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ISBN : 2290352624
Éditeur : J'ai Lu (2005)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 1689 notes)
Résumé :
Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui, comme son père et tous les nobles du royaume, porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère du Roi-servant s'appelle-t-il Vérité et leur demi-frère, né d'un second lit, Royal. Suite à une aventure restée inconnue de tous, Chevalerie donne à la lignée un nouveau descendant : un bâtard, don... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (186) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
fnitter05 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
L'assassin royal ou l'histoire de Fitz le bâtard, dans un univers médiéval fantastique humain, au long d'une série de 14 tomes.
Fitz est le bâtard de Chevalerie, roi-servant (prince héritier) de la lignée de Loinvoyant du royaume des six-duchés et ne pouvant prétendre à la succession. Il arrive à six ans au château Castelcerf et est pris en charge par le maître d'écurie. le roi va en faire son homme lige et le faire former au métier d'assassin du roi. Vie de Fitz, formation, haine qu'il provoque par certains membres de la famille royale et premières missions seront le contenu de ce premier tome.
Avant toute chose, un peu d'histoire de la saga.
Il s'agit à l'origine d'une trilogie, donc trois tomes, éparpillés en 6 par les éditeurs français. Ce tome, Royal Assassin (découpé en L'Assassin du roi et La Nef du crépuscule) et Assassin's Quest (Le Poison de la vengeance, La Voie magique et La Reine solitaire).
L'auteur passera ensuite à la trilogie (neuf tomes en français) des Aventuriers de la mer, même monde, mais temps, personnages et lieux différents, avant de refaire une trilogie sur Fitz (sept tomes en français). Ouf.
Si l'on ajoute une préquelle (Retour au pays) et un nouveau tome qui vient de sortir : le fou et l'assassin, on a un bel univers à découvrir.
J'ai immédiatement accroché à l'histoire de ce petit Fitz, attachant, fragile, faible parfois, mais déterminé et adaptable. Ce premier livre est écrit comme ses mémoires. Il survivra donc. Dans un style et une histoire moins compliqués que le trône de fer, je dirais que c'est un mix de cet univers avec celui de Krondor de Feist avec son personnage Pug l'apprenti. L'univers est exclusivement humain avec un peu de magie, l'Art et le Vif, essentiellement, pouvoir de l'esprit et télépathie.
Il n'y a quasiment pas d'action, un roman initiatique dans lequel je ne me suis pas pourtant pas ennuyé une seule seconde, pressé de connaître l'histoire de cet enfant, promis à un avenir sombre dans les machinations politiques du château et du royaume.
L'univers est riche et l'auteure nous livre beaucoup de descriptions permettant une bonne immersion. Les personnages sont soignés, pas particulièrement manichéens, même s'ils attirent immédiatement sympathie ou répulsion, comme il se doit.
Au chapitre des reproches, les noms des personnages choisis pour tenter d'inculquer les vertus qu'ils véhiculent (Subtil, Vérité, Chevalerie...) aux personnages qui les portent, une fausse bonne idée selon moi qui n'amène pas grand chose à l'histoire. Et une fin un tout petit peu précipitée et qui aurait mérité un développement plus complet. Mais bon, j'ai encore pas mal de tomes pour me consoler.
Tour à tour léger, sombre, simple et complexe. Ça se lit sans faim et sans fin.
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florencem
florencem26 août 2014
  • Livres 5.00/5
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas autant apprécié une lecture. Et je peux sans hésitation dire que L'assassin royal est un vrai coup de coeur. A tel point, que même si habituellement je n'aime pas trop faire cela, j'ai pris le tome deux et je l'ai commencé juste après avoir fini le un. Et même si je ne suis qu'au prémisse de ma découverte de l'univers de Robin Hobb, je suis très heureuse de savoir qu'elle continue à écrire sa saga.
J'avais entendu parler de L'assassin royal grâce à des amies qui sont de très grandes fans. Elles m'ont répété de nombreuses fois qu'il fallait que je commence la saga, mais se lancer dans une aventure de treize tomes même avec toutes les louanges qu'elles en faisaient... Et puis un nouveau tome est sorti, elles en ont reparlé de nouveau et j'ai eu envie de me lancer. Et maintenant, je me dis que treize tomes, cela risque de n'être pas assez !
J'ai tout de suite accroché à l'univers, un peu médiéval, si je devais choisir une époque qui y ressemblerait, avec la rudesse que cela entraîne et les intrigues que la monarchie en place crée. le fait que Fitz, notre héros, nous emmène dès les premières pages dans le récit de sa vie, vous happe pour ne plus vous lâcher. Il m'a été très difficile de poser le roman... Car Robin Hobb a très bien conçu son oeuvre. Elle nous fait suivre Fitz dès son plus jeune âge et nous le suivons pas à pas. Il y a quelques sauts dans le temps, mais on voit réellement le garçon évoluer lentement. On ne peut que s'attacher à lui de cette façon. Et puis, il y a le Fitz adulte, du moins ce que l'on ressent, qui nous narre son histoire. Il impose son expérience et ses commentaires dans le récit, mais sans outrepasser les pensées et les "aventures" des jeunes Fitz. Notre héros a toujours eu une maturité précoce mais on sent tout de même les différences entre le narrateur et le personnage que l'on voit évoluer. Un peu comme si il y avait une lassitude, une envie d'en finir, un trop plein de souffrance qui s'impose doucement. S'il nous narre son histoire, Fitz est toujours en vie, mais on sent dès le début que cette vie n'a pas été facile. Alors oui, on poursuit l'histoire en se disant que l'on ne va pas rire très souvent, mais s'arrêter n'est pas envisageable.
Avec une telle saga, on s'attend à de nombreux personnages, et L'assassin royale de déroge pas à cette règle. Il y a ceux que l'on déteste cordialement dès les premiers lignes et ceux qu'on aime tout de suite : Burrich, Vérité, Molly, Umbre, le Fou, Pognes... on les découvre petit à petit, chacun étant totalement différents mais je les apprécie tous, sûrement parce qu'ils apportent tous quelque chose à Fitz, un peu moins de solitude notamment. Ils apparaissent régulièrement tout au long du roman, mais cela est toujours trop peu. Je me suis faite cette réflexion très souvent. Et encore une fois, je crois que cette impression est dû au fait que je voudrais voir Fitz moins seul, qu'ils arrivent à briser cette barrière qu'il s'est forgé et qu'il apprenne enfin à se laisser un peu aller.
L'apprentissage de Fitz tient une part très importante dans le récit. On le voit faire face à son rôle de bâtard mais aussi à cette position nouvelle que lui impose son grand-père, le roi Subtil : devenir l'assassin du roi. le titre de la saga et donc l'élément central de toute l'histoire. Il est assez dur d'accepter cela pour un si jeune enfant, mais dans ce premier tome, on ne perçoit pas encore vraiment ce que cela implique vraiment pour Fitz. Il accomplit des missions, certes, mais je ne sais pas, il n'y a rien de direct pour l'instant, si je puis dire. Ce qui m'a cependant le plus marqué reste les habilités particulières de Fitz, à savoir le Vif et l'Art. Cette petite dose de magie donne encore un plus à la saga. Ce n'est pas de la grande magie avec des effets spectaculaires et des sorts qui vont à tout va, mais elle n'en reste pas moins importante. Elle est subtile et difficile à manier. le terme "art" convient d'ailleurs très bien, car c'est exactement à cela qu'elle fait penser. J'ai hâte de voir Fitz en pleine possession de ses dons et découvrir ce qu'il pourra en faire.
Quant à l'histoire en elle-même... passionnante, du début à la fin. Je ne me suis pas du tout ennuyée. Les rebondissements sont nombreux mais sans être spectaculaires. La complexité de l'intrigue laisse l'imagination vagabonder sans pour autant prendre la tête. On découvre les rouages de ce monde, de la monarchie en place, des règles nombreuses et parfois injustes. Robin Hobb nous fait apercevoir la vie des nobles, mais aussi celle des petites gens. Elle ne presse rien, prend son temps pour tout mettre en place, on ne sent pas lésé bien au contraire car chaque détail est important au final. Et puis l'aventure, l'adrénaline, la peur constante qui nous tenaille pour Fitz, l'émerveillement de certains moments... Un florilège de sentiments pour une épopée qui s'annonce déjà fantastique.
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Arakasi
Arakasi18 février 2015
  • Livres 5.00/5
Treize ans que je n'avais pas ouvert un roman de « L'assassin royal »… Il faut dire que ma première tentative de lecture du cycle s'était soldée par un échec. Pas un échec retentissant et sanglant, plutôt un sentiment de lassitude générale qui m'avait fait abandonner la saga avant d'avoir terminé le premier cycle des aventures de Fitz. Depuis, on n'a pas cessé de me répéter que « L'assassin royal » c'était quand même vachement bien et que j'avais eu tort de déposer les armes si rapidement, mais le nombre alarmant de volumes à rattraper avait découragé mes tentations de relecture jusqu'à aujourd'hui. Et puis, il y a une semaine, je suis tombée sur le premier intégral poche sur les étagères d'une librairie d'occasions. Faut avouer qu'il avait de la gueule, cet intégral, et après l'avoir tripoté dans tous les sens pendant quelques minutes, j'ai fini par quitter la librairie avec le roman sous le bras parce que je suis de ces gens qu'un pavé de 1100 pages effraie moins que trois tomes contenant le nombre de pages équivalents. Au pire et si ma seconde lecture se révélait aussi décevante que la première, j'avais au moins la satisfaction d'avoir déjoué les plans de l'ignoble éditeur Pygmalion et de ses opus massacrés vendus vingt balles l'unité.
Mais le pire ne s'est pas produit – Alléluia, paix et prospérité aux éditeurs de bonne volonté ! – et, à ma vive et agréable surprise, j'ai pris un très grand plaisir à la lecture de ce premier intégral. Fitz le Bâtard royal n'a guère changé pendant cette longue période où je l'ai délaissé, mais ses aventures et son univers ont acquis un nouveau charme à mes yeux. En faisant s'exprimer son personnage principal à la première personne, Robin Hobb a pris un risque non négligeable, car un unique narrateur sur plusieurs milliers de pages peut facilement lasser la patience du lecteur, surtout quand il se montre occasionnellement aussi bouché et hésitant que l'ami Fitz. Pourtant, Hobb a su avec élégance relever le défi : son Fitzounnet a des défauts certes, dont certains franchement agaçants, mais il est aussi si humain, si sympathique, si réaliste et compréhensible dans ses aspirations et ses souffrances que l'on ne peut que s'attacher profondément à lui.
On suit donc avec un intense intérêt son arrivée à la cour de Castelserf, capitale du royaume de Six Duchés où, du haut de ses six ans, le petit Fitz vient de mettre une pagaille monstre. Fils bâtard du fils aîné du roi, le prince Chevalerie, le petit garçon pousse par sa seule existence celui-ci à renoncer à sa charge d'héritier. On pourrait se débarrasser de l'enfant importun, lui trancher la gorge et l'enterrer dans un coin où il ne pourrait plus nuire aux intérêts de la Couronne… Mais non, le roi Subtil a d'autres projets pour lui. Loin d'être assassiné, l'enfant sera donc élevé à la cour royale où il recevra une éducation très particulière destinée à faire de lui l'homme lige du roi, son arme cachée, sa carte dissimulée dans sa manche, en clair : son assassin personnel. Ainsi débute la vie fort mouvementée du jeune Fitz, une vie qui sera riche en intrigues politiques et guerrières, trahisons, aventures et, bien entendu, en sang versé.
Il serait longuet de lister tous les points forts de ce premier intégral – un univers classique mais riche et bien posé, un scénario solidement ficelé, une utilisation de la magie fine et originale… – je ne me concentrerai donc que sur deux d'entre eux, ceux qui m'ont le plus séduite et qui me pousseront sans tarder à m'attaquer à la suite de la saga. D'abord, le très beau style de l'auteur : sensible, efficace et d'une rare qualité pour un roman de fantasy, il emporte facilement le lecteur et parvient à créer un puissant lien d'empathie avec le personnage principal, tout en étant d'un abord tout à fait accessible. Ensuite, la richesse et la nuance des protagonistes secondaires. La chose n'est pas aisée pour un livre entièrement à la première personne, mais Hobb arrive à les rendre aussi forts et marquants que son héros. On partage avec enthousiasme les affections et les antipathies de Fitz : son amitié complexe et bourrue avec le rugueux Burrich, sa fidélité sans borne pour le prince Vérité, sa fascination pour l'intriguant Fou du roi Subtil, sa haine pour cette raclure de bidet de prince Royal…
Tout en étant un peu plus manichéen et pas aussi grinçant que la saga du « Trône de Fer » à laquelle je l'ai souvent vu comparé, « L'assassin royal » s'annonce donc comme une oeuvre de grande qualité. Assez enthousiasmée par ce premier intégral, j'ai poussé la faiblesse jusqu'à acheter plein pot le deuxième. Je ne m'y attaquerai pas tout de suite, car j'ai besoin de respirer un peu en alternant avec des romans plus courts, mais il me fait méchamment de l'oeil et je ne résisterai probablement pas très longtemps à la tentation.
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JaneEyre
JaneEyre31 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Comme tout lecteur de fantasy, j'avais entendu parlé de la prolifique Robin Hobb, mais j'avais rangé l'information dans un coin de ma tête et je n'y avais plus pensé. Jusqu'au jour où le livre me tombe par hasard entre les mains. Pas vraiment convaincue (on est souvent déçu par les livres dont on entend trop parler), je commence ma lecture... Et voilà que c'est le coup de coeur! C'est simple, Robin Hobb répond à toutes mes exigences en matière de fantasy (ou presque, mais je ne me fais pas de soucis, il reste douze tomes pour me combler entièrement!)!

Tout d'abord, un personnage principal vraiment attachant, et bien exploité! J'aime quand l'auteur prend le temps de camper son personnage. J'aime le voir se construire, devenir quelqu'un. J'aime connaître les événements et les déceptions qui influencent la manière dont pense et réagit le personnage. Bref, je déteste les superhéros lisses sortis de nulle part. Je préfère les personnages complexes, dont on connaît le passé, les doutes... Ce premier tome est donc un vrai plaisir pour une lectrice comme moi, car il nous conte l'enfance et les années d'apprentissage d'un jeune garçon, Fitz, fils bâtard d'un grand prince. Tour à tour bâtard livré à lui-même et méprisé puis fils adoptif de la famille royale, puis apprenti assassin, le lecteur suivra l'enfance et l'adolescence d'un personnage qui m'a touché par sa solitude et sa loyauté. J'ai hâte de le voir encore évoluer et changer dans les tomes suivants!

Ensuite, un world building riche et intéressant! Robin Hobb ne nous donne qu'un minuscule avant goût de la richesse de son monde imaginaire. En effet, le livre se déroule en grande partie dans le château du roi, où Fitz grandit. Ceci dit, chaque chapitre s'ouvre sur quelques lignes donnant un aperçu de l'histoire ou des coutumes de ce monde. On sent que les tomes suivants vont nous permettre de voyager dans ces royaumes mystérieux.

Une intrigue bien pensée, centrée autour des jeux de pouvoir au sein de la famille royale, mais également des guerres qui menacent les Six-Duchés. Au menu: princes, traîtres, magiciens, garçons d'écurie et pirates! À nouveau, ce tome est une bonne entrée en matière: comme tout bon tome d'introduction, il donne envie d'en savoir plus!

Bref, une super lecture, un tome d'introduction qui donne tellement envie d'en savoir plus...! Je n'ai qu'une hâte, lire le tome deux!
http://profilus.blogspot.fr/
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Luniver
Luniver07 octobre 2012
  • Livres 4.00/5
À l'âge de six ans, Fitz est amené à Castlecerf par son grand-père qui n'avait plus envie de le nourrir inutilement. Bâtard du prince héritier Chevalerie, son arrivée provoque la renonciation au trône de ce dernier. Fitz, qui n'a jamais vu son père, passe alors une grande partie de son enfance avec Burrich, qui lui prodigue des soins vétérinaires d'excellente qualité.
Le roi Subtil finit par se rappeler son existence, et lui propose un marché : en échange d'une éducation digne de son sang, il sera formé pour devenir un assassin. Faute de mieux, Fitz accepte le marché. Sans s'en rendre compte, son existence met en ébullition tous les partis, qui essayent de l'utiliser comme pion sur un échiquier qui le dépasse totalement.
L'univers des six-duchés est finalement très réaliste, on se plonge avec plaisir dans toutes les intrigues politiques qui secouent le royaume : complots, menace extérieure des mystérieux Pirates rouges qui transforment les habitants en zombies, … Les éléments de magie se résument à deux pouvoirs : le Vif, qui permet de rentrer en contact avec l'esprit des animaux, pouvoir dangereux puisqu'un trop grand usage de ce don transforme l'esprit humain en celui de la bête avec qui il se lie ; et l'Art, pouvoir télépathique qui permet aux initiés de communiquer entre eux, et d'induire des pensées chez les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.
On se sent rapidement proche de Fitz, totalement écrasé par les évènements et qui doit subir beaucoup d'épreuves sans vraiment les comprendre. À l'inverse de beaucoup de héros, qui doivent simplement récupérer le trône de leur père, ou renverser le méchant tyran pour épouser la jolie princesse, ici, on se demande quel avenir il va pouvoir se forger : ses rares amis n'ont pas de pouvoirs particuliers, les puissants le haïssent ou l'utilisent pour servir leurs intérêts... son avenir ne paraît pas radieux.
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Citations & extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
EllanaZolaEllanaZola04 novembre 2010
À quoi bon une petite vie qui ne change rien à la grande vie du monde ? Je ne conçois rien de plus triste. Pourquoi une mère ne se dirait-elle pas : Si j'élève bien cet enfant, si je l'aime, si je l'entoure d'affection, il mènera une existence où il dispensera le bonheur autour de lui, et ainsi j'aurais changé le monde ? Pourquoi le fermier qui plante une graine ne déclarerait-il pas à son voisin : Cette graine que je plante nourrira quelqu'un, et c'est ainsi que je change le monde aujourd'hui ? […] C'est la vie. Et nul ne peut se permettre de ne pas y penser La moindre créature doit en avoir conscience, songer au moindre battement de son cœur. Sinon, à quoi sert-il de se lever chaque matin ?
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steppesteppe03 novembre 2010
"Ma plume hésite, puis échappe à ma main noueuse, laissant une bavure d'encre sur le papier de Geairepu. Encore une feuille de ce fin matériau gâchée, dans une entreprise que je soupçonne fort d'être vaine. Je me demande si je puis écrire cette histoire ou si, à chaque page transparaîtra un peu de cette amertume que je croyais éteinte depuis longtemps. Je m'imagine guéri de tout dépit mais, quand je pose ma plume sur le papier, les blessures d'enfance saignent au rythme de l'écoulement de l'encre née de la mer, et je finis par voir une plaie rouge vif sous chaque caractère soigneusement moulé." (1ères phrases du cycle.)

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LefsoLefso06 novembre 2011
Une main lourde sur mon épaule, il me fît faire demi-tour vers la porte. J’obéis un peu à contrecœur, car il faisait bon et clair dans la pièce. Mes pieds glacés avaient commencé à me picoter et je savais qu’en restant encore je parviendrais à me réchauffer tout à fait. Mais la main inexorable du garde me fit quitter le bureau tiède pour la glaciale pénombre des couloirs lugubres.

Ils me parurent encore plus sombres et interminables tandis que je m’efforçais de suivre les grandes enjambées du garde. Une plainte m’échappa peut-être, à moins qu’il ne se fût lassé de ma lenteur ; toujours est-il qu’il se retourna brusquement, m’attrapa et me hissa sur son épaule aussi négligemment que si je ne pesais rien. « T’es un petit lambin, toi », observa-t-il sans rancœur, et il me porta ainsi le long des couloirs qui tournaient, montaient, descendaient, jusqu’à ce que nous arrivions enfin dans une vaste cuisine baignée d’une lumière jaune.

Là, une demi-douzaine de gardes mangeaient et buvaient, assis à une grande table balafrée d’entailles, devant une flambée deux fois plus fournie que celle du bureau. La salle sentait la nourriture, la bière et la sueur, les vêtements de laine humide, le bois et la graisse brûlés. Tonneaux et tonnelets s’alignaient contre un mur et les blocs obscurs des quartiers de viande fumée pendaient aux poutres. Quelqu’un retira une broche du feu et le morceau de venaison goutta sur les pierres de l’âtre. Mon estomac s’agrippa soudain à mes côtes quand je sentis ce fumet somptueux. Jason me déposa sans douceur sur le coin de table le plus proche de la cheminée, en repoussant le coude d’un homme au visage dissimulé derrière une chope.

« Tiens, Burrich, dit Jason sur le ton de la conversation. À toi de t’occuper du mioche. » Et il me tourna le dos. Je le regardai avec intérêt arracher un bout de pain gros comme son poing d’une miche brun foncé, puis tirer de sa ceinture un coutelas pour couper un coin de fromage dans une roue. Il me fourra le tout dans les mains, puis il s’approcha du feu et entreprit d’enlever du quartier de venaison une portion de viande digne d’un adulte. Sans perdre de temps, je m’attaquai au pain et au fromage. À côté de moi, le nommé Burrich posa sa chope et lança vers Jason un regard dépourvu de bienveillance.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda-t-il, avec une inflexion qui me rappela tout à fait l’homme du bureau. Comme lui, il avait les cheveux noirs et indisciplinés, mais son visage était étroit et anguleux, de la couleur tannée que donnent de fréquents séjours au grand air. Il avait les yeux plus marron que noirs et les doigts longs et habiles. Il sentait le cheval, le chien, le sang et le cuir.

« C’est à toi de le surveiller, Burrich. Ordre du prince Vérité.

- Pourquoi ?

- T’es un homme à Chevalerie, non ? Tu t’occupes de son cheval, de ses chiens et de ses faucons ?

- Et alors ?

- Alors tu t’occupes de son bâtard jusqu’à ce que Chevalerie revienne et le prenne en main. »
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mathilde08mathilde0827 juin 2011
"Il s'agit de t'enseigner le meurtre, plus ou moins. A tuer les gens. L'art raffiné de l'assassinat diplomatique; ou bien comment rendre aveugle ou sourd; ou encore comment affaiblir les membres, provoquer une paralysie, une impuissance ou une toux débilitantes; ou déclencher une sénilité précoce, ou la folie, ou ... mais peu importe. Tout cela, c'est mon métier. Et ce sera le tien, si tu l'acceptes. Sache a priori que je vais t'apprendre à tuer des gens. Pour ton roi. pas à la façon spectaculaire que t'enseigne Hod, pas sur le champ de bataille, sous les yeux et les acclamations de tes camarades. Non : je vais t'apprendre la manière furtive, sournoise, polie de tuer les gens. Tu y prendras peut-être goût, ou peut-être pas. Ce n'est pas de mon ressort. Mais ce à quoi je veillerai, c'est que tu sois efficace. Et aussi à une autre chose, car c'est la condition que j'ai posée au roi Subtil : que tu saches ce que tu apprends, ce qui n'était pas mon cas à ton âge. Bien ! Je dois donc t'enseigner à devenir un assassin. Cela te convient-il, mon garçon ?"
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EllanaZolaEllanaZola04 novembre 2010
Plus que tout c'est ça que je n'ai jamais compris chez vous : vous jouez aux dés et vous comprenez que le sort du jeu puisse dépendre d'un seul jet ; vous vous distrayez aux cartes et dites que la fortune amassée en une soirée peut partir en fumée sur un pli. Mais un homme, ça, vous le reniflez d'un air dégoûté et vous laissez tomber : quoi ce néant d'humain ? Ce pécheur, ce charpentier, ce voleur, cette cuisinière, allons, mais qu'est-ce que ces gens-là pourraient bien accomplir dans le vaste monde ? Et telles des chandelles dans un courant d'air, vous vivez de petites existences crachotantes, vacillantes.

(le Fou a Fitz)
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