ISBN : 2070362426
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 75 notes) Ajouter à mes livres
LES RACINES DU CIEL.La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants et sourit amèrement. Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sachenka, le 25 mai 2012

    Sachenka
    Quel chef d'œuvre! J'ai dévoré Les racines du ciel en quelques jours, je l'ai adoré du début à la fin. Et ce fut une agréable surprise, je ne m'attendais pas à un tel accomplissement. L'auteur, Romain Gary, m'a franchement épaté.
    À peine sorties de la deuxième Guerre mondiale, les nations occidentales ont repris leurs vieilles habitudes : exploiter les ressources du monde à leur profit peu importe les conséquences. Peu s'intéressent au sort de l'Afrique, encore moins des éléphants africains. Sauf Morel. Cet homme, d'abord sous-estimé, presque inconnu, deviendra peu à peu l'ennemi numéro un. Administrateurs coloniaux, chasseurs, contrebandiers, jésuites, chef de tribu… tous s'entendent pour dire qu'il dérange.
    En tant que lecteur, on ne peut que s'émouvoir du sort des éléphants et même de ce pauvre Morel, un idéaliste luttant presque seul contre un monde cruel.
    Gary a réussi à décrire avec réalisme tous les enjeux. Il a su cerner et analyser la situation géo-politique de la région (l'Afrique équatoriale française) et à insérer son histoire dans une autre histoire encore plus grande. L'opinion publique américaine, les intérêts des pays arabes en pleine décolonisation, ceux de l'URSS. Tout y passe. Il n'y est plus question que d'éléphants et de préservation de l'environnement, c'est de la situation du monde entier qu'il s'agit.
    Surtout, l'auteur a réussi à expliquer, à rendre accessible son histoire malgré ces enjeux complexes. de plus, le nombre élevé de personnages secondaires, malgré mes craintes, n'a pas constitué une trop grande difficulté. Peut-être le fait que chacun représente souvent un enjeu particulier y joue un rôle. Dans tous les cas, on s'y retrouve facilement dans cette galerie impressionnante mais aussi touchante et crédible.
    Bref, un roman qui parle d'espoir et que je recommande vivement!
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 29 février 2008

    Woland
    En fait, je viens de terminer "Les racines du ciel", qui parut en 1956 sous le nom de Romain Gary. Et je tiens à déclarer tout de suite combien il m'a été agréable - et poignant - de découvrir ici un grand romancier auprès duquel j'étais jusque là passée peut-être en raison du battage médiatique qui a été fait autour de lui.
    J'irai même jusqu'à dire qu'il y a, chez Romain Gary, quelque chose du romancier universel. Pour reprendre une expression trop galvaudée de nos jours et devenue parfaitement utopiste, Romain Gary pouvait prétendre au titre de "citoyen du monde."
    Il était né à Wilnio, dans une Lituanie russifiée, et se définissait lui-même comme "un cosaque un peu tartare mâtiné de juif." Définition qui, en cette époque où les communautarismes fleurissent dans tous les sens, telles de hideuses et démoniaques mauvaises herbes, me paraît extrêmement révélatrice : Gary ne se définissait pas en effet en fonction de son appartenance religieuse ou de celle de ses ancêtres mais bel et bien en fonction de ses racines nationales. Il était bien trop intelligent, bien trop sensible aussi pour tomber dans le piège du nationalisme, dont il dénonce d'ailleurs dans ce roman les fondements éternels. Cette grâce, ce don qu'il avait reçu du Grand Dieu Thot lui-même, lui permet de porter sur toutes et tous un regard qui tend à la fraternité universelle, apolitique et a-religieuse (ça existe, ce terme ? )
    "Les racines du ciel" est un roman où se mêlent allègrement les flash-backs et les points de vue autour d'une figure quasi messianique, Morel, le Français obstiné qui, revenu des camps nazis, a choisi de lutter pour que soit sauvegardée la vie des grands éléphants d'Afrique. Une multitude de personnes s'expriment sur Morel, présentent ses faits et gestes, lui prêtent ou lui reconnaissent des intentions réelles ou supposées et ce qui avait commencé comme une entreprise vaguement ridicule, avec un homme débraillé errant en Afrique Equatoriale Française serrant, dans sa vieille serviette de cuir, une pétition contre les massacres d'éléphants qu'il cherchait désespérément à faire signer par l'un ou par l'autre, se termine en une apothéose grandiose qui fixe l'Espoir dans l'Eternité.
    Très vite, le lecteur est conquis non seulement par Morel et son charisme mais aussi par l'atmosphère que sait créer l'écrivain - et c'est là le signe d'un romancier béni de Dieu, celui qui sait insuffler à ses créatures un souffle tel qu'elles quittent bientôt leur statut de marionnettes pour prendre corps et vie.
    Très vite aussi, il comprend que, au-delà des éléphants d'Afrique, c'est une certaine idée de la dignité humaine, certes mais surtout universelle (car elle englobe toutes les formes de vie, du moins est-ce l'impression que j'ai ressentie) que Morel veut à tout prix sauver. "Nous avons tous nos éléphants à sauver," voilà ce que nous dit Gary, "trouvez-les en vous-mêmes et vous verrez, votre vie en sera illuminée. Vous deviendrez peut-être fou et l'on vous prendra certainement pour un fou mais vous aurez gagné. Et, à travers votre victoire, c'est l'univers tout entier qui triomphera dans ses forces positives."
    Il y a, dans "Les racines du ciel", un souffle prodigieux et qui rappelle Hugo sans les lourdeurs du grand ancêtre et du XIXème siècle. Ajoutez à cela un humour échevelé et une façon unique de renvoyer tout le monde dos à dos. Si l'on excepte le personnage de Waïtari, le "César noir" qui laisse présager, dès 1956, toutes les horreurs qui s'abattront sur l'Afrique avec ce que Gary nomme "la colonisation intérieure" et qu'il définit comme la pire des colonisations possibles, (encore y a-t-il un instant très bref où le journaliste Abe Fields, considérant Waïtari qui s'éloigne, nous fait prendre celui-ci en pitié), aucun héros n'apparaît bêtement manichéen. Tous sont complexes, le comble de la complexité se répartissant entre Habib, l'éternel contrebandier, et le Néerlandais Haas, qui capture des éléphanteaux pour le compte des zoos occidentaux mais qui n'en espère pas moins que Morel a trouvé refuge quelque part ...
    Quant au style ... Ma foi, c'est un style que certains trouveront trop "travaillé" mais que, en ce qui me concerne, j'apprécie énormément.
    Enfin, "Les racines du ciel" m'ont permis de lire la meilleure définition du général de Gaulle qui ait jamais été faite - je crois : " De Gaulle, un homme qui lui aussi croyait aux éléphants."
    La fierté de Gary, on la sent presque palpable à ce moment-là - et à d'autres aussi. Fierté d'être un creuset où, dès la naissance, est tombé le germe de l'humanisme universel. Fierté de savoir de manière innée que, au delà des nationalités et des religions qui les séparent trop souvent pour le pire, les hommes en fait ne sont pas si différents que ça dans leurs rêves. Simplement, il arrive qu'ils les interprètent mal et qu'ils mettent les mauvais mots là où ils n'ont pas leur place.
    Attachement aussi à un idéal, à "unLe certaine idée", de la France sans doute, mais aussi de l'Humanité en général.
    Et puis lucidité, parfois terrible car, dans un passage, Gary définit la France elle-même comme un éléphant. Lucidité qui pousse à s'interroger sur la position qui aurait été celle du romancier en ces temps d'inquiétude et de paroxysmes intégristes que nous traversons. J'ose espérer qu'elle aurait été assez différente de celle qu'il affichait dans sa "Lettre aux Juifs de France" en 1970.
    En résumé, si vous voulez recharger vos batteries en énergie, en espoir et en bonheur, lisez "Les racines du ciel" : si vous croyez malgré tout que notre monde peut changer, ce livre est un incontournable.
    Sinon, un site sur Gary et Ajar :
    http://www.romaingary.org/oeuvres.php
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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    C'est fort et c'est bon!
    Mon incipit n'est pas une énigme dont la solution serait: "éléphant", mais bien un qualificatif pour ce fantastique bouquin. Merci Romain Gary pour ce moment de bonheur littéraire. C'est tonique, c'est bien écrit, il y a beaucoup de personnages avec des profils et des psychologies variés. L'histoire se déroule dans les années 1950 dans feu l'AEF (Afrique Équatoriale Française). Gary nous peint le portrait de ces baroudeurs tous un peu fatigués de l'humanité et qui ont décidé de s'exiler plus ou moins volontairement dans une colonie bien reculée où il n'y a à peu près rien à faire ni à gagner mais où l'on est peinard. Tout commence à aller de travers quand un gars plus têtu et plus accroché à un idéal que les autres, Morel, décide de s'engager dans une lutte pour la sauvegarde des éléphants, victimes de véritables tueries, aussi bien par les colons blancs que par les populations locales. Tant que Morel reste dans le registre de la pétition, tout le monde lui rit au nez et le renvoie avec une tape dans le dos. Un jour, Morel en a marre et décide d'utiliser les armes contre les chasseurs d'éléphants et d'incendier les dépôts d'ivoire. Il est rejoint dans le "maquis" par des personnes aux intérêts divers. L'administration coloniale, toujours soucieuse de sa propre tranquillité (voir à ce propos Max Havelaar ou les ventes de café de la compagnie commerciale des Pays-Bas), sort soudain de sa torpeur pour connaître la peur. Les autorités pensent qu'il s'agit d'une manœuvre politique de la part des indépendantistes. Je ne vous en dit pas plus. Mais l'auteur sait nous faire vivre et partager les visions et les attentes de chacun de ses personnages avec une acuité merveilleuse. L'écologie est la colonne vertébrale de l'ouvrage et en ce sens, il est également remarquable car c'était l'une des toutes premières fois. de plus, le propos n'a pas pris une ride même si l'AEF n'existe plus et que Fort Lamy s'appelle désormais N'Djamena. Un livre universel à mettre entre toutes les mains, mais ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 20 juin 2011

    brigittelascombe
    Qui suis je?
    Cette quête d'identité Roman Kacew né le 8 mai 1914 à Moscou, qui a connu l'exil en Lituanie suite à la chute du tsar Nicolas II en 1917, puis à Varsovie en 1922, puis en France en 1927,est devenu militaire,aviateur,diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, puis sous le pseudonyme Emile Ajar, cette histoire des origines est perceptible dans les romans de l'auteur et en particulier dans "Les racines du ciel" prix Goncourt en 1956.
    Momo et Madame Rosa (de La vie devant soi), rêvaient de lions, Morel, lui le héros de ce roman rêvait d'éléphants en liberté lorsqu'il était dans les camps de concentration.
    A sa sortie, il n'aura de cesse que de partir en Afrique pour faire cesser leur extermination.
    La première patie du roman parle de ce problème contemporain concernant cette faune à protéger.
    La deuxième partie soulève la question: Qui est réellement Morel? et Qu'est ce qui pousse un homme à agir dans certaines conditions?
    Ce récit est fait à plusieurs voix, celle de Morel et de plusieurs témoins.
    Autour de l'aventurier, on retrouve Minna l'allemande qui signe la pétition à ses côtés,Forsyte son compagnon,Forsyte le major américain,Scholster l'officier qui traque Morel puis finit par arrêter Waitiri l'africain suite au massacre de dizaines d'éléphants.
    Un superbe roman, un hymne à la nature aussi, où l'on retrouve l'amitié, la solitude et la séparation thèmes chers à l'auteur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Emma-saru, le 25 avril 2010

    Emma-saru
    Un très grand et beau roman à mon sens d'autant qu'il pointe du doigts des problèmes dont nous ne prendront la mesure qu'un demi siècle plus tard ou presque. Romain Gary était un écologiste avant l'heure, et je ne peux m'empêcher de penser à cette magnifique lettre à l'éléphant qu'il écrivit pour le Figaro Littéraire en mars 1968. Une ode à ce géant massacré pour assouvir notre cupidité...
    "C'est ainsi, monsieur et cher éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussé vers l'oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu. Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs." R. Gary
    Un livre à lire, une livre pour réfléchir. Un incontournable de ma bibliothèque.
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Citations et extraits

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  • Par Sarahcarabin, le 30 octobre 2009

    C'était un gars qui avait confiance en nous, d'une manière totale et inébranlable, et c'était quelque chose d'aussi élémentaire, d'aussi irraisonné que la mer, ou le vent - quelque chose, ma foi, qui finissait par ressembler comme deux gouttes d'eau à la force même de la vérité. Je dus vraiment faire un effort pour me défendre - pour ne pas succomber sous cette étonnante naïveté. Il croyait vraiment que les gens avaient encore assez de générosité, par les temps que nous vivons, pour s'occuper non seulement d'eux-mêmes, mais encore des éléphants. Qu'il y avait dans leur coeur encore assez de place. C'était à pleurer. Je restais là, muet, à le regarder, à l'admirer, devrais-je plutôt dire, avec son air sombre, obstiné, et sa serviette bourrée de toutes les pétitions, de tous les manifestes que vous povuez imaginer. Désopilant, si vous voulez, mais aussi désarmant, parce qu'on le sentait tout pénétré de ces belles choses que l'homme s'est racontées sur lui-même dans ses moments d'inspiration. Et, de plus, têtu, - avec une révoltante application de maître d'école qui s'est mis en tête de faire faire ses devoirs à l'humanité, et qui n'hésiterait pas à la punir, si elle se conduisait mal. Vous voyez que c'était un malade dangereusement contagieux.
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  • Par brigittelascombe, le 20 juin 2011

    Quand vous n'en pouvez plus, faites comme moi: pensez à des troupeaux d'éléphants en liberté en train de courir vers l'Afrique, des centaines et des centaines de bêtes magnifiques auxquelles rien ne résiste, pas même un mur,pas même un barbelé, qui foncent à travers les espaces ouverts et qui cassent tout sur leur passage, qui renversent tout et tant qu'ils sont vivants, rien ne peut les arrêter- la liberté quoi!
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  • Par adonisos, le 13 mars 2009

    Avec mon vieux Dwala, nous avons toujours été au premier rang de ceux qui défendaient l’Afrique noire contre la pénétration de cette odieuse bête blindée que l’on appelle Occident, et nous avions lutté vaillamment pour préserver nos noirs intacts p.145
    Toujours gai, avec ça, de la gaité de qui est allé au fond des choses et en est revenu rassuré p.206
    Quand vous n’en pouvez plus, faites comme moi : pensez à des troupeaux d’éléphants en liberté en train de courir à travers l’Afrique ; des centaines et des centaines de bêtes magnifiques auxquelles rien ne résiste, pas un mur, pas un barbelé, qui foncent à travers les grands espaces ouverts et qui cassent tout sur leur passage, qui renversent tout, tant qu’ils sont vivants, rien ne peut les arrêter – la liberté, quoi ! p.211
    L’Afrique ne s’éveillera à son destin que lorsqu’elle aura cessé d’être le jardon zoologique du monde... Lorsqu’on viendra ici, non pour regarder nos négresses à plateaux, mais nos villes et nos richesses enfin exploitées à notre seul profit.
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  • Par Pluc, le 27 février 2011

    Vers dix heures du soir, il traversèrent Sionville, roulèrent le long du fleuve, entre les manguiers (…). La nuit avait une présence, un corps, une vie bruissante ; on sentait ses sueurs, son intimité ; dans l'épaisseur du jardin, le chœur des insectes était une pulsation intense qui donnait à l'obscurité des flancs palpitants, une respiration précipitée (…).
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  • Par Nyko_bzh, le 07 avril 2012

    .. Dans la nuit du désert, la forme blanche avait bougé dans le sable et Morel s’était arrêté un instant devant l’adolescent assoupi. Le visage était grave et presque triste, sous la lumière bleue. Puis les lèvres tremblèrent, prononcèrent quelques mots et Morel demeura longuement immobile, penché sur cette tête rebelle hantée jusque dans ses rêves par la seule certitude dont l’homme pût se réclamer.
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Vidéo de Romain Gary

Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








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