> Fanny Ladd (Traducteur)
> Patricia Duez (Traducteur)

ISBN : 2361930145
Éditeur : Les Grandes Personnes (2010)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Australie, début du XXème siècle. Maddy est l’unique fille d’une famille aisée. Solitaire, un peu fantasque, elle s’éprend d’un garçon rencontré sur la plage, l’insaisissable Plume, et l’épouse. Mais ce couple improbable n’est malheureusement pas fait pour durer…
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Autant vous dire tout de suite que j'ai été assez décontenancée par le style que j'ai découvert dans ce roman. Peut-être parce qu'elle s'adresse aux enfants, l'histoire est incroyablement simple et légère. Ce que je veux dire c'est que j'étais habituée à trouver chez Hartnett des strates de lecture différentes. Ici il s'agit d'une seule intrigue, d'un fil cousu avec précision et méthode sur tout le long. La narratrice c'est Matilda Victoria Adelaide, une vieille femme recluse chez elle. Dans le temps elle fut l'enjouée et obstinée Maddy, la petite fille butée qui trace sa route quelle que soit l'opinion des autres. Elle grandit au début du XXème siècle dans une famille aimante mais ô combien exigeante. Son père elle le surnomme "l'homme de fer", il est inflexible, a voyagé et vécu son lot d'aventures, il est maintenant très attentif à l'éducation de sa fille unique.
    Quant à sa mère, elle nourrit elle aussi de grands projets pour elle. Souhaitant la voir mariée, elle complote un avenir pour jeune fille de bonne famille. Sauf que Maddy est imprévisible, elle trouve d'ailleurs un malin plaisir à aller à contrecourant et à se dresser contre son entourage. Elle rencontre Plume, un jeune homme sauvage errant au bord de la plage et s'éprend de lui.
    Du gendre fortuné qu'espéraient ses parents on passe au jeune homme bohème plus sensible à la nature qu'aux conventions. Maddy est impulsive, elle suit son cœur, délaisse toute raison et commence une vie au jour le jour avec ce garçon insaisissable que seul l'horizon peut dompter.
    C'est plein de poésie et d'onirisme que ce récit de Sonya Hartnett ! C'est étrange de se laisser porter par cette quête de l'amour et ce lent apprentissage des sentiments humains. On sent dans l'éveil de la petite Maddy beaucoup d'aveuglement et de croyances dévotes mais c'est vraisemblablement par l'apprivoisement d'une entité bien plus abstraite, la nature, que passera le salut de la jeune fille.
    Au fil du récit on comprend pourquoi un parallèle est dressé entre le récit de la vieille dame et de la fille qu'elle était alors dans sa jeunesse. Tout ce recul, ces métamorphoses qui se sont opérées grâce au regard de l'être aimé ont eu raison de la personne qu'elle est devenue. J'ai aimé le rôle de Plume, être tout droit sorti de l'écume, j'ai aimé tout le vocabulaire australien (pour exemple le nargun, être mi-humain, mi-rocheux qui est le confident de Maddy) et cette sorte de morale qu'on retient à la fin (à vous de la dégager).
    Un seul petit bémol pour la traduction. J'avais l'habitude d'un style très fluide et lié dans les deux autres romans de Hartnett. Là j'ai parfois été surprise par les expressions ou autres images. le langage est poétique mais peut-être trop précieux par moment, cela manque de cohésion et de réalisme. Mais comparé au reste il ne faut pas s'arrêter à ce détail car l'histoire en vaut clairement la chandelle.
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    • Livres 4.00/5
    Par VanessaV, le 23 décembre 2011

    VanessaV
    "L'Enfant du fantôme" de Sonya HARTNETT est un magnifique roman pour adolescent mais les adultes y trouveront leur compte.
    Matilda est une vieille femme qui vit seule avec son chien dans une petite maison. Aujourd'hui elle avait prévu de ne s'occuper que de son repas. Mais en rentrant chez elle un garçon s'est invité sans autorisation. "Elle ne put s'empêcher de sourire à l'idée qu'il était là, installé avec une telle désinvolture dans son salon. C'était bizarre et aussi, en un sens, flatteur, comme lorsqu'un chat de gouttière élit domicile chez vous." Il est impertinent, curieux et même si ce n'est pas là où il souhaiterait être, il reste à parler à la vieille dame.
    Sous son regard gris et ses questions, Matilda fait revivre Maddy, celle qu'elle était jeune. Une enfant de bonne famille, un peu étrange et sauvage. Aimée de ses parents mais retenue dans une condition. Après l'internat et les études, ses parents lui proposèrent d'entrer dans la vie... se trouver un bon parti pour la mère, savoir reconnaitre ce qui est important pour le père. de ce père, puissant et craint, émane la question principale d'une vie: "- Qu'elle est la plus belle chose au monde?". Pour lui permettre de répondre par elle-même, il l'emmène deux ans faire le tour du monde, découvrir les paysages, les monuments, la faune, la flore, les minéraux, la science...
    Indépendante, fine, cultivée mais toujours aussi sauvageonne, elle rentre chez elle, toujours aussi volontairement maître de sa vie. Et elle rencontre alors un jeune homme sur la plage. Il parle à un pélican, il ne semble rien posséder d'autre que ses vêtements, le plaisir d'être au plus près de la nature et la liberté. Plume.
    Elle, heureuse seulement dans la nature australienne emplie de drôles d'animaux, d'insectes ou de faune légendaire, croise là une connivence. Elle l'aime.
    Sonya HARTNETT offre là un très beau roman sur la féminité. Non au sens de mode et activités mais bien la vie d'une enfant, jeune fille, femme et vieille dame qui est restée elle-même, choisissant le meilleur, concédant le moins bon.
    Plume est la liberté indomptable. La plus belle chose au monde de Maddy. L'amour avec ce qu'il y a dedans de prison, de sauvage, de concession. (...)
    L'atmosphère est particulière. Matilda offre à son jeune invité sa vie avec ce qu'elle a d'étrange et fait appel aux forces de la nature et des légendes. Loin de paraître saugrenue, cette invasion de la faune terrestre et maritime australienne et fantastique apporte ce qu'il y a de profondément mystérieux et fascinant dans la force de vie des indomptables (...).
    (...)
    l'avis complet en suivant le lien

    Lien : http://1pageluechaquesoir.blogspot.com/2011/12/lenfant-du-fantome.html
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    • Livres 5.00/5
    Par stephanieplaisirdelire, le 21 avril 2012

    stephanieplaisirdelire
    Au retour d'une de ses promenades quotidiennes, Matilda Victoria Adelaïde, veille femme solitaire, découvre un enfant installé dans son salon. Aussi curieux qu'impertinent, le garçon n'hésite pas à la questionner sur son passé. Peu à peu, d'anecdotes en images, elle raconte et redonne vie à Maddy, la jeune femme qu'elle était il y a 60 ans. Fille unique issue d'une famille aisée, solitaire et un peu fantasque, elle est tombée sous le charme de Plume, un garçon mystérieux croisé sur la plage…

    Maddy est adorable, et très attachante. Elle mêle l'intelligence à l'innocence et l'obstination à la résignation. Je me suis d'emblée attachée à elle, sans doute parce que je me reconnaissais un peu en elle. J'ai beaucoup aimé (envié) la relation qu'elle a avec son père «l'homme de fer». Quant à sa relation avec Plume, elle est belle, délicate et surtout très fragile. Ce personnage masculin est mystérieux. Bohème, énigmatique, fantomatique, il est indomptable. Très proche de la nature et attaché à la liberté, il ne possède rien, parle aux animaux, et malgré tout l'amour qu'ils ont l'un envers l'autre, il ne semble vraiment pas fait pour la vie que Maddy tente de leur construire.

    Comme dans les précédents romans de Sonya Hartnett que j'ai lus (Finnigan et moi et Une enfance australienne), l'enfance à une place importante dans ce livre. Toutefois, j'ai trouvé l'atmosphère bien différente. Moins tendue et moins sombre, elle est ici plutôt lyrique, tout en légèreté surtout grâce aux descriptions poétiques et imagées. Entremêlée aux souvenirs de Matilda, l'histoire de Maddy se construit peu à peu, pour virer vers la fable onirique......
    La suite sur ma petite page perso

    Lien : http://stef93330plaisirdelire.blog4ever.com/blog/lirarticle-522250-9..
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    • Livres 3.00/5
    Par paullilas, le 12 octobre 2010

    paullilas
    J'ai adoré le début du roman, le personnage de cette jeune femme au caractère si différent et puis je ne l'ai pas aimé amoureuse cela ne lui réussit pas mais c'est un peu le message de cette fable, l'amour n'est pas que joies et plénitude, il est surtout alliénation, ah bon;)
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    • Livres 5.00/5
    Par Pays_des_contes, le 08 janvier 2012

    Pays_des_contes
    Roman étonnant que cet Enfant du fantôme, qui commence sur une rencontre et finit sur un départ inattendu. Court, plein de finesse, à la fois sensible et désenchanté, ce récit brosse un magnifique portrait de femme [...]

    Lien : http://siletaitencoreunefois.hautetfort.com/archive/2012/01/08/l-enf..
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Citations et extraits

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  • Par Pays_des_contes, le 08 janvier 2012

    - Alors, après avoir étudié durant toutes ces années l’histoire, la géographie, la diction et le point de croix, connais-tu la réponse ?

    Maddy battit des paupières.

    - Quelle réponse, papa ?

    Son père vida le reste de la bouteille de vin dans son verre et fit signe à la domestique d’apporter le porto.

    - La réponse à la seule question qui importe, bien sûr : Quelle est la plus belle chose du monde ? (…)

    La chose la plus belle du monde : son père était-il sérieux, existait-il vraiment une chose pareille ? Elle savait que l’homme de fer n’était pas homme à plaisanter, ni à dire ou faire quelque chose d’insensé. Le moment était crucial, à n’en pas douter, et il attendait pour le moins qu’elle plonge au plus profond d’elle même afin de lui donner la réponse. Celle-ci lui permettrait d’évaluer sa fille, il ne l’oublierait jamais.
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  • Par Eipoca, le 30 juin 2011

    Les jeunes gens pensent que la vieillesse est au pied de la montagne, finit par dire Matilda. En vérité, elle est au sommet. Je suis vieille car j'ai vécu une vie entière. J'ai grimpé très, très longtemps. Lorsque je me retourne pour contempler le chemin parcouru, je vois le village où je suis née, ainsi que ma mère et mon père. Je vois les maisons dans lesquelles j'ai habité, les gens et les animaux que j'ai aimés. Les mauvaises routes que j'ai empruntées, les endroits où j'ai trébuché, et ceux où j'ai dansé, chanté et couru. Je peux voir se dérouler des années et des années. une telle vue n'est possible que du sommet d'une montagne. Ce n'est pas facile d'être là-haut - c'est venté, dangereux, et on s'y sent parfois seul -, mais c'est le sommet, et il n'y a pas d'autre lieu où aller.
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  • Par Eipoca, le 30 juin 2011

    Etre vieux est parfois douloureux, mais ce n'est pas horrible. C'est simplement ce que je suis. Lorsque j'étais une petite fille, je me regardais dans le miroir et je me voyais, moi. Maintenant je suis vieille, mais quand je me regarde dans le miroir, c'est toujours moi que je vois. Je ne suis plus gracieuse ni jolie, mais peut-être suis-je autre chose - quelque chose d'aussi bien ou même de meilleur. Jadis j'étais le fruit du chêne, aujourd'hui je suis le chêne.
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  • Par Eipoca, le 30 juin 2011

    Même si elle avait essayé de faire autrement, elle n'avait jamais pu cesser d'encombrer le présent de son passé. [...] La vie, au final, n'était qu'une pile de vêtements et de papiers, des biens à mettre dans des sacs et à étiqueter. Tout ce qu'il y avait de meilleur - le son de la voix et le rire, l'inclinaison de la tête, ce que l'on avait vu, ressenti, dit - ne pouvait rester derrière soi.
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  • Par Eipoca, le 30 juin 2011

    On a une bonne vue du sommet de la montagne, mais la seule route que l'on distingue clairement est celle que l'on a empruntée pour y arriver. Les autres - les chemins que l'on aurait pu prendre, mais que l'on n'a pas pris - sont autour de vous, mais ce ne sont que des routes fantômes, des voyages fantômes, à jamais cachés par les nuages.
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