ISBN : 2070368793
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 187 notes) Ajouter à mes livres
Qu'un jeune garçon apprenne qu'il n'est pas le fils de son père, qu'il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu'il croise la route tor... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 2.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Au risque de ne pas brosser la majorité dans le sens du poil, je vais donner un avis honnête, qui n'engage que moi mais qui est tellement différent de ceux que j'avais pu lire qu'il peut être utile à certaines et certains. J'avais beaucoup entendu parler de la réputation de ce livre sans jamais toutefois avoir cherché à en connaître le thème. C'est donc à peu près vierge d'a priori que j'entamais ce roman:
    Acte I: les faux espoirs
    Après un bref moment d'euphorie m'attendant à être happée par l'histoire ou le style ou les deux, une quelconque magie qui aurait pu opérer, je me suis rendue compte que je m'ennuyais effroyablement et, chose qui ne m'est quasiment jamais arrivée, j'ai laissé tomber après 10 chapitres tellement ce livre ne m'accrochait pas du tout, mais alors pas du tout. Les dialogues où les personnages parlent au passé simple sont très artificiels et sonnent faux comme une casserole, je ne m'identifie à personne, l'histoire ne présente pas un grand attrait de prime abord. Si vous avez le courage, essayez de passer le cap du chapitre 10. Bref, j'ai vécu une réelle déception avec ce livre. (Il est vrai que je sortais d'une lecture qui m'avait enthousiasmée et d'un style hyper pêchu, ceci pouvant expliquer cela.)
    Acte II: le syndrome musée d'art moderne
    Néanmoins, étant d'un naturel obstiné, j'ai décidé après plusieurs mois d'en reprendre la lecture, est-ce par masochisme? est-ce par sensation de rater quelque chose? Je ne saurais le dire. Je me suis donc fait violence pour retourner m'engluer dans la mélasse de cette lecture. Je ne le regrette pas car j'ai pris un peu plus de plaisir à la lecture (m'attendant à mal) et découvert les véritables intentions de l'auteur. Elles sont exprimées assez clairement, je crois, dans le chapitre 3 de la deuxième partie. En somme, faire un roman sur le processus de gestation d'un roman. Assez lumineusement, Gide nous dévoile tous les points faibles de son livre, risque d'ennuyer le lecteur, aspect artificiel de l'ouvrage, etc. C'est donc très courageux à lui d'avoir pris le parti de faire ce livre sachant les obstacles auxquels il se heurterait. C'est un travail très rigoureux qu'a livré l'auteur, une mise en abîme, un procédé stylistique élaboré mais, cela ne veut pas dire chef d'œuvre et c'est en cela que je le compare à un tableau de musée d'art moderne: si vous comprenez la démarche mais que vous n'êtes pas enthousiasmé par la réalisation finale, vous passez pour un débile qui n'a rien compris, exactement comme lorsque devant un tableau que vous comprenez mais que vous jugez abject, vous vous entendez répondre que vous êtes un ignorant en art. Pour conclure, il y a une certaine virtuosité dans ce livre, mais cela ne veut pas dire une virtuosité certaine car ce n'est vraiment pas un livre qui me transporte ou qui fasse palpiter quoi que ce soit en moi, or si je lis, ce n'est pas pour voir un exercice formel d'un auteur, c'est pour ressentir quelque chose résonner en moi. À vous de voir, je vous ai donné mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 20 décembre 2007

    Woland
    Qu'on apprécie ou pas l'homme qu'il fut, Gide, même de nos jours, demeure un écrivain incontournable. Tout d'abord à mon sens parce que, à sa manière, il tenta d'innover. Ne peut-on pas voir en effet dans "Les faux-monnayeurs" un roman précurseur de l'esthétique - ou de l'absence d'esthétique - du "Nouveau Roman" ?
    Résumer l'intrigue de ce livre qui n'est pourtant pas un pavé est voué à l'échec. Disons que, en gros, le rejet de la famille si cher à son créateur et l'homosexualité constituent la trame du récit.
    Bernard Profitendieu - on reconnaît bien là l'acidité gidienne - vient de découvrir qu'il n'est pas le fils de son père. Il faut dire que, déjà, ses relations avec celui-ci ne sont pas des meilleures puisqu'elles se placent sous le signe du mépris. Exalté comme on l'est souvent à l'âge de 17 ans, il décide sur le champ de quitter l'appartement familial après avoir laissé une fort belle lettre à son père avoué. Et il demande un asile provisoire à un ami de lycée, Olivier Molinier, qui, lui, est amoureux de son oncle Edouard.
    Comme Bernard a besoin de gagner sa vie, Edouard l'engage en tant que secrétaire particulier et tous deux s'en vont en voyage, laissant derrière eux un Olivier délaissé et jaloux qui, comme en représailles, se laisse séduire par le comte de Passavant, un dandy pédéraste qui tient assez de Dorian Gray mais un Dorian bien plus stupide (et bien moins beau garçon) que l'original.
    Sous cette influence détestable, Olivier s'aigrit, devient violent, brutal, méchant même. Gide en profite pour nous le représenter à une soirée littéraire où il croise Alfred Jarry et quelques autres - et ce moment-clin d'oeil est un véritable petit régal. Fort heureusement, Edouard, qui fait partie des invités, parvient à récupérer son neveu et ...
    ... et tout se termine bien - quoique de façon assez a-morale - sauf pour le personnage de Boris, un jeune garçon qui sert en quelque chose à Gide, éternel torturé, de victime expiatoire.
    Mais plus que l'intrigue en elle-même - ou plutôt des intrigues car plusieurs autres viennent se greffer sur le tronc central - c'est l'habileté avec laquelle Gide entremêle le tout et la décision avec laquelle il applique le procédé de la mise en abîme qui retiennent l'attention du lecteur. L'oncle Edouard en effet se propose d'écrire un roman qui s'intitulera ... "Les faux-monnayeurs" et, çà et là, des extraits de son journal personnel s'intercalent dans un récit qui n'est linéaire qu'en apparence. Et à cette première "mise en abyme", s'ajoute celle de l'Auteur qui intervient au chapitre VII de la deuxième partie et qui semble bien être Gide lui-même.
    On affirme souvent que "Les caves du vatican" constitue le chef-d'oeuvre de Gide - je suis assez de cet avis-là. Mais ce serait une erreur de passer auprès d'Oeuvres comme "Les faux-monnayeurs" qui montre bien la volonté de l'auteur de rompre - en tous cas d'essayer de rompre - avec le récit classique tel que l'avaient laissé les grands auteurs du XIXème siècle. Sachant cela, il est sans doute plus facile de comprendre pourquoi "La Recherche ..." - avec ou sans vertèbres Wink - n'a pas "accroché" Gide à la première lecture. ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Gast, le 21 octobre 2010

    Gast
    Roman étrange que ce récit. Il ne se laisse pas facilement appréhender et s'y plonger demande patience avant de vraiment en savourer la densité. Car au delà du roman et de son histoire, ce texte est presque un manifeste où Gide, à travers ses personnages y étale sa conception du fait littéraire.
    De par sa structure et son contenu, ce roman m'a paru être la parfaite synthèse entre le Gide raconteur d'histoire des "Caves du Vatican" et le Gide critique cynique du monde des lettres de "Paludes". Bref, un bon cru pour un livre où l'auteur se livre sans en avoir l'air et où il illustre à la perfection le lien étroir qui peut exister entre littérature et monde réel malgré la volonté de l'auteur de s'en défaire...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par dreulma, le 17 avril 2010

    dreulma
    Ce livre fut un des livres culte de mon adolescence, et pour cause ! Recherche d identité, remise en question des conventions, questionnements, etc, ces sujets ont trouvé en moi un écho galvanisant. Je l'ai relu récemment, et il m'est difficile d'être objective pour en faire une critique tant cette lecture fit rejaillir de souvenirs ! J'ai aimé ce livre différement qu'à la première lecture et j'ai hâte de lire d'autres Gide.
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    • Livres 1.00/5
    Par mesnil44, le 03 février 2012

    mesnil44
    Ce que je me suis ennuyé en seconde à le lire !!!
    Il faudrait réessayer quelques années plus tard
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 30 juillet 2011

    [ Incipit ]

    PREMIERE PARTIE
    Paris
    I

    « C'est le moment de croire que j'entends des pas dans le corridor », se dit Bernard. Il releva la tête et prêta l'oreille. Mais non : son père et son frère aîné étaient retenus au palais ; sa mère en visite ; sa soeur à un concert ; et quant au puîné, le petite Caloub, une pension le bouclait au sortir du lycée chaque jour. Bernard Profitendieu était resté à la maison pour potasser son bachot ; il n'avait plus devant lui que trois semaines. La famille respectait sa solitude ; le démon pas. Bien que Bernard eût mis bas sa veste, il étouffait. Par la fenêtre ouverte sur la rue n'entrait rien que de la chaleur. Son front ruisselait. Une goutte de sueur coula le long de son nez, et s'en alla tomber sur une lettre qu'il tenait en main : « Ca joue la larme, pensa-t-il. Mais mieux vaut suer que de pleurer. »
    Oui, la date était péremptoire. Pas moyen de douter : c'était bien de lui, Bernard, qu'il s'agissait. La lettre était adressée à sa mère ; une lettre d'amour vieille de dix-sept ans ; non signée.
    « Que signifie cette initiale ? Un V, qui peut bien aussi être un N... Sied-il d'interroger ma mère ?... Faisons crédit à son bon goût. Libre à moi d'imaginer que c'est un prince. La belle avance si j'apprends que je suis le fils d'un croquant ! Ne pas savoir qui est son père, c'est ça qui guérit de la peur de lui ressembler. Toute recherche oblige. Ne retenons de ceci que la délivrance. N'approfondissons pas. Aussi bien j'en ai mon suffisant pour aujourd'hui. »
    Bernard replia la lettre. Elle était de même format que les douze autres du paquet. Une faveur rose les attachait, qu'il n'avait pas eu à dénouer ; qu'il refit glisser pour ceinturer comme auparavant la liasse. Il remit la liasse dans le coffret et le coffret dans le tiroir de la console. Le tiroir n'était pas ouvert ; il avait livré son secret par en haut. Bernard rassujettit les lames disjointes du plafond de bois, que devait recouvrir une lourde plaque d'onyx. Il fit doucement, précautionneusement, retomber celle-ci, replaça par-dessus deux candélabres de cristal et l'encombrante pendule qu'il venait de s'amuser à réparer.
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  • Par diborde, le 01 avril 2011

    J'ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l'un la plus petite protubérance du caractère de l'autre, parce que la "vie commune" fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n'est plus qu'un enfer.
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  • Par diborde, le 24 avril 2011

    Bien des choses échappent à la raison, et celui qui, pour comprendre la vie, y applique seulement la raison, est semblable à quelqu'un qui prétendrait saisir une flamme avec des pincettes. Il n'a plus devant lui qu'un morceau de bois charbonneux, qui cesse aussitôt de flamber.
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  • Par diborde, le 07 mars 2011

    Un jour vient où l'être vrai reparaît, que le temps lentement déshabille de tous ses vêtements d'emprunt; et, si c'est de ces ornements que l'autre est épris, il ne presse plus contre son coeur qu'une parure déshabitée, qu'un souvenir... que du deuil et du désespoir.
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  • Par Orphea, le 28 novembre 2010

    "Que cette question de la sincérité est irritante ! Sincérité ! Quand j'en parle, je ne songe qu'à sa sincérité à elle. Si je me retourne vers moi, je cesse de comprendre ce que ce mot veut dire. Je ne suis jamais que ce que je crois que je suis -- et cela varie sans cesse, de sorte que souvent, si je n'étais là pour les accointer, mon être du matin ne reconnaîtrait pas celui du soir. Rien ne saurait être plus différent de moi, que moi-même. Ce n'est que dans la solitude que parfois le substrat m'apparaît et que j'atteins à une certaine continuité foncière ; mais alors il me semble que ma vie s'alentit, s'arrête et que je vais proprement cesser d'être. Mon coeur ne bat que par sympathie ; je ne vis que par autrui ; par procuration, pourrais-je dire, par épousaille, et ne me sens jamais vivre plus intensément que quand je m'échappe à moi-même pour devenir n'importe qui."
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Vidéo de André Gide

La Symphonie Pastorale 6/6, film français de Jean Delannoy, sorti en 1946 et adapté du roman d'André Gide. Il remporta la Palme d'or au festival de Cannes en 1946 et Michèle Morgan obtint le prix d'interprétation féminine pour le rôle de Gertrude








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