ISBN : 2070360180
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 183 notes) Ajouter à mes livres
« [...] je n'ai point encore dit l'immense plaisir que Gertrude avait pris à ce concert de Neuchâtel. On y jouait précisément La symphonie pastorale. Je dis "précisément" car il n'est, on le comprend aisément, pas une œuvre que j'eusse pu davantage souhaiter de lui fair... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 18 janvier 2012

    horline
    Écrivain mélomane, André Gide invite le lecteur à entrer dans le récit rétrospectif d'un pasteur interprétant une partition musicale bien singulière. Celle des épanchements affectifs et des sentiments.
    Le récit s'ouvre sur des notes douces de bienveillance lorsque le pasteur recueille au sein de son foyer une jeune orpheline aveugle et recluse avec la volonté affichée de la sortir de sa torpeur et orchestrer son éducation morale et intellectuelle. Mais la candeur et la beauté incandescente de Gertrude irradient laissant place à un mouvement crescendo des émotions.
    A son contact, le pasteur découvre une intelligence vive trop longtemps mise en sommeil, une sincérité désarmante, une âme pure qu'il lui appartient de préserver de la corruption des hommes au point de devenir lui-même aveugle à sa propre doctrine et à la réalité qui l'entoure...
    Avec une écriture à la musicalité ancienne, André Gide séduit par ses efforts constants dans la recherche du mot juste, de la phrase dense qui, pour autant, ne se confond pas avec une plume esthétique. Effectivement, c'est une littérature qui s'inscrit au cœur de la conscience humaine et de la morale, qui met à l'épreuve le rapport du pasteur avec sa jeune protégée et expérimente sans cesse l'éthique revendiquée.
    C'est également une littérature qui invite à regarder entre les lignes par un jeu subtil qui jongle entre désir et censure, volonté de dire et nécessité de taire, liberté de conscience et doctrine religieuse. Elle signe l'émergence du courant individualiste et la liberté d'être soi face aux contraintes morales.
    Indubitablement, la force de ce roman est d'avoir adopté l'écriture intime pour conter au lecteur une histoire douloureuse où la spontanéité des émotions, le repli sur soi et le questionnement reflètent le conflit intérieur auquel est confronté le pasteur. Malgré la violence des sentiments, l'auteur réussit également à ne pas noyer le récit sous le poids des émotions dans ce difficile exercice d'équilibriste.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 04 septembre 2011

    juliette2a
    J'ai trouvé que "La Symphonie Pastorale" était un livre parfait, mêlé d'amour et de jalousie (entre le narrateur et son fils mais aussi chez Amélie)...
    Un drame non frustrant mais marquant, que j'ai adoré !
    A lire immédiatement si ce n'est déjà fait !
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 23 avril 2011

    zohar
    Dans « La symphonie pastorale », Gide se décrit dans le personnage d'un pasteur qui délaisse sa femme pour une pupille aveugle qu'il élève et dont il en tombe amoureux.
    Le récit évoque, indubitablement, l'aveuglement d'une morale qui aboutit à la dévastation de soi-même (le prêtre est déchiré entre les sentiments et les émotions qu'il ressent pour la jeune fille ; il ressent aussi du désarroi car s'éprendre d'elle est, forcément, contraire aux bonnes mœurs et à la bonne morale …) et des autres (en endossant son habit de moine, Jacques, le fils du pasteur, renonce d'une façon métaphorique à ses sentiments pour Gertrude).
    Le livre nous parle aussi de la culpabilité et du déchirement. le pasteur éprouve doublement un « sentiment de culpabilité » : non seulement à l'égard de son fils, Jacques s'étant converti au catholicisme rejette ainsi son père, mais aussi, et bien évidemment, à l'égard de Gertrude pour lui avoir caché, durant des années, le Mal et le péché, dans le monde.
    Quant à cette dernière, lorsqu'elle découvre la supercherie et la laideur de l'existence, (le monde n'est pas si beau et merveilleux que le pasteur lui a laissé penser et croire) meurt dans la déchirure de son « âme pieuse » de folie quelques semaines, après avoir recouvré la vue, en avouant au pasteur son amour pour Jacques !
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    • Livres 3.00/5
    Par domguyane, le 08 octobre 2010

    domguyane
    ou le déchirement entre morale religieuse et sentiments
    c'est l'histoire d'une jeune fille aveugle recueillie par un pasteur protestant qui en tombe amoureux, et son fils aussi, qui fuira en devenant moine catholique.
    Et la jeune fille recouvre la vue, et en même temps que la vue elle découvre le Mal et le péché. Elle n'y survivra pas. Et la morale qui avant permettait au pasteur de vivre, ne lui inspire plus que culpabilité envers la jeune fille et envers son fils ....
    Il n'est peut-être pas anodin que Marc Allégret, son amant à l'époque était lui-même fils de pasteur et que Gide a eu des vélléités de quitter le protestantisme pour la religion catholique. Y-a-t-il de sa cousine Madeleine dans le personnage de la jeune fille ?
    Le titre est issu de la pièce musicale de Beethoven, que la jeune fille avait entendu aveugle et elle espérait que le monde était aussi beau que cette musique
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  • Par anonyme200, le 06 mars 2011

    anonyme200
    Je trouve que le livre n'a pas tant vieillit que ça.
    En effet, son écriture me paraît plutôt simple et le livre plutôt bien écrit:
    André Gide s'est projeté dans le futur, et a réalisé qu'il fallait mieux une écriture "passe-parrtout".
    Certes l'histoire aujourd'hui peut paraître un peu démodée, mais compense avec une écriture tout à la fois soutenue mais aussi actuelle.
    Je trouve que ce livre est une réussite.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 07 février 2012

    Durant tout le repas, si gai pourtant, l'étrange sourire, qui ne la quittait plus, m'inquiétait ; un sourire contraint que je ne lui connaissais point mais que je m'efforçais de croire celui même de son nouveau regard ; un sourire qui semblait ruisseler de ses yeux sur son visage comme des larmes, et près de quoi la vulgaire joie des autres m'offensait.
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  • Par mandarine43, le 04 février 2012

    Hélas ! certaines âmes demeurent particulièrement réfractaires au bonheur ; inaptes, maladroites... Je songe à ma pauvre Amélie. Je l'y invite sans cesse, l'y pousse et voudrais l'y contraindre. Oui, je voudrais soulever chacun jusqu'à Dieu. Mais elle se dérobe sans cesse, se referme comme certaines fleurs que n'épanouit aucun soleil. Tout ce qu'elle voit l'inquiète et l'afflige.
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  • Par mandarine43, le 03 février 2012

    J'éprouvais aussi, devant que de parler, à quel point deux êtres, vivant somme toute de la même vie, et qui s'aiment, peuvent rester (ou devenir) l'un pour l'autre énigmatiques et emmurés ; les paroles, dans ce cas, soit celles que nous adressons à l'autre, soit celles que l'autre nous adresse, sonnent plaintivement comme des coups de sonde pour nous avertir de la résistance de cette cloison séparatrice et qui, si l'on n'y veille, risque d'aller s'épaississant...
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  • Par mandarine43, le 05 février 2012

    Chaque être est plus ou moins capable de joie. Chaque être doit tendre à la joie.
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  • Par mandarine43, le 01 février 2012

    J’ai souvent éprouvé que la parabole de la brebis égarée reste une des plus difficiles à admettre pour certaines âmes,qui pourtant se croient profondément chrétiennes. Que chaque brebis du troupeau, prise à part, puisse aux yeux du berger être plus précieuse à son tour que tout le reste du troupeau pris en bloc, voici ce qu’elles ne peuvent s’élever à comprendre. Et ces mots : “Si un homme a cent brebis et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ?” [...]
    Les premiers sourires de Gertrude me consolaient de tout et payaient mes soins au centuple. Car “cette brebis, si le pasteur la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingts-dix-neuf autres qui ne se sont jamais égarées.”
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Vidéo de André Gide

La Symphonie Pastorale 6/6, film français de Jean Delannoy, sorti en 1946 et adapté du roman d'André Gide. Il remporta la Palme d'or au festival de Cannes en 1946 et Michèle Morgan obtint le prix d'interprétation féminine pour le rôle de Gertrude








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