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ISBN : 2752905041
Éditeur : Phébus (2011)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Lorsque Cédric Gras, irrésistiblement attiré par les confins du monde, descend du Transsibérienfantasmé par tant de voyageurs, en réalité sept jours dans l’inconfort depuis Moscou, bercé pardes paysages uniformes de bouleaux, et découvre Vladivostok, il est ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 28 novembre 2011

    chocobogirl
    Après avoir pas mal voyagé dans le monde, Cédric Gras, jeune géographe français, se voit confier la mission de créer une alliance française à Vladivostok. S'il a déjà séjourné en Russie, le jeune homme ne connaît pas le côté extrême-oriental du pays. C'est avec grande surprise que la ville se révèle à lui. A travers les saisons, l'auteur va s'atteler à nous faire découvrir une ville et une région dont on ignore tout et réussir à décortiquer l'âme russe dans laquelle il se retrouve tant.
    Parti pour un an d'expatriation, Cédric Gras restera finalement 3 ans dans cette ville qui lui fit pourtant une si mauvaise impression à son arrivée. Vladivostok est une ville russe que 9000 kms séparent pourtant de la capitale. Coincée sur une péninsule à l'extrême sud du pays, la ville est plus proche de la Chine, de la Corée du Nord et du Japon que de Moscou. Port de pêche important de la région, elle interagit régulièrement avec ses plus proches voisins avec qui elle fait commerce.
    Contrairement à l'idée que nous nous faisons tous certainement, la région ne ressemble pas à la froide Sibérie et bénéficie d'un climat temperé qui alterne entre hiver enneigé et un été pluvieux de mousson.
    L'auteur arrive au printemps, au terme d'un voyage en Transsibérien et commencera son récit par cette saison qui peine à soulever l'enthousiasme. La ville a l'apparence d'un "marais à l'eau salé et à l'air vicié" et la mer pourtant toute proche se laisse à peine sentir. Pourtant, Cédric Gras ressentira cette ville comme une évidence et l'étrange sentiment d'arriver dans un endroit familier.
    A travers les saisons donc, le français détaille les particularités d'une ville et d'une région à cheval entre occident russe et Asie. Une région méconnue que ses habitants cherchent à fuir pour un eldorado moscovite ou étranger. Pour mieux y revenir parfois. Il évoque les difficultés économiques d'une région oubliée par le pouvoir central, l'architecture communiste qui enlaidit le paysage, les produits manufacturés chinois qui remplacent la production russe trop lointain et peu accessible, le manque de transports qui oblige chacun à patauger dans la neige boueuse l'hiver, Noël et les voeux de bonne année enregistrés du président qui sont diffusés en domino au gré des fuseaux horaires de la vaste Russie, les particularismes religieux, etc...
    L'auteur adopte un regard d'ethnologue et nous donne à voir avec un exotisme surprenant une ville insoupçonnée. Loin d'avoir une vision pessimiste d'une région quelque peu sinistrée, Il réussit à aborder de manière positive de cette ville qu'il a adopté avec beaucoup de coeur.
    Mais au-delà de la ville, Cédric Gras parle aussi avec beaucoup de chaleur des hommes qui l'habitent. Il pointe du doigt leurs difficultés et le souhait de fuir une ville si grise. Il met en lumière les relations entre les hommes et les femmes russes. Ces dernières, toutes en féminité malgré le froid, prennent plaisir à jouer les indifférentes, les froides beautés, s'attachant au statut et au confort que l'homme pourrait leur amener.
    C'est que la vie est dure et que l'amour parfois vient en second. le français découvre l'amour à la russe, il réapprend des codes chevaleresques oubliés par chez nous : raccompagner une femme jusqu'à chez elle, offrir des fleurs par pur plaisir, faire la cour mais sans jamais rien attendre en retour et ne même pas s'étonner de l'absence d'un simple sourire. Attendre les beaux jours pour se séparer et éviter ainsi les déménagements pénibles de la saison glaciale. Supporter les séparations à longue distance et s'aimer à travers les années, ou alors s'oublier doucement et faire la cour à une autre.

    Loin d'être un récit de voyage au sens classique du terme, Vladisvostok est surtout le portrait honnête et tendre d'une ville, victime d'un imaginaire faux et/ou tronqué, qui cherche son identité entre l'austérité russe et la profusion asiatique. Cédric Gras restitue ainsi les 2 faces d'une ville, à la fois difficile et pourtant aimante, et ne tente pas d'enjoliver son propos. Repoussante et séduisante dans un même élan, Vladivostok a su exercer sur notre expatrié une fascination qu'il transmet au lecteur avec beaucoup de tendresse.
    Si l'auteur ne parle qu'à peine de lui et de son emploi, il transmet malgré tout la relation qu'il a noué avec cette ville et ses habitants, et surtout la manière dont cette rencontre l'a grandit et l'a renvoyé à lui-même.
    Il n'hésite pas, au cours de la narration, à évoquer avec force citation les nombreux auteurs qui l'ont précédés sur les terres russes. Et la culture française continue de bénéficier d'un certain prestige que les élèves savent restituer avec facilité alors que leurs homologues français en sont paradoxalement incapables.
    Il fait preuve aussi d'humour et relève avec amusement certaines différences culturelles qui l'étonne.
    Cédric Gras repartira plus riche de son séjour, prêt à se "replanter" ailleurs. Et le lecteur de son côté, pourra se laisser aller à un certain fantasme russe d'extrême-orient...
    Sylvain Tesson qui offre à ce récit une très belle préface n'hésite pas à écrire qu'il s'agit du "plus beau salut que j'ai lu depuis des années à cette Russie qui nous aimante. " On ne peut que lui donner raison, tant Vladisvostok est une déclaration d'amour formidablement écrite !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-vladivostok-neiges-et-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Emma20, le 19 mai 2011

    Emma20
    Une critique dans le magazine Lire m'avait donné envie de lire Vladivostok neiges et moussons. Je comptais l'acheter, lorsque j'ai vu que Masse Critique, opération de Babelio, le proposait en l'échange d'une critique. Ce livre, témoignage, est parfait pour voyager au bout du monde, tout en restant chez soi, dans son jardin ou sur son lit. Ce livre est parfait si l'on s'intéresse à la Russie, à sa culture et à ses paysages, et surtout à sa population. Cédric Gras a déjà beaucoup voyagé avant de s'installer à Vladivostok, il a déjà vécu dans d'autres pays, mais surtout, il a vécu en Sibérie, ce qui lui permet de comparer les quotidiens d'une population d'un même pays. Si Vladivostok fait bien parti de la Russie, il n'en reste pas moins que sa situation géographique la met dans une position tout à fait différente du reste du pays. Les chapitres thématiques permettent au lecteur d'en apprendre plus sur la culture et la manière de vivre de ces habitants, tout en suivant Cédric Gras dans ses pérégrinations au sein de l'immense territoire qu'est la Russie. le lecteur voyage grâce aux paysages que l'auteur décrit, mais aussi grâce à une plume qui invite à se laisser embarquer au rythme des découvertes de Cédric Gras. Humour et nostalgie, ironie et tendresse se côtoient, montrant l'attachement de cet homme pour cette terre « du bout du monde ». Un témoignage qui donne envie de monter dans le Transsibérien, malgré le peu de confort qu'il offre, pour découvrir un lieu hors du commun. le voyage commence avec la préface de Sylvain Tesson, préface à lire, absolument. Laissez-vous embarquer…
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    • Livres 4.00/5
    Par ignatus-reilly, le 02 juin 2011

    ignatus-reilly
    J'aime les écrivains-voyageurs ou plutôt les voyageurs-écrivains. Cédric Gras appartient à le deuxième catégorie. C'est un voyageur-né, il a soif d'ailleurs.
    Il est tombé amoureux de la Russie, il a d'abord passé du temps en Sibérie puis à un an à Vladisvostok -en électron libre selon ses propres mots-. Il a ensuite été chargé de fonder l'Alliance Française de Vladisvostok.
    Étrangement, Cédric Gras parle très peu voire quasiment pas de son activité professionnelle. Elle semble accessoire tant son désir de découvrir la ville, de s'en imprégner est grand.
    Ce qui lui importe c'est de s'enraciner dans cette ville et d'y vivre comme ses habitants, de les connaître,d'adopter leur mode de vie tant en préservant son altérité.
    Au début de ce récit, on ne comprend vraiment pas pourquoi Cédric Gras a choisi cette ville perdue au bout du monde. Lui-même semble l'ignorer. C'est une ville que beaucoup de ses habitants souhaite quitter - pour des raisons économiques dans la plupart des cas.
    Ce qui l'intéressait justement, c'était ça - le bout du monde. Or, si Vladivostok constitue le bout de la Russie, elle n'en est pas pour autant un bout du monde mais est enclavée entre la Chine, la Corée du Nord et la Mer du Japon.
    Mais Cédric Gras fait un portrait drôle et vivant de cette ville, de ses habitants pour lesquels il a beaucoup de tendresse.
    J'ai beaucoup aimé ce livre : pour la ville, la région méconnue qu'il nous fait découvrir, pour les expériences vécues de ce jeune voyageur (25 ans), pour tout l'amour qu'il dégage - une vent de fraternité souffle de ces pages.
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    • Livres 5.00/5
    Par Madamedub, le 03 décembre 2011

    Madamedub
    Vladivostok, neige et mousson.
    Vladivostok, entre grand froid russe et mousson asiatique.
    Vladivostok, le bout du monde.
    Mais où est Vladivostok?
    Pour beaucoup, c'est une ville perdue dans le grand froid sibérien. Au nord. Et pourtant. « Il faut bien s'y faire: Vladivostok, c'est au sud ». Étape ultime du Transibérien, étape ultime de l'extrême est.
    Cédric Gras a beaucoup voyagé avant de se « repiquer » comme il dit dans la ville russe, où il a travaillé plusieurs année à l'alliance française.
    Pourquoi cette ville, que même ses habitants veulent quitter pour une vie meilleure?

    L'auteur nous narre son expérience du voyage, de la vie de par le monde, et son besoin de s'arrêter, d'avoir un point d'ancrage: « Il faut vivre ailleurs pour devenir autre. Il faut passer du temps avec les éléments, avec la terre, avec les gens. C'est une influence que j'avais mal comprise, dans mon avidité géographique, mon délire de mouvement. Je faisais des détours pour voir de nouveau, les gens disaient que je n'avais besoin de personne et je répondais: faux, j'ai besoin de tous ceux que je ne connais pas encore ».

    C'est un récit de voyage qui fait rêver, qui laisse songeur, malgré la rigueur de ce qu'il décrit, et son efficacité à détruire certains clichés. A Vladivostok, pas d'aurores boréales, pas de neiges blanches et pures, mais une presque île enclavée entre un océan qui donne sur le Japon, un voisin coréen ermite et hostile, et l'omniprésence chinoise. Une enclave russe en Asie, un ouest perdu à l'est, « Vladivostok, c'était la plénitude des extrêmes, la douceur des brises glacées, un livre ouvert ».

    Un livre de voyageur comme on les aime, donc. Où la rencontre du grand Autre permet finalement de se trouver.
    L'auteur nous décrit cette façon de vivre à la russe, dans la lucidité de l'appréhension du réel, et dans la froide indifférence que forgent ces pays rigoureux. Une vie difficile, trop peut-être, pour ne pas en profiter pleinement. En Russie, on fait la fête, on aime, on part, on revient. Rien n'est vécu à moitié.
    « Vladivostok, c'était l'ultime rivage aux confins de la Terre et de l'univers »… Une terre pour des pionniers égarés, des aventuriers sédentarisés.


    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
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    • Livres 4.00/5
    Par mabertrand, le 08 juin 2011

    mabertrand
    L'auteur nous met tout de suite à l'aise, car après une jolie préface de Sylvain Tesson, nous voilà face à une carte de Russie. J'ai cherché Vladivostok quelques minutes avant de, enfin!, le repérer. Je ne vous dirai pas où....
    Au début, Cédric Gras se présente et fait remonter son attirance pour la Russie à son enfance. J'ai trouvé sa théorie sur la géo-enfance ravissante. Puis-je avouer que je me reconnaissais...
    Plus on avance dans les pages, plus Vladivostok devient vivante, belle, attirante. Tous les thèmes sont abordés : l'amour, le couple, l'expatriation, les pays limitrophes, les saisons. Cédric Gras nous donne un regard très attendrissant sur la Russie, sur Vladivostok, ses habitants, ses paysages. Mais en même temps, il ne cherche pas à nous en dresser un portrait flatteur, non, plutôt une vue réaliste.
    Je vous invite à tourner les pages de ce livre qui parle d'une Russie d'aujourd'hui, avec le poids de son passé et ses espérances en l'avenir et qui met à bas les préjugés sur cette ville du bout du monde.
    Ca donne une furieuse envie d'aller découvrir Vladivostok !
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Citations et extraits

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  • Par mabertrand, le 22 mai 2011

    J'aimerai retourner en enfant géographique. Appelons cela la géo-enfance.
    ....
    Il est tellement difficile de rester en géo-enfance. Dès les prémices de l'adolescence, le puzzle se remet en place, lentement, à force de révélations extraordinaires telles que : le Canada n'est pas à droite mais à gauche, il faut donc l'échanger avec la Russie. Ou bien on apprend un jour, parce que le cousin de l'oncle en revient et qu'il est invité à manger à la maison, que la capitale du Turkménistan est Achgabat. On devient soudain spécialiste de ce pays improbable dans la cour de l'école (Tu connais la capitale du Turkménistan ? Ah!) tandis que dans notre tête le Mexique trône toujours savoureusement au-dessus de la Chine. Mais bientôt un nouveau bouleversement géostratégique adviendra. Il y a des soirs où l'on grandit d'un coup.
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  • Par ignatus-reilly, le 02 juin 2011

    Le kitch est de retour là où l'argent a fait défaut pendant trop longtemps, porté par tous les nouveaux riches de tous les nouveaux mondes. En chine comme en Russie les intérieurs des puissants sont des horreurs commandées à grands frais à des décorateurs italiens sans scrupule. Une recherche d'appartement à Vladivostok peut donner de doubles crises cardiaques : à la vue du loyer et à celle de l'intérieur.
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  • Par ignatus-reilly, le 02 juin 2011

    Vladivostok, c'est six cent mille voitures japonaises avec le volant à droite et qui roulent à droite. Vladivostok, c'est un réseau de rue qui montent ou qui descendent et qui tournent; Quand il y a de la neige, on ne sait plus qu'en faire, on l'amasse sur les côtés, on réduit d'autant la chaussée. Sur le haut des collines, la glace transforme tout en patinoire et le rythme des accidents est aussi régulier qu'une fanfare.
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  • Par ignatus-reilly, le 02 juin 2011

    Vraiment, je ne sais pas pourquoi j'aime la Russie. Je l'ai découverte par hasard, un peu hagard, et elle s'est imposée. Je cherchais une terre d'asile, de nouveaux horizons. Je voulais aussi cultiver une certaine manière de vivre, généreuse et une peu triste. Je voulais l'immense, le froid, le farouche et le grand.

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  • Par ignatus-reilly, le 02 juin 2011

    S'il n'y avait pas Moscou, les remparts du Kremlin et leurs étoiles rouges, est-ce que la Russie serait toujours unie? Si demain les frontières s’assouplissent, que la Corée du Nord laisse passer un train Vladivostok-Séoul, qu'on se décide à remettre en service d'autres bateaux vers les ports du Japon et que les bus foncent sans arrêt vers Pékin, que se passera-t-il?

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Video de Cédric Gras

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Vidéo de Cédric Gras

Cédric Gras - Le Nord, c'est l'Est, aux confins de la Fédération de Russie .
À l'occasion du Festival International Etonnants Voyageurs, Cédric Gras vous présente son ouvrage "Le Nord, c'est l'Est, aux confins de la Fédération de Russie" aux éditions Phébus. http://www.mollat.com/livres/gras-cedric-nord-est-est-9782752908759.html Notes de Musique : Notes de Musique : "Pirates Of The Coast" by Black Bones (http://www.myspace.com/blackbonescom)








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