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ISBN : 2253010847
Éditeur : Le Livre de Poche

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.98/5 (sur 171 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A la « Buvette du Piémont », un vieux journalier est attiré par un grand gars qui parait affreusement triste et provoque ses confidences : Albin venait de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d'une fille qui s'est laissé séduire p... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 12 septembre 2014

    Chouchane
    C'est Amédée - un ouvrier agricole rude à la tâche et le cœur sensible - qui parle. Il raconte, dans la langue splendide de Giono, une histoire d'hommes et de femmes et nous offre un grand moment de littérature.
    Amédée, après avoir loué ses bras pour les foulaisons du blé, s'assoit boire un coup avec les autres ouvriers et là il voit Albin, un de ces hommes « qui sont seuls dans le monde, seuls sur leurs jambes avec un grand vide autour, tout rond ». Cet homme triste et solitaire semble remplit d'amertume et Amédée se sent l'âme de le soulager. Pour cela, rien de mieux que les mots, ceux qui racontent.
    Ainsi on passe au récit d'Albin. C'est lui qui vient de Baumugnes. Un village retranché où se sont réfugiés des humains que, pour punir de leur croyance, on a amputé de la langue. Ces hommes et ses femmes se sont alors servis, pour communiquer, du son de l'harmonica. Comme eux, Albin sait parler avec la musique en soufflant dans le bois et le métal. On retrouve le réalisme fantastique de Giono qui emballe son lecteur dès les premières lignes. Un été de travaux Albin rencontre Louis, un marseillais de la pire espèce lui aussi embauché aux champs. Surtout, il découvre furtivement entre les roseaux Angèle. « Elle avait troussé jupon et elle était nue de toutes ses cuisses ; sans corsage, elle était nue de ses roux comme de grosses prunes et, ainsi faite, elle pataugeait dans l'herbe et l'eau ». Il n'est hélas pas le seul à avoir mesuré la pure beauté d'Angèle, Louis aussi. Plus cruel et manipulateur, c'est Louis qui va mener une danse manipulatrice et dramatique pour Angèle.
    Amédée reprend alors le fil du récit. Il décide de retrouver la trace d'Angèle et c'est cette aventure qui va occuper la fin du roman. Giono sait mêler suspens, poésie et analyse psychologique des personnages et d'une histoire simple faire un chef d'œuvre. Tout concours à rendre puissant le récit, le travail des hommes dans les champs, le silence devant la soupe du soir, la souffrance silencieuse, les mots de l'harmonica dans la nuit. Les sentiments permettront aux hommes de transgresser les carcans sociaux et quand le bonheur arrive enfin au rendez-vous c'est dans un champ de blé que Giono nous le représente.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 décembre 2011

    brigittelascombe
    Il m'a pris soudain comme une envie de m'enivrer d'air vif, cette tramontane du pays de Manosque qui fouette le sang et vous insuffle le mot bonheur; de m'égarer aux abords de Baumugnes; de plonger dans la transparence bleutée de la Durance qui s'abreuve à la pureté des glaciers; d'écouter dans une simple buvette les quelques notes d'accordéon qui survolent la familiarité des mots pour tisser un cocon d'amitié, tiens un peu comme celui de l'Amédée et de l'Albin, ces deux hommes de peine qui se louaient au gré des fermes sans se connaître avant de se rejoindre au fil des mots. J'ai eu envie de m'asseoir là pour toucher du doigt leur entente toute fraternelle, savoureuse comme le bon pain; de ressentir à travers la verve d' Amédée le souffle de l'amour qui passe par le petit trou de la lorgnette, entre Albin et Angèle, fille perdue abusée par Louis et enfermée par son père dans une sombre cave pour avoir fauté.
    Alors,s'élèvera légère la complainte de l'harmonica, "ce son qui ronfle,ce son qui pleure", qui arrive sur vous comme "un grand morceau de pays forestier arraché tout vivant, avec la terre,toute la chevelure des racines de sapins,les mousses, l'odeur des écorces"; une musique qui s'égoutte "longue source blanche", lumineuse "queue de comète".
    Oui, il m'a soudain pris l'envie d'arpenter les chemins du conteur Jean Giono. Des chemins divins!
    Un du pays de Baumugnes est l'un des romans les plus représentatifs de l'oeuvre de Jean Giono. Il parle d'hommes,de nature,d' amitié et d'amour, d' émotions simples et fortes. Ecrit au "je" son débit alerte, son parler parfois cru, nous entrainent dans l'imagination fertile de l'auteur, sur ces terres de Haute Provence qu'il a tant aimées. Giono c'est toute une philosophie qui plante ses racines dans la terre aride, s'immisce entre les rocailles, descend en profondeur, là où tout nait, là où tout meurt, pour y puiser sa sève.
    Giono, c'est la vie malgré tout!
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 15 octobre 2012

    lecassin
    « Un de baumugnes » est le deuxième volume de la trilogie de Pan, paru en 1929… mais c'est aussi « Angèle », l'adaptation cinématographique, que Marcel Pagnol en fit en 1934 avec Fernandel et Orane Demazis dans le rôle titre.
    Après le Hameau des Bastides Blanches théâtre du premier volume de cette trilogie de Pan, Jean Giono nous transporte à Marigate et à Baumugnes, dans sa chère Provence.
    Amédée travaille comme journalier à Marigrate, un village qui longe la Durance. C'est là qu'il rencontre Albin, Un de baumugnes pourrait-on dire puisqu'il en est originaire…
    Albin finit par se confier et lui parler d'Angèle, la fille de la de ferme la Douloire qui le hante depuis trois ans : depuis le jour où il la vit pour la première fois, et où séduite par Louis, celui-ci l'emmena « travailler » à la ville.
    Amédée ira se faire embaucher à la Douloire, chez les parents d'Angèle pour tenter d'en savoir plus et par amitié pour Albin… Il sera accueilli par le père de la belle armé d'un fusil…
    Est-ce la Provence où l'époque, début XX e, qui crée des caractères tels que Giono nous les dépeint ici ; sans doute les deux à la fois. Il en résulte un texte d'une très grande beauté qui fait du style de Giono quelque chose de reconnaissable entre mille. « Un de baumugnes », un roman d'amour, certes, amis également d'amitié…Magnifique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lavieestunlongfleuvetranquille, le 01 septembre 2014

    Lavieestunlongfleuvetranquille
    Il y en a peu comme ça, qui vous prennent le ventre.
    J'en ai encore les tripes secouées. Ah ! C'est fort…
    Que du beau. de la belle nature, bien sûr. Mais surtout de la bonne morale, bien saine, sans chichi. Comme nous l'aimons.
    Nous nous prenons à rêver. Les hommes ne sont pas tous mauvais, bien sûr.
    Et cette grandeur d'âme, avec aussi peu de parole, dans le regard, c'est terrible.
    Allez, je vais le relire. J'ai du sauter des passages trop vite.
    Il n'y a pas de mal à se faire du bien…
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    • Livres 5.00/5
    Par Heureuse, le 26 septembre 2010

    Heureuse
    Il est difficile de rentrer dans ce livre. Les phrases sont rocailleuses, comme la terre que Giono aime tant. Elles ont du mal à sortir, comme le secret qu'Albin a coincé dans sa gorge.
    Puis elles coulent avec beaucoup plus d'aisance, de fluidité au fur et à mesure que l'histoire avance, que l'intrigue se dénoue.
    Ce que j'aime chez Giono? Son style inimitable. Avec lui les mots chantent, crient, pleurent.Il sait leur donner une autre dimension, un autre sens.
    J'aime ses personnages, tellement beaux, tellement fiers. J'aime cet amour pudique, ces passions discrètes, cette émotion qu'on enfouit et qui surgit brutalement, comme la nature de ce beau pays.
    On parle beaucoup de l'Asie, du raffinement de sa culture., de la simplicité Mais en grattant bien, on a aussi de bien belles choses chez nous, sous des abords plus frustes. Il suffit de savoir regarder ce qu'il y a derrière l'apparence.
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Citations et extraits

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  • Par cicou45, le 22 octobre 2014

    "Alors, le vin est bu, et, le vin vu, tu le sais, c'est amer.
    Alors les soucis sont là et, tu le sais, les soucis, c'est amer aussi."

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  • Par Lavieestunlongfleuvetranquille, le 01 septembre 2014

    Il s'en venait tout le long de la Durance un air d'Alpe, franc de lame comme un rasoir.
    Mon Saturnin (et ça, je l'ai apprécié tout de suite), mon Saturnin tombe la veste et couvre le mulet.
    "Si des fois il prenait froid", qu'il dit, comme tout honteux de la chose.
    Je reste un moment sans parler, puis je dis :
    "Et toi, si tu prenais froid, des fois ?"
    Il a son petit rire en bruit de fagot.
    "Moi, qu'il dit, si je me pose là, au beau courant d'air, je le veux bien, c'est de mon vouloir, mais la bête, c'est tout niais, sans bras devant le mal. Alors, si c'est pas un peu nous qui prenons sa défense, qui ça sera ?"
    Et puis après, comme il venait de se trémousser dans un long frisson, il dit encore, peut-être pour que je réponde oui :
    "Ce que c'est couillon, un homme !"
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  • Par ssab, le 08 septembre 2012

    -Qu'est ce que c'est que ça, Clorinde?
    Ça, c'était une musique de vent, ah, mais une musique toute bien savante dans les belles choses de la terre et des arbres.
    Ça sentait le champ de maïs ténébreux : de longues tiges et de larges feuilles.
    Ça sentait la résine et le champignon et l'odeur de la mousse épaisse.
    Ça sentait la pomme qui sèche.
    -Ça fait Clorinde, c'est lui en bas, qui se désennuie en jouant de la musique. C'est comme ça tous les jours. C'est rudement beau
    Oui, c'est rudement beau.
    Et ça poignait durement dans le milieu du ventre comme quand on vous dit l'expression de toute la vérité bien en face.
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  • Par Megelio, le 20 juin 2013

    - Je suis ici à me pourrir, qu’il parle ; je vais plier mon paquet et je décampe.
    - Laisse tomber, que j’y réponds, s’il y a quelqu’un qui t’a malmené, ou si on t’a dit une raison de trop, faut jamais s’en souvenir avec du vin dans le gésier. C’est un mauvais moment. Les choses, ça passe au courant du jour, laisse tomber : Une heure ? une heure ; Un jour ? un jour. A mesure que ça défile, ça efface.
    - C’est pas de ça, qu’il me fait ; les mauvaises raisons c’est rien pour moi. Ce que j’ai, c’est du sérieux et ça compte ; ça m’est entré dedans petit à petit comme un fil d’eau, et, maintenant, c’est gros et lourd sur mes jambes et ça m’empêche d’être heureux au soleil. Tant vaut que je parte.
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  • Par Megelio, le 23 juin 2013

    On s’assemblait par sympathie ; ça, chez nous, c’est de règle. On se met cinq ou six, au jugé d’après la tête, et en avant. J’en avais visé un, grand, avec des yeux d’eau claire qui débordaient sur ses joues, et, sous sa moustache, un rire comme de la neige. Ce qui m’avait attiré, je ne vous cache pas, c’est que, dans ces yeux, y avait quelque chose d’amer ; une ombre, comme le reflet d’une viande qui pourrirait au fond d’une fontaine.
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