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> Yves Gohin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070409228
Éditeur : Gallimard

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.33/5 (sur 2724 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est un tel classique qu'on a toujours l'impression de l'avoir déjà lu... ou vu : avec Michel Bouquet dans le rôle de Javert, ou bien Depardieu. Relire donc Les Misérables, publié par Victor Hugo en 1862, offre le plaisir de la reconnaissa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 30 juin 2014

    Nastasia-B
    On a sans doute tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons et que c'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
    Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écœuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
    Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la longue digression sur le couvent du Petit Picpus).
    Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites, la séance chez le dentiste, je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles! Les "méchants" sont sublimes de méchanceté, Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides sont aux petits oignons...
    Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius, le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, "volé" (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV, fervent royaliste.
    Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son œil croise celui d'une belle jeune fille...
    Marius fait ensuite la connaissance de son voisin, alias une vieille connaissance du lecteur dont je vous laisse découvrir l'identité.
    Une embuscade gigantesque attend l'infortuné Jean Valjean, et toutes les vipères sont prête à lui sauter sur le dos. Marius assiste impuissant à l'exécution d'un traquenard diabolique. Il apprend à craindre ce voisin et décide de quitter son voisinage. le dépit le gagne car sa belle inconnue lui a glissé entre les doigts.
    Ses amis républicains suivent attentivement la montée de la pression sociale et sauront prendre les armes et monter des barricades en temps voulu.
    Victor Hugo nous fait alors entrer de plain-pied dans une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration. Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
    L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire une de celles qui ont avorté, à la différence de leurs glorieuses consœurs de 1830 et 1848.
    Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ?
    Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ? La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de myocarde.
    En somme, lisez, relisez, re-relisez, délectez-vous de notre vieux Victor car Les Misérables c'est quoi ? de la grandiloquence, de la simplicité, un bon scénario, donc un roman qui tient toutes ses promesses, chapeau bas MONSIEUR Hugo.
    P.S. : COMMENTAIRE CONCERNANT L'ÉDITION DE LA PLÉIADE
    Il est à noter que ce volume pléiade est d'assez mauvaise qualité pour deux raisons : d'une part, lorsqu'on achète un volume de ce prix, on espère qu'il y ait un vrai travail de relecture, or, il y a beaucoup de coquilles disséminées dans l'ouvrage.
    Deuxièmement, les commentaires sont presque systématiquement inutiles ou inintéressants, car Maurice Allem, fait toute une comparaison avec la première version de l'œuvre intitulée "Les Misères" et l'essentiel de notes consiste à dire "cette phrase manque dans Les misères", "tel mot est différent", etc. en somme, on s'en fiche, à moins de faire une thèse sur les différentes versions du manuscrit d'Hugo avant publication définitive.
    Bref, on espèrerait des vrais commentaires utiles ou des explications ciblées pas une glose de spécialiste sans intérêt. À la fin, j'ai carrément arrêté de regarder les notes tellement c'était barbant. Cependant, le fait de tenir l'intégralité de l'histoire dans un seul volume, pas trop encombrant, est assez agréable, et en cela le format pléiade est intéressant.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 10 mai 2013

    Nastasia-B
    Jeunesse, entourloupe, révolte, ingratitude...
    Dans cette version en 2 tomes, nous sommes à la fin de la troisième partie quand commence ce volume.
    Marius fait connaissance de son voisin, alias une vieille connaissance du lecteur dont je vous laisse découvrir l'identité au cas où vous n'auriez pas vu l'une des innombrables adaptations à l'écran.
    Une embuscade gigantesque attend l'infortuné Jean Valjean, et toutes les vipères sont prêtes à lui sauter sur le dos.
    Marius assiste, impuissant, à l'exécution de ce traquenard diabolique. Il apprend à craindre ce voisin et décide de quitter son voisinage.
    Le dépit le gagne car sa belle inconnue lui a glissé entre les doigts.
    Ses amis républicains suivent attentivement la montée de la pression sociale et sauront prendre les armes et monter des barricades en temps voulu.
    Victor Hugo nous fait entrer de plain-pied dans l'une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration. Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
    L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire une de celles qui ont avorté, pas comme leurs glorieuses consœurs de 1830 et 1948.
    Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ? Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ?
    La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de ce côté-là.
    Bref, lisez, re-lisez, re-re-lisez, délectez-vous et chapeau bas très cher Victor ! Mais ceci n'est que mon misérable avis...
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    • Livres 5.00/5
    Par Sissidebeauregard, le 04 décembre 2013

    Sissidebeauregard
    Je n'ai encore jamais lu un livre qui arrive à la cheville de celui-ci.
    Il y a toute la littérature, toute l'humanité et toute la vie dans Les Misérables. C'est toute la différence entre un classique et un chef d'oeuvre. Les Misérables, indémodable comme tout chef d'oeuvre qui se respecte est bien plus moderne que beaucoup de romans récents.
    C'est un roman absolument parfait, c'est LE roman. Il est inconcevable et impardonnable de ne pas le lire, de préférence en version intégrale, parce qu'il n'y a pas un mot de trop en 1800 pages.
    Si je pouvais je l'apprendrais par coeur.
    PS : Je voue un culte éternel à Éponine, bien qu'on lui préfère presque toujours cette petite cruche de Cosette. le destin d'Éponine en est d'ailleurs rendu d'autant plus tragique, puisque dans le roman et jusque dans la réalité, tout le monde se fiche de sa pauvre vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par zaphod, le 15 décembre 2014

    zaphod
    Avant, je me disais ceci:
    Si je pouvais changer quelque chose chez moi (mis à part devenir beau et intelligent, cela va de soi), ce serait (plus modestement) de savoir parler des livres.
    C'est qu'une partie importante de ma vie se passe derrière ces petites portes vers d'autres mondes que sont les livres. Ouvrir, fermer un livre, c'est m'immerger dans un ailleurs, puis en revenir.
    J'aimerais être capable de raconter ces voyages, mais voilà, j'ai l'impression de ne pas en ramener grand-chose avec moi, et même parfois, j'ai la bizarre impression d'y laisser quelque chose de moi.
    D'où une certaine frustration.
    En bref, je me sentais misérable. Enfin non, mais presque.

    Mais ça, c'était avant.
    Je vais mieux, merci. Depuis que je fréquente le bar "Garder l'Encre". (Comme il est situé est en face d'un petit port, le jeu de mot est évident.)
    C'est là que se tiennent les "réunions" du vendredi soir.
    Je pense que j'aurai encore l'occasion de reparler de cet endroit, mais la chose la plus importante à dire, c'est qu'il s'agit probablement du seul vrai club de lecture au monde.

    C'est à dire que j'ai entendu parler de nombreux clubs où quelques habitués se réunissent pour parler de livres. Il faudrait donc plutôt les appeler "groupes de discussion sur les livres".
    Par contre, Garder l'Encre est un endroit où quelques habitués se réunissent tous les vendredis pour... lire.

    En fait, ils ne parlent pas beaucoup. Chacun lit son livre -un livre différent, dans un silence relatif.
    Ce n'est que quand Roger, le patron, a terminé un chapitre (car lui aussi lit) qu'il se lèvre de son tabouret derrière le bar, voyage entre les quelques tables, prend les commandes, et s'informe en peu de mots de la progression de chacun. Le seul autre moment où on se permet de rompre la quiétude des lecteurs, c'est quand l'un de nous termine son bouquin pendant une "réunion". On peut alors refermer son livre bruyamment en criant "J'ai fini!". Si c'est un ouvrage conséquent, ou une lecture un peu difficile, il est d'usage de payer la tournée.

    J'aime la philosophie de Garder l'Encre. C'est un peu comme assumer que la lecture est l'activité introvertie et solitaire par excellence; mais en regroupant plusieurs solitudes, on peut fabriquer une sorte de communauté.

    Je ne me serais peut-être pas lancé dans la lecture des Misérables tout seul dans mon coin. On pourrait dire que moins il me reste de vie à vivre, plus les gros livres me font peur. Mais je savais que cette lecture me vaudrait un demi-sourire de Roger, un regard un peu langoureux de Zoé, un soupir exaspéré de Pat-le-Flamand, et une totale indifférence de Louis. Rien que pour ça, ça en valait la peine. Et je savais que leur présence le vendredi m'aiderait à traverser les digressions parfois un peu longues de Victor Hugo.

    Vendredi, j'ai donc refermé bruyamment ce premier volume des Misérables en criant "J'ai fini".
    Zoé a été la première à réagir: "Tu as fait bon voyage?". C'est la formule habituelle. On n'attend pas une quelconque analyse ou un jugement.
    "Ah oui, le vieux barbu bavard! Tu t'en es sorti?" a enchaîné Pat-le-Flamand.
    "Oui, je me suis un peu égaré à Waterloo et dans le couvent du Petit Picpus, mais c'est un voyage grandiose.", que j'ai répondu.

    Mon dernier contact avec Hugo remonte à pas loin de quarante ans! C'était Notre-Dame de Paris, ma première plongée dans une oeuvre de cette envergure. J'avais été complètement subjugué, j'avais dévoré le moindre mot, et j'ai su à ce moment-là que grâce aux livres, je ne m'ennuierais jamais dans la vie. J'ai aussi décidé de lire Les Misérables (qui était aussi dans la-grande-armoire-brune-de-mes-parents), mais j'ai toujours remis à plus tard. Et puis après de nombreux détours, le moment est enfin arrivé.

    "Bon, ça s'arrose, non?". C'était Louis. Il s'intéresse surtout aux atlas marins et à Jack London. (C'est de lui que je tiens mon intérêt pour cet auteur.)
    J'ai appelé Roger le barman: "Thénardier, sors de ton antre et viens prendre les commandes, veux-tu?".
    Il a commencé par Zoé. "Et pour Cosette, qu'est-ce que ce sera? Allez, vas-y, puisque monsieur Valjean te l'offre!"
    Elle a demandé un thé à la menthe, et j'ai pris comme elle. Louis et Pat-le-Flamand ont commandé des bières.

    Un des objets les plus remarquables dans le bar est un énorme baromètre en cuivre dont Roger a légèrement modifié le cadran. Il est divisé en trois zones. La plus à gauche est marquée "Temps de merde : Irish Coffee", celle du milieu "Foutu temps : Chimay", et celle de droite "Trop chaud : Mojito". Vendredi, l'aiguille indiquait "Temps de merde".
    Roger nous a donc préparé cinq irish coffees, sans faire aucun cas de notre commande.

    J'ai levé mon verre d'Irish en disant "A la santé de Cosette!".
    "A Javert" a dit Pat-le-Flamand.
    "A tous les personnages des Misérables, ce sont des géants!" a dit Roger.
    "A Quasimodo!" a dit Louis, faisant sourire tout le monde.
    "J'aime pas l'irish coffee. Je voulais du thé!" a dit Cosette, en poussant son verre vers moi.

    (A suivre, si le coeur m'en dit.)
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 31 août 2012

    Nastasia-B
    Il est vrai qu'il y a de quoi s'y perdre entre les versions "3 tomes" et les versions "2 tomes". À l'origine, Folio, le livre de poche et GF présentaient cette œuvre scindée en 3, ce qui n'est pas idiot puisque l'ensemble en pléiade représente environ 1500 pages, soit 500 pages par tome. de plus, le découpage interne de l'ouvrage s'y prête bien. Mais, comme il n'est plus trop dans l'air du temps de se trimballer un livre en x volumes, certains ont mis de l'eau dans leur vin et ont décidé de sortir des versions en 2 tomes, d'où des confusions possibles entre des tomes 1 & 2 selon qu'ils appartiennent ou non à un ensemble à 2 ou 3 tomes.
    Ici je parle bien de la version en 2 tomes chez Folio.
    On a tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons et que c'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
    Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écœuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
    Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la lourde digression sur le couvent du Petit Picpus).
    Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites, la séance chez le dentiste, je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles! Les "méchants" sont sublimes de méchanceté, Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides sont aux petits oignons...
    Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius, le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, "volé" (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV, fervent royaliste.
    Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son œil croise celui d'une belle jeune fille...
    Et là, là, franchement, si Victor Hugo n'a pas en vous allumé la flamme brûlante qui vous fera vous ruer sur le second tome, je n'y comprends plus rien. du grand, du beau, du bon roman comme on en redemande, mais ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Citations et extraits

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  • Par Bit-Lit-Fantasy, le 29 mars 2015

    Les femmes jouent avec leur beauté comme les enfants avec leur couteau. Elles s'y blessent.

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  • Par Bit-Lit-Fantasy, le 29 mars 2015

    Les femmes jouent avec leur beauté comme els enfants avec leur couteau. Elles s'y blessent.

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  • Par Wakanda, le 15 mars 2015

    Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbe ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs.

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  • Par gigi55, le 04 janvier 2010

    Description de la bataille de Waterloo - Tome 1 - page 453

    Chapitre XVI. Quot Libras in Duce?
    La bataille de Waterloo est une énigme. Elle est aussi obscure pour ceux qui l'ont gagnée que pour celui qui l'a perdue. Pour Napoléon, c'est une panique. Blücher n'y voit que du feu; Wellington n'y comprend rien. Voyez les rapports. Les bulletins sont confus, les commentaires sont embrouillés. Ceux-ci balbutient, ceux-là bégayent. Jomini partage la bataille de Waterloo en quatre moments; Muffling la coupe en trois péripéties; Charras, quoique sur quelques points nous ayons une autre appréciation que lui, a seul saisi de son fier coup d'œil les linéaments caractéristiques de cette catastrophe du génie humain aux prises avec le hasard divin. Tous les autres historiens ont un certain éblouissement, et dans cet éblouissement ils tâtonnent. Journée fulgurante, en effet, écroulement de la monarchie militaire qui, à la grande stupeur des rois, a entraîné tous les royaumes, chute de la force, déroute de la guerre.

    Dans cet événement, empreint de nécessité surhumaine, la part des hommes n'est rien. Retirer Waterloo à Wellington et à Blücher, est-ce ôter quelque chose à l'Angleterre et à l'Allemagne? Non. Ni cette illustre Angleterre ni cette auguste Allemagne ne sont en question dans le problème de Waterloo. Grâce au ciel, les peuples sont grands en dehors des lugubres aventures de l'épée. Ni l'Allemagne, ni l'Angleterre, ni la France, ne tiennent dans un fourreau. Dans cette époque où Waterloo n'est qu'un cliquetis de sabres, au-dessus de Blücher l'Allemagne a Goethe et au-dessus de Wellington l'Angleterre a Byron. Un vaste lever d'idées est propre à notre siècle, et dans cette aurore l'Angleterre et l'Allemagne ont leur lueur magnifique. Elles sont majestueuses par ce qu'elles pensent. L'élévation de niveau qu'elles apportent à la civilisation leur est intrinsèque; il vient d'elles-mêmes, et non d'un accident. Ce qu'elles ont d'agrandissement au dix-neuvième siècle n'a point Waterloo pour source. Il n'y a que les peuples barbares qui aient des crues subites après une victoire. C'est la vanité passagère des torrents enflés d'un orage. Les peuples civilisés, surtout au temps où nous sommes, ne se haussent ni ne s'abaissent par la bonne ou mauvaise fortune d'un capitaine. Leur poids spécifique dans le genre humain résulte de quelque chose de plus qu'un combat. Leur honneur, Dieu merci, leur dignité, leur lumière, leur génie, ne sont pas des numéros que les héros et les conquérants, ces joueurs, peuvent mettre à la loterie des batailles. Souvent bataille perdue, progrès conquis. Moins de gloire, plus de liberté. Le tambour se tait, la raison prend la parole. C'est le jeu à qui perd gagne. Parlons donc de Waterloo froidement des deux côtés. Rendons au hasard ce qui est au hasard et à Dieu ce qui est à Dieu. Qu'est-ce que Waterloo? Une victoire? Non. Un quine.

    Quine gagné par l'Europe, payé par la France.

    Ce n'était pas beaucoup la peine de mettre là un lion.

    Waterloo du reste est la plus étrange rencontre qui soit dans l'histoire. Napoléon et Wellington. Ce ne sont pas des ennemis, ce sont des contraires. Jamais Dieu, qui se plaît aux antithèses, n'a fait un plus saisissant contraste et une confrontation plus extraordinaire. D'un côté, la précision, la prévision, la géométrie, la prudence, la retraite assurée, les réserves ménagées, un sang-froid opiniâtre, une méthode imperturbable, la stratégie qui profite du terrain, la tactique qui équilibre les bataillons, le carnage tiré au cordeau, la guerre réglée montre en main, rien laissé volontairement au hasard, le vieux courage classique, la correction absolue; de l'autre l'intuition, la divination, l'étrangeté militaire, l'instinct surhumain, le coup d'œil flamboyant, on ne sait quoi qui regarde comme l'aigle et qui frappe comme la foudre, un art prodigieux dans une impétuosité dédaigneuse, tous les mystères d'une âme profonde, l'association avec le destin, le fleuve, la plaine, la forêt, la colline, sommés et en quelque sorte forcés d'obéir, le despote allant jusqu'à tyranniser le champ de bataille, la foi à l'étoile mêlée à la science stratégique, la grandissant, mais la troublant. Wellington était le Barème de la guerre, Napoléon en était le Michel-Ange; et cette fois le génie fut vaincu par le calcul.

    Des deux côtés on attendait quelqu'un. Ce fut le calculateur exact qui réussit. Napoléon attendait Grouchy; il ne vint pas. Wellington attendait Blücher; il vint.

    Wellington, c'est la guerre classique qui prend sa revanche. Bonaparte, à son aurore, l'avait rencontrée en Italie, et superbement battue. La vieille chouette avait fui devant le jeune vautour. L'ancienne tactique avait été non seulement foudroyée, mais scandalisée. Qu'était-ce que ce Corse de vingt-six ans, que signifiait cet ignorant splendide qui, ayant tout contre lui, rien pour lui, sans vivres, sans munitions, sans canons, sans souliers, presque sans armée, avec une poignée d'hommes contre des masses, se ruait sur l'Europe coalisée, et gagnait absurdement des victoires dans l'impossible? D'où sortait ce forcené foudroyant qui, presque sans reprendre haleine, et avec le même jeu de combattants dans la main, pulvérisait l'une après l'autre les cinq armées de l'empereur d'Allemagne, culbutant Beaulieu sur Alvinzi, Wurmser sur Beaulieu, Mélas sur Wurmser, Mack sur Mélas? Qu'était-ce que ce nouveau venu de la guerre ayant l'effronterie d'un astre? L'école académique militaire l'excommuniait en lâchant pied. De là une implacable rancune du vieux césarisme contre le nouveau, du sabre correct contre l'épée flamboyante, et de l'échiquier contre le génie. Le 18 juin 1815, cette rancune eut le dernier mot, et au-dessous de Lodi, de Montebello, de Montenotte, de Mantoue, de Marengo, d'Arcole, elle écrivit: Waterloo. Triomphe des médiocres, doux aux majorités. Le destin consentit à cette ironie. A son déclin, Napoléon retrouva devant lui Wurmser jeune.

    Pour avoir Wurmser en effet, il suffît de blanchir les cheveux de Wellington.

    Waterloo est une bataille du premier ordre gagnée par un capitaine du second.

    Ce qu'il faut admirer dans la bataille de Waterloo, c'est l'Angleterre, c'est la fermeté anglaise, c'est la résolution anglaise, c'est le sang anglais; ce que l'Angleterre a eu là de superbe, ne lui en déplaise, c'est elle-même. Ce n'est pas son capitaine, c'est son armée. Wellington, bizarrement ingrat, déclare dans une lettre à lord Bathurst que son armée, l'armée qui a combattu le 18 juin 1815, était une «détestable armée». Qu'en pense cette sombre mêlée d'ossements enfouis sous les sillons de Waterloo?

    L'Angleterre a été trop modeste vis-à-vis de Wellington. Faire Wellington si grand, c'est faire l'Angleterre petite. Wellington n'est qu'un héros comme un autre. Ces Écossais gris, ces horse-guards, ces régiments de Maitland et de Mitchell, cette infanterie de Pack et de Kempt, cette cavalerie de Ponsonby et de Somerset, ces highlanders jouant du pibroch sous la mitraille, ces bataillons de Rylandt, ces recrues toutes fraîches qui savaient à peine manier le mousquet tenant tête aux vieilles bandes d'Essling et de Rivoli, voilà ce qui est grand. Wellington a été tenace, ce fut là son mérite, et nous ne le lui marchandons pas, mais le moindre de ses fantassins et de ses cavaliers a été tout aussi solide que lui. L'iron-soldier vaut l'iron-duke. Quant à nous, toute notre glorification va au soldat anglais, à l'armée anglaise, au peuple anglais. Si trophée il y a, c'est à l'Angleterre que le trophée est dû. La colonne de Waterloo serait plus juste si au lieu de la figure d'un homme, elle élevait dans la nue la statue d'un peuple.

    Mais cette grande Angleterre s'irritera de ce que nous disons ici. Elle a encore, après son 1688 et notre 1789, l'illusion féodale. Elle croit à l'hérédité et à la hiérarchie. Ce peuple, qu'aucun ne dépasse en puissance et en gloire, s'estime comme nation, non comme peuple. En tant que peuple, il se subordonne volontiers et prend un lord pour une tête. Workman, il se laisse dédaigner; soldat, il se laisse bâtonner. On se souvient qu'à la bataille d'Inkermann un sergent qui, à ce qu'il paraît, avait sauvé l'armée, ne put être mentionné par lord Raglan, la hiérarchie militaire anglaise ne permettant de citer dans un rapport aucun héros au-dessous du grade d'officier.

    Ce que nous admirons par-dessus tout, dans une rencontre du genre de celle de Waterloo, c'est la prodigieuse habileté du hasard. Pluie nocturne, mur de Hougomont, chemin creux d'Ohain, Grouchy sourd au canon, guide de Napoléon qui le trompe, guide de Bülow qui l'éclaire; tout ce cataclysme est merveilleusement conduit.

    Au total, disons-le, il y eut à Waterloo plus de massacre que de bataille.

    Waterloo est de toutes les batailles rangées celle qui a le plus petit front sur un tel nombre de combattants. Napoléon, trois quarts de lieue, Wellington, une demi-lieue; soixante-douze mille combattants de chaque côté. De cette épaisseur vint le carnage.

    On a fait ce calcul et établi cette proportion: Perte d'hommes: à Austerlitz, Français, quatorze pour cent; Russes, trente pour cent, Autrichiens, quarante-quatre pour cent. A Wagram, Français, treize pour cent; Autrichiens, quatorze. A la Moskova, Français, trente-sept pour cent; Russes, quarante-quatre. A Bautzen, Français, treize pour cent; Russes et Prussiens, quatorze. A Waterloo, Français, cinquante-six pour cent; Alliés, trente et un. Total pour Waterloo, quarante et un pour cent. Cent quarante-quatre mille combattants; soixante mille morts.

    Le champ de Waterloo aujourd'hui a le calme qui appartient à la terre, support impassible de l'homme, et il ressemble à toutes les plaines.

    La nuit pourtant une espèce de brume visionnaire s'en dégage, et si quelque voyageur s'y promène, s'il regarde, s'il écoute, s'il rêve comme Virgile devant les funestes plaines de Philippes, l'hallucination de la catastrophe le saisit. L'effrayant 18 juin revit;
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  • Par Piatka, le 25 août 2013

    Un baiser, et ce fut tout.
    Tous deux tressaillirent, et ils se regardèrent dans l'ombre avec des yeux éclatants. Ils ne sentaient ni la nuit fraîche, ni la pierre froide, ni la pierre humide, ni l'herbe mouillée, ils se regardaient et ils avaient le cœur plein de pensées. Ils s'étaient pris les mains, sans savoir.
    Elle ne lui demandait pas, elle n'y songeait pas même, par où il était entré et comment il avait pénétré dans le jardin. Cela lui paraissait si simple qu'il fût là !
    De temps en temps, le genou de Marius touchait le genou de Cosette, et tous deux frémissaient. Par intervalles, Cosette bégayait une parole. Son âme tremblait à ses lèvres comme une goutte de rosée à une fleur.
    Peu à peu ils se parlèrent. L’épanchement succéda au silence qui est la plénitude. La nuit était sereine et splendide au-dessus de leur tête.
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