ISBN : 2714304443
Éditeur : José Corti (1992)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Inlassable marcheur autant que fin observateur de la vie secrète du monde, des paysages et de la littérature, Julien Gracq, dans ses Carnets du grand chemin, distille pour le plus grand bonheur de ses admirateurs des notes de voyages et de lectures empreintes de poésie,... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 06 janvier 2011

    Seulement, dès qu'on sort des gorges mouillées et que de nouveau on s'élève, on a changé de région : on a quitté le repaire des arbres, on est entré dans le pays des lointains calmes, dans la région des montagnes bleues. Les poumons s'emplissent d'une inspiration délicieuse quand on roule vers la fin de l'après-midi sur la route qui, par St Sernin, avant de plonger vers Lacaune, suit pendant longtemps une ligne sommitale, tandis que partout au loin émerge et s'allonge sur l'horizon, sans arêtes, le troupeau des douces montagnes rases, fourrées de bruyère, et parfois sommées de longues barres de forêts, dont la couleur semble déjà toute infusée de nuit, et fait penser à ces teintes d'ardoise tendres et de cendre bleue qui flottent autour du disque de la lune, quand il apparaît longtemps avant le coucher du soleil dans un jour clair
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  • Par Dravot, le 08 mai 2012

    Un calcul, même très approximatif, du nombre d'heures dont nous avons disposé au cours de notre vie pour la lecture, nous prouve que nous avons en réalité lu sensiblement moins de livres que nous le croyons. Nous n'avons pas eu le temps matériel de lire tous les livres que nous pensons avoir lus.
    Mais les livres que nous avons lus sont bien loin d'être les seuls éléments de notre culture livresque. Comptent aussi, parfois presque autant, ceux dont nous avons entendu parler, d'une manière qui nous a fait dresser l'oreille (l'oreille interne), ceux dont un passage cité ailleurs isolément a éveillé en nous des échos précis, ou dont la mitoyenneté avec des ouvrages déjà connus de nous a permis au moins l'étiquetage. Ceux dont nous ne connaissons guère que le titre et le sens général, mais qui, dessinés en creux par les frontières des livres connexes, figurent pourtant, dans notre répertoire livresque, comme références utilisables.
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  • Par brigetoun, le 15 novembre 2011

    Saint-Flour : il y a un rappel de l’Italie dans la manière qu’a la ville de coiffer de ses tours la colline abrupte, dans le dessin spacieux de son esplanade, dans la belle pierre noire de ses hôtels aux courbes herbeuses, qui sont ceux d’une ancienne petite cité princière de l’Apennin ou des Abruzzes ; mais, dès qu’on quitte le sommet du plateau – sa cathédrale, son évêché, ses lourds bâtiments officiels carrés et l’arceau bas de leur porche, frais et ombreux comme le corps de garde d’une capitainerie de Castille – la dégringolade paysanne des ruelles de terre ravinées est pleine de chats errants et de traînées d’urine. Du haut de sa terrasse, par delà la coupure profonde du ravin, on découvre l’énorme dos de baleine de la Margeride qui court plonger vers le sud, les lourdes ombres de ses nuages glissant sur des sapinières plus touffues que celles des Vosges
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  • Par brigetoun, le 06 janvier 2011

    Le chapeau pointu des médecins de Molière coiffe ça et là, non sans humour, la tourelle des gentilhommières éparses dans la campagne : il flotte un air de gueuserie à la fois délabrée et parodique sur les gîtes de cette noblesse amie de l'opérette qui semble vraiment,, à considérer son standing rustique, n'avoir compté que des cadets. Castels paysans de peu d'apparence, bâtis de matériaux médiocres sous le crépi qui s'effrite : des grumeaux d'argile jaune, plutôt que des moellons, font ici le plus souvent, quand le pisé ne les remplace pas, la substance des murs
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  • Par brigetoun, le 06 janvier 2011

    dans cet équilibre instable et plus que menacé, il suffit à chaque instant d'un accident minime du terrain ou du relief : une plaque de lave ou de calcaire soudain plus chaude, un versant raide exposé au midi, pour que le sud brutalement, à un détour du chemin, éclate et flambe au creux de la verdure mouillée
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1001libraires.com - Bertrand Fillaudeau : les Manuscrits de guerre de Julien Gracq
Bertrand Fillaudeau, qui dirige les éditions José Corti en compagnie de Fabienne Raphoz, nous raconte l'histoire éditoriale des "Manuscrits de guerre" de Julien Gracq qui viennent d'être récemment publiés. L'occasion de mettre en perspective les deux textes qui le constituent dans l'oeuvre et la logique de création de l'auteur du Rivage des Syrtes.








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