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ISBN : 2246800633
Éditeur : Grasset (2012)


Note moyenne : 2.73/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Jusqu'où faut-il remonter pour trouver la source d'une tragédie personnelle?

Aux mensonges de la guerre à la génération des grands-parents?

A ceux de mon "héros" de père, parti à la conquête du sommet mythique de l'Annapurna en 1950 et lai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par mariech, le 06 février 2013

    mariech
    Et bien déception pour moi aussi , je l'ai terminé mais j'ai passé des pages .
    Que penser de l'écriture ? Mais je me suis demandée ( et bien étonnée d'être la seule à poser la question ) si ce livre n'avait pas éte rédigé par un nègre , pour ma part j'en suis presque sûre , on dirait un style d'une autre époque , enfin moi l'écriture ne m'a pas plu du tout .
    Le fond maintenant , déjà relevée par certains , qu'est-ce que c'est que cette appelation ' roman ' , ce n'est pas un roman , sans doute a-t-elle écrit roman pour moins choquer son père ;
    Le début du livre me plaisait un peu , j'aime beaucoup les histoires de famille mais je n'ai pas toujours bien compris la généalogie ou pas eu trop envie de faire l'effort mais après 100 pages , je renacle l'histoire part dans tous les sens .
    Heureusement , il y a quelques moments de grâce comme le dit aussi un autre menbre de Babélio qui ont fait que je me suis accrochée à ma lecture , les passages qui m'ont plu sont le passage sur l'ascension de l' Annapurna avec ce qu'elle suppose être un acte manqué de son père , perdre ses gants et ceux où elle évoque la psychose de son frère , là on ressent un peu d'émotions .
    Bien sûr avoir un père comme Maurice Herzog n'a pas dû être facile , c'est le moins qu'on puisse dire mais pouvait-il envisager une autre attitude que celle qu'il a eue au retour de son exploit , je ne le pense pas , il avait quand même perdu ses doigts et puis voir les exploits des années 50 à l'éclairage des années 2010 ne me paraissent pas réalistes .
    Le portrait de sa mère et de celui de toute sa famille maternelle est hallucinant , Félicité H. a vraiment vécu sur une autre planète .¨et ce côté est intéressant , surtout les anecdotes chez ses grands -parents Pieer et May .
    Pour une note finale , je vais essayer de ne pas être trop sévère , je dois m'en prendre à moi-même car je savais qu'en lisant ce livre cela m'apporterait pas grand chose à ma vie de lectrice . Ce n'est pas un livre que je recommande pour ses qualités littéraires ni pour sa profondeur mais il fallait que je le lise , les critiques m'en avaient donné envie .
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    • Livres 4.00/5
    Par Rolienne, le 18 octobre 2012

    Rolienne
    « Un héros », roman de Félicité HERZOG, Grasset, 2012, 302 pages
    Dans son premier roman, Félicité Herzog, 44 ans, nous raconte les grands épisodes de sa jeunesse. Félicité est la fille de Maurice Herzog, l'alpiniste dont le Général de Gaulle avait fait, en 1958, le premier ministre français de la Jeunesse et des Sports. Mais dans les veines de Félicité coule aussi du sang de Marie Stuart, comme celui de la veuve Clicquot, puisque elle est la petite fille du 13ème Duc de Brissac. Et enfin, Félicité est l'arrière-petite-fille d'Eugène Schneider, le fondateur des aciéries du Creusot.
    Le lecteur de ce début du XXIème siècle a beau se déclarer affranchi du passé, de ses mythologies comme de ses idéologies, et évoluer dans le perpétuel présent d'une mondialisation magique, à défaut d'être heureuse, ce roman le plonge dans quelques pages de l'Histoire de France qui résonnent encore au cœur des générations contemporaines. En effet, quoique nous en dise le marketing techniciste et intemporel, ne sommes nous pas tous des héritiers de régimes anciens, de révolutions industrielles et de guerres nationalistes ?
    L'alliance de la fortune des Schneider et du nom des ducs de Brissac évoquée ici rappelle ce que Proust a décrit dans « Le temps retrouvé » : les aristocraties ruinées après la Première guerre mondiale ont fait des mariages d'argent avec la haute bourgeoisie de la banque et des affaires. Mais le prurit réactionnaire de ses aïeux, autrefois boulangistes et anti-dreyfusistes, se déclinera pendant la Seconde guerre mondiale par la collaboration sous le gouvernement de Vichy.
    Heureusement, les options des Brissac ne résument pas toute l'éthique et l'action de leur caste. Une certaine noblesse française, par exemple la famille de Vogüé, la maison de Broglie ou les adeptes de la branche d'Orléans, ont su s'illustrer dans des voies humanistes, scientifiques et pacifiques. Elle tentait de pratiquer sur le terrain, et dans le monde entier, une hauteur de vue qui faisait fi de l'obsession de l'étiquette et du protocole dont Félicité Herzog nous fait souvenir.
    Signalons par ailleurs une sorte de ratage des espérances idéalistes des parents. Côté Père, l'héroïsme légendaire se réduit à une imposture navrante et narcissique : cet alpiniste n'a pas réalisé l'exploit de l'ascension de l'Annapurna tel qu'il le clame. Par contre, en insatiable Don Juan, les dames étaient bien conquises. Quant à la mère, dont l'intelligence brillante est pétri des lumières de l'agrégation de philosophie, elle se transforme en Simone de Beauvoir qui aurait eu des enfants par erreur.
    A une lointaine époque, on envoyait la jeunesse dorée faire ses preuves sur le champ de bataille. Félicité, elle, pour fuir le passé et l'avenir, prend la direction de Wall Street à New-York, elle endosse le rôle de jeune banquière avec diligence, rage et méticulosité (page 266) :
    « Je m'étais prise au jeu de ces transactions financières qui ne laissent aucun temps de réflexion, aucune respiration pour penser à autre chose qu'au perpétuel mouvement des entreprises industrieuses d'Amérique du Nord et d'Europe qui s'emboîtent et se démontent à la manière de mécanismes d'horlogerie. Gagner beaucoup d'argent offrait pour quelques-uns dans notre génération un horizon indépassable et l'espoir pour moi, de faire revivre les demeures du passé. » page 253
    « Mon attention était entièrement distraite par ce groupuscule composé de funambules de la transaction financière, de clowns de la représentation new-yorkaise, de personnages aussi vivants, naïfs que d'autres étaient douteux, navrants, inutiles. Nous étions tous soudés à ce centre nerveux d'informations et de transactions qui crachait son énergie par une foudre routinière. Il y avait là un afflux de nouveautés, y compris de comportements, une avidité de consommer de la vie, du temps, un mépris pour tout exercice de mémoire, une exigence de technicité tels que mon vieux passé était submergé, saturé, étouffé, enseveli : l'avenir seul comptait. Mort du passé par indifférence, refoulement des émotions, argent devenu jouissance, foi dans la mécanique des chiffres contre esprit de finesse.» (page 265- 266)
    L'auteur semble écrire à la pointe de l'épée, comme si les ancêtres chevaliers avaient légué leur ADN à sa plume. Elle vous tire le portrait, toujours vif et précis, style au vitriol pour peindre les mœurs professionnelles et mondaines, notations gorgées d'émotion pour dévoiler la maladie mentale de son frère, révélateur de la crise de confiance et de cohérence vis-à-vis du clan familial, poésie dans le regard porté sur le parc du château et la forêt.
    Ce roman qui est sans merci n'est pas sans grâce. On souhaite lire les suivants.
    Patricia JARNIER 18 Octobre 2012 Tous droits réservés
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    • Livres 3.00/5
    Par Madamedub, le 22 décembre 2012

    Madamedub
    Voici un livre surprenant, qui aurait tout aussi bien pu s'appeler « L'héroïsme », ou « Les héros », car il s'interroge, au travers d'histoires vécues, sur les splendeurs et misères de ces figures éternelles.
    Félicité Herzog naît en 1968. Elle est la fille de Maurice Herzog, le vainqueur de l'Annapurna, et de Marie-Pierre de Cossé-Brissac, héritière des aciéries du Creusot et de la duchesse d'Uzès.
    Celle à qui toute sa vie durant on a répété la « chance » qu'elle avait d'avoir un père tellement admirable (il sera ministre sous De Gaulle – et son récit de l'ascension de l' Annapurna se vendra à des millions d'exemplaires) et une vie si confortable, met à mal ces figures bien fragiles de l'héroïsme à la française.
    Son récit se décompose en trois parties, et aborde trois visages de cet héroïsme familial.
    Il ne faut pas s'attendre à trouver dans ce livre la narration fidèle et détaillée de scènes de famille entre Maurice Herzog et sa fille. Il aurait pour cela fallu, en premier lieu, qu'il y eut une vie de famille. le héros avait de nombreuses conquêtes, et avait déjà presque quitté le foyer conjugal quand Félicité est venue au monde – celle qu'il nommera lui-même une « étrangère ». Peu de descriptions du quotidien donc, hormis peut être deux scènes frappantes.
    La première : alors que Félicité n'avait que quatorze ans et prend le soleil déshabillée sur un rocher, son père est frappé par la vision de son corps qui est presque celui d'une femme, et tiens alors à la photographier. Maurice Herzog, déjà décrit comme un « ogre » à femmes, ne s'intéressait alors guère à une fillette. Il lui prête alors ici un rare moment d'attention, et pourtant complètement inapproprié.
    Une autre scène. Maurice Herzog invite sa fille quelques temps plus tard au restaurant, avec deux intentions assumées : qu'elle convainque sa mère de réduire la pension alimentaire (il avait alors deux autres enfants d'une nouvelle épouse) et qu'elle accompagne sa toute jeune maîtresse japonaise dans le beau monde parisien. Plus incroyable encore, le repas s'achève sur une troisième requête, qu'elle l'accompagne à un diner chez Jean-Marie LePen, contre lequel elle tenait des propos virulents.
    Félicité parle de son père en ces termes : « pour sauver les apparences d'une ascension de légende, il a réécrit l'histoire, trahi et négligé son entourage sans jamais avoir le sentiment d'avoir fait mal puisque la société le jugeait si bien. Tout était bon pour parfaire la statue de héros qu'on lui avait demandé d'ériger autour de sa personne. La vérité, pour lui, est une éclipse ».
    Comme d'autres avant ce livre, elle remet en question la célèbre victoire contre l'Annapurna en 1950, auquel le héros avait pourtant sacrifié ses doigts et ses orteils. Au conditionnel, elle imagine le pacte qui aurait pu lier Maurice Herzog à son compagnon de cordée, afin qu'il renonce à un projet qui allait coûter la vie de l'équipée. Déjà évoquée, cette théorie n'a jamais désacralisé ce héros « gaullien », qui avait su rallumer les étoiles françaises après la débâcle de la guerre.
    Débâcle de la guerre et de la collaboration. Sans fard ni détours, Félicité Herzog retrace le parcours trouble de ses grands-parents maternels sous l'occupation, leurs positions antisémites et pro-Pétain. Prenant à revers la tradition familiale de la rédaction de Mémoires, elle expose simplement cette France archaïque et pourtant si fière d'elle et de ses origines.
    Elevés dans cette famille scindée, entre un père adulé par le pays entier et étranger à son foyer, et une mère rebelle mais rentrée dans le rang (elle épouse en première noce un réalisateur juif, Simon Nora, ce qui lui vaudra d'être mise au ban de la famille durant plusieurs années), Félicité et son grand-frère Laurent grandissent comme les deux enfants terribles de Cocteau, entre château d'hiver et résidence parisienne d'été. Issus d'une éducation libertaire, inspirée de Dolto, le frère et la sœur son livrés à eux-mêmes. Et lorsque la violence de Laurent s'abat sur sa sœur, personne n'ose trop s'en mêler.
    Avec émotion, Félicité raconte ce frère avec qui elle a grandit, trop rivaux pour s'aimer, et trop unis pour se séparer. Ce frère écrasé par la dynastie parentale, et qui répondait « ministre » lorsque sa maîtresse d'école lui demandait ce qu'il souhaitait faire à l'âge adulte. Ce frère torturé par la peur de l'échec ou de la faille, la peur de tomber là où son père a tant gravit : « la mégalomanie du fils renvoyait à la mégalomanie du père, qui n'hésitait pas à rapporter dans un de ses livres : d'égal à égal, je dialoguais avec les 8000, les géants qui m'entouraient. Il y avait entre mon père et mon frère, dans cette inconscience, un écho : l'ignorance des réalités, d'eux-mêmes et des autres ».
    Et surtout, la difficulté pour ce frère, à la sortie de ses crises maniaques, d'accepter sa vie telle qu'elle était, loin des délires et des bouffées paranoïaques.
    Ce frère enfin, que l'on retrouvera mort, tombé du haut des escaliers du château familial, à 34 ans.
    Félicité Herzog lui adresse ce livre, comme leur mémoire commune. Elle lui doit, car elle estime avoir vécu en quelque sorte la vie qu'il aurait dû avoir, en choisissant de faire de la finance aux USA, comme il s'y était destiné avant que ne se déclare sa schizophrénie. Comme si dans leurs rapports gémellaires, il n'y avait pas eu assez de place pour deux. N'ont-ils pas eu assez de place ? Ou peut-être justement trop. Félicité s'étonne que dans un milieu où l'on s'attache tant aux apparences, la maladie de Laurent soit autant passée au travers des mailles.
    Récit sur l'héroïsme et ses ravages, Félicité propose un document intéressant. Son écriture est simple, sans prétention. Il s'agit de son premier texte, et il est assez difficile de lui prédire un avenir littéraire. Ce texte est néanmoins poignant, et nous évoque tous les récits des survivants.


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    • Livres 3.00/5
    Par Madamedub, le 22 décembre 2012

    Madamedub
    Voici un livre surprenant, qui aurait tout aussi bien pu s'appeler « L'héroïsme », ou « Les héros », car il s'interroge, au travers d'histoires vécues, sur les splendeurs et misères de ces figures éternelles.
    Félicité Herzog naît en 1968. Elle est la fille de Maurice Herzog, le vainqueur de l'Annapurna, et de Marie-Pierre de Cossé-Brissac, héritière des aciéries du Creusot et de la duchesse d'Uzès.
    Celle à qui toute sa vie durant on a répété la « chance » qu'elle avait d'avoir un père tellement admirable (il sera ministre sous De Gaulle – et son récit de l'ascension de l' Annapurna se vendra à des millions d'exemplaires) et une vie si confortable, met à mal ces figures bien fragiles de l'héroïsme à la française.
    Son récit se décompose en trois parties, et aborde trois visages de cet héroïsme familial.
    Il ne faut pas s'attendre à trouver dans ce livre la narration fidèle et détaillée de scènes de famille entre Maurice Herzog et sa fille. Il aurait pour cela fallu, en premier lieu, qu'il y eut une vie de famille. le héros avait de nombreuses conquêtes, et avait déjà presque quitté le foyer conjugal quand Félicité est venue au monde – celle qu'il nommera lui-même une « étrangère ». Peu de descriptions du quotidien donc, hormis peut être deux scènes frappantes.
    La première : alors que Félicité n'avait que quatorze ans et prend le soleil déshabillée sur un rocher, son père est frappé par la vision de son corps qui est presque celui d'une femme, et tiens alors à la photographier. Maurice Herzog, déjà décrit comme un « ogre » à femmes, ne s'intéressait alors guère à une fillette. Il lui prête alors ici un rare moment d'attention, et pourtant complètement inapproprié.
    Une autre scène. Maurice Herzog invite sa fille quelques temps plus tard au restaurant, avec deux intentions assumées : qu'elle convainque sa mère de réduire la pension alimentaire (il avait alors deux autres enfants d'une nouvelle épouse) et qu'elle accompagne sa toute jeune maîtresse japonaise dans le beau monde parisien. Plus incroyable encore, le repas s'achève sur une troisième requête, qu'elle l'accompagne à un diner chez Jean-Marie LePen, contre lequel elle tenait des propos virulents.
    Félicité parle de son père en ces termes : « pour sauver les apparences d'une ascension de légende, il a réécrit l'histoire, trahi et négligé son entourage sans jamais avoir le sentiment d'avoir fait mal puisque la société le jugeait si bien. Tout était bon pour parfaire la statue de héros qu'on lui avait demandé d'ériger autour de sa personne. La vérité, pour lui, est une éclipse ».
    Comme d'autres avant ce livre, elle remet en question la célèbre victoire contre l'Annapurna en 1950, auquel le héros avait pourtant sacrifié ses doigts et ses orteils. Au conditionnel, elle imagine le pacte qui aurait pu lier Maurice Herzog à son compagnon de cordée, afin qu'il renonce à un projet qui allait coûter la vie de l'équipée. Déjà évoquée, cette théorie n'a jamais désacralisé ce héros « gaullien », qui avait su rallumer les étoiles françaises après la débâcle de la guerre.
    Débâcle de la guerre et de la collaboration. Sans fard ni détours, Félicité Herzog retrace le parcours trouble de ses grands-parents maternels sous l'occupation, leurs positions antisémites et pro-Pétain. Prenant à revers la tradition familiale de la rédaction de Mémoires, elle expose simplement cette France archaïque et pourtant si fière d'elle et de ses origines.
    Elevés dans cette famille scindée, entre un père adulé par le pays entier et étranger à son foyer, et une mère rebelle mais rentrée dans le rang (elle épouse en première noce un réalisateur juif, Simon Nora, ce qui lui vaudra d'être mise au ban de la famille durant plusieurs années), Félicité et son grand-frère Laurent grandissent comme les deux enfants terribles de Cocteau, entre château d'hiver et résidence parisienne d'été. Issus d'une éducation libertaire, inspirée de Dolto, le frère et la sœur son livrés à eux-mêmes. Et lorsque la violence de Laurent s'abat sur sa sœur, personne n'ose trop s'en mêler.
    Avec émotion, Félicité raconte ce frère avec qui elle a grandit, trop rivaux pour s'aimer, et trop unis pour se séparer. Ce frère écrasé par la dynastie parentale, et qui répondait « ministre » lorsque sa maîtresse d'école lui demandait ce qu'il souhaitait faire à l'âge adulte. Ce frère torturé par la peur de l'échec ou de la faille, la peur de tomber là où son père a tant gravit : « la mégalomanie du fils renvoyait à la mégalomanie du père, qui n'hésitait pas à rapporter dans un de ses livres : d'égal à égal, je dialoguais avec les 8000, les géants qui m'entouraient. Il y avait entre mon père et mon frère, dans cette inconscience, un écho : l'ignorance des réalités, d'eux-mêmes et des autres ».
    Et surtout, la difficulté pour ce frère, à la sortie de ses crises maniaques, d'accepter sa vie telle qu'elle était, loin des délires et des bouffées paranoïaques.
    Ce frère enfin, que l'on retrouvera mort, tombé du haut des escaliers du château familial, à 34 ans.
    Félicité Herzog lui adresse ce livre, comme leur mémoire commune. Elle lui doit, car elle estime avoir vécu en quelque sorte la vie qu'il aurait dû avoir, en choisissant de faire de la finance aux USA, comme il s'y était destiné avant que ne se déclare sa schizophrénie. Comme si dans leurs rapports gémellaires, il n'y avait pas eu assez de place pour deux. N'ont-ils pas eu assez de place ? Ou peut-être justement trop. Félicité s'étonne que dans un milieu où l'on s'attache tant aux apparences, la maladie de Laurent soit autant passée au travers des mailles.
    Récit sur l'héroïsme et ses ravages, Félicité propose un document intéressant. Son écriture est simple, sans prétention. Il s'agit de son premier texte, et il est assez difficile de lui prédire un avenir littéraire. Ce texte est néanmoins poignant, et nous évoque tous les récits des survivants.


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    • Livres 3.00/5
    Par LauGid, le 26 novembre 2012

    LauGid
    Un début étonnant de qualité, aussi bien humaine que littéraire, puis un ventre mou hésitant entre nombrilisme et dispersion, avant une fin expédiée qui cherche à justifier l'entreprise par la maladie du frère : Félicité Herzog me semble plus à l'aise en interview que dans l'écriture sur la durée. Je l'ai vue chez Busnel expliquer de façon lumineuse l'objet de son livre mieux que ne le fait le livre lui-même.
    Est-ce vraiment, comme l'auteure l'affirme, un roman en forme de quête sur ce qui rend fou ? Je ne sais toujours pas. En revanche, je garde de cette lecture parfois pénible quelque éclairs de beauté, des phrases et des interrogation d'une rare richesse, et l'impression d'avoir pu toucher, brièvement, la peur d'un encore plus grand malheur.
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Critiques presse (3)


  • LeMonde , le 17 décembre 2012
    Le portrait est féroce. Félicité Herzog ne se contente pas de mettre en cause un père négligent, elle déboulonne minutieusement la statue de cette légende française.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LaLibreBelgique , le 04 décembre 2012
    En un livre saisissant Félicité Herzog dévisse son “héros” de père.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Lexpress , le 30 octobre 2012
    [Un] premier roman a la portée d'un vrai coup de maître.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 14 septembre 2012

    S’il y avait eu alors un marché d’occasion des pères, je l’aurais cédé pour un franc symbolique.

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  • Par ladauphinette, le 10 décembre 2012

    jamais je n'aurais pensé possible l'emploi par un être humain de toutes des ressources intérieures à la seule fin de produire des constructions intellectuelles visant à la destruction de soi.Mais, bien au contraire, m'expliqua-t-on savamment, les délires générés par Laurent étaient des manifestations positives, autant de parades pour se protéger d'une angoisse intolérable, l'angoisse de l'implosion de son "moi".
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  • Par jostein, le 03 décembre 2012

    Je hais ce milieu faux, corrompu et antisémite. Je n'estime que le monde des idées

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élicité Herzog, fille de l'alpiniste Maurice Herzog : Mon père est un hémiplégique de la sensibilité








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