> Sylvie Luneau (Éditeur scientifique)
> Louis Pauwels (Préfacier, etc.)
> Henri Mongault (Traducteur)

ISBN : 207039252X
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 291 notes) Ajouter à mes livres
La quête d'absolu s'accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher -... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par valeriane, le 08 février 2012

    valeriane
    Je ne suis pas une grande habituée des lectures communes, et donc me plonger, en groupe, dans la brique de Tolstoï fût une belle expérience. La promenade a été lancée par Cryssilda. La lecture a débuté le 1er décembre et se clôturait aujourd'hui, 31 janvier 2012. Je n'avais jamais lu de Tolstoï, et comme il n'est jamais trop tard pour s'y mettre, m'y voici!Donc deux bons mois pour avaler cette petite brique. Bonne gestion du temps en ce qui me concerne, j'ai lu la première moitié en décembre et la seconde les deux premières semaines de janvier. J'étais donc dans "les temps". Il me reste donc à écrire cette petite chronique... Allez c'est parti!Folio, Août 2006, 858 pagesLe roman foisonne de personnages, certains évidemment plus présents et plus importants que d'autres. Néanmoins, cela nous donne un beau panel.Tentative de résumation en quelques phrases.Anna Karénine c'est une histoire humaine, une histoire d'amour, une histoire de vies.Publié en 1877, le roman nous plonge tout court dans la société russe de cette époque. Alors qu'elle rend visite à son frère, Stépane, Anna va semer un vent de tempête derrière elle, en tournant la tête (à l'insu de son plein gré -hum hum) d'un jeune homme appelé Vronski, soupirant de la jeune Kitty (belle soeur du Stépane). Cet élément va donner deux axes à l'histoire.Mode parenthèse ON : oui c'est bien StéPane. Oui, il y a déjà beaucoup de monde dans cette phrase. Mode parenthèse OFF.Donc, lors de l'arrivée d'Anna, Kitty attend avec impatience que Vronski lui fasse sa déclaration en mariage. Son avenir semble tout tracé. Mais tout ne se passe pas comme elle le souhaite. Au même moment, Levine, un ami de Stépane, débarque également, pour déclarer son amour à Kitty. Kitty se refuse à Lévine, pour la raison évidente qu'elle préfère Vronski. Lévine repart donc malheureux dans sa campagne.C'est donc de haut que Kitty tombe quand Vronski ne lui fait pas sa demande, et part à la suite d'Anna Karénine. Kitty en tombe "malade".De son côté, Anna, marié à Alexandre Alexandrovitch Karénine, et mère du petit Serge, tente de couper court aux avances de Vronski. Néanmoins, elle va céder assez rapidement à la tentation et commet l'adultère. La situation, déjà un peu tendue avec son mari, ne va guère s'améliorer (pour ne pas dire que ça va être carrément le foutoir).Au bout de quelques semaines, Lévine et Kitty se rencontrent à nouveau...Je me rends compte qu'il est vraiment difficile de résumer cette histoire, tellement elle grouille de rebondissements. J'aurais pu le faire en une ligne, mais ça impliquait de spoiler toute l'histoire. Déjà là, j'en ai déjà raconté pas mal.Mon avis : C'est donc avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis plongée dans ce livre. Tout d'abord, parce que ça fait des lustres que je n'ai pas lu de roman classique. Ensuite, c'est toujours excitant de se plonger dans un telle oeuvre! Evidemment, il a toujours un soupçon de doute qui plane : vais-je arriver au bout? Vais-je aimer? Dans quoi est-ce que je m'embarque? Alors, oui je suis arrivée au bout, oui j'ai aimé et je me suis embarquée dans un monstre!Un monstre qui fait peur, mais qu'on aime tenter d'apprivoiser.Et ce n'est pas toujours de tout repos!Au niveau de l'histoire, j'ai été agréablement surprise par tous les rebondissements qui s'y passent. J'ai été prise dans l'intrigue, même si au début ça a été assez difficile de repérer les personnages. Car ça serait trop facile que ceux-ci aient un nom et un prénom. Non! Ils ont un prénom, un second prénom (parfois un troisième), un nom et même un surnom. Brrr et ce cher Léon prend un malin plaisir de passer de l'un à l'autre sans crier gare.Autant dire que c'est sport!La trame est assez simple et l'intrigue est prenante. Tout au long du bouquin, j'ai vraiment ressenti l'envie de tourner les pages, d'aller toujours plus loin pour en savoir plus.Alors évidemment, les pages se tournent beaucoup moins vite que dans un "simple" roman "contemporain". (Utilisation abusive des guillemets, car qu'est-ce qu'un simple roman? de plus, tous les romans contemporains ne sont pas simples!)Je reprends, cette histoire aurait pu se lire beaucoup plus vite si elle avait été écrite par un M**c L*vy. Mais l'intérêt c'est de se plonger dans une écriture dense, une langue travaillée, intense. (Ah bin voilà, je pense que j'ai réussi à décrire l'opposé de "simple").Quand on lit Tolstoï, on vit la vie de ses personnages. Les sentiments sont exacerbés, sont forts. Les réactions y sont proportionnels. Se plonger dans ce roman, c'est ressentir le trauma et la torture psychologique.Je me suis souvent entendue dire "qu'est-ce qu'ils sont torturés ces russes!" Que ça soit par leurs histoires de coeur, de politique, de champs ou de foi... Ils sont à fond dans leur ressenti.Ici, on ne prend pas les choses à la légère.J'ai vraiment apprécié l'écriture de Tolstoï. Même si ça peut paraître dur à lire, ce n'en est pas moins agréable. Ca demande une certaine concentration, mais procure beaucoup de plaisir.Je me suis même surprise à sourire face à la psychologie, aux réactions ou aux comportements qui semblent tellement loin de ce qu'on connaît aujourd'hui.Néanmoins, j'ai quand même dû faire face à certains passages plutôt fastidieux. En effet, je me suis retrouvée face à des morceaux qui me laissaient sur le bord de la route quand Tolstoï tentait de m'emmener dans les réflexions sur le fonctionnement de la société, la politique, les fonctionnaires.Je me suis un peu lassée des tergiversations de Lévine. Car oui, il tergiverse. Quand il se met à penser à sa condition, il finit par tourner en rond. Enfin, c'est mon point de vue. J'ai apprécié de voir se dresser devant mes yeux un tableau historique. C'était aussi important pour placer le décor de l'intrigue. C'est ce qui fait l'intérêt du roman aussi, de découvrir une certaine époque et ses moeurs.Malheureusement, ça allait parfois un peu loin pour moi.D'ailleurs, pour moi, la fin se termine en quelque sorte avant la dernière partie. Alors que la partie 7 se termine sur un point d'orgue, un moment d'une grande intensité. La partie 8 nous plonge à nouveau dans les pensées de Lévine. (Et là, j'avoue qu'il m'a un peu gonflé. Mais c'est reste gentiment).Pour conclure, ce roman restera un très bon souvenir de lecture pour moi. Il m'a donné envie de me replonger de nouveaux dans ces classiques de la littérature, ou plutôt dans ces romans d'auteurs morts, que je n'ai pas encore lus. C'était également très chouette de participer à une lecture commune et de pouvoir échanger ses impressions au cours de son avancée!Ma note : 3,5 étoiles
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nadael, le 31 janvier 2012

    Nadael
    Anna Karénine, voilà un titre bien trompeur. On présente souvent le livre de Tolstoï comme le roman de l'adultère, en le mettant en parallèle avec Emma Bovary de Flaubert. Bien plus qu'un roman sur l'infidélité d'Anna Karénine, le lecteur voit s'étaler devant lui une véritable fresque dôtée d'un souffle romanesque admirable. Tolstoï décrit la Russie telle qu'elle lui apparaît en cette fin de 19ème siècle, ainsi se mêlent les paysages immenses et rudes des campagnes où le labeur agricole use bon nombre de paysans, et les villes telles que Moscou et Saint-Petersbourg hauts-lieux des mondains où l'apparence et le faste sont de mises.
    L'auteur insiste entre ces deux entités que sont la ville et la campagne, deux mondes distincts...même si au final, tromperies et désillusions se rejoignent. On assiste alors tour à tour à des scènes de chasse et des scènes de bal, à un riche mariage puis à une misérable agonie, à l'existence précaire des gens qui vivent de la terre et celle cliquante des nobles qui vivent dans le luxe de leurs grandes maisons.
    Anna Karénine trompe son mari ; un homme plus âgé qu'elle, haut fonctionnaire, distant, froid, et montrant peu d'intérêt pour leur fils, avec un jeune officier le comte de Vronski. Anna est une femme très séduisante, elle donne l'image de quelqu'un de généreux, d'une mère parfaite, d'une bonne amie. Ce personnage évoluera pourtant psychologiquement au fil de sa liaison ; terriblement jalouse, elle en viendra à négliger ses propres enfants pour ne penser qu'à elle et son amour. Ses tourments guideront ses pas vers la mort, inéluctable.
    Une seconde intrigue se déroule parallèlement à celle d'Anna et Vronski ; celle de Lévine et Kitty. Lévine apparaît au lecteur comme une sorte de double de Tolstoï, homme de la terre, propriétaire d'une exploitation agricole et désireux d'améliorer la vie des paysans, humaniste, humble, cultivé, esthète, fuyant les mondanités... en épousant Kitty des questions existentielles l'assaillent ; il part à la quête du sens de la vie, de la morale et de la religion. Je voulais d'ailleurs évoquer ici un chapitre qui m'a bouleversée ; le seul chapitre affublé d'un titre : La mort. Lévine assiste impuissant à l'agonie de son frère. Ce passage est puissant et d'un réalisme incroyable – en faisant quelques recherches, j'ai appris que l'auteur avait perdu son frère dans des circonstances semblables – Ainsi commencent les interrogations de Lévine sur la vie et la mort.
    Je me rends compte à quel point il est difficile de retranscrire mes impressions de lecture sur ce roman. Ce que je retiendrai en particulier, c'est l'habileté avec laquelle Tolstoï met en parallèle deux intrigues à travers deux mariages distincts : une vie de famille qui tend vers un idéal, une félicité et une liaison condamnable dans une société perverse et cynique. Cependant, malgré l'opposition marquée entre Anna et Lévine ce sont l'un et l'autre des êtres sensibles profondément avides de liberté et de vérité.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-anna-karenine-98026181.h..
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Z3D, le 26 novembre 2011

    Z3D
    Après la découverte de la littérature russe à travers Crime et châtiment de Dostoievski, je me devais de lire du Tolstoï. Etant pacifiste, j'ai fait l'impasse sur Guerre et Paix pour me tourner vers Anna Karénine, la seconde œuvre majeure de Tolstoï. Ce roman considérait, à juste titre je pense, comme féminin voir féministe ne me faisait nullement peur puisque nourris aux grands classiques du cinéma sentimentale par ma grande sœur!
    Dès les premières pages, on sent le talent de l'auteur. J'étais bluffé par le style de l'auteur et surtout la description des personnages. Tolstoï parvient à décrire ses personnages de manière totalement détachée, sans en juger les pensées ou les actions. C'est très fort. Chaque personnage agit selon ses convictions et qu'importe ses motivations, on ne sent aucune envie de l'auteur de rendre un personnage antipathique. Ceci est remarquable notamment pour des actes allant contre la moralité de l'auteur.
    La création des personnages est un atout majeur de la littérature russe (que j'ai lu, en tout cas) et ça tombe bien puisque ce roman est remplit de personnages tous différents, tous très fouillés et très loin des stéréotypes. D'ailleurs, un reproche à ce roman, pourquoi Anna Karénine? C'est certes, l'élément perturbateur du début de roman mais ce n'est pas le personnage central, ni le plus intéressant selon moi. En plus, à mi roman, on sait quasiment ce que sera la vie d'Anna dans la suite du roman. J'ai largement préféré le personnage de Lévine, ses péripéties amoureuses, son questionnement sur la société et le travail. Nous y voyons les prémices d'une idée noble au départ qui est le communisme. Immersion dans la société russe de la fin du 19e serait un titre, certes moins beau mais plus représentatif du roman selon moi.
    J'ai beaucoup aimé ce roman même si j'avais un peu hâte de le finir dans les 200 dernières pages. Ça traine en longueur d'autant que l'égoïsme de Vronski vers la fin m'a littéralement insupporté. J'ai davantage apprécié le personnage principal de Dostoieski pour son coté torturé, ici, il n'y a pas de vrai personnage principal mais la description de la société russe de l'époque qui est d'une justesse incroyable. Si je ne devais retenir qu'une scène, je dirais la déclaration d'amour de Lévine empreint de de pudeur, de respect et d'émotion. Rien que pour cela, la lecture de roman est essentielle et par la même occasion, vous visiterez la Russie bourgeoise de la fin du 19eme!
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par keisha, le 12 février 2010

    keisha
    Avec cette lecture j'ouvre la catégorie Romans russes de ce blog, ce qui prouve à quel point je connais peu cette littérature... En fait Guerre et Paix est une lecture commune pour le 28 juin, si cela vous dit (fin de la séquence pub) et j'ai dit en plaisantant que lire Anna Karénine allait servir d'entraînement. Fort heureusement Anna Karénine a su imposer sa présence et est devenue indispensable elle aussi.
    Le début est célèbre
    "Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon."
    Anna Karénine est une jeune femme qui réside à St Pétersbourg, elle a fait un mariage de raison et est très attachée à son fils de huit ans. Elle se rend à Moscou pour tâcher d'éclaircir une brouille entre son frère et sa belle soeur Dolly. le frère, le prince Stépane Arcadiévitch Oblonski -Stiva pour ses amis (rassurez-vous, je craignais aussi un peu la difficulté de lecture due aux identités russes multiformes, mais cela s'est bien passé), donc ce frère est un bon vivant qui adore un peu trop les femmes et la cuisine française. Sympathique mais pas bien sérieux.
    Anna n'intervient donc qu'à la page 70, à la gare de Moscou, mais quelle apparition!
    "Un court instant ses yeux gris et brillants, que des cils épais faisaient paraître foncé, s'arrêtèrent sur lui avec bienveillance, comme s'ils le reconnaissaient (...). Cette rapide vision suffit à Vronski pour remarquer la vivacité contenue qui voltigeait sur cette physionomie, animant le regard, courbant les lèvres en un sourire à peine perceptible. Regard et sourire décelaient une abondance de force refoulée; l'éclair des yeux avait beau se voiler, le demi-sourire des lèvres n'en trahissait pas moins le feu intérieur."
    C'est "LA" grande scène de la rencontre, le coup de foudre, Anna et Vronski ne résisteront pas à leur passion. Je ne veux surtout pas tout vous raconter de l'évolution de leur couple, y compris le rôle du mari d'Anna (eh oui, il existe toujours, et n'est pas si antipathique!)
    L'autre personnage principal du roman, c'est Levine. Propriétaire terrien, peu attiré par la vie mondaine, il aimerait commander dans un restaurant moscovite chic (la carte est en français) une soupe aux choux et de la kacha... Il essaie de lutter contre l'immobilisme des traditions rurales, sans trop de succès. Une partie de l'histoire se passe donc à la campagne, et donne lieu à des pages superbes, décrivant une journée de fauchage, la chasse, la nature.
    Levine est amoureux de Kitty, soeur de Dolly.
    "De même que le soleil, il n'avait pas besoin de la regarder pour la voir".
    Au début Kitty n'a d'yeux que pour Vronski, mais l'histoire se terminera bien. La façon originale dont Levine demandera Kitty en mariage est exactement celle utilisée par Tolstoï et n'en est que plus émouvante et amusante.
    Etonnamment, Levine et Kitty ne se verront qu'une seule fois, et vers la fin du roman.
    Tolstoï décrit une société qu'il connaissait bien puisqu'il en faisait partie. Noblesse plutôt aisée, francophone (dans de nombreux passages des portions de dialogues se tiennent en français), et voyageant facilement dans le reste de l'Europe.
    Le roman fourmille de discussions où chacun expose ses idées, Tolstoï ne tranche pas souvent et laisse vivre ses personnages. L'art, la politique, la guerre, les paysans, le divorce, et surtout l'évolution morale et spirituelle de Levine. La religion et les cérémonies religieuses ont une assez grande place dans la vie des personnages.
    Enfin, le style est assez classique, jamais pesant, parfois animé. Tolstoi excelle à reproduire des conversations comme prises sur le vif.

    Virginia Woolf admirait beaucoup Tolstoï. Rien d'étonnant. Quand Anna se rend à la gare, quand ses pensées s'offrent à nous, tourbillonnantes, évocant ses sentiments, sa colère envers Vronski, ses doutes, les affiches qu'elle lit au passage de la calèche, ses observations sur les passants, tout cela fait penser au flux de pensées des personnages de ses propres romans.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-anna-karenine-42..
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    • Livres 5.00/5
    Par GiZeus, le 26 octobre 2010

    GiZeus
    Si de nos jours on a du mal à reconnaître les raisons d'un tel succès, c'est qu'on oublie trop aisément qu'un ouvrage s'inscrit avant tout dans son époque. En effet, Anna Karénine est un portrait de la noblesse russe contemporaine de Tolstoï, vers la fin du règne d'Alexandre II, c'est à dire des années 1870. Cette fresque de la haute société passionne les intéressés, elle se sent épiée dans ses moindres détails et jugée. Car Léon n'est pas vraiment tendre avec son époque, bien que l'ouvrage ne soit en aucun cas assimilable à un pamphlet. Si l'on évolue dans les sociétés moscovites et pétersbourgeoises, c'est en compagnie d'aristocrates fictifs mais inspirés de modèles réels, et pour certains proches de l'auteur. Les notes de l'éditeur le confirment, il y a bien des relents autobiographiques dans ce roman. Serge Ivanovitch et Nicolas sont les frères de Tolstoï, et Lévine lui-même est l'incarnation sur papier de l'auteur. Son entourage en atteste, et les anecdotes livrées dans les notes incitent en ce sens également. le personnage d'Anna Karénine même prendrait son origine dans un fait divers, et la rumeur veut que la fille aînée d'Alexandre Pouchkine – le poète qui a donné son envol à la grande littérature russe – ait prêté une partie de son caractère à la femme adultère.

    Effectivement, Tolstoï fait du personnage d'Anna la femme adultère, en proie à tous les tourments. Au départ Anna Karénine est une femme heureuse, épouse fidèle et mère aimante. Mais un événement troublera sa vie. Stepane Arcadiévitch a trompé sa femme, Dolly, et celle-ci a des velléités de divorce, ou du moins d'éloignement. Pour conserver sa femme qu'il aime malgré tout, Stiva comme on le surnomme, fait appel à sa sœur Anna, appréciée de Dolly, pour la convaincre de rester. Durant son séjour dans la ville, Anna y fera la rencontre de Vronski, un jeune militaire en devenir faisant la court à Kitty, la plus jeune sœur de Dolly. Troublée par ce jeune homme fougueux, Anna décide de rentrer chez elle où, croit-elle, se niche son véritable bonheur. Mais de retour à Moscou, elle s'aperçoit que tout n'était que vernis et illusion, qu'elle n'aime pas son mari. Et malgré ses efforts, Anna sombrera dans l'adultère.
    La suite sur mon blog :

    Lien : http://foudre-olympienne.over-blog.com/article-anna-karenine-5962975..
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 31 janvier 2012

    La vie conjugale se révélait très différente de ce qu'il avait rêvé. Semblable à un homme qui, ayant admiré la marche calme et régulière d'un bateau sur un lac, voudrait le diriger lui-même, il sentait la différence qu'il existe entre la simple contemplation et l'action : il ne suffisait pas de rester assis sans faux mouvemements, il fallait encore songer à l'eau sous ses pieds, manoeuvrer sans la moindre distraction le gouvernail, soulever d'une main novice les lourdes rames, toutes choses sans doute fort intéressantes, mais en tout cas fort difficiles.
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  • Par Nadael, le 31 janvier 2012

    Et vraiment il émanait de cette femme un charme irrésistible : séduisante était sa robe en sa simplicité ; séduisants, ses beaux bras chargés de bracelets ; séduisant, son cou ferme entouré de perles ; séduisantes, les boucles mutines de sa chevelure quelque peu en désordre ; séduisants, les gestes de ses mains fines, les mouvements de ses jambes nerveuses ; séduisant, son beau visage animé ; mais il y avait dans cette séduction quelque chose de terrible et de cruel.
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  • Par Nadael, le 31 janvier 2012

    Sans doute il ne pouvait plus estimer cette femme vicieuse, adultère, mais souffrir à cause d'elle, bouleverser sa vie, allons donc ? (…)Il faut qu'elle soit malheureuse ; mais moi qui ne suis pas coupable, je ne dois pas souffrir.
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  • Par Nadael, le 31 janvier 2012

    Oui, il se meurt, il mourra au printemps. Que puis-je faire pour l'aider ? Que puis-je lui dire ? Que sais-je de tout cela ? J'avais oublié qu'il fallait mourir.
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  • Par GiZeus, le 26 octobre 2010

    Stepane Arcadiévitch ne choisissait pas plus ses façons de penser que les formes de ses chapeaux ou de ses redingotes ; il les adoptait parce que c’étaient celles de tout le monde. Comme il vivait dans une société où une certaine activité intellectuelle est considérée comme l’apanage de l’âge mûr, les opinions lui étaient aussi nécessaires que les chapeaux.
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