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Raymond Albeck (Traducteur)
ISBN : 2742737693
Éditeur : Actes Sud (2002)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Janvier 1761 : cinq Européens s'embarquent de Copenhague pour Constantinople. De là, ils gagnent Alexandrie et Suez, puis traversent la mer Rouge. Leur but ultime : un pays inviolé- le Yémen, qu'à l'époque on appelle encore l'Arabie Heureuse. Tel est le point de départ d'une aventure aux multiples péripéties scientifiques et dramatiques. Deux siècles plus tard, se guidant sur les documents laissés par les membres de l'expédition, Thorkild Hansen suit leurs traces. E... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
mesrives
28 novembre 2016
  • 4/ 5
Un merveilleux voyage pour le lecteur. Un extraordinaire périple pour les protagonistes.
La mort en Arabie, une expédition danoise 1761-1767 est un récit où Thorkild Hansen ressuscite les cinq membres de cette aventure grâce à la consultation de leurs journaux .
Ce projet naît du rêve de Frédéric V roi de Danemark et de Norvège de 1746 à 1766 (et père de Christian VII): révéler et comprendre ce pays du Levant, contrée lointaine, nommée depuis l'Antiquité Arabia Félix, l'Arabie Heureuse.
Une entreprise qui doit permettre de progresser dans les Sciences et l'interprétation des Saintes Ecritures ... et soutenue par son ministre Bernstorff.
Le 12 janvier 1761 sonne le coup d'envoi de cette mission lors de l'appareillage du Gronland, vaisseau de guerre danois, dans la rade de Copenhague.
Les membres de cette compagnie de savants recouvrent différents champs disciplinaires: Frédéric Christian von Haven, philologue, Peter Forsskal, physicien et botaniste (élève du grand Linné, naturaliste, digne représentant des Lumières), Carsten Niebuhr, arpenteur-géomètre, mathématicien et astronome, puis Christian Carl Kramer, médecin et physicien, et enfin Georg Wilhelm Baurenfeind, peintre et graveur. A noter l'ajout de Berggren, un assistant domestique.
C'est en leur compagnie que j'ai suivi ce périple malgré une cohabitation plus que difficile, les rivalités se sont exacerbées, des alliances se sont nouées ... l'unité du groupe n'étant qu'apparente!
Comme par magie, j'ai été entraîné par le rythme insufflé par Thorkild Hansen, ainsi de départ en départ, de lieux en lieux, d'étape en étape, j'ai suivi les traces de ces chasseurs du bonheur dans la quête du paradis terrestre. de saisons en saisons, d'hiver en hiver, de printemps en printemps, j'ai observé les cieux de ces fugaces étoiles, entrevu leur chemin intérieur. de mer en mer, de désert en désert, j'ai perdu certains d'entre eux. de planète en planète, de lune en lune, de soleil en soleil, j'ai voyagé toujours plus loin.
Au final, après bien des déboires, la somme de leurs observations marines, astronomiques, botaniques, architecturales... à travers les cartes, les herbiers, les relevés philologiques, topographiques sont parvenus partiellement jusqu'à nous et ont permis à d'autres pionniers, aventuriers et scientifiques d'aller encore plus loin.
Dans ce récit passionnant, riche et instructif de Thorkild Hansen, l'auteur semble nous souffler derrière l'énigme de cette Arabia Felix une réponse: le temps de l'homo sapiens Felix est arrivé depuis longtemps mais sait-il trouver le bonheur et le reconnaître !
Des cinq membres de cette expédition, un seul en sortira grandi comme un heureux hasard!
En effet, comme par miracle, seul celui qui a choisi l'intelligence du coeur et s'est imprégné des cultures locales plus que les autres (adoptant les coutumes et la langue des régions traversées) pour se fondre dans le paysage est celui qui survivra... le titre est bien La mort en Arabie !
Dans ce récit de voyage, traduit par Raymon Albeck et publié en 1962 à l'occasion du deuxième centenaire de cette expédition, l'auteur nous confie l'avenir de ces tous jeunes hommes.
De Copenhague au Yémen, en passant par Constantinople et l'Egypte, de Moka aux Indes, et de Tranquebar à la Syrie, je les ai accompagné, buvant leurs découvertes, tremblant avec eux face aux populations hostiles,  partageant l'accueil chaleureux des populations bienveillantes.
J'ai suivi Pehr Forsskal dans ses randonnées à la recherche du balsamier (arbre à baume de la Mecque). Je me suis gardée du soleil sur les ruines de Persépolis le temps que Niebuhr exécute ses relevés et transcriptions, partageant son émotion face à ce grandiose spectacle... un pur moment de bonheur !J'ai savouré les danses des jeunes orientales le temps que Baureinfeind les croque.
J'ai adoré traverser terres et mers à leurs côtés, partager leur vision, leurs émotions, leur isolement et solitude, mais hélas aussi leurs cauchemars face aux épreuves physiques et mentales.
De la magie, des moments de grâce, des épisodes cauchemardesques.
Un très très bon moment de lecture.
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ivredelivres
27 juillet 2016
  • 4/ 5
Vous est-il arrivé de classer un livre sans l'avoir lu et de l'oublier là pendant ...des années.
Cette Mort en Arabie a subi ce sort là, pourquoi ? je n'en sais rien, il est parmi mes livres depuis 1988 !! Je crois me souvenir que j'ai commencé à le lire et soit j'ai abandonné pour me tourner vers autre chose, soit il ne m'a pas plu sur le moment. Il a suivi tous mes déménagements, je ne l'ai ni perdu, ni prêté, ni vendu, ouf...
Ce livre est superbe, c'est un petit joyau, un savant mélange de récit d'exploration, de récit de voyage et de biographie.
Et en prime vous pouvez encore le trouver en Actes sud Babel.
Cette histoire bien réelle dépasse toute fiction imaginable, elle rassemble tous les ingrédients d'un roman réussit : un but fantasmé, des participants qui sont des personnages de roman, et surtout un art de la narration admirable.
1761 le roi du Danemark, Fredérik V, a décidé de financer une expédition pour l'Arabie, pour découvrir les traces de la main de Dieu dans le désert du Sinaï, trouver les sources des récits bibliques, rapporter des manuscrits, comprendre l'appellation Arabie heureuse qu'Alexandre nous a laissé, et plus prosaïquement découvrir la provenance de l'encens.
Bien sûr il est aussi question d' enrichir les collections royales de botanique et ainsi faire la nique au grand Linné, de cartographier les régions traversées, de faire des croquis de toutes ces merveilles.
Le choix des participants va s'avérer à la fois catastrophique et très heureux, il y a là Peter Forsskål le savant botaniste, Carsten Niebuhr le mathématicien, astronome et arpenteur, Georg Baurenfeind le dessinateur, Johann Kramer et Christian von Haven sensé être linguiste mais un être vain et incompétent. de ces cinq hommes un seul rentrera vivant !
Parce que ne vous faites aucune illusion, on sait dès le début que ce sera un échec retentissant, mais une fois enclenché la machine du récit je vous parie que vous voudrez savoir le pourquoi et le comment de tout ça.
La route passe par Constantinople, le Caire et ses pyramides, le Sinaï puis la mer rouge et l'Arabie.
Mais dès les premiers jours de l'expédition on sait que des obstacles vont surgir, ni géographiques, ni politiques mais bien la mésentente dans le groupe en proie à l'ambition démesurée de certains, à l'attrait pour l'argent, à la vanité, au nationalisme parfois exacerbé, au petites trahisons.
Ils rêvent de gloire, de laisser une trace dans l'histoire.
Le voyage nous est raconté en grande partie grâce au journal du survivant, nous suivant leurs découvertes, la volonté des plus sages de se fondre dans la population en adoptant son mode de vie, ils arpentent, ils herborisent, ils cartographient à tour de bras. Pendant des années la carte du Yemen sera celle de cette expédition.
Mais la fatalité, la déraison des hommes vont avoir raison de l'expédition. Ils parviennent jusqu'à Saana, la malaria s'attaque à plusieurs membres, le climat politique devient malsain.
La fin de l'expédition est dantesque. Un seul survivant ! mais que dire du retour ! Les participants sombrent dans l'oubli, leurs travaux tombent dans les oubliettes du temps et sont parfois ridiculisés ou pire ignorés.
Les collections si patiemment amassées seront détériorées par les conditions de transport, l'humidité ou la chaleur, pillées par goût du lucre.
Thorkild Hansen a fait à la fois un travail d'historien mais a mis toute sa science du récit pour nous étonner, nous surprendre, il distille les informations et nous le suivons ventre à terre.
L'absurdité du destin est un thème cher à Hansen, il y a du Camus chez cet homme.
La Mort en Arabie est considéré comme le chef-d'oeuvre de Thorkild Hansen.
Je sais qu'habituellement je ne livre pas autant de détails d'un livre, mais ici peu importe, ce qui fait l'intérêt du livre ce sont les hommes, les contrées, la réflexion parfois philosophique et poétique qui sous-tend le récit, le résultat on le connait dès le début du livre.


Lien : http://asautsetagambades.hau..
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GabySensei
03 décembre 2011
  • 5/ 5
Quand la réalité dépasse la fiction! Jugez vous-même:
Le bon roi du Danemark a décidé de laisser une trace dans l'histoire en élargissant les connaissances de l'humanité! Quoi de mieux que d'organiser une expédition chargée de cartographier les régions bibliques. Elle devra aller jusqu'en "Arabie heureuse" (Yémen) pour découvrir les mystères de l'encens. Elle devra en outre vérifier si l'on peut traverser la mer rouge à pied et trouver dans le Sinaï des traces des Dix commandements écrits par la main même de Dieu. Un botaniste devra aussi établir un herbier des espèces végétales vivant dans la région.
Mais ces nobles ambitions vont se heurter aux plus bas instincts humains.
Un noble s'est empressé d'accepter la charge de cette expédition pour se faire bien voir du Roi. Mais il n'a, en réalité, aucune envie d'aller pérégriner si loin de la civilisation. Il fait donc trainer les préparatifs en longueur et cela d'autant plus qu'il est grassement payé pendant tout ce temps. Il décrète qu'il lui faut apprendre l'arabe et qu'il doit aller jusqu'à Rome pour cela (alors que personne ne parle arabe dans cette ville!). Il mettra deux ans à faire le voyage Copenhague-Rome en faisant la fête à chaque étape. Tout cela financé généreusement par le trésor royal.
Le roi commence à s'agacer de ne pas voir son grand dessein se réaliser et met un petit peu la pression sur tout ce beau monde. Il choisit un nouveau chef d'expédition: un cartographe taciturne et sans charisme mais très efficace pour l'organisation concrète du voyage. Son autorité sera vite contestée et sera source de tensions qui aboutiront à la mort de plusieurs participants.
Il faut maintenant choisir un botaniste. Il faut naturellement que ce soit le meilleur. Mais le meilleur n'est pas Danois mais Suédois. Les nationalistes sont froissés mais finissent par accepter ce disciple du grand Linné. Seulement l'homme a ses exigences. Il veut faire un détour par l'Afrique du Sud pour ramener un spécimen de plante rare à son maître en Suède. Après d'âpres négociations il finit par convenir que la route d'Afrique du sud n'est pas la plus directe pour se rendre en péninsule Arabique.
Tout ce beau monde se met en route pour un voyage mouvementé. Tempêtes, maladies, tentatives d'assassinat entre amis...
Cette expédition laissera néanmoins sa trace dans l'histoire. Ils seront les premiers européens à mesurer les Pyramides du Caire et à établir une carte de cette "Terra Incognita".
Thorkild Hansen est un historien qui a l'art de nous mettre dans la tête des protagonistes de l'époque. Tous les faits racontés sont rigoureusement exacts et le livre se dévore comme un roman psychologique. Car c'est bien de notre époque que nous parle l'auteur à travers ces personnages d'un autre temps. En pointant les singularités de cette période il nous montre comme nous avons changé. Les hommes politiques du passé se souciaient de la trace qu'ils laisseraient à la postérité et cela dictait leur conduite. Aujourd'hui nos hommes politiques ne se préoccupent que de la prochaine élection. A contrario il nous montre aussi ce qui est resté intemporel: l'ambition, le nationalisme, la médiocrité, le goût de l'argent...
Un grand livre!
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luocine
18 octobre 2016
  • 5/ 5
Quel livre ! Je le dois encore une fois à Domi­nique. Que sa curio­sité insa­tiable soit mille fois remer­ciée ! Sans son blog ce livre ne serait pas parvenu jusqu'à moi puisque ma média­thèque ne possède pas encore (depuis j'ai convaincu les biblio­thé­caires de l'acheter) ce « chef d'oeuvre », comme le dit la quatrième de couver­ture. Et je suis entiè­re­ment d'accord, c'est un petit chef d'oeuvre. Thor­kild Hansen, décrit avec une préci­sion extra­or­di­naire, tant sur le plan tech­nique qu'humain, une expé­di­tion qui part du Dane­mark en 1761, pour faire connaître au monde un pays alors inviolé : « L'Arabie Heureuse ». Un roi danois Frédéric V, soutenu par un ministre, Berns­torff, parti­cu­liè­re­ment gagné à l'esprit des lumières, mobi­lise des sommes impor­tantes pour financer une expé­di­tion auda­cieuse. Il s'agit de rassem­bler des savants les plus pointus de l'époque pour décou­vrir une partie de la planète où aucun occi­dental n'était encore allé.
D'abord, il s'agit de comprendre ce nom : pour­quoi s'appelle-t-elle « Heureuse » cette Arabie ? Qui sont les peuples qui la compo­sent ? Pour cela, il faut un savant linguiste , ce sera un Danois von Haven. Pour comprendre la géologie et les plantes, on fera appel un savant suédois Peter Forsskal, un médecin physi­cien danois le docteur Kramer pour soigner les membres de l'équipe , un peintre graveur Bauren­feind pour ramener les illus­tra­tions de tout ce qui sera décou­vert et un arpen­teur d'origine alle­mande, Carsten Niebuhr, le moins titré des cinq hommes. Tous ces gens ont beau­coup écrit, envoyé de longs rapports sur leur voyage (sauf le docteur Kramer). Torkild Hansen, les a tous lus et pour certains de ces écrits, il en était le premier lecteur.
Son récit nous faire revivre de l'intérieur cette incroyable épopée qui a failli être un des plus grands fiascos de tous les temps. Pour une raison que l'on sait dès le début du livre van Haven et Forsskal se haïs­saient, et malheu­reu­se­ment Berns­torff n'a pas su anti­ciper les consé­quences de cette haine impla­cable. Il aurait au moins fallu dési­gner un chef, mais non, on leur demande à tous de s'entendre ce qu'ils sont tota­le­ment inca­pa­bles de faire. La raison en est sans doute que l'éminent profes­seur danois von Haven, déce­vait beau­coup son employeur qui n'osait pas l'avouer. Sur le terrain la mollesse d'esprit et de corps de von Haven le discré­di­tera tota­le­ment, au profit du coura­geux, éner­gique mais colé­reux Forsskal.
La malaria empor­tera dans la mort ces deux hommes, le premier n'aura rien décou­vert d'important, se plai­gnant à longueur de rapports de l'inconfort et de l'insécurité. le second au contraire a réussi à envoyer de multi­ples rapports, de nombreuses caisses de plantes, d'animaux empaillés, ou conservés dans l'alcool , de semences, de plantes séchées. Tout cela parfai­te­ment décrit dans de mult ouvrages. Malheu­reu­se­ment, rien ou presque de son fabu­leux travail n'a été exploité. Pour­quoi ? Il était suédois et le roi du Dane­mark n'avait guère envie que la Suède s'attribue le succès d'une expé­di­tion qu'elle avait financée. Forsskal est un élève de Linné qui est déjà un savant reconnu mais suédois, les consé­quences de ce natio­na­lisme absurde c'est que von Haven n'a rien décou­vert par paresse et que les extra­or­di­naires décou­vertes de Forsskal ont été complè­te­ment négli­gées ou presque.
Il ne reste donc rien de cette expé­di­tion qui dura 7 ans ? et bien si ! le seul person­nage peu titré était cet arpen­teur d'origine alle­mande : Carsten Niebhur qui a toujours refusé le moindre titre hono­ri­fique, il est le seul à revenir vivant de cette extra­or­di­naire épopée et il a fourni au monde, pour plusieurs siècles, des cartes exactes de cette région du monde. Même s'il a donné le nom correct à l'Arabie « Heureuse » : le Yemen , il n'a pas trouvé pour­quoi on l'avait si long­temps appelé Heureuse. La réponse est dans le livre, à vous de l'y trouver…
C'est peu de dire que j'ai lu avec passion ce voyage abso­lu­ment extra­or­di­naire, ne m'agaçant même plus d'un procédé qui d'habitude me gêne beau­coup : l'auteur nous annonce souvent les événe­ments impor­tants à venir. Je préfère toujours décou­vrir les diffé­rentes péri­pé­ties au cours de ma lecture sans effet d'annonce. Quand j'ai réalisé que l'énorme travail de Forsskal, d'une qualité remar­quable allait être réduit à néant par la stupi­dité et la mesqui­nerie humaine, j'ai alors lu ce livre comme un thriller, je n'arrivais pas à le croire ! Si je dois encore vous donner une raison supplé­men­taire pour vous plonger dans ce voyage, lisez-​le simple­ment pour décou­vrir une des plus belles person­na­lité que les livres m'ont permis de connaître : celle d'un arpen­teur qui avec téna­cité et intel­li­gence a permis de faire de cette expé­di­tion une superbe réus­site. Une person­na­lité de cet acabit : modeste, honnête, humaine, altruiste, coura­geuse, sans préjugé … bref, à lui seul, il mérite un collier entier de coquillages !
Lien : http://luocine.fr/?p=6702
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lorson
13 octobre 2012
  • 5/ 5
C'est exactement ça : la réalité dépasse la fiction... A lire pour tout les passionnés des récits de voyage, ce livre vous transportera !! Un livre incontournable pour tous les passionnés de récits de voyage.
Très belle écriture de Hansen (son Jens Munk est excellent aussi) au service d'une fabuleuse histoire !
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives04 décembre 2016
La liberté ne peut être défendue que par la liberté.
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mesrivesmesrives04 novembre 2016
Les villes ont des palais, ces palais ont des riches, et ces riches ont les problèmes que leur posent chevaux et belles esclaves . Mais dans le désert de l'Arabie, il n'y a point de palais, ni de riches négociants, ni de problème particulier. Dans ce désert, les hommes se lèvent avant le soleil. Il faut utiliser les heures où il fait déjà jour, mais pas encore trop chaud. Dans la demi-obscurité de l'aube, bien avant que le soleil n'apparaisse et n'incendie la journée qui vient, l'Arabe a déjà allumé son feu, s'est accroupi devant lui pour lui dérober un tison qu'il place à même le fourneau de sa pipe, en attendant que bouille l'eau de son café. Une fois le café préparé, il le verse dans de petites tasses qu'il tend à la ronde. Il ne verse qu'une gorgée à la fois. Quand on l'a bue, on tend la tasse pour recevoir une gorgée de plus. C'est la loi de l'hospitalité et elle va de soi : tendre à quelqu'un une tasse pleine à ras bords serait manquer de tact, ce serait lui dire : « Bois vite et va-t'en ! » Tandis qu'au contraire tout se passe dans le calme ; on demeure assis un instant, la tasse vide à la main, puis on la tend pour recevoir une gorgée supplémentaire. Cependant la boule du soleil apparaît, elle colle un instant à l'horizon écrasé, s'en détache dans une secousse. Il ne se passe rien d'autre. Aucun chant d'oiseau ne prélude au jour à son début, aucune couronne de feuillage ne restitue le bruissement du vent. Chaque matin, la voix humaine est le premier et l'unique signe de vie qu'on perçoive dans le grand silence. Tout s'est pour ainsi dire retiré comme une marée afin qu'on puisse mieux contempler sa propre vie. Il n'y a presque rien d'autre qu'elle dans ce lieu. Votre vie s'inscrit dans l'espace autour de vous, elle est votre voix dans le silence, vos traces de pas dans le sable chaud. Ce n'est pas grand- chose, et elle s'effacera bientôt, et on s'en aperçoit ici : nous ne sommes presque rien.
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mesrivesmesrives19 novembre 2016
Quelques heures encore. Enfin, les voici arrivés. Niebuhr fait halte. Persépolis s'étend devant lui comme si la montagne la lui présentait avec ses ruines dans le creux de sa main tendue. Pas un être humain n'erre dans les palais détruits de Xerxès et de Darius, mais à l'ouest, le soleil se couche et teinte de rose d'innombrables et sveltes colonnes, comme si elles se dressaient encore dans les dernières lueurs tremblantes de l'incendie d'Alexandre. Pendant que l'obscurité tombe, Niebuhr fait un premier tour parmi les ruines. Transporté d'enthousiasme, il contemple les colonnes, leurs bases, leurs chapiteaux, les bas-reliefs presque intacts, les murs couverts de signe comme une plage de sable après une migration de bécasseaux. Il est encore hors d'état de tout embrasser, mais il est clair qu'il a devant lui de quoi s'occuper pendant des semaines. Ce n'est que lorsque la nuit est devenue telle qu'il ne peut plus rien distinguer qu'il revient vers son âne, réveille domestique et guide, retourne avec eux vers le village de Merdast, à une heure au sud des ruines. Malgré l'heure tardive, il a la chance de tomber sur des personnes bienveillantes qui lui procurent une chambre dans une petite maison où les rares voyageurs ont l'habitude de loger. Le lit n'a pas de draps, mais cela n'a pas d'importance: cette nuit-là, il dort comme une pierre.
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mesrivesmesrives02 novembre 2016
A Smyrne, Forsskal découvre un oiseau dont il n'a encore jamais lu aucune description. Il le baptise Turdus seleucus. Les indigènes lui racontent que le Coran interdit de le tuer, parce qu'il peut dévorer plus de dix mille sauterelles par jour. L'oiseau découvert part Forrskal s'appelle de nos jours Pastor roseus, étourneau rose. Il appartient effectivement aux Turdidés. Sa tête, son cou, ses ailes et la queue sont noirs mais son dos et ses flancs sont roses et il a une petite touffe de plumes à la nuque. Il est exact que le Coran fasse allusion à cet oiseau, et aujourd'hui encore, il est très répandu en Orient, où l'on fait grand cas de lui parce qu'il détruit les sauterelles. Bien des fois, les Orientaux avaient contemplé le petit oiseau empressé de Forsskal, alors qu'il mettait en pièces des insectes que souvent il ne mangeait même pas. On ne tenait pas alors le compte exact de ses victimes pour savoir s'il atteignait dix mille: il y avait tant de choses à cette époque qu'on ne faisait pas. Et de nos jours, on ne contemple plus un étourneau rose...
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liberligerliberliger24 octobre 2012
Si le bonheur se trouvait, même dans le pays le plus reculé, même si le voyage ne pouvait avoir lieu sans le plus grand risque et au prix des plus grands sacrifices, alors nous partirions tout de suite, ce serait quand même plus facile que de l'atteindre là où il se trouve vraiment, à l'endroit qui nous est plus proche que le pays le plus proche, et cependant plus lointain que la terre la plus lointaine, parce que cet endroit ne se trouve pas hors de nous, mais en nous-mêmes.
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