ISBN : 2253004022
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 3.68/5 (sur 144 notes) Ajouter à mes livres
Aubignane, petit village près de Manosque, se meurt. Seuls trois fidèles occupent encore ce nid de spectres. Mais l'hiver finit par chasser le vieux forgeron, et la veuve du puisatier disparaît au printemps, avec la promesse qu'elle avait faite à Panturle de lui trouver... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 21 décembre 2011

    brigittelascombe
    S'appuyant sur la doctrine du Panthéisme où Dieu est tout, Jean Giono a bâti sa trilogie de Pan (Un de Baumugnes, Colline et Regain) dans laquelle la nature, à la fois belle et cruelle, s'unifie en un seul Dieu.
    Dans Regain, point de menace d'incendie ou de sècheresse comme dans Colline, mais la désertification d'un village qui se meurt.
    Plus mythe que roman, ce récit se scinde en deux parties: mort et renaissance.
    Du puisatier enseveli dans son puits, de son petit empoisonné par la cigüe, à la mère du Panturle "morte du mal"; Aubignac "a l'air tout mort".
    Le départ de "La Marèche" et de Gaubert, le forgeron, isolent le Panturle du monde.
    Il est seul, "cet homme énorme", ce "morceau de bois qui marche". Il est seul et parle seul, ou à son feu ("Ah! Tu as fini?") ou à sa chèvre Caroline ("Cabro, cabro"). Et la violence monte dans cet homme sans femme. Un coup de pied à sa biquette, un attrait irrésistible pour le sang du renard dépecé.Au fur et à mesure que son animalité prévaut, la nature, elle, s'humanise: "le dernier doigt du soleil lâche le pin", "le vent soulève le ciel comme une mer"...
    Arrive alors une femme, Arsule "aux grands yeux de paquerette", une actrice recueillie par Gédémus le rémouleur.Ils s'arrêtent là et elle va rester, s'intégrer au lieu car "la peau de Panturle c'est une écorce", "son poignet est noué comme un noeud d'arbre", "son coeur est un beau fruit sur des feuillages" et ce sera le Regain et le bonheur de l'homme "tout embaumé de joie" face au ventre gonflé d'une promesse de vie.
    Des auteurs tels que Sartre, Céline et Simone de Beauvoir, ont par la suite décrié la nature, mais lorsqu'on lit L'homme qui plantait des arbres c'est un message écologique que délivre Jean Giono. Il a voulu inciter l'homme à préserver le monde naturel et retourner aux vraies valeurs de l'amour simple,du travail de la terre, de l'amitié et de l'entraide.
    J'aime ses images poétiques sublimes: "le vent soulève le ciel comme une mer", "le soleil accroché au pin résiste", son langage familier qui sonne vrai "Marie couche toi là" même s'il est virulent dans la bouche de Gédémus et s'avère faux par la suite. J'aime Giono car il est toujours vivant dans les coeurs.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Jean Giono (1895 - 1970) écrivain et scénariste français, d'une famille d'origine piémontaise, a écrit un grand nombre de ses ouvrages dans le cadre du monde paysan provençal et plus particulièrement autour de sa ville natale de Manosque. Son roman, Regain, paru en 1930 est le dernier d'une trilogie intitulée Pan, dont les deux autres volets sont Colline et Un de Baumugnes.
    Il ne reste plus que trois habitants à Aubignane : Panturle, Gaubert le vieux forgeron et la Mamèche, une vieille Piémontaise qui y a vu mourir son mari et son enfant. le forgeron quitte le hameau lui aussi, pour terminer sa vie près de son fils à la ville, quant à la Mamèche elle disparaît après une discussion avec Panturle, un homme encore dans la force de l'âge qui lui avoue que la solitude commence à lui peser et qu'une femme à ses côtés lui redonnerait espoir.
    Panturle se retrouve définitivement seul, dernier habitant de ce lieu abandonné de tous, vivotant de sa chasse. Jusqu'à l'arrivée inopinée d'un rémouleur égaré, Urbain Gédémus, et d'une jeune femme qui l'accompagne, Arsule, tirant sa carriole et lui tenant compagnie. Entre Panturle et Arsule l'attrait physique est immédiat et ils se mettent en ménage à l'insu de Gédémus qui reprend la route, croyant Arsule partie.
    La présence d'une jeune femme à ses côtés rend Panturle plus exigeant sur ses conditions de vie. La femme embellit le maison et lui se lance dans les travaux agricoles, allant jusqu'à semer du blé au prix d'efforts physiques énormes. Les mois passent, les récoltes donnent leurs fruits, le couple vit mieux. le bouche à oreille répand la nouvelle, la terre d'Aubignane est bonne pour la culture, quand le livre se clôt, Arsule est enceinte et une jeune famille vient s'installer dans une maison du village. Panturle a des voisins et Aubignane va renaître.
    Sans être un chef-d'œuvre, ce court roman de Giono est un très joli livre aux accents de poésie bucolique qui nous renvoie aux temps anciens où la terre était le bien le plus précieux pour les hommes. Alors que le village d'Aubagne semblait condamné à l'abandon et à la mort certaine, le courage et la volonté d'un homme, Panturle, associé à la rouerie ultime d'une vieille femme mourante, la Mamèche, permettront de redonner la vie à ce coin de terre perdue. Car la Mamèche qui avait disparu, n'était pas si loin, elle se profilait dans la lande pour effrayer et détourner de leur route le rémouleur et sa compagne, afin de les rabattre vers Aubagne et Panturle. La Mamèche interférant sur le cours du destin, pour que l'homme et la femme se rencontrent sur cette terre, paradis en devenir, qui fera du chasseur un agriculteur. Une de ces bonnes vieilles ruses comme on en trouve dans les mythologies grecques et romaines.
    Un beau roman, plein d'une naïve innocence, écrit avec des mots et des tournures du vieux temps qui nous font revivre une époque faite de simplicité et de rudesse mais aussi de vérités basiques, donc essentielles.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 27 juillet 2010

    Bunee
    Ce grand classique a été lu au collège, c'est à dire il y a de ça un bout de temps déjà pour la récente trentenaire que je suis, et on ne dira jamais combien il est troublant de se replonger dans les lignes qui ont bercé les débuts émus de votre scolarité, et de voir à quel point elles nous apparaissent différentes.
    Un professeur de lettres et de français dont le souvenir m'est cher disait toujours qu'il n'y avait de lecture que dans la relecture, la première lecture s'apparentant plus souvent à un déchiffrage, voire défrichage.
    Giono donc, et les saveurs de la campagne provençale. Panturle, un paysan bourru, se retrouve seul dans un village perdu dans l'arrière pays provençal, agrippé à une terre âpre et avare, et apparemment voué à la ruine : Aubignane. le forgeron est parti vieillir chez son fils et "la Piémontaise" a mystérieusement disparue.
    Mais la solitude lui pèse, et menace de le rendre fou. Jusqu'à ce qu'Arsule, une femme jeune, perdue, échoue à Aubignane, le rencontre. Dès lors, il l'installe chez elle. C'est alors que Panturle deviendra cultivateur plutôt que chasseur, dans l'espoir de faire du pain afin de nourrir sa « famille ». le blé qu'il cultive va faire parler de lui, et un "Regain" de vie animera de nouveau le village.
    Assez vif, coloré, authentique et émaillé de termes patois, le récit vous transporte dans l'ambiance désormais lointaine mais toujours aussi charmante propre à la Provence du début du siècle et, d'une certaine manière, arrive encore à vous toucher avec des personnages simples, enracinés sur leur terre, mais malheureusement parfois caricaturés (bien que ce ne soit pas Pagnol non plus).
    Les souvenirs d'enfance pèchent par leur traîtrise. Lorsque vous retournez sur les lieux chéris, bien souvent, vous les trouvez soudainement bien plus petits, plus fades et étriqués que votre mémoire ne le suggérait. Préserver le souvenir d'un écrivain que vous avez lu dans votre enfance (souvenir qui d'ailleurs finit par avoir plus d'importance que l'objet sur lequel il s'est cristallisé) suppose parfois de ne pas le relire..
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 29 février 2008

    Woland
    Dernier volet de la trilogie "Pan", "Regain" conte le destin d'un village quasiment abandonné au début du récit puisqu'il n'y reste plus que deux habitants, Panturle et une vieille Italienne desséchée qu'on nomme "la Mamèche. Gaubert le forgeron vient en effet de se décider à quitter Aubignane pour aller vivre plus bas, chez son fils, Joseph.
    Ce départ plonge la Mamèche en une sorte de fureur. C'est à Aubignane en effet qu'elle a tout perdu : son mari, le puisatier italien et leur fils, empoisonné pour avoir, à trois ans, mangé de la ciguë. Tout ce sang versé n'aurait donc servi à rien ?
    La vieille femme se met en tête de trouver une femme à Panturle et, ainsi, de redonner vie au village. Un matin, elle s'en va donc et son chemin ne va pas tarder à croiser la carriole du rémouleur Gédémus, qu'accompagne la pauvre Arsule qu'il traite à la fois comme sa maîtresse et comme une bête de somme. La Mamèche mettra tout en oeuvre pour les égarer et les amener non loin de la maison de Panturle ...
    Par le style, "Regain" est plus assuré que "Colline" où l'auteur faisait peut-être un peu trop d'efforts dans la simplicité. Ici, le ton s'est affermi et l'on sent bien qu'il a pris sa vitesse de croisière. A nouveau, le vent qui souffle face à Gédémus et Arsule est comparé à l'élément liquide, source de toute vie, et le roman déborde d'une sensualité faunesque qui, dans "Colline", n'en était encore qu'au premier stade.
    A noter que ce roman a servi de base au film éponyme de Marcel Pagnol où, face à Gabrio dans le rôle de Panturle, Orane Demazis tenait celui d'Arsule en compagnie d'un Fernandel réjouissant de veulerie et de faconde dans celui de Gédémus le rémouleur. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par laurentgui, le 29 avril 2012

    laurentgui
    L'histoire d'un petit village de Haute Provence qui arrive au terme de son dépeuplement, à la croisée des chemins entre sa mort ou sa renaissance. Ce roman est une ode à l'harmonie avec la terre, avec la nature et sa nature. Un livre touchant, nostalgique d'un temps révolu, où l'on avait le temps, peu besoin d'argent, la vie avait un sens simple, évident. En lisant le dossier, on perçoit encore mieux la puissance et le génie de l'auteur. À lire !
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Citations et extraits

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  • Par Prigent, le 09 août 2010

    Panturle l'enlève du piège et il se met du sang sur les doigts ; de voir ce sang comme ça, il est tout bouleversé. Il tient le renard par les pattes de derrière, une dans chaque main. Tout d'un coup ça a fait qu'il a, d'un coup sec, serré les pattes dans ses poings, qu'il a élargi les bras, et le renard s'est déchiré dans le claquement de ses os, tout le long de l'épine du dos, jusqu'au milieu de la poitrine. Il s'est déroulé, toute une belle portion de tripes pleines, et de l'odeur, chaude comme l'odeur du fumier.
    Ca a fait la roue folle dans les yeux de Panturle.
    Il les a peut-être fermés.
    Mais, à l'aveugle, il a mis sa grande main dans le ventre de la bête et il a patouillé dans le sang des choses molles qui s'écrasaient contre ses doigts.
    Ca giclait comme du raisin.
    C'était si bon qu'il en gémit.
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  • Par AireLibre, le 22 janvier 2008

    Panturle a pris sa vraie figure d'hiver. Le poil de ses joue s'est allongé, s'est emmêlé comme l'habit des moutons.
    C'est un buisson. Avant de commencer à manger, il écarte les poils autour de sa bouche. Il est devenu plus méchant aussi. Il ne parle plus à ses ustensiles. Il a entouré ses pieds et ses jambes avec des étoffes attachés avec des ficelles. Avec ça, il a chaud, il ne glisse pas, il ne fait pas de bruit. Il est toujours avec son couteau et ses fils de fer sournois. Il chasse. Il a besoin de viandes.
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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    Aubignane est collé contre le tranchant du plateau comme un petit nid de guêpes ; et c’est vrai, c’est là qu’ils ne sont plus que trois. Sous le village la pente coule, sans herbes. Presque en bas, il y a un peu de terre molle et le poil raide d’une pauvre oseraie. Dessous, c’est un vallon étroit et un peu d’eau. C’est donc des maisons qu’on a bâties là, juste au bord, comme en équilibre, puis, au moment où ça a commencé à glisser sur la pente, on a planté au milieu du village le pieu du clocher et c’est resté tout accroché.
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  • Par Seraphita, le 23 septembre 2010

    Au matin, Panturle a ouvert sa porte sur le monde délivré. C’est la vie, c’est la belle vie avec des gestes et des courses. Tout le bois, les bras en l’air, danse sur place une grande danse énervée. De larges navires d’ombre naviguent sur les collines. Le vol des nuages s’élance d’une rive du ciel à l’autre. Il passe dans le vent un corbeau tout éperdu, roulé comme une feuille morte.
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  • Par brigittelascombe, le 21 décembre 2011

    C'est de la solide chair souple et chaude,et dure à la fois,ce qu'elle tient à pleines mains, que ce poignet d'homme qui l'attache à l'homme,ce poignet qui est un pont par lequel le charroi du désir de l'homme passe en elle.
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Vidéo de Jean Giono

Extrait de Un roi sans divertissement, film français réalisé par François Leterrier, sorti en 1963. Il est adapté du roman éponyme de Jean Giono, qui signe lui-même l'adaptation et produit le film.








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