ISBN : 2234060877
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres

1959. Le film de Federico Fellini, la Dolce vita, fait scandale en Italie, dans un pays pudibond tenu par l’Église ; il remporte la Palme d’or à Cannes en 1960. Son succès signe le début d’une ère pleine de promes... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 27 juillet 2011

    cprevost
    « Dolce Vita : 1959 – 1979 » est un récit historique, une enquête journalistique, une analyse socio politique. C'est surtout un roman et de la littérature.
    Les années soixante soixante-dix ce sont, en Italie et ailleurs, un grand et terrible foutoir qui mêle culture, politique et mœurs. C'est un indémêlable imbroglio entre les Brigades rouges, l'extrême-droite et diverses services secrets ; entre le Vatican et la loge maçonnique P2 ; entre des faits divers scabreux, des scandales et des secrets politiques… le roman n'a que faire de mettre de l'ordre dans tout cela, de construire un « idéal type » explicatif. « La politique est la grande génératrice et la littérature la grande particularisatrice, et elles sont dans une relation non seulement d'inversion mais aussi d'antagonisme » (…) «Rendre la nuance telle est la tâche de l'artiste. Sa tâche est de ne pas simplifier. Même quand on choisit d'écrire avec un maximum de simplicité, à la Hemingway, la tâche est de faire passer la nuance, d'élucider la complication, et d'impliquer la contradiction. Non pas d'effacer la contradiction, de la nier, mais de voir où, à l'intérieur de ses terme, se situe l'être humain tourmenté. Laisser de la place au chaos, lui donner droit de cité. Il faut lui donner droit de citer. Autrement on produit de la propagande, sinon pour un parti politique, un mouvement politique, du moins une propagande imbécile en faveur de la vie elle-même – la vie telle qu'elle aimerait se voir mise en publicité» nous dit Philip Roth un autre écrivain préoccupé d'histoire et de politique. Les acteurs sont perdus, manipulés et les lecteurs naturellement pas toujours à leur aise. L'Italie de ces années là est emplie des relents de son passé fasciste, saturée de violence politique et privée, elle est en pleine déliquescence morale. C'est une période de confusion extrême mais sans aucun doute aussi un moment de grande créativité, de réflexion intense et de remise en cause généralisée. C'est une véritable crise d'adolescence d'une partie des acteurs de l'espace politique – au sens où l'entendait Jean Piaget. Ce microcosme confond les choses de l'intelligence et l'intelligence des choses. En 1960, c'est la première représentation du film de Fellini éponyme du roman. L'auteur, au début de son livre, fait revivre ce moment. Elle décrit des scènes entières de « la Dolce Vita ». L'ambiance de cette période lourde, légère, dramatique, imaginative et frivole est ainsi remarquablement reconstituée. C'est le monde dans lequel l'antipathique Prince Malo a vécu. Celui qui l'a façonné et qu'il a façonné. Il se confesse à un Jésuite avant de mourir. L'espace social, lui, recroquevillé, efficace, préoccupé de production et de consommation à outrance se développe sans mesure. Il nait, comme l'avait souligné Hannah Arendt, une société dépolitisée dans laquelle l'indifférence aux affaires publiques, l'atomisation, l'individualisme, le déchainement de la compétition ne trouvent plus de limites et font craindre le pire : la sénilité incapable même d'imagination, le berlusconisme. le roman fait revivre Pasolini et quel plaisir de l'entendre à nouveau : « L'Italie pourrit dans un bien être qui est égoïsme, stupidité, inculture, commérage, moralisme, intimidation, conformisme ». Les pages se tournent, 1959 – 1979, le temps d'une génération nous achemine du film de Fellini au lendemain de l'assassinat d'Aldo Moro et à la veille de l'attentat meurtrier de la gare de Bologne.
    Simonetta Greggio est un auteur plein de talent. Ce récit est remarquablement construit, les brèves, les flashbacks, comme au cinéma dont il est beaucoup question dans ce livre, se succèdent sans transition mêlant le réel et la fiction. Je ne peux que vous conseiller ce roman passionnant et bien écrit.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 20 février 2012

    carre
    Le prince Malo octogénaire au crépuscule de sa vie se confesse auprès de Saverio jeune jésuite. Témoin actif d'une période qui semblait plein de promesses et qui au contraire va plonger l'Italie dans des années de violences, d'attentats et de meurtres plus ignobles les uns que les autres. Simonetta Greggio réussit à la fois un roman mais aussi et surtout un travail historique remarquablement documenté. Elle montre témoignages, faits avérés à l'appui la collusion entre les poltiques, les groupes fascisants, la CIA, le rôle du Vatican et de la fameuse et secrète loge P2. Les drames qui ont secoué cette belle Italie sont relatés comme si une sorte d'impuissance s'abattait sur ce peuple tandis que les gouvernants se vautrent dans la volupté et la décadence. Les attentats, les brigades rouges, les meurtres de Pasolini ou d'Aldo Moro sont autant d'évenements qui nous mènent jusqu'au frasques Berluscoliennes. Une fresque foisonnante, passionnante et remarquablement contée.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par lillou, le 07 février 2011

    lillou
    1960, La Dolce Vita de Federico Fellini est projeté en avant-première à Rome : ceux qui ne partent pas avant la fin huent copieusement. Et pourtant, pour ce que le film évoque, pour son parfum de scandale, le public se rue dans les salles et la Palme d'or vient le récompenser. Ce surprenant succès est à l'image du besoin de libertés qui va animer les années soixante et soixante-dix.
    2010, le vieux prince Emanuele Valfonda convoque dans sa villa de l'île d'Ischia son confesseur, Saverio, fils d'employés de la famille devenu prêtre après une jeunesse agitée. « Malo » ne cherche pas l'absolution : il veut faire le point, dire ce qui doit être dit et faire une révélation à Saverio. Ce dernier ne goûte pas cette longue évocation de souvenirs et entretient une animosité tenace – et étrange – à l'encontre du prince.
    Le riche aristocrate raconte sa vie débridée : les nuits mondaines, les rencontres inouïes, les femmes, les drogues… et au final, on sent poindre la tristesse de n'avoir pas su voir ce qui en valait vraiment la peine.
    Plus que son parcours, c'est celui de l'Italie qu'il tente de nous décrire : son histoire culturelle bien entendu – en commençant par le néoréalisme et ses égéries –, mais surtout l'histoire politique, celle de l'après-guerre et des années de plombs. Se croisent alors les Brigades rouges, la mafia, Aldo Moro, les organisations d'extrême droite comme Ordine nuovo, Giulio Andreotti, la troublante loge franc-maçonnique P2, Pier Paolo Pasolini, le Vatican, Silvio Berlusconi… pour ne citer que les plus connus.
    C'est certainement un aspect difficile pour le lecteur qui ne maîtrise pas l'Italie des cinquante dernières années : les acteurs sont mentionnés rapidement, vont et viennent dans le récit, sans explications conséquentes. C'est à mon sens le problème de Dolce vita : ni roman ni document, le mélange des genres ne sert pas le projet de Simonetta Greggio. Journaliste, elle a, avec l'aide d'une documentaliste, enquêté et rassemblé une masse d'informations pendant deux ans. L'idée étant ensuite de dégager les liens malsains, les imbrications terrifiantes (le poids de la P2 par exemple), les manipulations, et de donner les versions officieuses – tellement plus convaincantes que les officielles – de maintes affaires (Moro, l'attentat de la gare de Bologne…).
    Tout cela, en alternant avec les souvenirs plus intimes du comte, ceux plus rares de Saverio, et leurs échanges en 2010…
    Malheureusement, cette construction ne fonctionne pas aussi bien que prévu : les aspects romanesques sont en définitive assez attendus (on se doute bien vite du genre de révélation que veut faire don Emanuele), et les aspects documentaires insuffisamment détaillés nous laissent sur notre faim. Ils ouvrent des pistes passionnantes mais passent trop vite à la suivante. J'aurais en fait préféré un pur ouvrage de journaliste, fouillé et étayé.
    Ce roman hybride n'en reste pas moins passionnant pour les nombreux éléments qu'il nous livre, pour les innombrables anecdotes, les extraits des textes de Franca Rame, etc.
    Il faut admettre une limite de taille à mon jugement un peu dur : l'Italie est un sujet que j'affectionne, et cette période tout particulièrement. Il est donc fort possible que mon insatisfaction viennent de là; et que le lecteur moins concerné y voie un texte dans l'ensemble très cohérent apportant une bonne vision d'ensemble. Il est aussi possible qu'il s'y perde totalement ! J'attends des avis de lecteurs…


    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 22 juin 2011

    MarianneDesroziers
    Pour comprendre l'Italie d'aujourd'hui, celle de Berlusconi, vulgaire et corrompue, il faut remonter au moins à l'après-guerre et à la renaissance d'un pays qui a une faim inimaginable (de liberté, de consommation, de plaisirs mais aussi une faim au sens propre). le film de Fellini « La Dolce Vita » est le symbole de cette Italie qui change et le point de départ du roman de Simonetta Greggio.
    Ce livre est avant tout très instructif sur l'histoire de l'Italie de la seconde moitié du XXème siècle mais il est aussi un précis de culture italienne (on le referme avec l'envie de lire des livres, de voir des films et d'écouter de la musique italienne : et l'auteur nous aide même à faire notre choix en fin d'ouvrage). Enfin, ce livre est un roman - et non un essai - où l'on suit le destin de personnages et qui recèle des pages très belles notamment le petit chapitre sur Talitha Koumi ou les pages sur Pasolini.
    La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/06/dolce-vita-1959-1979-de-simonetta.html

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/06/dolce-vita-1959-..
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 02 juin 2011

    monito
    C'est pourtant de la première projection privée de ce film de Fellini que tout découle dans ce roman historico-journalistique retraçant une histoire de l'Italie entre 1959 et 1979.
    Le prince Malo et le jésuite Saverio se parlent pendant 400 pages. de leur histoire intime et commune finalement assez peu, mais Saverio entend l'étrange confession de Malo, qui à 85 ans, s'approche de la mort après avoir non seulement mené grand train mais surtout goûté à tous les plaisirs et vices qu'offre le monde.
    Vingt ans vus sous le prisme de cette Dolce Vita, de l'Italie comme on la rêve et que S. Greggio nous dévoile à revers, mêlant mafia, complots politiques, terrorisme de droite et de gauche, la fameuse loge P2, mais aussi l'histoire occulte et les pratiques toujours sombres du Vatican.
    Comme une espèce de point commun à ces visions diamétralement opposées du monde mais qui se ressemblent et se rassemblent, plus qu'on ne l'imagine.
    Un roman policier presque, une enquête quelques fois, mais plus encore des faits mis bout à bout et qui glacent le sang. L'Italie, un pays qui n'aurait pas soldé toute son histoire sombre et continuerait de vivre au cœur de ces dépendances mafioso-vaticanes ? Peut-être. Est-ce bien le seul pays en ce cas ?
    Un très bon moment en tout cas et lu pendant un de mes séjours italiens, une envie folle de voir le film et de me jeter dans la Fontaine de Trevi.
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Citations et extraits

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  • Par cprevost, le 23 juillet 2011

    « Aucun avocat ne défendrait le responsable d’un vol dans une joaillerie en se fondant sur la moralité du joailler. C’est pourtant ce qui se pratique communément dans un procès pour viol. C’est la victime, et non le violeur, qu’on juge. Pardonnez-moi d’être franche, mais cela s’appelle solidarité masculine, car l’exemple d’une victime transformée en accusée sert à décourager toutes les femmes qui voudraient demander justice à leur tour. Je ne parlerai pas de Fiorella, c’est humiliant pour elle et pour moi de venir nous justifier, de dire, non, Fiorella n’est pas une putain. Et puis une femme a le droit d’être ce qu’elle veut. Je ne suis pas la défenderesse de Fiorella. Je suis l’accusatrice d’une certaine manière de procéder dans les procès pour viol ! »
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  • Par MarianneDesroziers, le 20 juin 2011

    Saverio s'émeut de l'odeur des aiguilles de pin, de la terre asséchée sur laquelle il est si doux de marcher, des ombres mouvantes dans les soirées moites, des cigales assourdissantes, des vagues moirées des bains de minuit. Point me at the sky des Pink Floyd est son morceau préféré cet été-là.
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  • Par garnakh9, le 23 janvier 2011

    L'écrivain italienne Simonetta Greggio (qui écrit en français) nous dresse dans ce roman le terrible portrait d'une Italie des années 60/70 en pleine mutation où se mêlent complots politiques, corruption, compromissions, luxure et insouciance...

    le reste à voir ici : http://garnak.canalblog.com/archives/2011/01/23/20196565.html
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  • Par MarianneDesroziers, le 20 juin 2011

    A vingt ans, la mort a de chaussons de velours. Elle ne fait aucun bruit mais marche tout près, si près qu'on peut parfois la toucher.
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