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ISBN : 2070362108
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 287 notes)
Résumé :
La porte était close. Le verrou n'opposait toutefois qu'une résistance assez faible et que d'un coup d'épaule j'allais briser... A cet instant j'entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur.
Je ne pus voir qui sortait du jardin; mais j'entendis, je sentis que c'était Alissa. Elle fit trois pas en avant, appela faiblement:
- Est-ce toi Jérôme?...
Mon cœur, qui battait violemment, s'arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pou... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
brigittelascombe08 octobre 2011
  • Livres 3.00/5
Délicieusement désuet!
Que de contraintes morales et puritaines! Que d'entraves au bonheur!
Ces thèmes chers à André Gide(écrivain français 1869-1951 et prix Nobel en 1947) se retrouvent dans La porte étroite, cette porte, que vont essayer d'emprunter Jérome et Alissa(cousins qui s'aiment depuis l'enfance),se refermera par excés de vertu.
Un roman d'amour qui évoque un plausible bonheur repoussé.
Est-ce le départ de sa mère,Lucile Bucolin belle et sensuelle créole, avec un jeune officier, l'abandon de sa famille au fi des conventions qui incite Alissa à se sacrifier, à ne pas oser vivre une vraie vie de femme épanouie? Est-ce l'excés de dévotion religieuse et le désir d'atteindre un état de sainteté qui lui font repousser son amoureux transi?
Et Jérome? Est-ce une trop grande timidité, suite à la perte de son père à douze ans et à l'hyperprotection de sa mère et de son amie, qui l'enferme dans ce non désir des femmes, dans son attachement pour une seule, et l'empêche de voir le véritable amour que lui porte Juliette la soeur d'Alissa?
Que d'imbroglios! Que de différences entre les moeurs,la culture,les idées,les croyances,la morale d'un siècle à l'autre!
Une belle écriture et une bonne peinture de société mais un thème (à mon avis) un peu dépassé!
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Alzie
Alzie25 avril 2014
  • Livres 3.00/5
Avec Gide, la Bible n'est jamais très loin.
Alissa et Jérôme se connaissent depuis l'enfance, ils sont cousins germains. Jérôme s'est promis de rendre sa cousine heureuse en l'épousant, après l'avoir surprise un soir, en prières et en larmes, alors qu'elle avait appris l'infidélité de sa mère envers son père. Un pasteur ami de leur famille fait un prêche fort opportun : petite ou grande, il faut savoir choisir la porte qui mène à la Vie ("Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite" Luc, XIII, 24).
L'interprétation très divergente que chacun des deux protagonistes fait du texte de Saint Luc qui charpente la construction de cette histoire finit par les éloigner totalement l'un de l'autre.
Leurs sentiments réciproques semblent pourtant profonds. Mais Alissa n'a de cesse que de soumettre Jérôme à l'épreuve. Epreuve du choix : en lui demandant d'épouser sa soeur Juliette qui est également amoureuse de lui, ce que Jérôme apprend par son ami Abel. Epreuve de l'absence : au fil des mois qui passent, Alissa espace leurs rencontres pour se placer finalement en situation de renoncement total, s'enfermant dans un mysticisme de plus en plus envahissant qui la conduira à sa perte. Juliette fait un mariage de raison où elle trouve l'équilibre, Jérôme reste malheureux en découvrant, dans le journal qu'Alissa lui a laissé, qu'elle l'a probablement bien plus aimé que ce que l'on pouvait supposer. Récit de l'excès plus que du renoncement ?
Gide écrit dans son journal : « Qui donc persuaderai-je que ce livre est le jumeau de L'Immoraliste et que les deux sujets ont grandi concurremment dans mon esprit, l'excès de l'un trouvant dans l'excès de l'autre une permission secrète, et tous deux se maintenant en équilibre ».
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MonsieurKiwi
MonsieurKiwi15 janvier 2016
  • Livres 3.00/5
"La porte étroite" est un court roman, à l'intrigue simple et resserrée autour des deux figures que sont Jérôme - le narrateur - et Alissa ; tous deux sont cousins, et nourrissent un amour mutuel, dès l'enfance, avant même qu'ils en aient pris conscience. Au fil des années cet amour ne fait que s'affirmer, fortifié par la proximité spirituelle et religieuse des deux promis. Mais à mesure que la perspective des fiançailles se dessine, Alissa se referme, se montre fuyante, d'abord au prétexte de faire le bonheur de sa soeur Juliette - qui aime aussi Jérôme - pour qui elle est prête à sacrifier son amour, puis de ne pas s'éloigner de son père malade ; une fois ces obstacles levés, Alissa tente alors de repousser son amant - alors même qu'elle confie à son journal ne jamais l'avoir autant aimé - par son attitude, en s'enfermant dans une piété qui appauvrit et son corps et son esprit.
Car il apparaît vite qu'Alissa est déchirée entre la perspective de ce bonheur immédiat, terrestre, qui lui tend les bras, et l'aspiration à la pureté et à la vertu. Elle en vient à détruire la possibilité de son bonheur, et de celui de Jérôme, par cette exigence de sainteté, dans laquelle elle finit par se noyer. Jérôme lui-même a fait l'effort de la vertu, mais pour rejoindre Alissa ; celle-ci, au contraire, n'y voyant qu'un chemin vers une félicité plus grande - "Dieu nous ayant gardé pour quelque chose de meilleur" - cherche à s'effacer, à se soustraire, à sacrifier son amour pour la connaissance de ce "meilleur" - et pour que Jérôme puisse aussi le connaître. Il m'a toutefois semblé qu'il n'y avait pas, ou si peu, d'humilité dans la démarche d'Alissa, mais au contraire un orgueil démesuré, insoutenable, l'orgueil de la vertu et du sacrifice - Alissa ne se dit-elle pas blessée que le bonheur de sa soeur n'eût pas nécessité son sacrifice ? - que le roman met très bien en lumière.
De ce que j'ai pu lire par ailleurs, le roman est riche d'éléments autobiographiques, de l'enfance protestante austère et rigoureuse, à l'institutrice anglaise, en passant par l'amour spirituel et intellectualisé de sa cousine. Je ne crois pas qu'il faille y lire une diatribe contre la force stérilisante de la religion, même si l'on sent que Gide désapprouve cette course acharnée vers la sainteté - qu'il a pu connaître ou côtoyer - mais davantage un récit d'amour impossible, contrarié par l'attitude désespérée et pathétique de son héroïne. L'écriture de Gide est parfaitement classique - c'est déjà ce qui m'avait marqué à la lecture des "Faux monnayeurs" - mais sans même ici d'avant-gardisme dans la construction du roman. Sans doute le livre paraît-il aussi un rien désuet, par son style - toutefois très beau - et par un certain nombre de problématiques qu'il met en scène. Mais cela lui ajoute un charme indéniable, sans affaiblir nullement la dimension tragique d'une histoire d'amour au fond intemporelle.
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Jemlyre
Jemlyre03 mars 2011
  • Livres 4.00/5
Gide est un auteur que j'ai toujours voulu lire mais l'occasion ne s'en était jamais présentée jusqu'à cette .
J'ai été ravie par cette découverte.
Il ne s'agit pas d'un roman à rebondissement ni d'une histoire palpitante. Il faut donc passer son chemin si c'est cela que l'on recherche.
Il faudrait à mon avis d'abord lire la biographie de l'auteur pour bien comprendre sa position par rapport à la croyance religieuse.
En effet, dans ce livre, il s'agit de l'influence de la religion (ou plus exactement une des façons d'y croire et de la pratiquer) sur les relations amoureuses.
La porte étroite. le titre est très parlant car en plus d'être tiré de la bible, il illustre très bien le comportement des deux protagonistes.
Tout est si compliqué pour ces deux êtres qui ne cessent de se lancer des défis et de se fixer des objectifs de plus en plus hauts.
Lui, soucieux de séduire, idéalisant la femme qu'il aime. Celle-ci, indécise, ne sachant visiblement pas trouver un équilibre entre sa foi et son coeur ou aimant beaucoup plus l'idée d'être aimée que l'amour lui-même ?
Le style est parfait. Je me suis délectée de ces échanges épistolaires qui rappellent très bien ce que disait je ne sais plus qui: "Les mots nous ont été donnés pour déguiser notre pensée".,
Sous certains aspects, le livre peut sembler long malgré le nombre de pages plutôt négligeable. Il pourrait même agacer certains lecteurs.Mais n'est ce pas là le but recherché ? Une façon silencieuse de "critiquer", de montrer comment certains peuvent se compliquer gratuitement la vie avec certaines croyances religieuses ou pas et ce sans que l'auteur ne s'implique directement.
Ceci dit, la relation entre les deux concernés aurait-elle duré si elle avait été "consommée". Certains ayant tendance à courir après un idéal beaucoup plus qu'une personne.
Cependant, je pense avoir très mal compris la fin du roman. Qu'est-il donc arrivé à Alissa ?
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stcyr04
stcyr0405 mars 2015
  • Livres 3.00/5
Ce roman composite, en partie épistolaire, s'ouvre sur une citation de Luc 13:24 “Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite”; c'est dire assez l'atmosphère de puritanisme protestant qui attend le lecteur dans se roman qui a pour cadre la bourgeoisie havraise. Cette citation liminaire est renforcé par le passage du livre où le pasteur de la congrégation choisit et commente le verset de Mathieu 7:13 : “Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là”.
Le corps principal du récit traite d'amours adolescentes contrariées. Jérôme aime Alissa, sa cousine, depuis sa tendre enfance, mais celle-ci inexplicablement, est prise d'une lubie de sacrifice en faveur de sa soeur cadette Juliette, qui est secrètement éprise de celui-ci, alors qu'Abel, ami de Jérôme, et amoureux de cette dernière, qui n'éprouve rien pour lui. Par dépit et secouée par le peu d'échos que son amour éveille dans le coeur de Jérôme, tout à Alissa, Juliette précipite ses fiançailles avec un honnête négociant en vin peu raffiné par les grâces de la culture. S'ensuit une relation épistolaire d'Alissa vers Jérôme, que ses études et son appel sous les drapeaux ont éloigné. Mais le temps à passé, rien de ce qui a été vécu, qui à subit les assauts du temps, ne reste identique; et tout passe… nevermore! dirai le corbeau de Poe. Lorsque sonne le temps des retrouvailles, la gêne s'est glissée entre eux, leur relation se déroule sous le signe de la contrainte…
Cet amour éthéré, cet obsession de la sainteté, de la vertu, chez Juliette, ses subtilités et ses détours, cette pudibonderie, mon laissé indifférent sinon passablement agacé. de l'aveu du narrateur d'ailleurs même, “un peu moins orgueilleux, notre amour eût été facile”. Je n'adhère que rarement, en effet, à ces sortes d'amours déracinées de leur indispensable terreau de passions humaines et terrestres, et la déclaration de l'Amant de Lady Chatterley me semble bien plus belle, car plus humaine : "Je t'aime avec mes couilles et tout autant avec mon coeur". Clairement l'oeuvre de Gide qui m'a le moins transporté.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
meslinoulautremeslinoulautre13 février 2016
Mais mon esprit choisissait ses voies selon elle, et ce que nous appelions pensée, n'était souvent qu'un prétexte à quelque communion plus savante qu'un déguisement du sentiment, qu'un revêtement de l'amour.
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litteratuslitteratus26 novembre 2013
L'univers de la porte étroite d'André Gide situé en Normandie nous invite dans l'intimité des lieux clos. Les tourments de l'âme et du cœur se perdent dans une ambiance confinée et étouffante. Le cercle familial se voit le siège d'une relation amoureuse tourmentée entre un jeune garçon, Jérôme, et de sa cousine, Alissa Bucolin. Nous sommes en présence de deux protagonistes de l'action qui, au moment où débute le récit, sont encore dans l'adolescence. Présentons-les brièvement avant d'entrer plus avant dans l'intimité de cette famille...


Alissa

Belle et sensible, la jeune Alissa est l'aînée d'une fratrie de trois enfants. C'est le personnage principal de ce roman qui fait le contrepoint avec le héros de l'Immoraliste de Gide. Cette jeune fille vertueuse vit dans un monde clos où le rigorisme religieux l'amène à vivre non pour le bonheur mais dans le respect d'une foi scrupuleuse. Sur le plan physique, elle est dotée d'un charme très particulier. Le portrait que le narrateur en fait des années après les faits l'empêche de la décrire parfaitement. Il ne retient que deux détails singuliers :

« je ne revois que l'expression presque triste déjà de son sourire et que la ligne de ses sourcils, si extraordinairement relevés au-dessus des yeux, écartés de l'œil en grand cercle. (…) Ils donnaient au regard, à tout l'être, une expression d'interrogation passionnée. Tout, en elle, n'était que question et qu'attente... Je vous dirai comment cette interrogation s'empara de moi, fit ma vie. » (page 16).

La jeune fille possède un caractère fort et entier. Elle est volontiers exaltée. Elle reste une personne de son temps soumise aux lois de la société qui ne conçoivent pas d'autres horizons que le mariage pour les filles par ailleurs résignées à leur sort.


Jérôme

Orphelin de père et bientôt de mère, Jérôme est élevé -en enfant unique- dans la religion protestante avec une âme prédisposée, comme il le dit lui-même, « au devoir » (page 24). Il aime passionnément l'étude et les victoires que l'on obtient sur soi-même. Il se reconnaît comme un jeune homme tourné vers lui-même, vivant dans un monde clos. Il s'éprend un soir de sa cousine et lui voue un amour exclusif et idéalisé. Mais il est doté d'un caractère faible, guère entreprenant, qui le rend totalement passif dans le déroulement des évènements sur lesquels il s'entend pour n'avoir aucune prise.


Nous sommes donc en présence de deux êtres tendres aux caractères opposés...
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aouatef79aouatef7930 août 2015
J' écrirai donc très simplement mes souvenirs, et s' ils sont en lambeaux par en-
droits, je n' aurai recours à aucune invention pour les rapiécés ou les joindre ;
l' effort que j' apporterais à leur apprêt gênerait les dernier plaisir que j' espère
trouver à les dire ;.
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aouatef79aouatef7901 septembre 2015
Ö Seigneur ! Gardez-moi d' un bonheur que je pourrais trop vite atteindre !
Enseignez-moi à différer, à reculer jusqu' à vous mon bonheur .
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brigittelascombebrigittelascombe08 octobre 2011
Efforcez vous d'entrer par la porte étroite car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition et nombreux sont ceux qui y passent mais étroite est la porte et resserrée la voie qui conduisent à la Vie,et il en est peu qui les trouvent.
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