ISBN : 2843045665
Éditeur : Zulma (2011)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres

Encore et encore, on lui demande comment il s’appelle. La première fois, des gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans motif, ils s’étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plais... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 22 décembre 2011

    caro64
    « L'amour ne pleure jamais comme pleure le sang ». C'est sur cette certitude que se base le roman d'Hubert Haddad, un récit tout à la fois tragique, réaliste et percutant.
    En Afghanistan, au cœur d'un pays déchiré, un jeune garçon, 12 ans, est découvert inconscient après une salve de tirs. Dès lors, nous suivons une obsédante descente aux enfers. Celui qui se nomme Alam a tout perdu pendant la guerre, jusqu'à ce prénom qu'il a emprunté à son frère, qui lui, n'a pas survécu à la barbarie dont est capable l'homme. Alam entame une fuite vers un monde qui le déleste peu à peu de son enfance. Se sentant traqué comme une bête, n'ayant de place désormais nulle part puisqu'il n'a plus de famille, il termine sa route en banlieue parisienne auprès des drogués et des petites frappes. C'est ainsi qu'au contact trop précoce de la guerre et des adultes sans scrupules, l'enfant perd son enfance et son innocence. de ce fait, Alam devient une arme terrible parce qu'il est perdu.
    C'est un roman qu'on lit d'un trait, qui prend à la gorge et qui bouleverse, 
soutenu par une écriture magnifique, à la fois très poétique et violente dans 
la précision des atrocités commises. Hubert Haddad ne nous épargne rien et dresse un catalogue de toutes les horreurs engendrées par le fanatisme.
    Magnifique et terrifiant, Opium poppy nous fait réfléchir sur le sort des enfants dans la guerre, l'accueil ou plutôt le non accueil qui leur est réservé en Europe, réfléchir sur notre monde cruel et injuste. Un roman qui sonne juste.
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 12 mars 2012

    oops
    Alam c'est le nom qu'on lui a attribué en France, au centre d'accueil des mineurs isolés et réfugiés. Alam, c'était le nom de son frère, là-bas dans les montagnes d'Afghanistan, lui on l'appelait l'Evanoui parce qu'il s'était évanoui honteusement le jour de sa circoncision. Au fil des pages on découvre l'histoire de cet enfant soldat fils de paysan embrigadé chez les Talibans qui fini par échapper à l'horreur pour se retrouver en France à la solde d'un gang comme si la fatalité d'enfant soldat était inévitable. le destin de cet enfant est assez effroyable, la plume acérée de l'auteur nous décrit l'impitoyable destruction de l'enfance dans un pays ou le peuple n'en fini pas d'être martyr. Ce roman est un déchirant cri du cœur pour cette enfance volée « absente au monde » qui ne fait que obéir aux ordres. La prose distillée par l'auteur permet de conférer un sens plus aigu au texte, en donnant notamment une véritable mesure de ce qu'est la peur, le mépris, la cruauté, on en ressort forcément troubler.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Christw, le 14 février 2012

    Christw

    Dès le titre: poppy, fleur de pavot, couleurs du sud et du sang, opium, délivrance factice et fumée dévastatrice qui monte au ciel, l'inspiration poétique est beaucoup présente dans ce beau roman émouvant.
    Il raconte l'histoire d'Alam, enfant afghan né dans la guerre et le dénuement, sans autre repère que la violence et un frère taliban admiré. Là-bas, entre murs secs et claquements d'armes, les femmes maudites et convoitées sous les voiles sont aussi troublantes que le lustre des Kalachnikof. La jalousie née d'une passion pour une beauté voilée noue le drame entre Alam L'Évanoui et Alam le Borgne, le frère voué aux fusils. L'Évanoui parce qu'à la honte de son père, il a perdu connaissance lors de sa circoncision. Un enfant qui s'est comporté en fille et voudra prouver toute sa vie qu'il est un combattant sans peur. Et puis ce père qui "sculpé dans la foi, était sa propre statue": mots magnifiques.

    La drogue détermine autant la vie des paysans afghans que beaucoup de jeunes réfugiés en France venus d'Asie, d'Afrique et des pays de l'Est. La narco-économie et le narcotrafic plombent l'Afghanistan: Haddad les maintient au cœur de la course vers l'espoir impossible du petit garçon dont le destin se jouera dans les périphéries mal famées du nord-est parisien.

    Dissemblances farouches entre rochers brûlants et tours froides sous les brumes des soleils gris du nord. Seule chaleur, Poppy la toxicomane son amie: "son visage semble tombé d'une statue d'église" et on frissonne. Seul dans les rues tandis que "la pluie et les regards tombent sur vous de manière inexorable."
    Le regard posé par Alam sur les femmes occidentales mesure l'écart des cultures: "Cette huile sur les visages nus, ces parfums de fleurs inconnues: tout ce qui émane des femmes de ce pays lui paraît vaguement ensorcelé. Elles l'effraient et l'attirent en géantes sans entrailles." Et les mannequins des vitrines des magasins de Kaboul "sont des mortes d'un autre monde" alors que sa mémoire lui rappelle les femmes de chez lui "comme un nid de chenilles ou de frelons dans la maison,... Un atelier d'araignées tranquilles."

    Ce roman constitue ma meilleure lecture romanesque de début d'année. L'écriture est soignée, trop peut-être au détriment de la fluidité, et la narration en flashbacks ne lasse jamais, toujours soutenue par des images poétiques colorées et hardies. Un ouvrage d'auteur documenté, exercé, dont je ne connaissais que ses magasins d'écriture, et dont l'œuvre vaste et surtout diverse témoigne de son engagement d'artiste.


    Lien : http://marque-pages.over-blog.net/article-opium-poppy-hubert-haddad-..
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
  • Par Aela, le 29 janvier 2012

    Aela
    C'est le récit poignant d'un petit garçon afghan, Alam, pris dans la guerre dans son pays, pris entre les Talibans et les trafiquants de drogue.
    Il va réussir à sortir de son pays et à connaître la vie des réfugiés au Camir; dans un centre d'accueil qui rassemble des jeunes enfants venus de diverses zones de guerre: Rwanda, Afghanistan.
    Ensuite ce sera la fuite et il va connaître la vie des exilés et des clandestins dans la banlieue de Paris et partager le quotidien des drogués et des trafiquants de toutes sortes.
    C'est un récit dur, qui nous plonge dans un Afghanistan chaotique, qui nous montre les difficultés de la vie quotidienne, le défi que représente le seul fait de survivre, la condition inhumaine réservée aux femmes par les Talibans.
    C'est un récit à valeur de témoignage et qui se lit d'une traite.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 07 septembre 2011

    litolff
    Opium poppy, suit les traces d'un petit paysan afghan dont l'innocence est volée dans un pays écrasé par la guerre et le trafic d'opium.
    On suit avec effroi, à travers les yeux de l'Evanoui (un sobriquet dont on l'a affublé parce qu'incapable de rester conscient le jour de sa circoncision), le parcours d'un petit afghan rêveur dans sa campagne qui verra peu à peu broyer son environnement pour n'être plus qu'un être en sursis, inexorablement happé par le vertige de la mort. L'errance d'un enfant-soldat confronté à la barbarie, des montagnes afghanes aux banlieues parisiennes au rythme de chapitres alternant les souvenirs du pays natal – rédigés au passé – et l'errance d'Alam à Paris – au présent.
    Peu à peu désensibilisé par les évènements dont il est témoin et acteur, le garçonnet, tout comme son nom ou comme son enfance, disparaît dès les premières pages dans la tragédie. L'enfance n'existe plus et le futur est inévitable ("Pour le futur, il a compris, c'est ce qui arrivera fatalement.")
    Hubert Haddad conte cette épopée avec poésie et un réalisme poignant dans une langue éblouissante (on pourrait citer la moitié du livre) !
    Un roman déchirant, noir et magnifique.
    Vous n'oublierez jamais le petit héros d'Opium poppy !
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Pachy, le 15 mai 2012

    ... Il explique le verbe être. C'est un verbe, la conjugaison lui confère des pouvoirs. C'est par lui que toutes les actions se font : sans lui rien n'existe vraiment. Il n'y a plus de relations. Je suis, tu es, il est, nous sommes... (p. 12)
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  • Par oops, le 05 mars 2012

    On part découragé, en lâche ou en héros, dans l'illusion d'une autre vie, mais il n'y a pas d'issue. L'exil est une prison.
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  • Par litolff, le 07 septembre 2011

    A la pointe nord du cimetière de Pantin, coincé entre la zone industrielle des Vignes et l’éventail des voies ferrées qui s’éploie à perte de vue jusqu’à la gare de triage de Noisy-le-Sec, un secteur sans anatomie définie ni existence probante, plus hypnotique qu’une errance dans les périphéries mal famées du cauchemar, recèle au comble de l’égarement un de ces dédales au cordeau dont on ne s’échappe que par distraction, du côté de l’avenue de la Déviation ou du Chemin Latéral
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  • Par trust_me, le 29 août 2011

    Il aurait aimé étreindre l’ocre tendre du ciel par-dessus les toits, s’allonger nu et laisser le vent l’emporter comme un nuage jusqu’au secret de l’azur, mourir peut-être.
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  • Par Christw, le 14 février 2012

    Dans ses veines, l'héroïne s'éploie, reine d'or qu'aucun royaume n'abrite. La délivrance ravale toute attente. Une joie vide, sans nom, taraude la mémoire. L'extase se substitue à l'ordure de vivre.
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