inconsidérées. Nourri de récits de trappeurs, comme ceux de Jim Beckworth, de Hugh Glass ou de A. B. Guthrie, plein d'idées romantiques sur la vie en pleine nature, il s'engage sur un coup de tête dans une aventure humaine qui frôle avec la survie.
    Ce saut dans l'inconnu et dans l'immensité blanche de l'hiver est avant tout un saut dans la solitude, le silence et le temps. D'abord fort occupé à préparer ses réserves de bois pour affronter le froid, très vite Pete est rattrapé par le danger de l'ennui et de l'inaction. "Je commençais à deviner que tâcher de rester occupé allait sans doute devenir la plus importante de mes occupations." (p. 40) Mais s'occuper n'est pas la plus grande difficulté, il faut d'abord trouver quoi faire: "En acceptant de venir ici, j'avais dans la tête une vague idée de liberté: n'obéir à personne, ne faire que ce que je voulais. Il me semblait maintenant avoir négligé le fait tout simple que même si je pouvais faire tout ce qui me chantait, et à n'importe quel moment, il n'y avait rien à faire. [...] Et si je perdais la raison à force d'ennui?" (p. 52)
    Heureusement, la nature offre très vite à l'auteur des perspectives alléchantes. Ce coin de nature qui n'appartient qu'à lui pendant tout l'hiver est un lieu à conquérir à force de marches et d'explorations dans les bois et les montagnes. À cela s'ajoutent les plaisirs inconnus de la chasse et de la trappe pour lesquelles l'auteur se découvre des talents insoupçonnés. Au hasard de ses traques et de ses promenades, il rencontre les animaux emblématiques des Rocheuses sauvages: l'orignal, le mouflon, le wapiti, la grouse et le raton laveur pour les plus sympathiques, le puma, le lynx, l'ours, l'aigle et le coyote pour les plus inquiétants.
    L'auteur était à cette époque un gamin perdu, aux idées parfois irréfléchies. Il frôle plusieurs fois la mort et s'engage dans des aventures inconsidérées. Il se sait gauche et dénué de l'expérience que les chasseurs du coin étalent avec fierté. "Faudrait-il que je regarde toujours par-dessus mon épaule pour vérifier que personne ne me surprenne en train de faire une idiotie dont seul un blanc-bec pourrait avoir l'idée?" (p. 67) Cependant, après des mois d'expériences diverses et de situations incroyables, il se sent devenir un autre homme, davantage conscient de ses capacités et plus fort de ses limites.
    La solitude et le silence tant redoutés des débuts, l'inquiétude paniquée de l'homme seul, font rapidement place à un sentiment de plénitude. Il est chez lui dans cette vallée isolée, il recherche et protège sa tranquillité. Aussi ne supporte-il pas le flot des touristes qui envahissent les lieux dès le retour du printemps. Il a développé une jalousie possessive à l'égard d'une nature indifférente et éternelle, qui ne se laisse pas posséder simplement parce qu'un homme a affronté ses rigueurs pendant sept mois.
    Ces sept mois sont une éternité toute relative. L'auteur s'interroge souvent sur ce qui se passe en dehors, dans la civilisation, le vrai monde qu'il devra retrouver à l'issue de cette expérience unique. Est-il en train de tout manquer, de se priver d'une part de sa jeunesse? Ou vit-il plutôt un moment parfait parce qu'éphémère? "Pendant tout ce temps passé à regretter ce que je manquais dans l'autre monde, jamais je ne m'étais rendu compte de ce que je manquerais en quittant Indian Creek. [...] Il me restait toute une vie à vivre dans la civilisation, mais à peine quelques mois à vivre ici." (p. 170)
    Pete Fromm, avec son récit autobiographique, s'inscrit dans le courant littéraire nord-américain du Nature Writing. Les éditions Gallmeister ont fait connaître ce genre en France. Et je suis très attirée par cette littérature, même si je ressens la difficulté de l'écrire. L'auteur le dit lui-même: "J'étais venu ici pour avoir une histoire à raconter, mais il se passa un certain temps avant que je ne trouve quelque chose à dire." (p. 221) Peu importe le temps qu'il a fallu à Pete Fromm pour coucher ces mots sur papier, le résultat est époustouflant. Pour avoir vécu quelques mois d'hiver au Québec, j'ai reconnu certaines des sensations décrites pas l'auteur: le froid aigu qui grignotte le nez et les doigts, le bonheur d'avoir chaud par - 20°C parce qu'on s'affaire à dégager un chemin, la magie de la neige qui chante sous les pieds ou de la glace qui craque dans les arbres. La beauté des espaces vierges de toute trace et le silence assourdissant d'un horizon calfeutré de neige sont des paysages superbement rendus par Pete Fromm.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/05/13/17874938.html
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  • Par trust_me, le 17 octobre 2011

    trust_me
    A l'automne 1978, Pete Fromm s'apprête à passer sa troisième année à l'université du Montana. Il apprend par hasard que le Fish and Game Department de l'Idaho (l'équivalent de l'ONF) cherche quelqu'un pour s'occuper de 2,5 millions d'œufs de saumon implantés dans le bras d'une rivière. le job est à priori simplissime : veiller sur les œufs pour leur permettre de passer l'hiver sans geler afin qu'ils puissent entamer leur grande migration vers l'océan dès le printemps. de la mi-octobre à la mi-juin, Pete Fromm va donc passer huit mois au cœur des montagnes rocheuses, seul sous une tente. Séduit par les récits de trappeurs que lui a racontés un copain de fac, il s'est embarqué dans cette aventure sans aucune expérience de la vie en pleine nature, encore moins l'hiver.
    Tour à tour bucheron, braconnier, chasseur de lynx et éleveur d'œufs de saumon, il raconte avant tout une aventure humaine inoubliable pour un jeune de 19 ans. La rudesse de l'hiver dans cette partie de l'Idaho est particulièrement difficile à supporter : neige, blizzard, températures polaires… Pete Fromm va s'adapter. Pour éviter la monotonie, il multiplie les activités et apprend à découvrir la beauté de la nature qui l'entoure. Et malgré quelques moments de doute et de déprime passagère, il gardera de son passage à Indian Creek un souvenir impérissable.
    De prime abord, on pourrait penser que ce récit a beaucoup de points communs avec Into the Wild. En fait, les deux textes sont très différents. Déjà, dans Indian Creek, les événements sont racontés par celui qui les a vécus. Ensuite, les motivations de Pete Fromm n'ont aucun rapport avec celles de Christopher McCandless. Il n'y a chez lui aucune volonté de fuir la société. Il veut juste jouer les trappeurs et vivre des aventures qu'il s'imagine déjà raconter à ses petits enfants, rien de plus. Enfin, le texte de Pete Fromm se termine parfaitement bien et est souvent assez drôle, ce qui n'est évidemment pas le cas d'Into the Wild.
    D'ailleurs, l'auteur a la finesse de ne pas embarquer le lecteur dans d'interminables réflexions philosophiques sur le sens de la vie alors que son expérience de la solitude en milieu hostile aurait pu facilement l'entraîner dans cette voie. Il préfère, sans nier les difficultés, insister sur les bons moments et les petites anecdotes concernant son quotidien.
    Indian Creek est un roman que l'on peut sans problème classer parmi les œuvres de Nature Writing (genre littéraire mêlant observation de la nature et considérations autobiographiques). C'est frais, vivifiant et très joliment écrit. A découvrir d'urgence pour tous ceux qui sont en manque d'air pur et de nature sauvage.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2010/07/indian-creek.html
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 06 janvier 2012

    encoredunoir
    Éloignons nous un peu du polar le temps d'un hiver dans l'Idaho.
    Indian Creek, c'est l'histoire des sept mois que Pete Fromm a passé dans une tente des Eaux et Forêts aux confins de l'Idaho, près de la frontière avec le Montana, pour garder deux millions d'œufs de saumon.
    Porté par une série de concours de circonstances, de hasards de la vie et de décisions prises à brûle-pourpoint, c'est là que Fromm échoue à vingt ans alors qu'il est étudiant à Missoula, après, donc, avoir été embauché par le département des Eaux et Forêts de l'Idaho. Sept mois seul dans les Rocheuses, comme dans les récits de trappeurs, avec un travail qui l'occupe environ une demi-heure par jour. Cela laisse du temps pour l'introspection ou, pour un jeune étudiant épris d'aventures, tester in vivo les recettes trouvées dans l'abondante littérature américaine consacrée aux hommes des bois, à la manière de tanner les peaux ou de saler la viande, ou encore de se fabriquer des mocassins.
    On l'aura compris, nous sommes bien là dans un de ces romans de nature writing américain auxquels Gallmeister accorde une place de choix. Il ne s'agit pas pour autant d'une resucée de Thoreau, de Jim Harrison ou d'Edward Abbey. On ne trouvera là ni la réflexion politique et philosophique du premier, ni une fresque ou une histoire de famille dans la veine du second, pas plus qu'une odyssée engagée et farfelue comme celle qui a fait connaitre le troisième.
    Indian Creek est un roman initiatique, un récit d'aventures à taille humaine qui se suffit à lui-même. Écrit simplement, sans lyrisme pompeux ni sécheresse de ton, il laisse la place à l'auteur-narrateur-héros de vivre maladroitement son aventure avec recul et humour et sans donner quelque leçon que ce soit.
    Sans doute n'y a-t-il pas grand-chose de plus à en dire si ce n'est que cette absence de morale ne signifie pas vacuité du récit. Et qu'elle permet de laisser la place à l'expression juste de sentiments simples.
    Ce n'est ni haletant, ni trépidant. C'est beau comme un récit au coin du feu qui vous transporte ailleurs, éveille votre curiosité, vous sourire, vous fait rêver. Parfois, avec le talent, cela suffit à faire un bon livre.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-indian-creek-de-pete-fromm..
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Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 12 septembre 2011
    C’est un beau récit, vif et alerte. Dynamique et plein de fraîcheur (par -30°C, c’est normal). C’est une aventure intense dont pourtant pas grand-chose de personnel ne transpire à l’exception de ses faits et gestes, des aventures grandes ou petites, des inquiétudes face à la force des éléments.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par wictoria, le 13 septembre 2010

    De la mi-octobre à la mi-juin, j’allais être responsable de deux millions et demi d’oeufs de saumon implantés dans un bras entre deux rivières. La route la plus proche se trouvait à quarante miles, l’être humain le plus proche à soixante miles. Si j’étais intéressé, précisa-t-il, je n’aurais que deux semaines pour me préparer.
    J’entendais de moins en moins ce qu’il disait. Tout me semblait parfait. J’allais enfin découvrir le monde sauvage. Film ou réalité ? Galère ou liberté sans limite ? Mais, de toute manière, peu importe ce que j’allais découvrir, j’aurais une histoire à raconter plus tard, mon histoire.
    Je dis au garde que tout cela me semblait très intéressant. Si j’avais été plus attentif, j’aurais sans doute pu l’entendre secouer la tête.
    — Et le salaire, ça ne vous intéresse pas ? demanda-t-il.
    Je lui répondis que si, bien sûr, même si je n’y avais pas songé.
    — Deux cents dollars par mois, lança-t-il.
    — D’accord, répondis-je.
    C’était trop beau pour être vrai. Être payé, en plus. Il me conseilla d’y réfléchir et de le rappeler le lendemain.
    — Entendu, fis-je.
    Une formalité. Ma décision était prise.
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  • Par carre, le 27 février 2012

    Je n’avais jamais entendu parler de biologie animale, mais à mes oreilles, ce mot sonnait comme une promesse de traînasseries sans fin.Dans une deuxième série de décisions inconsidérées, j’envoyai une candidature unique dans une seule université.
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  • Par chocobogirl, le 18 juin 2011

    Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
    - Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
    Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important je me lançai :
    - Heu... C'est quoi, une corde de bois ?
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  • Par ignatus-reilly, le 10 septembre 2011

    Je songeai de nouveau à ce que représenterait un tel parcours fait en rampant le long de la rivière sombre et humide après m'être amputé le pied avec une hache. Personne n'avait été témoin de ce qu'avait rapporté Hugh Glass dans son livre et, tout à coup, il me sembla qu'il était au moins aussi menteur que Jim Beckworth.
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  • Par ignatus-reilly, le 10 septembre 2011

    C'était ça, mon boulot. Rien de plus. S'il y avait de la glace, c'était l'affaire de quinze minutes par jour, en comptant le trajet. J'avais tout le reste du temps pour moi, mais je devais passer chaque jour à cet endroit de la rivière.
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