> Jean-Paul Gratias (Traducteur)

ISBN : 2702434258
Éditeur : Le Masque (2010)


Note moyenne : 3.18/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Kenneth Tyler, 17 ans, court pour sa vie dans la forêt maléfique du Harrikin. Franchit des ravines profondes sous la pluie et affronte l'obscurité terrifiante peuplée de fermes abandonnées, d'étranges sorcières et des silhouettes rouillées de machines agricoles à l'aban... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (8)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 20 avril 2012

    encoredunoir
    « Il regarda sa montre. C'était l'heure de sa pause café du matin. Il se dit qu'aujourd'hui il irait le boire au Richepanse, et ce fut dans cette direction qu'il partit sans se presser. Les gens qu'il rencontrait le saluaient avec cérémonie. Parfois s'il s'agissait de femmes qui lui plaisaient pour une raison ou une autre et dont il attendait le décès avec délectation, il portait la main à son Stetson et observait leurs yeux qui le fuyaient pour regarder ailleurs alors qu'elles pressaient le pas ».
    Ce « il », c'est Fenton Breece, croque-mort d'une bourgade du Tennessee dans l'immédiat après-guerre. Or Fenton Breece aime un peu trop les morts, en particulier les mortes, et passe un peu trop de temps à s'amuser avec. Si tout le monde s'en doute, ce sont Kenneth et Corrie Tyler, deux orphelins au sortir de l'adolescence qui en découvrent la preuve. En voulant le faire chanter, ils poussent Breece à lancer à leurs trousses Granville Sutter, l'autre malade mental du patelin, un tueur psychopathe que rien ne semble pouvoir arrêter, et surtout pas la justice dans ce monde renfermé sur lui-même où tout se règle entre soi.
    C'est donc une véritable chasse qui s'ouvre dans ce petit coin isolé du Tennessee, au cœur de la région tourmentée du Harrikin retournée à l'état sauvage depuis le passage d'un cyclone quelques décennies auparavant. Et c'est là que nous plonge William Gay, aux côtés d'un Kenneth qui s'enfonce dans cette forêt de conte médiéval où il croisera ermites, sorcières et fous de Dieu en tentant d'échapper à un Sutter, véritable incarnation du démon, monstre omnipotent qui le regarde s'égarer en attendant le moment propice pour fondre sur sa proie.
    La réussite et peut-être, dans une certaine mesure, la limite de ce roman tient à la manière dont William Gay assume le fait de vouloir mener très clairement le lecteur aux frontières du conte fantastique. Tous les symboles sont là : un méchant particulièrement odieux mais faible (Fenton Breece) prêt à passer un pacte avec le Diable (Granville Sutter) pour se débarrasser de deux orphelins (presque) innocents, une forêt qui est autant un sanctuaire protecteur qu'un piège et qui se trouve littéralement hors du temps (il n'y a plus ici d'éléments matériels permettant de dater l'histoire et l'on peine à savoir combien de temps peut durer la fuite de Kenneth), des personnages secondaires destinées à subir les foudres du démon pour avoir aidé les fugitifs… Ce faisant, Gay crée une atmosphère paradoxalement pesante et légère. Car si la tension de la poursuite est bien présente, le lecteur sait toujours qu'il se situe dans un conte doublé d'un roman d'initiation et que, finalement, le héros ne peut que s'en sortir.
    Si ce livre tire de son ambiance baroque et sombre une grande part de sa force, les personnages ne sont pas en reste, notamment, bien entendu, les méchants particulièrement bien campés dans une outrance là aussi assumée, et les habitants du Harrikin comme façonnés par le milieu dans lequel ils vivent. On regrettera toutefois que, en contrepoint, Kenneth paraisse si banal et transparent et que l'on peine tant à éprouver une véritable empathie à son égard.
    En fin de compte, La mort au crépuscule, qui se situe quelque part entre Délivrance, La nuit du chasseur, le Petit Chaperon Rouge et Massacre à la tronçonneuse, se révèle être un livre prenant, propre à captiver le lecteur qui recherche à la fois une belle écriture, des frissons, mais aussi à être rassuré. Cela entendu, sachant que l'ordre ne peut qu'être rétabli et que, à ce titre, Gay ne joue pas dans la même cours qu'un Joe Lansdale qui propose avec Les Marécages une thématique proche au traitement plus fin et à la morale plus ambigüe, on passe un moment bien agréable sans se poser plus de questions que ça. Finalement, lorsque c'est aussi bien fait que là, on n'en demande pas plus.


    Lien : http://www.encoredunoir.com/article-la-mort-au-crepuscule-de-william..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par alaiseblaise, le 11 avril 2011

    alaiseblaise
    "Il y avait dans le monde davantage de méchancetés que vous ne pensiez, et vous l'avez remuée et elle vous a éclaboussé, c'est ça ?"

    Cher lecteur, ce satané bouquin ne vous lâchera pas comme ça !
    Vous allez le tenir jusqu'au bout, mains crispées aux pages cornées d'angoisse, sueurs froides au front et yeux embués par une hallucinante lecture.
    Vous allez courir, chaque page haletante, après la fin, aussi vite que possible.
    Vous allez rencontrer une sorte de sorcière, les ombres terrifiantes du Klu Klux Klan, des shérifs corrompus, un croque-mort démoniaque, un tueur psychopathe, un chien avec des boucles d'oreilles et un cheval borgne...entre autres horreurs...
    Et encore d'autres, plus ou moins humains.
    Mais tous, "méchants" ou "gentils", sont placés là, au bon endroit de ce parcours d'épreuves et tous nous apprendrons quelque chose de la vie ou de la mort.
    Cher lecteur, ne comptez sur personne pour vous dévoiler la fin de ce roman stupéfiant !
    Vous allez détaler de froid, de faim, de peur dans cette forêt maudite de Harrikin (rien que de prononcer son nom, le sang se glace), au fin fond du Sud dégénéré et perverti de l'Amérique des années 50, dans le Tenessee.
    Là où règne le plus fort...le plus fou...
    Vous aimez les contes de fée ?
    Tant mieux pour vous.
    Ou tant pis.
    Vous serez servis et ... prévenus !
    Ici, y'a bien des sorcières, y'a bien un Chaperon Rouge, y'a bien une galette (qui coûtera très très cher à beaucoup de monde), mais de fée, y'a pas !
    Soyez rassuré tout de même, cher lecteur, mieux vaut être à votre place qu'à celle de Kenneth Tyler, notre jeune héros innocent qui croit qu'on peut ouvrir une boîte de Pandore sans payer les pots cassés aux adultes.
    L'écriture lyrique de ce récit initiatique de l'américian William Gay est diaboliquement servie par la traduction impeccable de Jean-Pierre Gratias.
    Aux Etats-Unis, William Gay est "classé" parmi les auteurs dits de "Gothic Fiction", courant littéraire inauguré par l'anglais Horace Walpole en 1764 avec "The Castle of Otranto".
    Terreur psychologique et physique, malédiction et folie des personnages, insistance sur le thème du double caractérisent ce courant.
    William Gay, "ancien du Vietnam" comme on dit pudiquement, n'aurait-il pas convoqué ses cauchemars dans certaines scènes sanglantes ou paysages apocalyptiques.
    Derrière ce livre d'horreur sensée se cache aussi l'éternelle ritournelle tragique de la question du Bien et du Mal, de la vie et de la mort.

    Un histoire éprouvante, épouvantable.
    Un coup de coeur...terrible !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    La mort au crépuscule est construit autour de la course- poursuite entre Kenneth Tyler, le «gentil» qui souhaite que justice soit faite et Sutter, le «méchant» sans foi ni loi. Cette poursuite hallucinée, rythmée par une construction en courts chapitres, tient en haleine le lecteur. L'espace dans lequel elle se déroule, le Harrikin, en renforce l'atmosphère angoissante. En effet, le Harrikin, déserté à la suite du passage d'un ouragan est devenu, au fil du temps, un lieu de non-droit où vivent des personnages étranges parfois atteints de folie.
    En même temps ce récit noir n'est pas dénué de comique, notamment à travers le personnage de Fenton Beece
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Fadette100, le 09 juin 2011

    Fadette100
    Il y a un peu de: "No country for old man", de Cormac McCarthy, dans ce roman..D'après G. Pelecanos, je cite: "Une aventure mythique dans les forêts profondes(..)servie par une langue stupéfiante"...Remarquablement ecrit ..Beaucoup de descriptions "lyriques", sur la nature sauvage, très bien traduit..Course-poursuite hallucinante, semée de morts innocents par un tueur fou..dans le "Harrikin", contrée sauvage du Tennessee..Petit chef-d'oeuvre.
    http://www.lexpress.fr/culture/livre/la-mort-au-crepuscule_854856.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par titepomme, le 18 avril 2011

    titepomme
    **Le récit s'ouvre sur une ambiance glauque : sur la base d'un soupçon concernant l'ensevelissement de leur père, un frère et une soeur profanent des tombes. Ils découvrent que le croque-mort du coin met en scène les défunts dans des positions et gestes à caractère sexuel. Ils découvrent également dans la mallette volée au croque-mort une série de photo le mettant en scène avec des cadavres (le pourquoi, on n'en saura rien. Esprit pervers ? envie de profaner les morts ? simple méchanceté ?). de là à ce que le frère et la soeur se muent en maîtres chanteurs, il n'y a qu'un pas qu'ils franchissent bien vite. Ensuite s'enchaînent les évènements, avec course-poursuite d'un tueur à gage aux trousses des deux jeunes gens.
    La première partie du livre se lit d'une traite : la vie dans un petit bled perdu des Etats-Unis est bien retranscrite, les personnages sont bien décrits avec leurs motivations (sauf pour le croque-mort, j'aurais aimé savoir le "pourquoi" de ses pratiques). L'ambiance d'une certaine désolation est bien palpable dans le récit.
    La deuxième partie est longue. La course-poursuite en forêt (sensée être "maléfique") n'en fini plus et j'avoue que j'ai eu du mal à arriver au bout du livre.
    Dommage, car toute la première partie était très bien écrite.
    J'ai également été surprise par le fait qu'il y a beaucoup de dialogues dans ce récit, mais jamais signalés comme tels. Pas de tiret, c'est découpé en chapitres.

    Lien : http://lecture-addict.blogspot.com/2010/05/la-mort-au-crepuscule-wil..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par encoredunoir, le 20 avril 2012

    Il regarda sa montre. C’était l’heure de sa pause café du matin. Il se dit qu’aujourd’hui il irait le boire au Richepanse, et ce fut dans cette direction qu’il partit sans se presser. Les gens qu’il rencontrait le saluaient avec cérémonie. Parfois s’il s’agissait de femmes qui lui plaisaient pour une raison ou une autre et dont il attendait le décès avec délectation, il portait la main à son Stetson et observait leurs yeux qui le fuyaient pour regarder ailleurs alors qu’elles pressaient le pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Fadette100, le 09 juin 2011

    Un gamin de quatorze ou quinze ans et un autre plus jeune encore.........les yeux braqués vers le ciel indifférent ils sont au-delà de toute commisération qu'ils pourraient vous inspirer, et il vous serait difficile d'imaginer quel péché ils auraient pu commettre et qui fût suffisamment énorme pour leur vouloir une fin aussi sordide. (Page 12-13)
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par HARDENNE, le 03 avril 2010

    Il est exact que ce monde recèle des mystères que l'on a pas envie de connaître. Des visions qui priveraient vos yeux de lumière et les laisseraient aveugles.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir La mort au crépuscule par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz