> Fabrice Pointeau (Traducteur)

ISBN : 2355840512
Éditeur : Sonatine Editions (2011)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres

Gary Gilmore est l’un des condamnés à mort les plus célèbres des Etats-Unis. Après avoir passé une partie de sa vie derrière les barreaux pour vols à main armée, il fut accusé de meurtre en juillet 1976, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par syannelle, le 01 mai 2012

    syannelle

    "Les enfants commencent par aimer leurs parents;
    en vieillissant ils les jugent;
    parfois ils les pardonnent."
    Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray
    Cette histoire est celle de Mikal Gimore, petit frère de Gary Gilmore (qui a assassiné deux hommes en 1976, après avoir passé une grande partie de sa vie en prison ou derrière les barreaux, et dont Norman Mailer avait relaté l'histoire dans Le chant du bourreau en 1981). C'est le témoignage poignant d'un homme qui cherche à comprendre son passé en racontant, sans larmoiement ni pathos, mais avec beaucoup de finesse et de générosité, ce qui a pu mener sa famille dans le gouffre de noirceur dans lequel elle a fini.
    La transmission d'un sentiment de malédiction.
    Mikal Gilmore raconte tout d'abord l'histoire de ses parents, Bessie Brown et Frank Gilmore. Sa mère est née "dans l'Utah mormon au début du XXe siècle- un lieu qui, à de nombreux égards, était formidablement différent de l'Amérique qui l'entourait. Les mormons possédaient depuis longtemps un fort et spectaculaire sens de l'altérité et de l'unité: ils se voyaient non seulement comme le peuple élu moderne, mais aussi comme un peuple dont la foi et l'identité avaient été forgées par une longue et sanglante histoire, et par le bannissement pur et simple. Ils formaient un peuple à part - un peuple doté de ses propres mythes et objectifs, et d'une histoire d'une violence ahurissante." (P.29).

    Bessie était différente de ses frères et soeurs, moins docile et plus rebelle. Elle ne voulait pas rester "enfermée" dans les lois et règles strictes des mormons mais rêvait d'un ailleurs, et c'est Frank Gilmore, beaucoup plus âgé qu'elle, qui lui a donné le sentiment qu'elle pourrait échapper à sa propre famille.
    Le problème est que Frank Gilmore avait aussi ses zones d'ombres. D'ailleurs, Mikal raconte qu'il reste encore des mystères à propos de son père, dont personne n'a voulu lui expliquer la teneur.
    Frank et Bessie ont fini par avoir des enfants, une "tragédie" en soi pour l'auteur, et n'ont eu de cesse de se déplacer et de changer de noms en passant d'un état à l'autre. Pourquoi? On apprend que Frank Senior était un escroc notoire. Lorsque Gary né dans les année 40 au Texas, ses parents le déclarent sous un autre nom. Et puis il y a autre chose, le passé trouble de ce père étrange. Seule Bessie était au courant de ce secret et jamais elle n'en a parlé à ses enfants. Quoi qu'il en soit, des hommes mystérieux poursuivaient la famille, mettant Frank Sr. dans un état de nervosité et de peur incroyables. Tous ces mystères ont bien sûr nourri les fantasmes des enfants, et certains d'entres eux ont commencé à avoir des problèmes avec la justice, Gary en particulier, puis ensuite Gaylen.
    Au bout d'un certain moment, la famille s'est posée, après que cette fuite en avant étrange et suspecte ait cessé. Frank Senior a réussi à gagner un salaire honnête grâce à la vente d'un livre mais malgré tout, les choses ne se sont pas améliorées pour les fils Gilmore. Frank Junior, Gary et Gaylen, les trois aînés (Mikal est né plus tard, en 1951) étaient régulièrement battus par leur père sans aucun motif, hormis de la méchanceté et une paranoia déplacée. Gary s'est retrouvé dans une maison de correction, pour en ressortir un an et demi après, changé ... en pire. Il était sur la voie du crime.
    Comme se le demande Mikal, sans ce passé, sans cette famille et sans la violence de son père, aurait-il fini en prison et dans le couloir de la mort? Question sans réponse, car il est impossible de trouver l'origine du crime et du mal, même si la situation dysfonctionnelle et le malaise constant qui régnait dans la famille Gilmore ont sans nul doute laissé des traces indélébiles dans l"inconscient de la progéniture. Chacun des fils a été détruit à sa façon, et aucun n'a voulu avoir d'enfants, de peur de transmettre la malédiction.
    Ce qui se remarque aussi dans l'histoire de cette famille, c'est tous le folklore, les mythes, les fantasmes qui ont été transmis au fil du temps par les parents Gilmore à leur enfants, qui eux-mêmes les avaient hérités de leurs propres parents. Par exemple, à la base du drame familial maternel semble se situer une mort, celle d'Alda Brown, la soeur de Bessie, dont la fratrie ne s'est jamais remise. de cette mort est née beaucoup de malheur et de tristesse. du côté paternel, Franck Gilmore Senior ne connaissait pas clairement son père. Encore de la souffrance. Ainsi, toutes ces histoires de morts, de fantômes, de drames ont hanté l'histoire de la famille Gilmore, comme si le passé réclamait son dû. Gary Gilmore en a-il été la victime?(consciemment?)
    Cela rappelle Shakespeare (Les péchés des ancêtres viennent hanter la vie des vivants, la malédiction des anciens rejailli sur leur descendance.) C'est ce qu'évoque sans cesse le narrateur, et on le comprend, tant il a peur de transmettre lui-même ce malheur. Mikal Gilmore ne croit pas aux fantômes, ni aux esprits, mais veut affronter ses démons intérieurs, et pourtant, tout reste compliqué...
    Ce texte est très émouvant, car il est sensible et on sent la peur suinter du texte, comme si même l'écriture ne pouvait venir à bout du malheur. Point positif s'il en est, Mikal Gilmore est devenu rédacteur en chef du magazine Rolling Stone aux Etats-Unis, signe que la "résilience" existe malgré tout.
    A lire, magnifique...
    Une note? 10/10, car ce texte me parle, comme m'avait parlé celui de Delphine de Vigan ( Rien ne s'oppose à la nuit, voir avis ici) qui cherchait elle aussi au fond d'elle-même une réponse.
    Bravo à M. Gilmore!
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    • Livres 5.00/5
    Par belledenuit11, le 21 avril 2011

    belledenuit11
    En 1979 sortait "Le chant du bourreau" de Normal Mailer (avis sur mon blog). Cette oeuvre monumentale dressait tant le portrait de Gary Gilmore que du système judiciaire américain.
    En 2011, les Editions Sonatine publient un ouvrage exceptionnel avec "Un Long silence". Mikal Gilmore, le frère de Gary, a décidé de dévoiler ce que fût la famille Gilmore et tenter d'expliquer comment et pourquoi son frère est devenu un meurtrier.
    A travers divers témoignages mais surtout celui de Frank Jr (son frère aîné) et ses propres souvenirs, Mikal Gilmore a fait de ce livre un document poignant, émotionnellement éprouvant qui fait de "Un Long silence" un parfait complément au "Chant du bourreau".
    Tout au long de ma lecture, il m'a été impossible de ne pas faire de rapprochement avec ce que je me souvenais du personnage de Gary et de sa famille.
    Le moins que l'on puisse dire c'est que Norman Mailer a parfaitement compris qui était Gary Gilmore pour le dépeindre aussi bien, au point que l'ouvrage de Mikal Gilmore m'a juste confirmé ce que son frère était : un enfant battu, cherchant désespérément l'attention et l'amour d'un père qu'il n'aurait jamais et avec qui les institutions américaines ont fait chou blanc !
    Mais l'ouvrage ne se cantonne pas uniquement au personnage de Gary. C'est bel et bien l'ensemble de la famille qui est concerné. Et on en apprend beaucoup.
    Mikal Gilmore nous la présente depuis la rencontre de ses parents jusqu'aux années 1991. Dans ce laps de temps, beaucoup d'évènements vont se produire.
    Je ne détaillerai pas plus le livre pour ceux qui voudraient le découvrir alors que, honnêtement, j'en meure d'envie. Il y a tant à dire dessus et de leçons à retenir !
    Globalement, je me suis tellement investie dans cette lecture que j'en suis sortie vidée, épuisée nerveusement. Je me suis dit que tout ça était un véritable gâchis.
    Le pire, si je puis dire, c'est que l'auteur écrit d'une façon humble; on est très loin du pathos et il ne cherche pas non plus à trouver forcément d'excuses à tout les actes commis par ses frères et à cette famille qu'il aurait voulu différente.
    Le plus dur c'est de percevoir son mal-être et tout ce qu'il entraîne juste parce qu'il est le frère d'une personne "célèbre" par ses mauvais côtés.
    "J'ai essayé pendant des années d'être poli ou de me blinder. J'encaissais un à un les commentaires des gens qui bafouaient leur intelligence et leur grâce avec leurs réflexions et leurs plaisanteries, et, à chaque fois, quelque chose en moi tressaillait. Je me disais que personne n'oublierait ni ne me pardonnerait jamais d'être le frère de ce putain d'assassin mort. J'ai un peu appris à quoi ça ressemblait de vivre après un châtiment; en tant que parent vivant, vous devez supporter une partie du fardeau et de l'héritage de ce châtiment. Les gens ne peuvent plus insulter ni blesser Gary Gilmore, mais comme vous êtes son frère - même si vous ne lui ressemblez pas vraiment - , ils peuvent s'en prendre à vous.C'est comme si toute personne issue d'une famille qui a produit un assassin devait elle aussi avoir en elle la même souillure, la même cruauté, comme si elle devait aussi être d'une manière ou d'une autre responsable de la violence qui s'est produite et porter la marque d'un héritage effrayant et honteux. C'est comme s'il y avait une culpabilité dans le simple lien du sang." (p. 502)

    Je crois que c'est ce qui est le plus insupportable lorsqu'on lit un tel ouvrage : se rendre compte que les gens sont vites catalogués, qu'on se méfie d'eux et la méchanceté gratuite qui en découle.
    On dit que la violence engendre la violence. Rien n'est plus vrai dans cet ouvrage.
    Du début à la fin, soit sur plus de 500 pages, elle est omniprésente : si ce n'est pas par les actes, c'est par le regard ou les sous-entendus.
    Comment vivre avec cette violence quotidienne qui vous remue les tripes ? On ne peut pas ! C'est impossible ! On tente de faire avec sans trop en souffrir ou en tentant de parer les coups.
    Le fait que ce soit Mikal Gilmore qui ait fait ce livre et non un autre auteur donne une dimension encore plus poignante. On se prend des uppercuts en même temps que les membres de cette famille.
    On ressent en lui ce besoin de raconter pour tenter de vivre après tout ce qui s'est produit, de se reconstruire enfin au bout de tant d'années sans y être arrivé !
    Je le dis haut et fort, c'est un livre qu'il faut se sentir capable d'aborder tant les émotions sont fortes.
    Je ne regrette absolument pas de l'avoir découvert même s'il m'a mise KO et je suis d'autant plus satisfaite d'avoir lu "Le chant du bourreau" avant. Cela m'a permis vraiment de mieux comprendre ce que Mikal Gilmore avait à raconter sur son passé.
    Du coup, si vous vous sentez capable de l'ouvrir, n'hésitez pas une seule seconde. C'est un livre exceptionnel mais qui, comme le précise la présentation de l'éditeur, "ne laissera pas le lecteur intact".

    Lien : http://boulimielivresque.blogspot.com/2011/04/un-long-silence.html
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    • Livres 3.00/5
    Par valeriane, le 09 avril 2012

    valeriane
    Reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio (que je remercie au passage, ainsi que les éditions Points), j'avais envie de découvrir ce livre depuis un bout de temps. Ce récit s'inscrit dans la droite ligne du "Chant du bourreau" de Norman Mailer, que j'avais vraiment apprécié.
    Pour rappel, Le Chant du bourreau relate l'histoire de Gary Gilmore, petite frappe, condamné à la peine capitale dans les années 70 pour le meurtre de deux jeunes hommes. le fait divers a fait sensation à l'époque, car Gary s'est battu bec et ongles afin que son châtiment lui soit infligé. A cette époque, cela faisait un bon bout de temps qu'il n'y avait plus eu d'exécution aux Etats-Unis. Cette volonté que sa condamnation soit concrétisée apparaissait comme un retour à cette pratique qui soulève encore aujourd'hui de vives émotions.
    Points, février 2012, 612 pages
    Mikal Gilmore, l'auteur de ce Un Long silence, est le frère cadet de Gary. Petit dernier d'une famille de 4 garçons, Mikal est né près de 11 ans après Gary. Néanmoins, sa vie n'en fût pas moins tourmentée. Marqué par le destin rencontré par son frère, mais pas seulement, Mikal retrace dans son récit l'histoire de sa famille pour tenter de comprendre et d'expliquer la malédiction, comme il dit, qui pèse sur celle-ci.
    Délier les noeuds, découvrir les secrets, Mikal va interroger son entourage, et notamment son frère aîné, Franck Jr, pour mettre à plat plus de 90 ans d'histoire.
    Sa mère étant issue d'une famille mormone, Mikal dresse un beau tableau de l'histoire de cette "religion" et de l'établissement de la plupart des partisans dans l'ouest américain. Mais aussi de l'influence de celle-ci sur le comportement de sa mère.
    J'ai trouvé cette partie plutôt instructive, même si c'est parfois un peu complexe.
    D'autre part, il dresse également le portrait de son père et de ses origines. Un aspect beaucoup plus romanesque qui laisse encore planer du mystère. La vie Franck Gilmore pourrait se résumer à l'expression road book ou road movie. Un parcours difficile à retracer d'un bout à l'autre d'où les nombreuses pièces de puzzle manquantes. Un être qu'on a également envie de détester.
    Tout au long des 600 pages qui constituent cette biographie, Mikal expose les faits, ses ressentis et impressions qui ont jalonnés sa vie. Il tente de montrer comment l'éducation reçue par ses frères les ont menés à devenir des petites frappes, des meurtriers ou des bons à rien. A-t-il, lui, échappé à ce destin funeste? Il est tout de même clairement marqué par les chemins qu'ont suivi Gary et Gaylen. Même s'il dit ne pas avoir vécu "dans la même famille".
    Quant à Franck, c'est en travaillant sur ce bouquin qu'il a vraiment commencé à le connaître.
    L'écriture de Mikal Gilmore est plutôt agréable. Dans un style fluide et "parlé", il dévoile, morceau par morceau, les différents pans de sa vie; qui sont bien souvent peu reluisants.
    Une mise à nu qui m'a tenue en haleine quasi tout du long. J'avoue avoir eu une sensation de redite dans un passage ou deux. Néanmoins, je ne vais pas lui dire "eh euh, tu l'as déjà dit ça... abrège". Etant donné que son style n'est pas pesant, ça n'a pas été trop gênant.
    Mikal a su me transporter dans son histoire comme s'il s'agissait d'une pure fiction. J'en ai aussi enragé quand je me suis retrouvée face à l'un ou l'autre secret irrésolu!
    En bref, je ne suis pas une habituée des biographies, mais celle-ci m'a bien plu! le sujet était dramatique et pesant, tout à l'opposé du style dans lequel il nous est présenté. Gilmore écrit d'un manière dynamique, qui ne s'enlise pas dans les détails inutiles.
    Je conseille évidemment de lire le roman que Mailer a écrit avant, histoire de savoir où on met les pieds.
    Ma note : 3,5 étoiles

    Lien : http://livresetval.blogspot.com/2012/03/un-long-silence-mikal-gilmor..
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    • Livres 3.00/5
    Par valeriane, le 14 mars 2012

    valeriane
    Reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio (que je remercie au passage, ainsi que les éditions Points), j'avais envie de découvrir ce livre depuis un bout de temps. Ce récit s'inscrit dans la droite ligne du "Chant du bourreau" de Norman Mailer, que j'avais vraiment apprécié.
    Pour rappel, Le Chant du bourreau relate l'histoire de Gary Gilmore, petite frappe, condamné à la peine capitale dans les années 70 pour le meurtre de deux jeunes hommes. le fait divers a fait sensation à l'époque, car Gary s'est battu bec et ongles afin que son châtiment lui soit infligé. A cette époque, cela faisait un bon bout de temps qu'il n'y avait plus eu d'exécution aux Etats-Unis. Cette volonté que sa condamnation soit concrétisée apparaissait comme un retour à cette pratique qui soulève encore aujourd'hui de vives émotions.
    Points, février 2012, 612 pages
    Mikal Gilmore, l'auteur de ce Un Long silence, est le frère cadet de Gary. Petit dernier d'une famille de 4 garçons, Mikal est né près de 11 ans après Gary. Néanmoins, sa vie n'en fût pas moins tourmentée. Marqué par le destin rencontré par son frère, mais pas seulement, Mikal retrace dans son récit l'histoire de sa famille pour tenter de comprendre et d'expliquer la malédiction, comme il dit, qui pèse sur celle-ci.
    Délier les noeuds, découvrir les secrets, Mikal va interroger son entourage, et notamment son frère aîné, Franck Jr, pour mettre à plat plus de 90 ans d'histoire.
    Sa mère étant issue d'une famille mormone, Mikal dresse un beau tableau de l'histoire de cette "religion" et de l'établissement de la plupart des partisans dans l'ouest américain. Mais aussi de l'influence de celle-ci sur le comportement de sa mère.
    J'ai trouvé cette partie plutôt instructive, même si c'est parfois un peu complexe.
    D'autre part, il dresse également le portrait de son père et de ses origines. Un aspect beaucoup plus romanesque qui laisse encore planer du mystère. La vie Franck Gilmore pourrait se résumer à l'expression road book ou road movie. Un parcours difficile à retracer d'un bout à l'autre d'où les nombreuses pièces de puzzle manquantes. Un être qu'on a également envie de détester.
    Tout au long des 600 pages qui constituent cette biographie, Mikal expose les faits, ses ressentis et impressions qui ont jalonnés sa vie. Il tente de montrer comment l'éducation reçue par ses frères les ont menés à devenir des petites frappes, des meurtriers ou des bons à rien. A-t-il, lui, échappé à ce destin funeste? Il est tout de même clairement marqué par les chemins qu'ont suivi Gary et Gaylen. Même s'il dit ne pas avoir vécu "dans la même famille".
    Quant à Franck, c'est en travaillant sur ce bouquin qu'il a vraiment commencé à le connaître.
    L'écriture de Mikal Gilmore est plutôt agréable. Dans un style fluide et "parlé", il dévoile, morceau par morceau, les différents pans de sa vie; qui sont bien souvent peu reluisants.
    Une mise à nu qui m'a tenue en haleine quasi tout du long. J'avoue avoir eu une sensation de redite dans un passage ou deux. Néanmoins, je ne vais pas lui dire "eh euh, tu l'as déjà dit ça... abrège". Etant donné que son style n'est pas pesant, ça n'a pas été trop gênant.
    Mikal a su me transporter dans son histoire comme s'il s'agissait d'une pure fiction. J'en ai aussi enragé quand je me suis retrouvée face à l'un ou l'autre secret irrésolu!
    En bref, je ne suis pas une habituée des biographies, mais celle-ci m'a bien plu! le sujet était dramatique et pesant, tout à l'opposé du style dans lequel il nous est présenté. Gilmore écrit d'un manière dynamique, qui ne s'enlise pas dans les détails inutiles.
    Je conseille évidemment de lire le roman que Mailer a écrit avant, histoire de savoir où on met les pieds.
    Ma note : 3,5 étoiles


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    • Livres 3.00/5
    Par valeriane, le 09 avril 2012

    valeriane
    Reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio (que je remercie au passage, ainsi que les éditions Points), j'avais envie de découvrir ce livre depuis un bout de temps. Ce récit s'inscrit dans la droite ligne du "Chant du bourreau" de Norman Mailer, que j'avais vraiment apprécié.
    Pour rappel, Le Chant du bourreau relate l'histoire de Gary Gilmore, petite frappe, condamné à la peine capitale dans les années 70 pour le meurtre de deux jeunes hommes. le fait divers a fait sensation à l'époque, car Gary s'est battu bec et ongles afin que son châtiment lui soit infligé. A cette époque, cela faisait un bon bout de temps qu'il n'y avait plus eu d'exécution aux Etats-Unis. Cette volonté que sa condamnation soit concrétisée apparaissait comme un retour à cette pratique qui soulève encore aujourd'hui de vives émotions.
    Points, février 2012, 612 pages
    Mikal Gilmore, l'auteur de ce Un Long silence, est le frère cadet de Gary. Petit dernier d'une famille de 4 garçons, Mikal est né près de 11 ans après Gary. Néanmoins, sa vie n'en fût pas moins tourmentée. Marqué par le destin rencontré par son frère, mais pas seulement, Mikal retrace dans son récit l'histoire de sa famille pour tenter de comprendre et d'expliquer la malédiction, comme il dit, qui pèse sur celle-ci.
    Délier les noeuds, découvrir les secrets, Mikal va interroger son entourage, et notamment son frère aîné, Franck Jr, pour mettre à plat plus de 90 ans d'histoire.
    Sa mère étant issue d'une famille mormone, Mikal dresse un beau tableau de l'histoire de cette "religion" et de l'établissement de la plupart des partisans dans l'ouest américain. Mais aussi de l'influence de celle-ci sur le comportement de sa mère.
    J'ai trouvé cette partie plutôt instructive, même si c'est parfois un peu complexe.
    D'autre part, il dresse également le portrait de son père et de ses origines. Un aspect beaucoup plus romanesque qui laisse encore planer du mystère. La vie Franck Gilmore pourrait se résumer à l'expression road book ou road movie. Un parcours difficile à retracer d'un bout à l'autre d'où les nombreuses pièces de puzzle manquantes. Un être qu'on a également envie de détester.
    Tout au long des 600 pages qui constituent cette biographie, Mikal expose les faits, ses ressentis et impressions qui ont jalonnés sa vie. Il tente de montrer comment l'éducation reçue par ses frères les ont menés à devenir des petites frappes, des meurtriers ou des bons à rien. A-t-il, lui, échappé à ce destin funeste? Il est tout de même clairement marqué par les chemins qu'ont suivi Gary et Gaylen. Même s'il dit ne pas avoir vécu "dans la même famille".
    Quant à Franck, c'est en travaillant sur ce bouquin qu'il a vraiment commencé à le connaître.
    L'écriture de Mikal Gilmore est plutôt agréable. Dans un style fluide et "parlé", il dévoile, morceau par morceau, les différents pans de sa vie; qui sont bien souvent peu reluisants.
    Une mise à nu qui m'a tenue en haleine quasi tout du long. J'avoue avoir eu une sensation de redite dans un passage ou deux. Néanmoins, je ne vais pas lui dire "eh euh, tu l'as déjà dit ça... abrège". Etant donné que son style n'est pas pesant, ça n'a pas été trop gênant.
    Mikal a su me transporter dans son histoire comme s'il s'agissait d'une pure fiction. J'en ai aussi enragé quand je me suis retrouvée face à l'un ou l'autre secret irrésolu!
    En bref, je ne suis pas une habituée des biographies, mais celle-ci m'a bien plu! le sujet était dramatique et pesant, tout à l'opposé du style dans lequel il nous est présenté. Gilmore écrit d'un manière dynamique, qui ne s'enlise pas dans les détails inutiles.
    Je conseille évidemment de lire le roman que Mailer a écrit avant, histoire de savoir où on met les pieds.
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Critiques presse (1)


  • Cyberpresse , le 14 juin 2011
    À la frontière du roman noir, de la psychanalyse et de l'enquête journalistique, Un long silence plonge dans les zones les plus sombres de l'âme humaine.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

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Citations et extraits

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  • Par Stemilou, le 17 avril 2011

    « J’ai une histoire à raconter. C’est l’histoire de meurtres : des meurtres de la chair et de l’esprit ; des meurtres nés de la douleur, de la haine, du châtiment. C’est l’histoire de la genèse de ces meurtres, de la manière dont ils ont pris forme et déteint sur nos actes, dont ils ont transformé nos vies, dont ils ont imprégné le monde et l’histoire autour de nous. Et c’est une histoire qui raconte comment la soif de violence et le meurtre prennent fin – pour autant, certes, qu’ils prennent jamais fin.
    Je connais bien cette histoire, car je suis coincé dedans. […] »
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  • Par Stemilou, le 17 avril 2011

    « Les Lancton, tout comme les Brown, étaient des gens pauvres avec plusieurs enfants. Ils ont fréquemment déménagés durant leurs années à Lincoln, habituellement en bordure de la ville, passant d’une petite maison à une autre. En roulant à travers leurs anciens quartiers, j’ai découvert que les zones lugubres où ils avaient vécu n’avaient probablement guère changé. Ce devait être un environnement sinistre pour une jeune personne, et ça l’est encore aujourd’hui. Pour y survivre, il fallait soit être aussi terne que la terre qui vous enterrait, soit avoir une imagination capable de transcender sa platitude. »
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  • Par Stemilou, le 17 avril 2011

    « Je suis le frère d’un homme qui a assassiné des innocents. Il s’appelait Gary Gilmore, et il est devenu l’une des figures criminelles les plus marquantes d’Amérique. Mais ce ne sont pas ses crimes – les meurtres insensés de deux jeunes mormons lors de deux nuits consécutives du mois de juillet 1976 – qui lui ont valu sa notoriété. En fait, ce qui a rendu Gary célèbre, c’est son implication dans son propre châtiment. »
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  • Par Nanne, le 05 septembre 2011

    Dans un monde meilleur, mes parents ne se seraient pas rencontrés - ou du moins ils ne se seraient pas mariés et n'auraient pas fondé un foyer. Dans un monde meilleur, je ne serais pas né. Franck Gilmore et Bessie Brown étaient deux êtres pitoyables et misérables. Je les aime, mais je dois dire ceci : c'est une tragédie qu'ils aient eu des enfants.
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  • Par Nanne, le 05 septembre 2011

    C'est comme si le passé de ma famille avait acquis pour moi la dimension d'un mystère. Je veux savoir si, en examinant notre histoire, je peux y trouver une clé - un événement qui pourrait expliquer ce qui a causé tant de pertes et de violence. Peut-être que si je trouve quelques réponses, je parviendrai à éviter des pertes supplémentaires.
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