ISBN : 2070360180
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 216 notes) Ajouter à mes livres
« [...] je n'ai point encore dit l'immense plaisir que Gertrude avait pris à ce concert de Neuchâtel. On y jouait précisément La symphonie pastorale. Je dis "précisément" car il n'est, on le comprend aisément, pas une œuvre que j'eusse pu davantage souhaiter de lui fair... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par horline, le 18 janvier 2012

    horline
    Écrivain mélomane, André Gide invite le lecteur à entrer dans le récit rétrospectif d'un pasteur interprétant une partition musicale bien singulière. Celle des épanchements affectifs et des sentiments.
    Le récit s'ouvre sur des notes douces de bienveillance lorsque le pasteur recueille au sein de son foyer une jeune orpheline aveugle et recluse avec la volonté affichée de la sortir de sa torpeur et orchestrer son éducation morale et intellectuelle. Mais la candeur et la beauté incandescente de Gertrude irradient laissant place à un mouvement crescendo des émotions.
    A son contact, le pasteur découvre une intelligence vive trop longtemps mise en sommeil, une sincérité désarmante, une âme pure qu'il lui appartient de préserver de la corruption des hommes au point de devenir lui-même aveugle à sa propre doctrine et à la réalité qui l'entoure...
    Avec une écriture à la musicalité ancienne, André Gide séduit par ses efforts constants dans la recherche du mot juste, de la phrase dense qui, pour autant, ne se confond pas avec une plume esthétique. Effectivement, c'est une littérature qui s'inscrit au cœur de la conscience humaine et de la morale, qui met à l'épreuve le rapport du pasteur avec sa jeune protégée et expérimente sans cesse l'éthique revendiquée.
    C'est également une littérature qui invite à regarder entre les lignes par un jeu subtil qui jongle entre désir et censure, volonté de dire et nécessité de taire, liberté de conscience et doctrine religieuse. Elle signe l'émergence du courant individualiste et la liberté d'être soi face aux contraintes morales.
    Indubitablement, la force de ce roman est d'avoir adopté l'écriture intime pour conter au lecteur une histoire douloureuse où la spontanéité des émotions, le repli sur soi et le questionnement reflètent le conflit intérieur auquel est confronté le pasteur. Malgré la violence des sentiments, l'auteur réussit également à ne pas noyer le récit sous le poids des émotions dans ce difficile exercice d'équilibriste.
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    Critique de qualité ? (27 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 04 septembre 2011

    juliette2a
    J'ai trouvé que "La Symphonie Pastorale" était un livre parfait, mêlé d'amour et de jalousie (entre le narrateur et son fils mais aussi chez Amélie)...
    Un drame non frustrant mais marquant, que j'ai adoré !
    A lire immédiatement si ce n'est déjà fait !
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    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Ce petit roman de Gide, écrit sous forme de récit à la première personne, se lit vite et sans ennuis, son style est de haut vol, comme souvent chez l'auteur, mais pas trop pompeux comme on pourrait de temps à autres lui en faire le reproche. le style est, à mon sens, le point fort de l'ouvrage car le scénario est un peu brimbalant et parfois téléphoné voire facile.
    Gide revisite le mythe de l'enfant sauvage que l'on éveille peu à peu à la civilisation et qui se révèle finalement pétri de sensibilité interne contrairement à ce que les rudes manières pouvait laisser entrevoir de prime abord. L'auteur multiplie les artifices et les cas limites en faisant de la jeune fille une aveugle et de son précepteur un pasteur. A ce stade, l'éveil de la jeune fille est prévisible et visible comme le nez au milieu de la figure, mais en plus, une espèce d'amourette à deux sous vient se greffer dans le cœur noble et blanc du preux chevalier pasteur, sans même qu'il s'en rende compte. Ici, on a envie de crier "N'en jette plus André!", mais comme si cela n'était pas suffisant, le propre fils du pasteur tombe lui-même amoureux de la jeune aveugle. Gide fait grincer les violons à pleins tubes dans le registre de l'amour impossible, de la rivalité père-fils et au comble de l'invraisemblance et de la guimauve, on nous assène une possibilité d'opération qui pourrait rendre la vue à Gertrude. Chose dite chose faite, notre Gertrude retrouve la vue et comme Gide est réfractaire aux happy-ends il fait absolument capoter l'histoire à la fin pour qu'il y ait une mort tragique digne du théâtre antique. Je vous avoue que cette histoire vaut plus pour la façon dont elle est écrite que pour le brio et l'imagination du scénario, qui pourrait parfois faire rire alors que ce ne semble pas être l'objectif premier de l'auteur. Quelque chose dans ce roman me rappelle le film La Nuit du chasseur avec Robert Mitchum. Une œuvre soi-disant mythique mais qui a tellement vieilli, qui est tellement téléphonée et bateau qu'elle en devient drôle au second degré, mais bien sûr, tout cela n'est que mon avis, c'est à dire, pas grand chose.
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  • Par klibrileo, le 08 mars 2012

    klibrileo
    André Gide invite le lecteur à entrer dans les mémoires d'un pasteur qui se débat entre sa raison et ses désirs. En effet, il ressent de l'amour pour la jeune orpheline aveugle qu'il a recueillit au sein de son foyer. Ce dernier se donne pour mission d'éduquer la jeune personne et d'ouvrir ses sens à la vie et aux choses qui l'entourent. le pasteur découvre alors que la jeune femme est d'une intelligence alerte et que sa candeur et son honnêteté rend son âme si pure qu'il lui revient par la force des choses, de la préserver des mauvaises intentions des hommes.
    Durant tout le récit, le lecteur se voit danser sur plusieurs tableaux…Entre désir d'aimer ce qui est interdit d'aimer, haïr ce que l'on ne peut point détester, taire les paroles que l'on voudrait pourtant crier…, la liberté d'agir et de penser s'oppose à la doctrine religieuse tout comme dans La porte étroite (roman du même auteur que j'avais beaucoup apprécié.)
    Le roman d'André Gide m'a plu parce qu'il m'a replongé dans l'histoire que je connaissais déjà. La plume de Gide est fluide et criante d'émotions. Généralement, les drames ne sont pas ma tasse de thé, mais pour le coup j'ai aimé ressentir les douleurs et les joies du narrateur, et blâmer en mon for intérieur les injustices dont il est malgré lui victime.
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 23 avril 2011

    zohar
    Dans « La symphonie pastorale », Gide se décrit dans le personnage d'un pasteur qui délaisse sa femme pour une pupille aveugle qu'il élève et dont il en tombe amoureux.
    Le récit évoque, indubitablement, l'aveuglement d'une morale qui aboutit à la dévastation de soi-même (le prêtre est déchiré entre les sentiments et les émotions qu'il ressent pour la jeune fille ; il ressent aussi du désarroi car s'éprendre d'elle est, forcément, contraire aux bonnes mœurs et à la bonne morale …) et des autres (en endossant son habit de moine, Jacques, le fils du pasteur, renonce d'une façon métaphorique à ses sentiments pour Gertrude).
    Le livre nous parle aussi de la culpabilité et du déchirement. le pasteur éprouve doublement un « sentiment de culpabilité » : non seulement à l'égard de son fils, Jacques s'étant converti au catholicisme rejette ainsi son père, mais aussi, et bien évidemment, à l'égard de Gertrude pour lui avoir caché, durant des années, le Mal et le péché, dans le monde.
    Quant à cette dernière, lorsqu'elle découvre la supercherie et la laideur de l'existence, (le monde n'est pas si beau et merveilleux que le pasteur lui a laissé penser et croire) meurt dans la déchirure de son « âme pieuse » de folie quelques semaines, après avoir recouvré la vue, en avouant au pasteur son amour pour Jacques !
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Et il m’apparut aussitôt combien ma comparaison était précaire. – Le blanc, essayai-je pourtant de lui dire, est la limite aiguë où tous les tons se confondent, comme le noir en est la limite sombre. – Mais ceci ne me satisfit pas plus qu’elle, qui me fit aussitôt remarquer que les bois, les cuivres et les violons restent distincts les uns des autres dans le plus grave aussi bien que dans le plus aigu. Que de fois, comme alors, je dus demeurer d’abord silencieux, perplexe et cherchant à quelle comparaison je pourrais faire appel.
    – Eh bien ! lui dis-je enfin, représente-toi le blanc comme quelque chose de tout pur, quelque chose où il n’y a plus aucune couleur, mais seulement de la lumière ; le noir, au contraire, comme chargé de couleur, jusqu’à en être tout obscurci...
    Je ne rappelle ici ce débris de dialogue que comme un exemple des difficultés où je me heurtais trop souvent. Gertrude avait ceci de bien qu’elle ne faisait jamais semblant de comprendre, comme font si souvent les gens, qui meublent ainsi leur esprit de données imprécises ou fausses, par quoi tous leurs raisonnements ensuite se trouvent viciés. Tant qu’elle ne s’en était point fait une idée nette, chaque notion demeurait pour elle une cause d’inquiétude et de gêne.
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  • Par mandarine43, le 30 juillet 2011

    [ Incipit ]

    LA neige qui n'a pas cessé de tomber depuis trois jours, bloque les routes. Je n'ai pu me rendre à R... où j'ai coutume depuis quinze ans de célébrer le culte deux fois par mois. Ce matin trente fidèles seulement se sont rassemblés dans la chapelle de La Brévine.
    Je profiterai des loisirs que me vaut cette claustration forcée, pour revenir en arrière et raconter comment je fus amené à m'occuper de Gertrude.
    J'ai projeté d'écrire ici tout ce qui concerne la formation et le développement de cette âme pieuse, qu'il me semble que je n'ai fait sortir de la nuit que pour l'adoration et l'amour. Béni soit le Seigneur pour m'avoir confié cette tâche.
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  • Par mandarine43, le 01 février 2012

    J’ai souvent éprouvé que la parabole de la brebis égarée reste une des plus difficiles à admettre pour certaines âmes,qui pourtant se croient profondément chrétiennes. Que chaque brebis du troupeau, prise à part, puisse aux yeux du berger être plus précieuse à son tour que tout le reste du troupeau pris en bloc, voici ce qu’elles ne peuvent s’élever à comprendre. Et ces mots : “Si un homme a cent brebis et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ?” [...]
    Les premiers sourires de Gertrude me consolaient de tout et payaient mes soins au centuple. Car “cette brebis, si le pasteur la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingts-dix-neuf autres qui ne se sont jamais égarées.”
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  • Par rolandm1, le 16 décembre 2011

    -Est-ce vraiment, disait-elle, la terre est aussi belle que le racontent les oiseaux ? Pourquoi ne le dit-on pas davantage ? Pourquoi,vous, ne me le dites-vous pas ? Est-ce par crainte de me peiner en songeant que je ne puis la voir ? Vous auriez tort. J'écoute si bien les oiseaux ; je crois que je comprends tout ce qu'ils disent.
    -Ceux qui peuvent y voir ne les entendent pas si bien que toi, ma Gertrude, lui dis-je en espérant la consoler.
    -Pourquoi les autres animaux ne chantent-ils pas ? reprit-elle.
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  • Par amartia, le 17 février 2011

    - Il ne faut pas chercher à m'en faire accroire, voyez-vous. D'abord parce que ça serait très lâche de chercher à tromper une aveugle... Et puis parce que ça ne prendrait pas, ajouta-t-elle en riant. Dites-moi, parsteur, vous n'êtes pas malheureux, n'est-ce pas ?
    Je portai sa main à mes lèvres, comme pour lui faire sentir sans le lui avouer que partie de mon bonheur venait d'elle, tout en répondant :
    - Non, Gertrude, non, je ne suis pas malheureux. Comment serai-je malheureux ?
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Vidéo de André Gide

La Symphonie Pastorale 6/6, film français de Jean Delannoy, sorti en 1946 et adapté du roman d'André Gide. Il remporta la Palme d'or au festival de Cannes en 1946 et Michèle Morgan obtint le prix d'interprétation féminine pour le rôle de Gertrude








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