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ISBN : 2290352624
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 1181 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par florencemullot, le 26 août 2014

    florencemullot
    Cela faisait très longtemps que je n'avais pas autant apprécié une lecture. Et je peux sans hésitation dire que L'assassin royal est un vrai coup de cœur. A tel point, que même si habituellement je n'aime pas trop faire cela, j'ai pris le tome deux et je l'ai commencé juste après avoir fini le un. Et même si je ne suis qu'au prémisse de ma découverte de l'univers de Robin Hobb, je suis très heureuse de savoir qu'elle continue à écrire sa saga.
    J'avais entendu parler de L'assassin royal grâce à des amies qui sont de très grandes fans. Elles m'ont répété de nombreuses fois qu'il fallait que je commence la saga, mais se lancer dans une aventure de treize tomes même avec toutes les louanges qu'elles en faisaient... Et puis un nouveau tome est sorti, elles en ont reparlé de nouveau et j'ai eu envie de me lancer. Et maintenant, je me dis que treize tomes, cela risque de n'être pas assez !
    J'ai tout de suite accroché à l'univers, un peu médiéval, si je devais choisir une époque qui y ressemblerait, avec la rudesse que cela entraîne et les intrigues que la monarchie en place crée. le fait que Fitz, notre héros, nous emmène dès les premières pages dans le récit de sa vie, vous happe pour ne plus vous lâcher. Il m'a été très difficile de poser le roman... Car Robin Hobb a très bien conçu son œuvre. Elle nous fait suivre Fitz dès son plus jeune âge et nous le suivons pas à pas. Il y a quelques sauts dans le temps, mais on voit réellement le garçon évoluer lentement. On ne peut que s'attacher à lui de cette façon. Et puis, il y a le Fitz adulte, du moins ce que l'on ressent, qui nous narre son histoire. Il impose son expérience et ses commentaires dans le récit, mais sans outrepasser les pensées et les "aventures" des jeunes Fitz. Notre héros a toujours eu une maturité précoce mais on sent tout de même les différences entre le narrateur et le personnage que l'on voit évoluer. Un peu comme si il y avait une lassitude, une envie d'en finir, un trop plein de souffrance qui s'impose doucement. S'il nous narre son histoire, Fitz est toujours en vie, mais on sent dès le début que cette vie n'a pas été facile. Alors oui, on poursuit l'histoire en se disant que l'on ne va pas rire très souvent, mais s'arrêter n'est pas envisageable.
    Avec une telle saga, on s'attend à de nombreux personnages, et L'assassin royale de déroge pas à cette règle. Il y a ceux que l'on déteste cordialement dès les premiers lignes et ceux qu'on aime tout de suite : Burrich, Vérité, Molly, Umbre, le Fou, Pognes... on les découvre petit à petit, chacun étant totalement différents mais je les apprécie tous, sûrement parce qu'ils apportent tous quelque chose à Fitz, un peu moins de solitude notamment. Ils apparaissent régulièrement tout au long du roman, mais cela est toujours trop peu. Je me suis faite cette réflexion très souvent. Et encore une fois, je crois que cette impression est dû au fait que je voudrais voir Fitz moins seul, qu'ils arrivent à briser cette barrière qu'il s'est forgé et qu'il apprenne enfin à se laisser un peu aller.
    L'apprentissage de Fitz tient une part très importante dans le récit. On le voit faire face à son rôle de bâtard mais aussi à cette position nouvelle que lui impose son grand-père, le roi Subtil : devenir l'assassin du roi. le titre de la saga et donc l'élément central de toute l'histoire. Il est assez dur d'accepter cela pour un si jeune enfant, mais dans ce premier tome, on ne perçoit pas encore vraiment ce que cela implique vraiment pour Fitz. Il accomplit des missions, certes, mais je ne sais pas, il n'y a rien de direct pour l'instant, si je puis dire. Ce qui m'a cependant le plus marqué reste les habilités particulières de Fitz, à savoir le Vif et l'Art. Cette petite dose de magie donne encore un plus à la saga. Ce n'est pas de la grande magie avec des effets spectaculaires et des sorts qui vont à tout va, mais elle n'en reste pas moins importante. Elle est subtile et difficile à manier. le terme "art" convient d'ailleurs très bien, car c'est exactement à cela qu'elle fait penser. J'ai hâte de voir Fitz en pleine possession de ses dons et découvrir ce qu'il pourra en faire.
    Quant à l'histoire en elle-même... passionnante, du début à la fin. Je ne me suis pas du tout ennuyée. Les rebondissements sont nombreux mais sans être spectaculaires. La complexité de l'intrigue laisse l'imagination vagabonder sans pour autant prendre la tête. On découvre les rouages de ce monde, de la monarchie en place, des règles nombreuses et parfois injustes. Robin Hobb nous fait apercevoir la vie des nobles, mais aussi celle des petites gens. Elle ne presse rien, prend son temps pour tout mettre en place, on ne sent pas lésé bien au contraire car chaque détail est important au final. Et puis l'aventure, l'adrénaline, la peur constante qui nous tenaille pour Fitz, l'émerveillement de certains moments... Un florilège de sentiments pour une épopée qui s'annonce déjà fantastique.
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    • Livres 5.00/5
    Par JaneEyre, le 31 mars 2014

    JaneEyre
    Comme tout lecteur de fantasy, j'avais entendu parlé de la prolifique Robin Hobb, mais j'avais rangé l'information dans un coin de ma tête et je n'y avais plus pensé. Jusqu'au jour où le livre me tombe par hasard entre les mains. Pas vraiment convaincue (on est souvent déçu par les livres dont on entend trop parler), je commence ma lecture... Et voilà que c'est le coup de cœur! C'est simple, Robin Hobb répond à toutes mes exigences en matière de fantasy (ou presque, mais je ne me fais pas de soucis, il reste douze tomes pour me combler entièrement!)!

    Tout d'abord, un personnage principal vraiment attachant, et bien exploité! J'aime quand l'auteur prend le temps de camper son personnage. J'aime le voir se construire, devenir quelqu'un. J'aime connaître les événements et les déceptions qui influencent la manière dont pense et réagit le personnage. Bref, je déteste les superhéros lisses sortis de nulle part. Je préfère les personnages complexes, dont on connaît le passé, les doutes... Ce premier tome est donc un vrai plaisir pour une lectrice comme moi, car il nous conte l'enfance et les années d'apprentissage d'un jeune garçon, Fitz, fils bâtard d'un grand prince. Tour à tour bâtard livré à lui-même et méprisé puis fils adoptif de la famille royale, puis apprenti assassin, le lecteur suivra l'enfance et l'adolescence d'un personnage qui m'a touché par sa solitude et sa loyauté. J'ai hâte de le voir encore évoluer et changer dans les tomes suivants!

    Ensuite, un world building riche et intéressant! Robin Hobb ne nous donne qu'un minuscule avant goût de la richesse de son monde imaginaire. En effet, le livre se déroule en grande partie dans le château du roi, où Fitz grandit. Ceci dit, chaque chapitre s'ouvre sur quelques lignes donnant un aperçu de l'histoire ou des coutumes de ce monde. On sent que les tomes suivants vont nous permettre de voyager dans ces royaumes mystérieux.

    Une intrigue bien pensée, centrée autour des jeux de pouvoir au sein de la famille royale, mais également des guerres qui menacent les Six-Duchés. Au menu: princes, traîtres, magiciens, garçons d'écurie et pirates! À nouveau, ce tome est une bonne entrée en matière: comme tout bon tome d'introduction, il donne envie d'en savoir plus!

    Bref, une super lecture, un tome d'introduction qui donne tellement envie d'en savoir plus...! Je n'ai qu'une hâte, lire le tome deux!
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 07 octobre 2012

    Luniver
    À l'âge de six ans, Fitz est amené à Castlecerf par son grand-père qui n'avait plus envie de le nourrir inutilement. Bâtard du prince héritier Chevalerie, son arrivée provoque la renonciation au trône de ce dernier. Fitz, qui n'a jamais vu son père, passe alors une grande partie de son enfance avec Burrich, qui lui prodigue des soins vétérinaires d'excellente qualité.
    Le roi Subtil finit par se rappeler son existence, et lui propose un marché : en échange d'une éducation digne de son sang, il sera formé pour devenir un assassin. Faute de mieux, Fitz accepte le marché. Sans s'en rendre compte, son existence met en ébullition tous les partis, qui essayent de l'utiliser comme pion sur un échiquier qui le dépasse totalement.
    L'univers des six-duchés est finalement très réaliste, on se plonge avec plaisir dans toutes les intrigues politiques qui secouent le royaume : complots, menace extérieure des mystérieux Pirates rouges qui transforment les habitants en zombies, … Les éléments de magie se résument à deux pouvoirs : le Vif, qui permet de rentrer en contact avec l'esprit des animaux, pouvoir dangereux puisqu'un trop grand usage de ce don transforme l'esprit humain en celui de la bête avec qui il se lie ; et l'Art, pouvoir télépathique qui permet aux initiés de communiquer entre eux, et d'induire des pensées chez les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.
    On se sent rapidement proche de Fitz, totalement écrasé par les évènements et qui doit subir beaucoup d'épreuves sans vraiment les comprendre. À l'inverse de beaucoup de héros, qui doivent simplement récupérer le trône de leur père, ou renverser le méchant tyran pour épouser la jolie princesse, ici, on se demande quel avenir il va pouvoir se forger : ses rares amis n'ont pas de pouvoirs particuliers, les puissants le haïssent ou l'utilisent pour servir leurs intérêts... son avenir ne paraît pas radieux.
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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 06 avril 2013

    Syl
    L'histoire du Royaume des Six-Duchés devrait être écrite. Mais le vieil homme surplombant son pupitre, a bien du mal à aligner les mots. L'encre s'étale et tache le précieux papier, l'hypnotisant et le renvoyant dans ses souvenirs.
    La famille régnante est les Loinvoyant et leurs ancêtres étaient des Outrîliens venus de la mer. le premier roi était Preneur ; "c'est avec ce patronyme qu'est née la tradition d'octroyer aux filles et aux fils de sa lignée des noms qui devaient modeler leur vie et leur être." L'histoire de cette mémoire se passe au temps du roi Subtil dont la forteresse se nomme Castlecerf. En premières noces, le roi Subtil a eu deux garçons, Chevalerie et Vérité. Après le décès de sa première épouse, il a pris en deuxième noce, Désir, et a eu un troisième fils, Royal.

    Les premières images de la mémoire sont celles d'un enfant de six ans. Abandonné par son grand-père aux portes d'un poste de garde érigé dans une petite ville, il se souvient de son effroi...
    "- Ca fait six ans que je le nourris à ma table et aucune nouvelle de son père, jamais une pièce d'argent, jamais une visite, alors que d'après ma fille il sait parfaitement qu'il lui a fait un bâtard. Alors, terminé de le nourrir et de me briser l'échine à la charrue pour lui mettre des vêtements sur le dos !... J'ai assez à faire avec la femme qui prend de l'âge et la mère de celui-ci à nourrir !... Alors prenez-le et refilez-le à son père.
    Le garde baissa les yeux sur moi...
    - de qui il est ?
    - de Chevalerie, répondit le vieil homme... le prince Chevalerie. Celui qu'est roi-servant."
    Sur les ordres du prince Vérité, qui voit une forte ressemblance avec son frère, l'enfant est confié à Burrich, un homme-lige du prince Chevalerie en charge des possessions animales. Lorsqu'on lui demande son nom, l'enfant répond d'une voix éteinte "petit". Burrich l'appellera Fitz (fils illégitime d'un prince, en anglais).
    Dans la journée, Fitz suit le Maître d'écurie dans ses tâches et la nuit, il se blottit sur une paillasse, lové contre un chiot qu'il appelle Fouinot. Avec lui, il communique par le Don et ce rapprochement le réconforte. Il fut un temps où les personnes qui avait le Vif, la faculté de correspondre avec les animaux, étaient chassées et brûlées. On disait que l'homme attiré par sa part animale, se transformait et prenait goût au sang. Cette entité, Fitz devra la taire, la cacher et, sur les conseils un peu brutaux de Burrich, l'oublier.
    Un jour, on lui apprend que le roi Subtil, son grand-père, souhaiterait qu'il vienne s'installer à Castelcerf. La décision n'enthousiasme pas certains car la venue du bâtard, seul descendant du prince héritier au trône, pourrait occasionner des troubles de succession. Ce qui est sûr, c'est qu'elle interfère dans les projets inavouables de personnes trop ambitieuses.
    C'est alors que le prince Chevalerie, par amour pour sa femme et peut-être aussi pour protéger la vie de son fils qu'il n'a jamais vu, renonce à la couronne et part s'exiler avec la princesse Patience, sur d'autres terres.
    A Castelcerf, toujours logé avec Burrich à l'écurie, Fitz est livré à lui-même et rencontre d'autres enfants, Dirk, Kerry, Pique-Filet et Molly appelée Brise-Pif. Avec sa petite bande, suivi de Fouinot, pour la première fois, il se sent intégré et plus solitaire. Les enfants commettent des bêtises avec la joie et l'insouciance de leur âge, jusqu'au jour où Burrich le surprend dans un chapardage ; la punition engendrera des séquelles... "C'est à cette époque que la graine de la solitude absolue fut plantée en moi, et elle enfonça de profondes racines dans mon être."
    Un matin, Fitz, âgé de dix ans, est surpris dans les cuisines par le roi et le prince Royal. le père fait remarqué au fils qu'il serait très utile d'éduquer ce jeune bâtard et que sa loyauté serait un bienfait pour le royaume.
    "- Viens ici.
    Je m'avançai avec circonspection. Une fois que je fus devant lui, il tomba sur un genou pour se mettre à ma hauteur... A l'époque, je ne me rendis pas compte de l'ironie de la situation : le roi à genoux devant son bâtard de petit-fils !... Il tira une épingle des replis de soie de son col et, d'un geste auguste, la piqua dans l'humble laine de ma chemise.
    - A présent, tu m'appartiens, dit-il, rendant ainsi sa prétention sur ma personne plus importante que tous les liens du sang qui nous unissaient. Dorénavant, tu ne seras plus obligé de manger les restes de personne. Je m'occuperai de toi, et je m'en occuperai bien. Si un homme ou une femme cherche à te retourner contre moi en t'offrant plus que je ne te donne, viens me voir, expose-moi l'offre et je la surpasserai. Jamais tu ne trouveras en moi un ladre et jamais tu ne pourras alléguer de ma part un mauvais emploi de tes talents comme prétexte à me trahir. Me crois-tu mon enfant ?
    - Oui, Sire."
    Le temps est venu pour Fitz de prendre une chambre au château, de se vêtir d'atouts de son rang, de faire son apprentissage des armes avec Dame Hob, de la sellerie et de la monte avec Burrich et de l'écriture, durant les saisons froides, avec le scribe Gearepu. Plus tard, sur l'insistance d'une personne, le roi Subtil envisagera aussi de le confier à Galen pour la maîtrise de l'Art. L'Art est l'élément qui équilibre le corps et l'esprit, un pouvoir télépathe qui lit les pensées d'autrui, qui communique avec les personnes sans la parole, qui peut influencer ou rendre la confusion et la folie. L'Art n'est transmis qu'après un long enseignement endurant et douloureux. Il est l'apanage des familles royales et des gens de hautes lignées.
    Puis une nuit, Fitz reçoit la visite d'un homme mystérieux. le roi Subtil a demandé à Umbre de former le jeune garçon. Cette instruction restera confidentielle et seul le roi sera tenu informé tous les trimestres. L'apprentissage cette fois-ci sera nocturne, "les heures ténébreuses du monde". Il est celui des arcanes de la vie et de la mort. Fitz apprendra le secret des plantes, l'art du mensonge et de la dissimulation, la prestidigitation, se déplacer sans bruit, devenir inexistant, la manière pour lier connaissance avec les gens du peuple, observer, rentrer dans les confidences, être les yeux et les oreilles du royaume.
    "- N'oublie pas que tu sers le roi. On te confie une mission, tu l'exécutes. Et sois heureux de l'avoir menée à bien ; c'est tout ce que tu dois savoir. Seul Subtil est habilité à prévoir les coups et à organiser son jeu. Toi et moi, nous sommes des pions, si tu veux. Mais aussi ses meilleurs pointeurs, sois-en assuré."
    Une autre existence se révèle à Fitz-Chevalerie Loinvoyant. A l'ébauche de sa vie, il va être programmé et utilisé. Il va devenir un assassin royal.
    "- Il s'agit de t'enseigner le meurtre... L'art raffiné de l'assassinat diplomatique ; ou bien comment rendre aveugle ou sourd ; ou encore comment affaiblir... Je vais t'apprendre la manière furtive, sournoise, polie de tuer les gens..."
    Les intrigues pour le pouvoir, la lutte avec les Pirates Rouges qui vandalisent les côtes, les Forgés des âmes fantômes et sanguinaires, les Six-Duchés à maintenir... le Royaume est en équilibre et Fitz apprend à être une arme redoutable.
    J'ai beaucoup aimé ce livre. J'ai été sensible au petit garçon solitaire, à son évolution, ainsi que sa relation avec certains personnages, Burrich (homme bouru, loyal et fidèle, pudique dans ses sentiments, il s'est attaché à Fitz, il l'aime mais ne le montre pas), le prince Vérité, Umbre, le Fou du roi et Molly. L'histoire est prenante, elle se forge petit à petit pour être révéler (comme on s'en doutait) dans les derniers chapitres. J'ai aimé aussi la période des apprentissages, du plus simple au plus sombre et mortel avec Umbre. J'appréhendais un peu une écriture obscure et compliquée (ce livre étant mon premier du genre fantasy et je ne compte pas celles de "L'apprenti d'Araluen" dans la littérature jeunesse, lues avec Scor13, ni des quelques pages grappillées dans la série "Le Seigneurs des Anneaux") et j'avais tort car j'ai lu les 566 pages dans une journée. Je peux dire même "dévoré"...
    Dans quelques jours, j'attaquerai la suite. Ce roman, un prélude aux autres histoires, laisse notre jeune héro dans l'adolescence, sa vie ne fait que s'amorcer.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lefso, le 06 novembre 2011

    Lefso
    Malgré un tout début hésitant - je n'avais pas compris que Chevalerie était un prénom- je me suis jetée dans cette lecture, puis passée le milieu du livre, je n'ai plus su m'arrêter. Il m'a fallu beaucoup de force mentale pour ne pas commencer le tome 2 de suite.
    Le style de l'auteur est limpide, précis, et toujours soigné. Les descriptions sont détaillées, sans être lourdes, les dialogues suffisants sans être trop nombreux... Il me semble que l'auteur a su trouver le juste milieu pour équilibrer son style, ce qui fait que le lecteur n'a aucun mal à poursuivre sa lecture, par contre, cela devient problématique quand le lecteur à prévu d'autres activités ^^.
    L'histoire est très plaisante. Elle est écrite à la première personne du singulier, si bien que l'on a l'impression d'écouter notre héros raconter son histoire. Si bien qu'il s'installe entre lui et le lecteur une relation de connivence . On découvre dans ce premier tome l'arrivée de Fitz au château et son apprentissage de la vie. Durant ces presque dix années, on va suivre notre "bâtard", sourire quand il est en veine, pleurer quand il échoue, mais toujours poursuivre notre lecture...
    L'action est présente, même s'il ne s'agit d'une succession de petits événements qui marquent la vie de Fitz, tantôt une longue course contre la montre, tantôt un différent avec un professeur, tout cela sur un fond d'agitation politique dû aux attaques incessantes des pirates rouges. Il s'agit bien sûr d'un premier tome a d'abord pour but de mettre en place les multiples personnages dans un univers très complet.
    Les personnages sont un atout majeur de ce livre. D'abord parce que l'auteur les montre avec leurs forces, mais aussi avec leurs faiblesses, et dieu sait qu'ils en ont ! On aime Fitz et ses relations si difficiles avec les humains et pourtant si faciles avec les animaux. On aime Burrich pour sa loyauté envers l'ancien prince-servant, pour son amour du travail bien fait mais aussi pour ses petits travers. On aime Umbre pour son côté secret mais aussi pour son irrégularité avec Fitz. Il a aussi Patience et Molly et .-je m'arrête sinon je vais tout vous raconter- ... Et il en va de même pour les méchants de l'histoire sauf qu'eux on les déteste ! En tous les cas, on ne peut rester indifférents devant tous ces multiples personnages si complets.
    En conclusion, ce premier tome est un livre passionnant qui plante le décor et les personnages pour 12 autres tomes qui je l'espère seront aussi bien écrits que celui-ci.

    Lien : http://lefso.blogspot.com/2011/11/lassassin-royal-tome-01-lapprenti...
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Citations et extraits

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  • Par EllanaZola, le 04 novembre 2010

    À quoi bon une petite vie qui ne change rien à la grande vie du monde ? Je ne conçois rien de plus triste. Pourquoi une mère ne se dirait-elle pas : Si j'élève bien cet enfant, si je l'aime, si je l'entoure d'affection, il mènera une existence où il dispensera le bonheur autour de lui, et ainsi j'aurais changé le monde ? Pourquoi le fermier qui plante une graine ne déclarerait-il pas à son voisin : Cette graine que je plante nourrira quelqu'un, et c'est ainsi que je change le monde aujourd'hui ? […] C'est la vie. Et nul ne peut se permettre de ne pas y penser La moindre créature doit en avoir conscience, songer au moindre battement de son cœur. Sinon, à quoi sert-il de se lever chaque matin ?
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  • Par Lefso, le 06 novembre 2011

    Une main lourde sur mon épaule, il me fît faire demi-tour vers la porte. J’obéis un peu à contrecœur, car il faisait bon et clair dans la pièce. Mes pieds glacés avaient commencé à me picoter et je savais qu’en restant encore je parviendrais à me réchauffer tout à fait. Mais la main inexorable du garde me fit quitter le bureau tiède pour la glaciale pénombre des couloirs lugubres.
    Ils me parurent encore plus sombres et interminables tandis que je m’efforçais de suivre les grandes enjambées du garde. Une plainte m’échappa peut-être, à moins qu’il ne se fût lassé de ma lenteur ; toujours est-il qu’il se retourna brusquement, m’attrapa et me hissa sur son épaule aussi négligemment que si je ne pesais rien. « T’es un petit lambin, toi », observa-t-il sans rancœur, et il me porta ainsi le long des couloirs qui tournaient, montaient, descendaient, jusqu’à ce que nous arrivions enfin dans une vaste cuisine baignée d’une lumière jaune.
    Là, une demi-douzaine de gardes mangeaient et buvaient, assis à une grande table balafrée d’entailles, devant une flambée deux fois plus fournie que celle du bureau. La salle sentait la nourriture, la bière et la sueur, les vêtements de laine humide, le bois et la graisse brûlés. Tonneaux et tonnelets s’alignaient contre un mur et les blocs obscurs des quartiers de viande fumée pendaient aux poutres. Quelqu’un retira une broche du feu et le morceau de venaison goutta sur les pierres de l’âtre. Mon estomac s’agrippa soudain à mes côtes quand je sentis ce fumet somptueux. Jason me déposa sans douceur sur le coin de table le plus proche de la cheminée, en repoussant le coude d’un homme au visage dissimulé derrière une chope.
    « Tiens, Burrich, dit Jason sur le ton de la conversation. À toi de t’occuper du mioche. » Et il me tourna le dos. Je le regardai avec intérêt arracher un bout de pain gros comme son poing d’une miche brun foncé, puis tirer de sa ceinture un coutelas pour couper un coin de fromage dans une roue. Il me fourra le tout dans les mains, puis il s’approcha du feu et entreprit d’enlever du quartier de venaison une portion de viande digne d’un adulte. Sans perdre de temps, je m’attaquai au pain et au fromage. À côté de moi, le nommé Burrich posa sa chope et lança vers Jason un regard dépourvu de bienveillance.
    « Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda-t-il, avec une inflexion qui me rappela tout à fait l’homme du bureau. Comme lui, il avait les cheveux noirs et indisciplinés, mais son visage était étroit et anguleux, de la couleur tannée que donnent de fréquents séjours au grand air. Il avait les yeux plus marron que noirs et les doigts longs et habiles. Il sentait le cheval, le chien, le sang et le cuir.
    « C’est à toi de le surveiller, Burrich. Ordre du prince Vérité.
    - Pourquoi ?
    - T’es un homme à Chevalerie, non ? Tu t’occupes de son cheval, de ses chiens et de ses faucons ?
    - Et alors ?
    - Alors tu t’occupes de son bâtard jusqu’à ce que Chevalerie revienne et le prenne en main. »
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  • Par steppe, le 03 novembre 2010

    "Ma plume hésite, puis échappe à ma main noueuse, laissant une bavure d'encre sur le papier de Geairepu. Encore une feuille de ce fin matériau gâchée, dans une entreprise que je soupçonne fort d'être vaine. Je me demande si je puis écrire cette histoire ou si, à chaque page transparaîtra un peu de cette amertume que je croyais éteinte depuis longtemps. Je m'imagine guéri de tout dépit mais, quand je pose ma plume sur le papier, les blessures d'enfance saignent au rythme de l'écoulement de l'encre née de la mer, et je finis par voir une plaie rouge vif sous chaque caractère soigneusement moulé." (1ères phrases du cycle.)
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  • Par mathilde08, le 27 juin 2011

    "Il s'agit de t'enseigner le meurtre, plus ou moins. A tuer les gens. L'art raffiné de l'assassinat diplomatique; ou bien comment rendre aveugle ou sourd; ou encore comment affaiblir les membres, provoquer une paralysie, une impuissance ou une toux débilitantes; ou déclencher une sénilité précoce, ou la folie, ou ... mais peu importe. Tout cela, c'est mon métier. Et ce sera le tien, si tu l'acceptes. Sache a priori que je vais t'apprendre à tuer des gens. Pour ton roi. pas à la façon spectaculaire que t'enseigne Hod, pas sur le champ de bataille, sous les yeux et les acclamations de tes camarades. Non : je vais t'apprendre la manière furtive, sournoise, polie de tuer les gens. Tu y prendras peut-être goût, ou peut-être pas. Ce n'est pas de mon ressort. Mais ce à quoi je veillerai, c'est que tu sois efficace. Et aussi à une autre chose, car c'est la condition que j'ai posée au roi Subtil : que tu saches ce que tu apprends, ce qui n'était pas mon cas à ton âge. Bien ! Je dois donc t'enseigner à devenir un assassin. Cela te convient-il, mon garçon ?"
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  • Par EllanaZola, le 04 novembre 2010

    Plus que tout c'est ça que je n'ai jamais compris chez vous : vous jouez aux dés et vous comprenez que le sort du jeu puisse dépendre d'un seul jet ; vous vous distrayez aux cartes et dites que la fortune amassée en une soirée peut partir en fumée sur un pli. Mais un homme, ça, vous le reniflez d'un air dégoûté et vous laissez tomber : quoi ce néant d'humain ? Ce pécheur, ce charpentier, ce voleur, cette cuisinière, allons, mais qu'est-ce que ces gens-là pourraient bien accomplir dans le vaste monde ? Et telles des chandelles dans un courant d'air, vous vivez de petites existences crachotantes, vacillantes.
    (le Fou a Fitz)
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