ISBN : 2916940510
Éditeur : Inculte éditions (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Fleuves géants, déserts glacés, taïga sans limites, températures extrêmes : en Sibérie, la géographie n'y va pas de main morte. L'histoire non plus, qui en a fait la terre des bagnards, et des déportés, l'un d... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 14 juin 2011

    nadejda
    Comme Sylvie Germain Le monde sans vous») et Mathias Enard L’alcool et la nostalgie»), Olivier Rolin nous livre un petit texte, accompagné de 3 chroniques inédites, «Sibérie», écrit suite au voyage d'écrivains français en 2010, à bord du TransSibérien, placé sous l'égide de Blaise Cendrars. 

    Avant de lire ce troisième récit j'ai recherché une belle citation, que faisait Mathias Enard à la page 90 de «L’alcool et la nostalgie» extraite, dit-il, du livre «En russie» de Olivier Rolin : 
«... la Russie de ce Rolin était captivante, pleine de beaux alcools et de nostalgie. A la fin du livre il y avait l'histoire d'un insecte vert appelé cétoine, dont je n'avais jamais entendu parler, qui est très fréquent dans les plaines russes, d'après l'auteur ; le voyage finissait sur ces mots :
    «Les pages des livres sont des pétales que ronge le scarabée vert de l'oubli.»

    Ces deux auteurs se font souvent des clins d'oeil d'un livre à l'autre et je trouve cela très sympathique mais j'ai eu beau lire et relire attentivement «En russie», pas l'ombre d'une cétoine ! La page a du effectivement être rongée à moins qu'on ne la retrouve dans un prochain livre d'Olivier Rolin. Si quelqu'un la croise je serais heureuse qu'il m'en fasse part !
    Pour ce qui est de «Sibérie» ce texte d'Olivier Rolin est tout aussi passionnant que ceux de Sylvie Germain et Mathias Enard mais là où eux deux font jouer l'émotion et l'imagination, lui s'appuie, plus particulièrement, sur ses souvenirs et ses rencontres de voyages précédents et partage avec nous, dans un mélange d'humour et d'érudition, son amour des mots et des êtres. Lui seul a déjà pris Le Transsibérien et a l'expérience des étendues traversées.

    «Je suis, dit Danièle Sallenave ( auteur, parmi d'autres, participant aussi à ce voyage), le seul à avoir connu l'Amour : tous les autres sont des puceaux» p37


    J'ai aimé lire ces trois textes qui permettent , pour ceux qui ne les connaissent pas, de découvrir trois auteurs et présentent l'intérêt de les voir traiter, de manière originale, un même thème.
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  • Par moustafette, le 11 juin 2011

    moustafette
    Un opus des plus brefs mais des plus passionnants pour celles et ceux qui, comme l'auteur, voient leur imaginaire s'emballer à la simple prononciation de cette destination.
    Immensités géographiques, historiques, culturelles, vous n'échapperez pas au voyage dans Le Transsibérien, en compagnie d'auteurs contemporains, Sylvie Germain, Mathias Enard, Jean Echenoz, entre autres, mais aussi des précurseurs du genre qui les premiers ont été attirés par ce train mythique, Blaise Cendrars ou Joseph Kessel. Irkoutsk, Oulan-Oude, Vladivostok, autant de brèves escales propices à la réminiscence d'émois passés ou aux rencontres furtives. autant d'hommages aux grands hommes comme aux anonymes dont les yeux ont contemplé les mêmes paysages, bois, steppes, lacs, fleuves...
    La seconde partie du livre est composée de trois articles inédits qui nous entraînent vers la Sibérie septentrionale. Départ de Khatanga pour l'univers de la taïga et de la toundra, celui des petits peuples, Yakoutes, Tchouktches, Dolganes, rivages gelés de la banquise que se disputent aux rennes ou aux ours les épaves de sous-marins nucléaires et les brise-glace, pour arriver finalement au détroit de Béring et resdescendre vers Magadan et Sakhaline en passant par le Kamchatka.
    Russes ou autres, "On croise ici des destins qui sortent de l'ordinaire. Des vies taillées à coups de hache."
    Au premier rang desquels, les millions de Zeks dont les fantômes errent encore sur les routes des goulags. Et c'est là tout le paradoxe de ce continent. Tout comme la beauté fulgurante des paysages est soudain poignardée par la réalité du gloaque russe, tous ces noms, qui pour les uns résonnent comme autant d'ailleurs générateurs de rêves, ont été le lit des pires cauchemars des autres.
    Dans un autre registre, il est à craindre qu'un autre cauchemar se profile. La Sibérie, terre d'exils par excellence, l'est aussi pour l'écologie. Si on peut comprendre que l'âpreté et la rudesse de la vie quotidienne n'en font pas une priorité, il n'en reste pas moins que cette terre sert de poubelle à l'armée et que l'exploitation de son sous-sol riche en gaz, pétrole et minéraux très recherchés remplit les poches des oligarques au mépris de tout.
    Sibérie, soit 13 millions de km² que l'auteur nous fait traverser en quatre-vingt douze pages. Grâce à de nombreux instantanés agrémentés de références littéraires triées sur le volet, il réussit à balayer espace et temps qui n'ont plus grand sens sous ces latitudes.
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 14 juin 2011
    les textes ici rassemblés [...] dessinent peu à peu un itinéraire en forme de quête, d'initiation. Et que dire de l'écriture d'Olivier Rolin, d'une si évidente beauté...
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 14 juin 2011

    Vladimir Ivanovitch parle avec des accents édéniques de ces solitudes glacées. Ce qui est assez pittoresque, c'est qu'il le fait dans un espagnol châtié, appris il y a trente ans : "C'était une passion d'enfance. J'aimais cette langue à cause de sa prononciation sévère, et des histoires de pirates... Perros ingleses, chiens d'Anglais, rendez-vous !" Il rit et poursuit : "Et puis, las aves en la tundra hablan muy bien castellano, les oiseaux migrateurs de la toundra parlent très bien le castillan, ils vont passer l'hiver là-bas, dans les pays du Sud..."
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  • Par nadejda, le 14 juin 2011

    Vassili Grossmann a des phrases saisissantes, dans "Vie et Destin", pour évoquer les colonnes de zeks se rendant au travail dans ces goulags arctiques : "Un silence de mort. Au-dessus de leur tête, l'aurore boréale, verte et bleue. Alentour la glace, la neige et le mugissement de l'océan tout noir. C'est là qu'on sent la puissance !"
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  • Par nadejda, le 13 juin 2011

    Nous avons deux provodnitsy (chefs de wagon) qui se relaient le jour, la nuit, le jour, l'une est blonde boulotte assez rigolarde, l'autre une terrible Gorgone qui porte un visage de plâtre encadré de frisottis blancs sur des épaules de catcheur sanglées dans l'uniforme des Jeliezny Dorogi Rossii, les chemins de fer de Russie. Jamais l'ombre d'un sourire sur l'enclume de sa face. Un travelo selon Dominique Fernandez, nous l'appelons la drag queen.
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  • Par nadejda, le 14 juin 2011

    A l'aéroport de Magadan, un panneau vous accueille : "Bienvenue à la Kolyma, coeur d'or de la Russie". L'or reste, avant les pêcheries, la principale ressource de l'oblast * de Magadan. La mort du précédent gouverneur, assassiné par balles, a sûrement quelque chose à voir avec les profits dégagés par l'exploitation du fabuleux métal. Autrefois, c'étaient les déportés qui l'arrachaient au sol gelé. Mains soudées par le froid au manche de la pioche. La Kolyma est une immense mine d'or.
    *division administrative russe correspondant à une région autonome dans une république fédérée.
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  • Par moustafette, le 11 juin 2011

    Maisons de planches noires, palissades noires moirées d'argent, toîts de tôle blancs sous des fils électriques erratiques, pistes où cahotent des Ladas. J'ai lu quelque part, il me semble, que le goût russe des palissades était une façon de se protéger de l'espace immense, de l'angoisse qui naît de l'illimité.

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