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ISBN : 2253010847
Éditeur : Le Livre de Poche
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.02/5 (sur 252 notes)
Résumé :
A la « Buvette du Piémont », un vieux journalier est attiré par un grand gars qui parait affreusement triste et provoque ses confidences : Albin venait de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d'une fille qui s'est laissé séduire par le Louis, « un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir.
Depuis, Albin était... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
sylvaine23 août 2015
  • Livres 5.00/5
Pour moi un vrai et grand coup de coeur !
Sur les bords de la Durance pas très loin de Manosque le narrateur Amédée et son ami Albin se sont loués pour les foulaisons à Marigrate
Un soir de « moins bien » Albin se raconte. Lui plutôt du genre taiseux vide son sac dans l'oreille d'Amédée.
Trois ans plus tôt Albin était venu dans cette même ferme se louer. Il y a fait ami avec le Louis, un gringaler sachant nager tout droit venu de Marseille Un petit voyou de Louis , un malingre ayant du mal à soulever sa fourche mais pour causer aux femmes pas son pareil. C'est comme cela qu'un soir Albin voit arriver à l'épicerie en face du cabanon une superbe jeune fille tenant en main les rênes de son cheval et il en tombe amoureux ! C'était sans compter sans cet escogriffe de Louis qui non seulement arrive à ses fins avec Angèle mais à la persuade de le suivre à Marseille. Je vous laisse imaginer la suite.
Depuis ce jour Albin, jeune et pur jeune homme ne vit plus.
Amédée décide de lui venir en aide .Il va aller prendre des nouvelles de la dite Angèle et les fera savoir à Albin en fonction du résultat ce dernier aura toujours le choix de remonter aux Baumugnes dans sa montagne !!
Amédée décide donc de se faire embaucher à la Douloire, le père l'accueille avec le fusil…
Une écriture magique il n y a pas d'autres termes ! Comment résister à la « monica » des Baumugnes ? Comment ne pas entendre ce que la musique exprime ?
Une histoire d'amour, une histoire d'amitié avec un grand A, l'amour d'un pays, des bords de la Durance, l'amour de ces habitants, de la nature. Que n'ai je déjà fait mes bagages pour aller découvrir ces bois ces bords de la Durance et mettre mes pas dans ceux de Giono
Grand, grand coup de coeur !!!!!
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Chouchane
Chouchane12 septembre 2014
  • Livres 5.00/5
C'est Amédée - un ouvrier agricole rude à la tâche et le coeur sensible - qui parle. Il raconte, dans la langue splendide de Giono, une histoire d'hommes et de femmes et nous offre un grand moment de littérature.
Amédée, après avoir loué ses bras pour les foulaisons du blé, s'assoit boire un coup avec les autres ouvriers et là il voit Albin, un de ces hommes « qui sont seuls dans le monde, seuls sur leurs jambes avec un grand vide autour, tout rond ». Cet homme triste et solitaire semble remplit d'amertume et Amédée se sent l'âme de le soulager. Pour cela, rien de mieux que les mots, ceux qui racontent.
Ainsi on passe au récit d'Albin. C'est lui qui vient de Baumugnes. Un village retranché où se sont réfugiés des humains que, pour punir de leur croyance, on a amputé de la langue. Ces hommes et ses femmes se sont alors servis, pour communiquer, du son de l'harmonica. Comme eux, Albin sait parler avec la musique en soufflant dans le bois et le métal. On retrouve le réalisme fantastique de Giono qui emballe son lecteur dès les premières lignes. Un été de travaux Albin rencontre Louis, un marseillais de la pire espèce lui aussi embauché aux champs. Surtout, il découvre furtivement entre les roseaux Angèle. « Elle avait troussé jupon et elle était nue de toutes ses cuisses ; sans corsage, elle était nue de ses roux comme de grosses prunes et, ainsi faite, elle pataugeait dans l'herbe et l'eau ». Il n'est hélas pas le seul à avoir mesuré la pure beauté d'Angèle, Louis aussi. Plus cruel et manipulateur, c'est Louis qui va mener une danse manipulatrice et dramatique pour Angèle.
Amédée reprend alors le fil du récit. Il décide de retrouver la trace d'Angèle et c'est cette aventure qui va occuper la fin du roman. Giono sait mêler suspens, poésie et analyse psychologique des personnages et d'une histoire simple faire un chef d'oeuvre. Tout concours à rendre puissant le récit, le travail des hommes dans les champs, le silence devant la soupe du soir, la souffrance silencieuse, les mots de l'harmonica dans la nuit. Les sentiments permettront aux hommes de transgresser les carcans sociaux et quand le bonheur arrive enfin au rendez-vous c'est dans un champ de blé que Giono nous le représente.
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brigittelascombe
brigittelascombe17 décembre 2011
  • Livres 5.00/5
Il m'a pris soudain comme une envie de m'enivrer d'air vif, cette tramontane du pays de Manosque qui fouette le sang et vous insuffle le mot bonheur; de m'égarer aux abords de Baumugnes; de plonger dans la transparence bleutée de la Durance qui s'abreuve à la pureté des glaciers; d'écouter dans une simple buvette les quelques notes d'accordéon qui survolent la familiarité des mots pour tisser un cocon d'amitié, tiens un peu comme celui de l'Amédée et de l'Albin, ces deux hommes de peine qui se louaient au gré des fermes sans se connaître avant de se rejoindre au fil des mots. J'ai eu envie de m'asseoir là pour toucher du doigt leur entente toute fraternelle, savoureuse comme le bon pain; de ressentir à travers la verve d' Amédée le souffle de l'amour qui passe par le petit trou de la lorgnette, entre Albin et Angèle, fille perdue abusée par Louis et enfermée par son père dans une sombre cave pour avoir fauté.
Alors,s'élèvera légère la complainte de l'harmonica, "ce son qui ronfle,ce son qui pleure", qui arrive sur vous comme "un grand morceau de pays forestier arraché tout vivant, avec la terre,toute la chevelure des racines de sapins,les mousses, l'odeur des écorces"; une musique qui s'égoutte "longue source blanche", lumineuse "queue de comète".
Oui, il m'a soudain pris l'envie d'arpenter les chemins du conteur Jean Giono. Des chemins divins!
Un du pays de Baumugnes est l'un des romans les plus représentatifs de l'oeuvre de Jean Giono. Il parle d'hommes,de nature,d' amitié et d'amour, d' émotions simples et fortes. Ecrit au "je" son débit alerte, son parler parfois cru, nous entrainent dans l'imagination fertile de l'auteur, sur ces terres de Haute Provence qu'il a tant aimées. Giono c'est toute une philosophie qui plante ses racines dans la terre aride, s'immisce entre les rocailles, descend en profondeur, là où tout nait, là où tout meurt, pour y puiser sa sève.
Giono, c'est la vie malgré tout!
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Domichel
Domichel22 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Il ne m'aura pas fallu longtemps après « Colline » pour continuer la « Trilogie de Pan », par « Un de Baumugnes », qui n'est pas la suite du précédent.
Cette fois encore, la magie de l'écriture a fait son oeuvre d'enchantement.
Amédée, ouvrier agricole plus très jeune, se loue à la tâche de ferme en ferme pour un toit, la soupe et quelque argent. le dimanche soir il retrouve ses collègues pour boire le coup, et fait la connaissance d'Albin, un autre tâcheron comme lui, de trente ans son cadet, qui semble remâcher son malheur dans son coin. Mis en confiance et détendu sous l'effet du vin, il va se confier à son collègue et lui conter son histoire. Celle d'une rencontre un peu féerique d'une jeune et très belle fille, Angèle, qui pour son malheur sera tombé sous l'emprise de Louis, un fieffé personnage qui aura tôt fait de l'emmener à Marseille pour la mettre au turbin sur le trottoir. Seulement Albin ne peut oublier la belle et veut aller chez les parents d'Angèle pour savoir ce qu'il est advenu de cette dernière. Pressentant un malheur ou des mensonges, c'est Amédée qui va s'en charger, et promet à son compagnon de lui donner quelques nouvelles d'ici la Toussaint.
À partir de ce moment, l'histoire au présent se met en marche, et dans la bouche d'Amédée c'est presque une enquête policière qui débute. Comme dans le premier volume de la trilogie, grâce à une écriture ramassée, drue et riche, Giono nous emmène dans ces paysages de Haute-Provence qu'il connaît si bien et dont il nourrit son récit. Moins axée sur la force de la nature mais davantage sur la psychologie des personnages, c'est une galerie de portraits d'hommes et de femmes simples, quelquefois rustres, mais toujours aux sentiments contenus, que l'auteur nous présente. Dans un pays sauvage, c'est à travers les humains que la dureté de la nature va ressortir parfois avec beaucoup de violence. Clarius le père, prompt à empoigner son fusil ; Saturnin le valet, en proie à des rires plus inquiétants que drôles ; maman Philomène, soumise mais à l'occasion rebelle ; Albin, volontaire et idéaliste ; Louis, fourbe et fainéant ; Angèle, confiante sans retenue ; et ceux de Baumugnes dont on découvrira l'histoire. Au milieu de tous, évolue Amédée, courageux, rusé, philosophe et conscient de son propre sort, sans doute le plus attachant de tous…
Dans cette histoire aux accents de tragédie antique, on retiendra la beauté des images et la complexité des caractères, avec une pointe de suspense qui est la bienvenue dans un récit lent et mesuré. Même si le roman est court il faut cependant du temps pour le lire et en apprécier le contenu, car chaque mot, chaque respiration, chaque image a son importance. Pour paraphraser Saint-Exupéry, s'il n'y a rien à rajouter, il n'y a rien à retrancher et c'est ce qui fait la force de ce livre.
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lecassin
lecassin15 octobre 2012
  • Livres 5.00/5
« Un de Baumugnes » est le deuxième volume de la trilogie de Pan, paru en 1929… mais c'est aussi « Angèle », l'adaptation cinématographique, que Marcel Pagnol en fit en 1934 avec Fernandel et Orane Demazis dans le rôle titre.
Après le Hameau des Bastides Blanches théâtre du premier volume de cette trilogie de Pan, Jean Giono nous transporte à Marigate et à Baumugnes, dans sa chère Provence.
Amédée travaille comme journalier à Marigrate, un village qui longe la Durance. C'est là qu'il rencontre Albin, un de Baumugnes pourrait-on dire puisqu'il en est originaire…
Albin finit par se confier et lui parler d'Angèle, la fille de la de ferme la Douloire qui le hante depuis trois ans : depuis le jour où il la vit pour la première fois, et où séduite par Louis, celui-ci l'emmena « travailler » à la ville.
Amédée ira se faire embaucher à la Douloire, chez les parents d'Angèle pour tenter d'en savoir plus et par amitié pour Albin… Il sera accueilli par le père de la belle armé d'un fusil…
Est-ce la Provence où l'époque, début XX e, qui crée des caractères tels que Giono nous les dépeint ici ; sans doute les deux à la fois. Il en résulte un texte d'une très grande beauté qui fait du style de Giono quelque chose de reconnaissable entre mille. « Un de Baumugnes », un roman d'amour, certes, amis également d'amitié…Magnifique.
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO03 février 2015
À Marigrate, le vieux Amédée se loue dans les fermes. Il rencontre Albin à la
Buvette du Piémont dans le faubourg à Manosque. Albin est un jeune, bel
homme qui vient du village Baumugnes.
Trois années auparavant, il était dans le même village avec Louis et il en dit
ceci: „La gerbe tremblait au bout de sa fourche et sa mauvaise odeur
m'engourdissait“ (p. 11)
Un soir, une charrette, conduite par une fille, déboule sur la place. Louis veut la
transformer en une putain à Marseille. Il n’y voit qu’un capital. Mais Albin est
fasciné d’elle et il dit: „Alors, c’est la lune qui lui tape en plein dessus, du pied
au cheuveu, et c’est elle que je vois entière, avec ses jambes et son doux
ventre et ses deux sains pleins que le corsage tenait, et sa belle tête aux
tresses tortillées“. (p. 13)
Albin ne s'en remet pas et il est tombé amoureux d’Angèle. Mais elle est à
Marseille et il, désespéré, erre depuis trois ans de ferme en ferme, et envisage
maintenant de rentrer chez lui à Baumugnes. Amédée espère obtenir des
informations et peut soulager Albin avec des nouvelles d’Angèle. Il lui fixe un
rendez-vous dans trois mois à un endroit donné et Albin accepte sa proposition.
Voilà donc Amédée parts vers la ferme des parents d’Angèle.
Quand il arrive à la Douloire, le mas du parents d’Angèle, il y est reçu par un
homme le fusil à la main et qui le menace de tirer s’il ne part pas de suite.
Heureusement la mère d’ Angèle arrive et Amédée reussis à se faire engager.
Les parents d’elle sont très tristes et l’ambiance est bien plus que sinistre dans
cette maison. De ceci Amédée conclut qu’elle n’est plus rentré.
Entre-temps, Albin l'attend dans une ferme où Amédée a travaillé et où il
couchait avec la fermière.
„Les gens d’ici sont très fins sur l’amour-propre et la réputation. Une fille qui se
dérobe, et encore avec un pignouf de ce genre, ça fait parler, ça fait dresser les
index.“(p. 56) Avec cette phrase il a montré qu'il connaît „La fille du Barbaroux“
et pendant un orage il remarque qu’Angèle est enfermée. Mais le problème est
où elle se trouve. Comme premier il informe Albin sur la situation.
Quand la mère apporte de la nourriture dans l’abri et il voit une tasse fine, qui
n’est pas au père, puisque celui est de nature grossière, Amédée vient
lentement sur la trace que les parents doivent avoir dissimulé Angèle. Albin
découvre par coïncidence la cache, un silo, et Amédée et Albin la délivrent. Puis
Ils s'enfuient et retournent chez les parents d’Angèle de se réconcilier. Après
Albin et Angèle tombent amoureux et ils rentrent heureux à Baumugnes. Et le
vieux Amédée continue à travailler de ferme en ferme.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille01 septembre 2014
Il s'en venait tout le long de la Durance un air d'Alpe, franc de lame comme un rasoir.
Mon Saturnin (et ça, je l'ai apprécié tout de suite), mon Saturnin tombe la veste et couvre le mulet.
"Si des fois il prenait froid", qu'il dit, comme tout honteux de la chose.
Je reste un moment sans parler, puis je dis :
"Et toi, si tu prenais froid, des fois ?"
Il a son petit rire en bruit de fagot.
"Moi, qu'il dit, si je me pose là, au beau courant d'air, je le veux bien, c'est de mon vouloir, mais la bête, c'est tout niais, sans bras devant le mal. Alors, si c'est pas un peu nous qui prenons sa défense, qui ça sera ?"
Et puis après, comme il venait de se trémousser dans un long frisson, il dit encore, peut-être pour que je réponde oui :
"Ce que c'est couillon, un homme !"
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ssabssab08 septembre 2012
-Qu'est ce que c'est que ça, Clorinde?
Ça, c'était une musique de vent, ah, mais une musique toute bien savante dans les belles choses de la terre et des arbres.
Ça sentait le champ de maïs ténébreux : de longues tiges et de larges feuilles.
Ça sentait la résine et le champignon et l'odeur de la mousse épaisse.
Ça sentait la pomme qui sèche.
-Ça fait Clorinde, c'est lui en bas, qui se désennuie en jouant de la musique. C'est comme ça tous les jours. C'est rudement beau
Oui, c'est rudement beau.
Et ça poignait durement dans le milieu du ventre comme quand on vous dit l'expression de toute la vérité bien en face.
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OliphantOliphant20 juin 2013
- Je suis ici à me pourrir, qu’il parle ; je vais plier mon paquet et je décampe.
- Laisse tomber, que j’y réponds, s’il y a quelqu’un qui t’a malmené, ou si on t’a dit une raison de trop, faut jamais s’en souvenir avec du vin dans le gésier. C’est un mauvais moment. Les choses, ça passe au courant du jour, laisse tomber : Une heure ? une heure ; Un jour ? un jour. A mesure que ça défile, ça efface.
- C’est pas de ça, qu’il me fait ; les mauvaises raisons c’est rien pour moi. Ce que j’ai, c’est du sérieux et ça compte ; ça m’est entré dedans petit à petit comme un fil d’eau, et, maintenant, c’est gros et lourd sur mes jambes et ça m’empêche d’être heureux au soleil. Tant vaut que je parte.
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DomichelDomichel20 avril 2015
Je dépasse à peine le premier rebord de terre que ça me fait comme un grand froid noir sur l’échine.
Je lève l’œil. Il y avait dans le ciel cinq gros nuages lancés à fond de train et c’était l’avant-garde. Ça avait encore un peu figure humaine, mais ce qui venait derrière : la fin de tout, une confiture d’encre, sans forme ni rien, avec des tressautements de tonnerre et un grand rire d’éclair qui montrait ses dents en silence avant de bramer.
Je cavale en vitesse sur la pente et, tout d’un coup, j’entends la grande averse qui court après moi.
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