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ISBN : 2246125928
Éditeur : Grasset (1989)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 26 notes)
Résumé :


Dans Siegfried et le Limousin, j'ai raconté l'histoire d'un Français privé de la mémoire par une blessure reçue à la guerre, rééduqué sous le nom de Siegfried par ceux qui l'ont recueilli dans une nation et des mœurs qui ne sont pas les siennes, et ramené par des amis à son ancienne vie.

Cette idée était si dramatique que, comme tous les grands drames, elle a été réalisée depuis par le sort

Je tiens en ce qui concerne ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
brigittelascombe
brigittelascombe05 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
"J'avais de bonnes raisons pour être frappé par ces phrases, je les connaissais".
Le narrateur, Jean, "petit bourgeois" et écrivain parisien repère en janvier 1922, en lisant un journal allemand la "Frankfurter Zeitung", un plagiat de l'oeuvre de son ami Forestier porté disparu lors de la guerre de 14-18.
Il écrit une "lettre ouverte" au directeur de la revue et fait appel à son ami allemand le comte Zelten pour résoudre cette énigme.
Qui est ce mystérieux SVK qui signe les articles?
Il se rend en Allemagne, et là.... Surprise!...."Je vis Forestier!"
Ce rapprochement ne sera pas approuvé par tout le monde surtout lorsque l'on se fait passer pour un certain Jean Chapdelaine, Canadien.
Siegfried et le Limousin est un beau roman d'amitié, l'amitié qui lie deux hommes amis d'enfance (dans le Limousin d'où le titre).
SVK: Siegfried von Kleist, est le nom dont a été rebaptisé Forestier (blessé de guerre amnésique) par Eva la belle (bonjour l'amour!) cousine de Zelten qui l'a soigné.
Ce roman évoque le voyageur sans bagage de Jean Anouilh (qui s'est d'ailleurs inspiré de Giraudoux) basé sur le thème de l'identité,de l'imposture et du mensonge d'un amnésique retrouvé après la fin de la guerre de 14-18.
Car en fin de compte qui est Siegfried ? Allemand ou français? Un trou de mémoire et une bonne connaissance de la langue suffit pour sauter allègrement une frontière.
Jean Giraudoux situe ce roman dans l'après guerre.Il nous montre l' Allemagne comme un "grand pays humain et poétique", romantique. N'est-elle pas la patrie de Goethe? Beaucoup de références littéraires ponctuent ce livre situé dans un milieu d'intellectuels qui discutent de la "pensée profonde de l'Allemagne", de politique, de la fatalité et de l'absurdité de la guerre. Pourtant, malgré ces images culturelles emplies d'idéal, Eva lorsqu'elle récite ses prières dit haut et fort sa haine des Français. Pourtant, dans ce grand pays avec ses "musiciens en uniforme" il existe déjà des rafles de Juifs. le nazisme commencerait-il à pointer le bout de son nez?
Je ne peux pas dire que j'aie vraiment aimé Siegfried et le Limousin, lui préférant de loin la pièce dramatique Electre mais j'ai apprécié de belles images poétiques comme: ces chevaux qui ont "des éclats d'or au poitrail" ou la description de Zelten semblable à "un fumeur d'opium qui attend sa seconde pipe".
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allard95
allard9526 avril 2014
  • Livres 2.00/5
L'idée de départ est intéressante. Qui est ce SVK qui écrit dans la presse, en 1922, en plagiant un auteur d'avant guerre? Ce sera Forestier, que l'on croyait mort, mais qui, grand blessé sur les champs de bataille, a en fin de compte, survécu. Mais il a tout oublié de son passé. Siegfried VK sera son nouveau nom.
Mais l'auteur mélange cette histoire à celles d'amitiés confuses, de relations franco-allemandes non remises du chocs des guerres, et parsème tout cela d'un foisonnement de références culturelles de haute volée, mais vraiment, vraiment difficiles à suivre. Dès lors, il faut du mérite pour aller jusqu'au bout. C'est un livre d'intellectuel pour intellectuels; je doute que les lecteurs d'aujourd'hui soient nombreux pour s'investir dans la découverte d'un univers - brillant d'un point de vue littéraire et philosophique - mais tellement complexe et touffu.
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
genougenou01 juillet 2015
« Je ne veux pas mourir avant d’avoir revu l’Europe heureuse. Sans avoir vu reparaître ce journal dont je ne sais ce qu’est devenu le directeur, l’Écho international des gens heureux avec son supplément illustré des bêtes et des plantes heureuses, et ses trois cents abonnés. Sans avoir vu les deux mots qu’une force invincible écarte le plus chaque jour, le mot Russie et le mot Bonheur, se rencontrer sur mes lèvres à nouveau. Je ne veux pas mourir avant que les mères dont les fils ont été tués soient toutes mortes : ce jour-là, un grand pas sera fait vers le bonheur du monde. Moi, qui n’avais jamais voulu jusqu’ici renoncer au tennis malgré mes palpitations, aller aux eaux malgré mon foie gonflé, et aux bains, malgré mes rhumatismes, je veux voir l’Europe heureuse, je veux me garder intact pour ce jour, et me calfeutrer entre Royat, Néris et Vichy, dans ce triangle auvergnat de santé qui s’élargira peu à peu, à mesure que viendra l’heure heureuse, jusqu’à Marienbad, jusqu’à Constantza, et enfin jusqu’aux eaux de Crimée… Être heureux, – je dis cela pour ceux qui n’ont pas plus de vingt-cinq ans, car ils l’ignorent, – c’est, aux frontières, ne pas entendre les gens multiplier par cent ou par mille, comme des peuples d’enfants, le contenu de leur bourse. C’est revoir la même humeur sur le visage des dix maîtres d’hôtel de l’Orient-express, et des quarante stewards quand on fait le Tour du Monde, et ce même sourire qu’ils se transmettaient, flambeau des âmes domestiques, avec ma couverture et ma valise. C’est ne pas avoir, à la vue d’un rapatrié des régions affamées, l’impression qu’il a un jour disputé son repas à un enfant… Alors, le jour où j’aurai vu le monde à nouveau robuste accrocher comme deux plaques de ceinturon le mot Russie et le mot Bonheur, je veux bien mourir. Quel agréable jour que celui de ma mort !… On me lira, dans l’Écho (ou dans le Figaro, ou dans le Matin, je choisirai mon journal non d’après sa politique, mais d’après son optimisme), ces accidents terribles qui indiquent que le siècle est au bonheur, qu’un revolver est parti tout seul dans le Loiret, qu’un poète s’est cassé la jambe à Berlin, qu’un typhon a tué son million de Chinois… Ô monde, nous ne nous doutions pas que le naufrage du Titanic était un message d’heureuse paix !…” (p112/113)
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genougenou01 juillet 2015
Comme tous ces écrivains qu’on dit mondiaux, comme Shakespeare, comme Cervantès, il ne voulait être d’aucun secours dans ces crises où le seul nom de Molière, de Voltaire ou de Hugo venge le vaincu et donne un conseil aussi précis que l’indication d’une rue ; et quand on observa ce long silence que les Américains organisent à la minute anniversaire de la naissance du Christ ou de la victoire d’un ballon américain dans la coupe aéronautique, ce n’était pas seulement l’Allemagne qui se taisait, c’était Goethe. Une nation à ce point désorientée et malheureuse ne devrait pas avoir à fêter, comme son sauveur, le modèle du bonheur et de la sagesse. (p136)



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genougenou01 juillet 2015
— Après 70, mon instituteur m’a forcé à dessiner aux crayons Faber et à mépriser les crayons Conté. Mon professeur de gymnase à lire Immerman et Kotzebue, au lieu de Dante et de Shakespeare. Mon maître d’histoire naturelle, à l’Université, à découper les animaux d’aquarium en quatre, suivant la méthode de Giessen, et non en deux, suivant la méthode de Gaston Bonnier. L’influence la plus claire de 1870 sur moi, c’est que j’ai été nourrie de Kotzebue et que je découpe le têtard par quartiers. (p111/112)
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genougenou01 juillet 2015
Geneviève ne mourait pas commodément. Elle avait un lit un peu court et ses regards aussi étaient gênés par la montagne, qui tombait devant elle à pic. Elle préférait attendre la mort les genoux pliés et les yeux fermés. Jamais humiliée mais toujours repentante d’être fille naturelle, pleine d’admiration pour ce qui est l’ordre ou la loi, elle essayait seulement de donner à sa vie une conclusion plus régulière que son commencement. (p179)
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brigittelascombebrigittelascombe05 septembre 2012
-Vous êtes Français, dit-elle. Je viens vous demander un service.

Belle naïveté qui unit le mot "français" et les mots "demander service"!
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