Par Elisabeth Jacquet

Note moyenne : 2/5 (sur 3 notes)
Philippe Rey 2010
ISBN : 2848761547  
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« Être une héroïne de roman ne m'empêche pas de prendre le métro, au contraire.
Portée par ma vocation, je m’y engouffre avec exaltation.
Différents mondes superposés les uns aux autres ne nous apprennent-ils pas à vivre dans plusieurs dimensions ? »


Établie avec succès dans sa nouvelle activité de traiteur à domicile, Alice Quester cherche toujours des réponses à ses multiples questions : en quoi consiste notre existence ? Comment lui donner l’intensité désirée ?

Son projet :
1. Lire et relire Anna Karénine.
2. Se pencher sur le cas Tolstoï.
3. Suivre de près sa sœur aînée, son frère altermondialiste, son voisin de palier… et aussi cet homme aperçu au volant d’une voiture ou sur les pages people d’un magazine : Neil Larue.
4. Voir si tous ces destins mêlés au sien peuvent former quelque chose de cohérent : un vrai roman de la vie, ou une vraie vie de roman…

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Critiques et avis sur Anna Karénine, c'est moi


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    • Livres 4.00/5
    Par Aelys, 2010-02-21 18:31:01

    bibliothèque

    Ce roman est une véritable curiosité. Jouant sur la déstructuration et les frontières entre réalité et fiction, il est aussi surprenant que captivant. On s’y plonge sans savoir exactement à quoi s’attendre, on le referme un peu perplexe, sans avoir la certitude d’en avoir saisi le sens et la portée. Roman hybride, mêlant à l’histoire qu’il raconte une étude documentée du roman Anna Karénine, cet ouvrage vaut surtout pour la réflexion subtile qu’il propose sur l’écriture, le genre romanesque et la création littéraire…

    … et pour l’invitation à (re) découvrir le roman de Tolstoï !
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    • Livres 0.00/5
    Par LiliGalipette, 2010-02-26 19:04:23

    bibliothèque

    Roman d'Élisabeth Jacquet.



    Alice Quester: 42 ans, célibataire, sans enfant, vie sexuelle décomplexée mais frustrée, traiteur à domicile, une soeur (Dorothée: avocate, mariée à Étienne, trois enfants, un avortement traumatisant), un frère (Loïc: activiste altermondialiste), un voison de palier (Laurent, peintre, marié à Agnès, problèmes de couple), un livre de chevet et de tous les instants: Anna Karénine, lu et relu. Elle vit son quotidien au rythme de sa lecture de l'oeuvre de Tolstoï. Tout est sujet à comparaison, tout est un peu "karéninien": la préparation d'un buffet à thème, sa relation avec sa soeur et son frère, son célibat parfois douloureux, les courses dans un supermarché bio, etc.



    Neil Larue: bel homme, propriétaire et associé d'une entreprise florissante, une femme (Franca: belle, blonde, distante), un fils (Giovanni: blond, quatre ans), un 4x4 de luxe, impliqué dans un mortel accident de la route, en quête de sens.



    Logiquement, ces deux-là devraient se rencontrer.



    Premier agacement dû à la forme: l'auteure est fâchée, brouillée, en guerre contre les virgules. Des phrases de plusieurs lignes enchaînent des idées différentes sans ménager un seul point de repos pour les yeux affolés du lecteur assoiffé, en quête éperdue d'un achoppement que serait une virgule salvatrice.



    Alice se prend pour Anna, se rêve en Anna. Constamment, elle compare son existence et celle de ses proches aux personnages du texte de Tolstoï. Et même à la vie de Tolstoï. Au-delà d'une identification aux figures du livre, il y a transfert d'existence. Ce que Léon Tolstoï a vécu ressemble à ce que vit un-tel ou une-telle de l'entourage d'Alice. Les trois existences en viennent à se confondre: "Anna + Tolstoï + moi = même combat!" (p. 189)



    Les parallèles entre la vie et le roman ou la vie de l'auteur sont construits avec différentes citations: celles de deux éditions d'Anna Karénine, celle de la biographie de Tolstoï par divers auteurs et notamment Henri Troyat - un compatriote -, celles de la correspondance privée de l'auteur et de ses proches, etc. Ici arrive mon deuxième agacement dû à la forme: aucun extrait ne cite clairement sa source, son ouvrage et encore moins la page! Impossible de faire la différence entre les citations tirées de l'édition Folio de 1972 et celles tirées de l'édition Pléiade de 1951. La traduction n'a donc pas grande importance pour l'auteure? Pas davange de précision pour les bribes de biographies ni pour les critiques sur l'oeuvre de l'auteur. Alleluïa, il y a une bibliographie en page 127, lapidaire, somme toute une simple liste.



    Troisième agacement dû la forme: quand l'auteure ne cite pas abusivement des textes qu'elle n'a pas écrit, elle paraphrase éhontément les écrits originaux. On a donc des lignes lapidaires et brouillonnes sur la passion qui unit Anna à son amant. Pour quelqu'un qui n'a pas lu Anna Karénine, cela peut être utile pour suivre les comparaisons qu'Alice effectue, mais pour un lecteur averti, cela reste un massacre en bonne et due forme.



    Néanmoins, je reconnais l'énorme travail de recherche effectué par l'auteure. Il lui a fallu farfouiller dans le roman et dans les écrits critiques. Mais pourquoi ne pas citer les sources? Pourquoi ne pas les citer??? Cela relève probablement d'un parti pris tout à fait raisonné de sa part, mais pourquoi ne le partage-t-elle pas avec ses lecteurs? C'est réellement dommage, car ça donne l'impression d'un texte un peu bâclé. Il est certain que l'adjonction de notes en bas de page ou en fin d'ouvrage est un travail fastidieux, mais cela donne une vraie légitimité au roman, un sérieux indiscutable. En prépa, mes profs m'aurait écharpée si j'avais osé laisser traîner une citation sans référence! (Rectification: ils m'ont écharpée...)



    Je déplore un recours quasi systématique à la critique biographique, ou beuvisme, d'après le travail critique de Sainte-Beuve. Il s'agit de relire toute l'oeuvre d'un auteur à la lueur de sa vie, chaque évènement de l'existence de l'écrivain est jugé déterminant dans ses choix littéraires et productions. Ce n'est pas complètement faux, puisqu'il est évident que Tolstoï s'est inspiré de ses proches pour créer les personnages de son roman et des évènements de sa vie pour alimenter son oeuvre. Mais ça ne fait pas tout! Et il est agaçant de voir le personnage d'Alice chercher par tous les moyens à relier telle ligne du texte à tel évènement réel. L'imagination et la part créatrice font quand même beaucoup et tout ne peut pas s'expliquer. Au fil du texte, cette systématisation critique et littéraire est épuisante, parce qu'on perd le fil de l'histoire.



    La narration aussi fait perdre haleine. Les premières lignes laissent à penser qu'Alice livre un récit en son nom propre, à l'aide d'une classique et rassurante première personne du singulier. Quelques pages et déjà, c'est l'affolement pour la lectrice rationnelle que je suis: mais qui parle? Alice, oui, par moments, c'est certain. Mais il y a une autre voix, une voix qui parle d'Alice à la troisième personne du singulier. Deux narrateurs, pourquoi pas? Mais pourquoi ne pas dévoiler l'identité du second? Serait-ce Léon Tolstoï, revenu des morts, qui livre sur la vie d'Alice le même genre de considérations qu'elle se permet de faire sur la sienne? Ou Anna Karénine, sortie des limbes, qui fait entendre sa voix sur le "roman" d'Alice Quester? Le narrateur donne une indication, mais cela n'aide pas vraiment: "La couverture du livre qui traîne sur le canapé d'Alice Quester n'a rien à voir avec la mienne, d'une édition plus ancienne: elle représente le tableau d'Ivan Kramskoï, le peintre qui fit également le portrait de Tolstoï au moment où celui-ci écrivait son oeuvre, et peignit ensuite ce portrait en s'inspirant dit-on, du personnage d'Anna." (p. 198) Les deux narrateurs lisent donc Anna Karénine dans deux éditions différentes, ce que le lecteur a pu constater avec les citations du texte original d'après deux versions différentes. Bon, et après? On n'en saura pas plus sur l'identité de la deuxième voix narratrice.



    Je suis une lectrice aux yeux fragiles... Je ne supporte pas le changement inutile, surabondant et injustifié de polices d'écriture. Quand une marque apparaît, elle a droit à un traitement de faveur: hop, une autre police! Quelqu'un parle à la radio? Hop, on change de style! C'est fatigant et agaçant quand ça ne justifie pas vraiment un choix littéraire. Le lecteur n'a pas besoin qu'on le prenne par la main et qu'on balise les discours selon leur émetteur. En fait, si, pour ce texte, il en aurait besoin! Impossible d'identifier le second narrateur, mais que d'effets pour signaler qu'Alice écoute la radio ou ouvre un magazine!



    Élisabeth Jacquet enchaîne les poncifs et les banalités sur le roman et la comparaison entre littérature et réalité. Il y a des questionnements rhétoriques que mes profs n'auraient pas reniés et qui auraient fait d'admirables et imbuvables sujets de dissertations. L'auteure croit-elle découvrir les rapports entre roman et vie? Entre personnages et existences? Tout cela n'est que portes ouvertes enfoncées et discussions de comptoir...



    La quatrième de couverture annonce qu'Alice va "suivre de près [...] cet homme aperçu au volant d'une voiture ou sur les pages people d'un magazine: Neil Larue." Mouais... Les deux zigotos ne se rencontrent qu'en page 310, alors que le roman se referme page 325. Vous me direz que le roman continue sans le lecteur, et que la trajectoire des personnages est écrite au-delà des mots. Peut-être. Mais il ne faut pas tant annoncer pour donner si peu. Que la rencontre survienne si tard n'est pas ce qui me déplaît: on a appris à connaître Alice et Neil, leurs désirs, leurs névroses, leurs blessures. Mais la quatrième de couverture nous ment, et toutes les pages qui précèdent la rencontre semblent bien longues.



    Bref, beaucoup de pourquoi et de questions vaines à la fin de cette lecture. J'ai lu à plusieurs reprises le texte de Léon Tolstoï, le superbe Anna Karénine, sans en faire une référence absolue comme Alice Quester, et j'en garde un poignant souvenir que le texte d'Élisabeth Jacquet n'a pas su faire vibrer. Heureusement, il ne l'a pas non plus ébranlé, et il m'a donné envie de relire l'oeuvre originale. Les classiques, parfois, il n'y a que ça de vrai.



    Un grand merci à Sandrine qui a fait voyager ce livre jusqu'à moi. Son billet m'avait mis l'eau à la bouche. Dommage que la lecture ne m'ait pas rassasiée.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/02/21/16913561.html
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    • Livres 1.00/5
    Par calypso, 2010-02-24 11:08:08

    bibliothèque

    Il y a parfois des livres qui trainent un long moment sur ma table de nuit. Celui-ci en fait incontestablement partie. J’ai sélectionné Anna Karénine, c’est moi lors de la dernière opération Masse critique de Babelio et je le regrette un peu car je suis certaine de ne pas avoir apprécié ce roman à sa juste valeur, encore que certaines critiques lues ne sont pas très élogieuses… Je remercie toutefois Guillaume et Babelio, ainsi que les Editions Philippe Rey que je découvre avec ce titre.



    Anna Karénine, c’est moi ou le roman d’une lectrice passionnée qui tente de vivre sa vie comme l’héroïne de son roman favori et de concilier leurs deux univers… Contrairement à la plupart des blogueurs/ses qui ont été amenés à lire ce roman, je n’ai pour ma part jamais lu Anna Karénine. Cela m’a beaucoup gênée : j’ai eu du mal à cibler les personnages, comprendre leur rapport, mais j’avoue avoir eu encore plus de mal avec les personnages qui entourent Alice Quester. Dès les premières pages, le style de l’auteur m’a beaucoup ennuyée si bien que je pense avoir raté quelques éléments essentiels dans la présentation des personnages. Des noms apparaissaient soudain, et je n’avais alors aucune idée de qui il s’agissait… Au-delà de ça, j’ai trouvé le roman assez « décousu » : alternance entre les événements de la vie d’Alice Quester, des extraits de l’œuvre de Tolstoï, des extraits de journaux intimes, des pages internet, et j’en passe ; une narration déconcertante à la 1ère puis à la 3ème personne ; des changements typographiques trop fréquents ; des passages entiers sur le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique… Un roman très rude dont la lecture a sans doute été plus aisée pour ceux qui connaissaient l’œuvre originale. Quant à savoir si ce roman m’a donné envie de découvrir Anna Karénine… eh bien, j’ai envie de lire l’œuvre de Tolstoï depuis un bon moment mais Elisabeth Jacquet ne m’a pas spécialement donné envie de me précipiter dans une librairie, pas plus qu’elle ne m’a donné envie de supprimer ce titre de ma LAL.







    Lien : http://aperto.libro.over-blog.com/article-elisabeth-jacquet-anna-kar..
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    • Livres 4.00/5
    Par Aelys, 2010-02-21 18:24:54

    bibliothèque

    e roman est une véritable curiosité. Jouant sur la déstructuration et les frontières entre réalité et fiction, il est aussi surprenant que captivant. On s’y plonge sans savoir exactement à quoi s’attendre, on le referme un peu perplexe, sans avoir la certitude d’en avoir saisi le sens et la portée. Roman hybride, mêlant à l’histoire qu’il raconte une étude documentée du roman Anna Karénine, cet ouvrage vaut surtout pour la réflexion subtile qu’il propose sur l’écriture, le genre romanesque et la création littéraire…

    … et pour l’invitation à (re) découvrir le roman de Tolstoï !
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    • Livres 0.00/5
    Par keisha, 2010-02-12 12:22:17

    bibliothèque

    Que cache ce titre tolstoïo-flaubertien?



    "Anna nécessite Karénine. C'est dans Karénine qu'elle s'étend, se love, nidifie : Anna Karénine, dotée de ses quatre n qui disent non non deux fois, non et non du refus implicite et têtu de vivre comme il se doit, quatre n glissant les uns à la suite des autres hors des conventions vers leur destin : le noir, l'anéantissement, le non-être du néant."



    Alice Quester, quarante-deux ans, fan absolue d'Anna Karénine, exerce dans les quartiers chics de Paris l'activité de traiteur à domicile. Son frère vit dans une communauté écolo-autarcique, sa soeur est avocate.

    Alice croise le chemin de Neil Larue, juste avant qu'un jeune homme à moto ne heurte le 4x4 de celui-ci, accident qui changera la vie de Neil et de sa famille. Laurent, le voisin d'Alice, a eu la mauvaise idée de vouloir plus de liberté, et sa femme en a profité.



    Curieux roman, facile à lire une fois le lecteur habitué au style, qui nous promène d'un personnage à l'autre, préfère ne pas explorer les pistes secondaires, ne craint pas l'utilisation des coïncidences.

    Et surtout emprunte des passerelles vers le roman de Tolstoï, l'éclaire, le commente, cite des passages du roman et d'écrits de Tolstoï ou de son épouse.



    L'un des bonheurs ressentis à cette lecture fut de retrouver Anna Kérénine et de prolonger ma découverte du roman de Tolstoï. Cela m'intéresserait de connaître l'avis d'un lecteur n'ayant jamais lu Anna karénine. Sera-t-il incité à le faire?

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-anna-karenine-c-..
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