Un fil rouge constitué par un narrateur dont on ignorera l'identité jusqu'au bout, vague journaliste, toujours perdant, errant dans Berlin, en quête de Sophia, une psychothérapeute, aux mains de son mari. On croise aussi un chauffeur de taxi, ancien garde frontière, à la recherche de Valentina, une jeune ukrainienne. Mais ce qui fait le vrai prix du livre est dans la langue… Jirgl l'a proprement démontée. Il coupe les mots et les relie, reflétant les expressions toutes faites, les significations implicites, la violence d'une fureur interne et d'une perte de sens au niveau individuel et collectif.
L'Allemagne qui n'en finit pas de se défaire : les fantômes du nazisme chez la génération des parents et des enseignants du narrateur, la vie en RDA, la chute du mur et tout ce qui s'en suit : perte de travail, faillites, rachat par des groupes financiers, ceux qui arrivent à se faire leur place dans le nouveau Berlin, ceux qui échouent, ceux de l'ouest qui sont pleins de commisération mais qui engloutissent tout, l'argent partout, la misère humaine aussi.
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