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Par sabina, le 24/05/2012
Mademoiselle Chambon de
Eric Holder
Elle ne parvient qu'a s'installer dans une paix inhabituelle, où chaque objet trouve sa place, quand le temps ralentit jusqu'au battement qui marque les secondes.
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Par sabina, le 24/05/2012
Mademoiselle Chambon de
Eric Holder
On est en hiver, donc, et l'on ne sort pas. On met des plaques en carton sur les pares-brise des voitures. Quand on les enlève, le matin, c'est gelé autour. On attaque les journées en arrondissant le dos, en rentrant le cou, front baissé. Jamais les rues n'ont paru si grises. On a perdu jusqu'au souvenir de l'été, lorsqu'il y avait des marchés de plein air, ou qu'on allait en chemise aux terrasses des bistros. Il semble, comme dans certains contes, que le soleil ne reviendra pas - qu'il a été volé. Les rares passants se croisent à Montmirail en échangeant des regards soupçonneux. L'homme est ainsi bâti qu'il accuserait d'autres hommes du temps qu'il fait.
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Par sabina, le 24/05/2012
Mademoiselle Chambon de
Eric Holder
C'était un de ces très beaux matins lavés de soleil, quand on ne sait quel éclat de joie brille dans les coins des maisons, sous la gouttière, dans le géranium sorti an balconnière. Ce qui a paru alors si triste, ou bien qu'on n'a pas vu, vient au jour avec u,e sorte de malice.
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Par sylvie, le 08/12/2008
De loin on dirait uneîle de
Eric Holder
"Les yeux se ferment sous la caresse du soleil, les doigts s'enfouissent dans le silice. Pour seuls nuages, quelques cumulus patientent à l'embouchure de la Gironde, comme alignés devant l'écluse. Quelle légèreté, soudain. Je ne possède plus qu'un morceau de tissus. Alentour règne l'essentiel, sans fioriture, mer ciel sable soleil, les points cardinaux. L'âme, dit-on, pèserait vingt et un grammes. Bientôt vingt, dix-neuf..
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Par trust_me, le 16/10/2011
Embrasez-moi de
Eric Holder
Elle sent qu’elle est au bord de se désagréger. Cela monte du ventre, sous la friction incessante, se répand sur les cotés, jusqu’au bout des doigts envahis de picotements. Elle aimerait pouvoir se retenir, comme d’une envie de pisser. Au milieu de tous ses sentiments, la honte de s’abandonner reste le plus vaillant, réfugiée dans la dernière tour, une épée à la main, prête à défendre chèrement son existence.
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La baïne de
Eric Holder
Autrefois le Médoc ne ressemblait pas à une corne défiant l'Atlantique et protégeant l'oeil de Bordeaux. C'était au nord un chapelet de rochers émergés, une terre inégale au sud, sans cesse transformée par les marées et l'érosion. Il aura fallu le travail opiniâtre, séculaire, de l'homme pour scinder l'eau qui nous entoure entre océan et Gironde, assécher celle des marécages et donner à un banc de sable troué l'allure d'une péninsule.
"Médoc", la région au milieu du flot. De là vient qu'à Soulac, située près de la pointe, côté salé, on nous prête un tempérament d'îliens. Et certes, lorsque nous gagnons Le Verdon, la commune voisine, du côté saumâtre où s'engouffrent les cargos, nous ne pouvons nous défaire du sentiment que le continent se trouve sur la rive opposée, en Saintonge.
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La baïne de
Eric Holder
Ce soir-là, dans le hall de l'hôtel, en lui tendant la main, Arnaud « l'Etranger » fut témoin d'une subite transformation. En même temps qu'elle rougissait, ses yeux couleur de mer en hiver s'étaient agrandis et approfondis, il y avait eu une fossette qu'il aurait voulu retenir au coin de la bouche, une manière gracieuse de bouger son cou, un pan de front émouvant dévoilé par les cheveux. Une sorte de courant d'air était passé, dessinant un autre visage, et avait fait naître, en se dissipant, le désir de le revoir. Ne manquait à cette femme, de son point de vue, qu'un embrasement pour rayonner.
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Par trust_me, le 16/10/2011
Embrasez-moi de
Eric Holder
Car Charles aurait voulu s’emparer de tout : les épaules de porteuse d’eau ; l’orbe parfait des seins lourds, aux larges aréoles grenues, rose bonbon ; le ventre légèrement proéminent sous lequel un lopin de poils noirs n’avaient pas tout à fait fini de repousser ; les cuisses dont des ombres sculptaient les massif quadriceps.
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Bella Ciao de
Eric Holder
[ Incipit ]
Sept heures et demie du matin, en hiver. Tu as endossé la musette, enfourché ton vélo. Il fait encore nuit, mais nul besoin d’allumer le phare dont la dynamo te ralentirait, dans son grésillement énervant. La route t’est familière. Quitté les dernières maisons du hameau, l’odeur d’épices que dispensent leurs cheminées, elle traverse une lande de fougères, en cette saison ratatinées.
Tu n’entends que les chants d’oiseaux, le feulement des pneumatiques. Le vent de la course plante sur ton visage de minuscules épingles. Puis c’est une ligne droite au bout de laquelle brille un réverbère, à l’entrée du village
voisin.
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Par horline, le 29/07/2011
La baïne de
Eric Holder
Les mots que Julien utilisa n’étaient pas nouveaux pour elle. Ils reprochaient toujours à Sandrine de demeurer étrangère. Lui avait cru que les années de vie en commun la rendraient transparente, les zones d’ombre grandissaient.