ISBN : 2290352624
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.35/5 (sur 352 notes) Ajouter à mes livres
Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés ; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frèr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ozymandias, le 03 décembre 2011

    Ozymandias
    LE chef d'œuvre de l'Heroïc-Fantasy !
    Attention, je parle ici de la version originale et ma critique porte sur la trilogie entière (car en VO, c'est une trilogie, pas une œuvre infortunée saucissonnée en 9 ou 10 volumes !!!).
    Robin Hobb a créé avec l'assassin royal un univers rude, violent, dans lequel évolue Fitz, un jeune bâtard accueilli au sein de sa "famille" de sang royal.
    Le royaume des six duchés est fortement imprégné des influences médiévales des vieux royaumes européens. Bien sûr, fantasy oblige, la magie est présente, mais elle reste discrète. L'auteur parvient même à l'intégrer complètement à son univers, bernant pratiquement son lecteur qui en vient à accepter comme tout à fait plausible la capacité étonnante de Fitz à pouvoir communiquer avec certains animaux.
    La magie prendra de plus en plus de place au fil du temps, mais elle n'évincera jamais les personnages. La force de ce roman, c'est sans conteste ses nombreux protagonistes justement. leur personnalité affirmée, les liens qui se créent entre eux, tout cela happe le lecteur avec adresse. de plus, la narration à la première personne piège complètement le lecteur qui ne pourra faire autrement que de vivre l'histoire avec Fitz. L'auteur aura ainsi toute liberté pour jouer avec nos émotions tandis que ce malheureux Fitz traversera toute une série d'épreuves à la limite du supportable.
    Et, pour finir, comment évoquer Fitz sans parler du Fou ? Certainement la plus grande réussite de l'auteur. Ce personnage, d'ailleurs repris dans deux autres trilogies dont je tairai les noms, est un concentré de mystère à lui tout seul. Mais c'est aussi le soutien de Fitz, partout, tout le temps. C'est la personnification de l'amitié. le couple Fitz-Fou aura beaucoup fait jaser sur internet. Bien sûr que leur relation est ambiguë. L'auteur s'en amuse d'ailleurs avec un plaisir évident. Mais pour moi, ce lien qui unit les deux personnages est le seul vrai refuge dans le livre.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lefso, le 06 novembre 2011

    Lefso
    Malgré un tout début hésitant - je n'avais pas compris que Chevalerie était un prénom- je me suis jetée dans cette lecture, puis passée le milieu du livre, je n'ai plus su m'arrêter. Il m'a fallu beaucoup de force mentale pour ne pas commencer le tome 2 de suite.
    Le style de l'auteur est limpide, précis, et toujours soigné. Les descriptions sont détaillées, sans être lourdes, les dialogues suffisants sans être trop nombreux... Il me semble que l'auteur a su trouver le juste milieu pour équilibrer son style, ce qui fait que le lecteur n'a aucun mal à poursuivre sa lecture, par contre, cela devient problématique quand le lecteur à prévu d'autres activités ^^.
    L'histoire est très plaisante. Elle est écrite à la première personne du singulier, si bien que l'on a l'impression d'écouter notre héros raconter son histoire. Si bien qu'il s'installe entre lui et le lecteur une relation de connivence . On découvre dans ce premier tome l'arrivée de Fitz au château et son apprentissage de la vie. Durant ces presque dix années, on va suivre notre "bâtard", sourire quand il est en veine, pleurer quand il échoue, mais toujours poursuivre notre lecture...
    L'action est présente, même s'il ne s'agit d'une succession de petits événements qui marquent la vie de Fitz, tantôt une longue course contre la montre, tantôt un différent avec un professeur, tout cela sur un fond d'agitation politique dû aux attaques incessantes des pirates rouges. Il s'agit bien sûr d'un premier tome a d'abord pour but de mettre en place les multiples personnages dans un univers très complet.
    Les personnages sont un atout majeur de ce livre. D'abord parce que l'auteur les montre avec leurs forces, mais aussi avec leurs faiblesses, et dieu sait qu'ils en ont ! On aime Fitz et ses relations si difficiles avec les humains et pourtant si faciles avec les animaux. On aime Burrich pour sa loyauté envers l'ancien prince-servant, pour son amour du travail bien fait mais aussi pour ses petits travers. On aime Umbre pour son côté secret mais aussi pour son irrégularité avec Fitz. Il a aussi Patience et Molly et .-je m'arrête sinon je vais tout vous raconter- ... Et il en va de même pour les méchants de l'histoire sauf qu'eux on les déteste ! En tous les cas, on ne peut rester indifférents devant tous ces multiples personnages si complets.
    En conclusion, ce premier tome est un livre passionnant qui plante le décor et les personnages pour 12 autres tomes qui je l'espère seront aussi bien écrits que celui-ci.

    Lien : http://lefso.blogspot.com/2011/11/lassassin-royal-tome-01-lapprenti...
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Iani, le 04 avril 2009

    Iani
    La première trilogie de l'assassin royal est la série qui m'a vraiment fait découvrir, et adorer la littérature fantasy. Je me suis en effet lancée dans ce cycle parce que j'en entendais parler partout, tout le monde avait l'air de l'adorer. J'ai donc forcément voulu voir par moi-même. Et je vous garantis que je n'ai pas été déçue, loin de là !

    Et si je commençais par un petit résumé ?
    Ce cycle nous entraîne dans le récit de Fitz, fils de Chevalerie et d'une inconnue, ce qui fait de lui un bâtard, (d'où son nom donné par Burrich à l'âge de six ans, ne connaissant pas le nom que lui ont donné ses parents), Chevalerie lui-même fils du roi Subtil, et frère de Vérité et Royal. Il est ramené lors de son enfance au château de Castelcerf, où il sera accueilli et nourri par Burrich, maître des écuries. Il va d'ailleurs s'y lier à un chiot, lien qu'il entretient grâce à son Vif, une magie qui permet de communiquer avec les animaux.
    Fitz va grandir et suivre son éducation au château, comme tout enfant "normal", jusqu'à ce que le roi Subtil émette son désir de faire de lui son assassin personnel. Fitz lui jure allégeance et apprendra le maniement des armes avec Hod, mais aussi toutes les petites subtilités d'assassin avec le mystérieux Umbre.
    En parallèle, les Pirates Rouges envahissent les côtes mais ils sont pour l'instant éloignés de Castelcerf grâce aux interventions de Vérité par son Art, une deuxième magie qui permet de communiquer par la pensée avec d'autres personnes, ou même d'influencer leurs actions par la pensée sans que ceux-ci ne s'en rendent compte. Fitz va d'ailleurs tenter d'apprendre à contrôler cette magie avec d'autres adolescents, afin de créer un clan qui aidera Vérité à combattre contre les Pirates Rouges.

    Nous voila donc plongé dans ce récit, sans aucune difficulté pour se mettre à la place du personnage principal, on s'en identifie et s'en attache facilement, la narration à la première personne facilite forcément le lien. Cet univers est décrit par Fitz, et on le découvre en même temps que celui-ci.
    Tous les personnages sont extrêmement bien décrits, chacun ayant une personnalité qui ne laisse pas indifférent. Comme vous l'avez peut-être remarqué dans mon petit résumé, beaucoup de personnages ont un prénom qui détermine leur caractère. Vérité est donc quelqu'un d'honnête et noble, Royal serait prêt à tout pour s'emparer du trône, et Subtil est... et bien... subtil, ainsi que Fitz qui signifie bâtard en anglais. Ce système de nommage nous permet de se faire une idée générale du personnage avant même de mieux le connaître. Hobb a une façon particulière de nous les décrire, on s'attache à chacun d'eux et on a toujours envie d'en savoir plus.
    Le récit est certes un peu lent à démarrer, il se passe un long moment où l'on voit simplement comment Fitz grandit et est éduqué. J'ai pris plus d'intérêt à lire ce roman dès que Fitz commence son apprentissage de l'Art. N'abandonnez surtout pas le récit en cours de route !
    Par contre, ne vous attendez pas à de grandes batailles épiques, avec les immenses armées du bien contre celles du mal, cette série est bien plus subtile que ça, elle est plus centrée autour des personnages. Il en va de même avec l'intrigue, qui est plus liée aux personnages, aux complots de la cour, etc…
    L'histoire se déroule principalement au château, avec cependant quelques petites escapades en dehors de celui-ci, notamment à la fin du bouquin, mais je ne vous en dit pas plus, je vous laisse découvrir par vous-mêmes.
    En résumé donc, les points forts de cette œuvre sont des personnages profonds, charismatiques et surtout très travaillés, le fait que le narrateur, Fitz, ne soit pas un super héros mais un enfant comme tous les autres (enfin presque !), ainsi que la subtilité des deux magies (l'Art et le Vif) qui amènent leur souffle au récit. Et puis, il faut aussi avouer que le style de Hobb se lit très facilement, son écriture fluide m'a permis de ne pas avoir à relire trois fois un paragraphe afin d'en comprendre son sens, comme je pourrais le faire avec d'autres auteurs, moi qui ne suis qu'une débutante en matière de littérature et de fantasy.
    Si vous n'accrochez pas au début, ne vous inquiétez pas, beaucoup ont de la peine à bien se mettre dans l'histoire, car l'action est lente à débuter. Mais je n'ai qu'un conseil à vous donner : accrochez-vous ! Cette série en vaut vraiment le coup et rares sont ceux qui regrettent d'avoir persisté !
    Et amateurs de grandes et impressionnantes batailles, de beaux et agiles elfes, de magie « en veux-tu, en voila », d'un nombre incalculable de créatures magiques… Ne passez surtout pas votre chemin ! Ce cycle ne contient rien de tout ça, où alors à petites doses, mais il vous permettra de connaître un nouveau genre et j'en suis sûre, ne vous laissera pas indifférents !


    Lien : http://iani.over-blog.com/article-19010610.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zazane, le 26 mai 2011

    zazane
    Ma meilleure amie n'a jamais manqué d'arguments positifs lorsqu'elle me parlait de cette saga alors que j'étais dans ma période les dames du Lac... le temps a passé depuis et j'ai trouvé ce roman, en vente dans les rebuts de ma bibliothèque municipale : voilà une magnifique occasion de découvrir, enfin Robin Hobb !
    Tout d'abord, la couverture de cette édition est minable. (La nouvelle n'est pas mieux d'ailleurs !). Ceci étant dit, penchons nous un peu plus sur le roman à proprement parler. Je me suis tout simplement régaler et ai dévoré ce tome, tant et si bien que je suis allés à la dite bibliothèque pour emprunter la suite de la saga !
    Robin Hobb, qu'on ne présente plus dans le monde de la fantasy, signe un roman d'une belle qualité. Les personnages sont tous denses, avec une psychologie profonde et ils ne sont pas manichéens mais ont tous une part de noirceur en eux... En plus d'êtres fouillés, ces derniers ont tous de lourds secrets à dévoiler ou à porter. Impossible de rester de marbre devant Fitz, héros principal et bâtard du prince Chevalerie. J'ai suivie avec attention sa découverte du monde qui l'entoure au sein de Castelcerf, puis ses initiations, car il s'agit bien ici du récit initiatique de Fitz ! Mais le personnage principal, narrateur de surcroît n'est pas le seul personnage interessant : Burich et sa figure paternelle vous charmera derrière ces airs bourrus, dame Patience et Molly vous séduiront par leurs excentricités, Subtil et Umbre vous pousseront à vous questionner et vous réserveront des questionnements (qui ne trouvent pas tous de réponse dans ce tome d'ailleur), Royal et Galen vous agaceront tant ils sont détestables et le fou vous fera rire et pleurer. Je ne m'étendrais pas plus sur les autres personnages secondaires, tout aussi intéressants et différents les uns des autres, histoire de vous laisser savourer vous même votre découverte...
    En plus de ces personnages, qui donne une certaines valeurs ajouté au roman, Robin Hobb nous livre ici un univers très cohérent et bien construit... La carte de départ est forte utile pour se repérer. le Vif et l'Art, deux capacités magiques, sont présentes sans trop prendre de place tandis que les descriptions ne sont ni trop courtes ni trop longues. Certains lecteurs ont reproché la lenteur de ce tome, lenteur qui, personnellement, ne m'a pas dérangé : il fallait au moins ça pour mettre en place les trames politiques de la saga.
    Le risque du roman initiatique peut être de trop entrer dans les détails techniques du pourquoi et du comment des différents savoirs faire que le héros apprends... Ce n'est pas le cas ici ! On vit plus les apprentissage qu'on ne les décortique techniquement et c'est fort plaisant !
    J'ai trouvé très original d'introduire chaque paragraphe par une note historique, qui explique les trames de l'univers de Robin Hobb... On en apprend cependant encore très peu sur les pirates rouges, grand méchant de la saga (bien qu'ils ne soient pas les seuls) et leurs intérêts. La forgisation est effrayante sans pour autant montrer d'hémoglobine ou de sadisme trop imagé : ce point m'enchante d'autant qu'il m'a frainé pour certaine saga (l'épée de vérité entre autre) !
    Autre petit détails qui apporte une note de fraîcheur à la saga : les animaux, bien présents, ont une identité propre et des sentiments : on reconnaît ici facilement la passion des chiens de l'auteur ... mais loin de me déranger, cet aspect m'a même séduit !
    Ce premier tome, a donc tout pour promettre une saga plaisante... et je dois bien l'avoue j'ai eu le coup de coeur ! Il me tarde déjà de me plonger dans le second tome ! Je ne sais pas encore si je suivrais l'ordre chronologique ou si je prendrais une pose entre l'assasin royal et Les aventuriers de la mer, mais une chose est sur : Robin Hobb m'a séduite !

    Lien : http://recherchetemps2.canalblog.com/archives/2011/04/17/20911835.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 25 avril 2011

    Walktapus
    Après avoir lu je ne sais combien de séries interminables de fantasy plus ou moins naïve qui se terminaient à peu près toutes en eau de boudin - quand elles se terminaient - je ne me suis lancé dans la lecture de ce livre qu'avec l'assurance faite par plusieurs personnes qu'il était bon, d'une part, et qu'on pouvait s'arrêter au premier tome, d'autre part.
    Présenté sous forme de récit autobiographique, d'un jeune bâtard royal à la cour, de la petite enfance à l'âge adulte, c'est un récit d'apprentissage tout en progression peint avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse. En dehors de sa formation « classique » de jeune noble, le héros est entraîné en secret comme assassin, ce qui lui cause des petits problèmes « moraux ».
    L'univers est assez plat, l'auteur ne prenant même pas la peine d'imaginer des noms propres aux pays et aux lieux, qui finissent par s'appeler Forge, Pâturages, etc. C'est une sorte d'Angleterre normande féodale harcelée par des pirates. Il prend un peu de relief à la fin du livre, lors d'une expédition au pays voisin des montagnes, peuplé de Tibétains blonds écologistes.
    Pas de grandes batailles ni de combats. Pas de magie mais des « pouvoirs psy » déclinés en deux empathique et télépathique. le roman est axé sur la psychologie. C'est ce qui pour moi fait avec son écriture, la force de ce livre autrement fort classique (gamin promis à un grand destin, etc.).
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Citations et extraits

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  • Par Lefso, le 06 novembre 2011

    Une main lourde sur mon épaule, il me fît faire demi-tour vers la porte. J’obéis un peu à contrecœur, car il faisait bon et clair dans la pièce. Mes pieds glacés avaient commencé à me picoter et je savais qu’en restant encore je parviendrais à me réchauffer tout à fait. Mais la main inexorable du garde me fit quitter le bureau tiède pour la glaciale pénombre des couloirs lugubres.
    Ils me parurent encore plus sombres et interminables tandis que je m’efforçais de suivre les grandes enjambées du garde. Une plainte m’échappa peut-être, à moins qu’il ne se fût lassé de ma lenteur ; toujours est-il qu’il se retourna brusquement, m’attrapa et me hissa sur son épaule aussi négligemment que si je ne pesais rien. « T’es un petit lambin, toi », observa-t-il sans rancœur, et il me porta ainsi le long des couloirs qui tournaient, montaient, descendaient, jusqu’à ce que nous arrivions enfin dans une vaste cuisine baignée d’une lumière jaune.
    Là, une demi-douzaine de gardes mangeaient et buvaient, assis à une grande table balafrée d’entailles, devant une flambée deux fois plus fournie que celle du bureau. La salle sentait la nourriture, la bière et la sueur, les vêtements de laine humide, le bois et la graisse brûlés. Tonneaux et tonnelets s’alignaient contre un mur et les blocs obscurs des quartiers de viande fumée pendaient aux poutres. Quelqu’un retira une broche du feu et le morceau de venaison goutta sur les pierres de l’âtre. Mon estomac s’agrippa soudain à mes côtes quand je sentis ce fumet somptueux. Jason me déposa sans douceur sur le coin de table le plus proche de la cheminée, en repoussant le coude d’un homme au visage dissimulé derrière une chope.
    « Tiens, Burrich, dit Jason sur le ton de la conversation. À toi de t’occuper du mioche. » Et il me tourna le dos. Je le regardai avec intérêt arracher un bout de pain gros comme son poing d’une miche brun foncé, puis tirer de sa ceinture un coutelas pour couper un coin de fromage dans une roue. Il me fourra le tout dans les mains, puis il s’approcha du feu et entreprit d’enlever du quartier de venaison une portion de viande digne d’un adulte. Sans perdre de temps, je m’attaquai au pain et au fromage. À côté de moi, le nommé Burrich posa sa chope et lança vers Jason un regard dépourvu de bienveillance.
    « Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda-t-il, avec une inflexion qui me rappela tout à fait l’homme du bureau. Comme lui, il avait les cheveux noirs et indisciplinés, mais son visage était étroit et anguleux, de la couleur tannée que donnent de fréquents séjours au grand air. Il avait les yeux plus marron que noirs et les doigts longs et habiles. Il sentait le cheval, le chien, le sang et le cuir.
    « C’est à toi de le surveiller, Burrich. Ordre du prince Vérité.
    - Pourquoi ?
    - T’es un homme à Chevalerie, non ? Tu t’occupes de son cheval, de ses chiens et de ses faucons ?
    - Et alors ?
    - Alors tu t’occupes de son bâtard jusqu’à ce que Chevalerie revienne et le prenne en main. »
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  • Par steppe, le 03 novembre 2010

    "Ma plume hésite, puis échappe à ma main noueuse, laissant une bavure d'encre sur le papier de Geairepu. Encore une feuille de ce fin matériau gâchée, dans une entreprise que je soupçonne fort d'être vaine. Je me demande si je puis écrire cette histoire ou si, à chaque page transparaîtra un peu de cette amertume que je croyais éteinte depuis longtemps. Je m'imagine guéri de tout dépit mais, quand je pose ma plume sur le papier, les blessures d'enfance saignent au rythme de l'écoulement de l'encre née de la mer, et je finis par voir une plaie rouge vif sous chaque caractère soigneusement moulé." (1ères phrases du cycle.)
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  • Par EllanaZola, le 04 novembre 2010

    À quoi bon une petite vie qui ne change rien à la grande vie du monde ? Je ne conçois rien de plus triste. Pourquoi une mère ne se dirait-elle pas : Si j'élève bien cet enfant, si je l'aime, si je l'entoure d'affection, il mènera une existence où il dispensera le bonheur autour de lui, et ainsi j'aurais changé le monde ? Pourquoi le fermier qui plante une graine ne déclarerait-il pas à son voisin : Cette graine que je plante nourrira quelqu'un, et c'est ainsi que je change le monde aujourd'hui ? […] C'est la vie. Et nul ne peut se permettre de ne pas y penser La moindre créature doit en avoir conscience, songer au moindre battement de son cœur. Sinon, à quoi sert-il de se lever chaque matin ?
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  • Par EllanaZola, le 04 novembre 2010

    Plus que tout c'est ça que je n'ai jamais compris chez vous : vous jouez aux dés et vous comprenez que le sort du jeu puisse dépendre d'un seul jet ; vous vous distrayez aux cartes et dites que la fortune amassée en une soirée peut partir en fumée sur un pli. Mais un homme, ça, vous le reniflez d'un air dégoûté et vous laissez tomber : quoi ce néant d'humain ? Ce pécheur, ce charpentier, ce voleur, cette cuisinière, allons, mais qu'est-ce que ces gens-là pourraient bien accomplir dans le vaste monde ? Et telles des chandelles dans un courant d'air, vous vivez de petites existences crachotantes, vacillantes.
    (le Fou a Fitz)
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  • Par missgavottes, le 05 janvier 2009

    Le soleil commençait à s'enfoncer dans la mer ; nous étions assis côte à côte et la plage s'étendait comme le monde à nos pieds. Si, à cet instant, j'avais répondu "moi", je crois que son coeur aurait roulé entre mes mains maladroites comme un fruit mûr tombant de l'arbre. Elle m'aurait peut-être embrassé et se serait promise à moi de son plein gré. Mais je venais de me rendre compte de mes sentiments envers elle et ils m'écrasaient de leur immensité ; la vérité toute simple fuyait mes lèvres et je demeurai muet.
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