Si je m'étais arrêtée au feuillet « La diable au corps », je pense que j'aurais été un peu frileuse à la lecture. Ce désir adulte pour le corps enfantin est un sujet un peu scabreux, qui peut, quelque fois volontairement, d'autres fois par frilosité des lecteurs, être une obscénité.(...) Ce qui semble être la ligne directrice est bien ce rapport à la vie, à nos choix et cette désolidarisation au monde. Elle a tenté de se trouver dans cette nature, en cherchant son authenticité, accompagnée uniquement de deux êtres proches, son vieux patron, reclus, solitaire et sage, et cette amie silencieuse venue se perdre en campagne et au travail de la terre.
En fait, pas de désolidarisation mais une entraide ciblée. Emma est vétérinaire de campagne et ne ménage pas sa peine de jour comme de nuit. Ce sont les êtres humains qu'elle laisse aux bords de son intimité. (...) Une sagesse s'infiltre entre les pages, sagesse d'un métier tout d'abord. (...) Sagesse de vie aussi, la vieillesse comme allant de soi, pas encensée mais juste étape de vie, « Etre jeune à nouveau ? Pour quoi faire ? ». Un retour aussi aux sens. Au toucher : Emma ne mets pas de gants, elle touche, enfourne ses mains sans bague, ressens ainsi le sang, les humeurs, la vie. A l'ouïe en prenant acte des bruits de la nature : du lever, du coucher, des bruits émis de douleur. La vie humaine est revenue dans un schéma plus saisonnier. La douleur animale, psychologique et la mort sont aussi très présents dans ce livre. (...)
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