ISBN : 226616645X
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres

Logres. Petite ville grise, inquiétante, étrangement familière. Gilles Saurat, professeur débutant, vient y prendre son premier poste. Le voilà livré au monstre de 1'Education nationale, qui dispense à une générati... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 20 décembre 2007

    Woland
    Que demande-t-on à un romancier ?
    1) De raconter une histoire de façon passionnante. Peu importe s'il pioche pour cela dans sa vie personnelle pourvu que le lecteur ne s'en rende pas compte et que le projet dépasse l'habituelle ambition (très) bornée de la contemplation hypnotique de son seul nombril.
    2) De posséder un style qui mérite ce nom et dont on puisse se souvenir.
    3) Eventuellement, de rendre un hommage, discret ou pas, aux écrivains dont les textes ont nourri le romancier.
    4) et si, en plus, le romancier parvient à "coller" aux questions sociales du moment, alors là, il n'est pas loin de pouvoir prétendre à rejoindre le club des Très Grands.
    Eh ! bien ! Pour moi, la chose ne fait aucun doute : Pierre Jourde et "Festins secrets" remplissent largement les trois premières parts - et même la quatrième - de ce contrat.
    Au départ, un homme - Gilles Saurat, professeur de collège - en route pour un premier poste dans la ville de Logres (tout un programme, ce nom). Il sommeille à demi au fond d'un train sur laquelle la nuit tombe. En face de lui, un petit homme qui, jadis, lui aussi, fut professeur à Logres. Une conversation - ou plutôt un monologue - s'engage. L'ancien professeur est intarissable sur Logres, ses notables, son lycée, sa racaille. Mais à vrai dire, Saurat n'écoute qu'à moitié - quand encore il écoute ...
    ... ...
    (Non, je ne vous raconterai pas tout ce qui se déroule dans ce train qui semble rouler à l'aveugle. Mais un conseil si vous vous décidez à lire ce roman : soyez attentif à TOUT. Wink)
    ... ...
    Le voilà sur le quai, puis hors de la gare, à la recherche de la maison de Mme van Reeth chez qui il a loué une chambre. Mme van Reeth est veuve d'un homme d'affaires qui se doublait d'un collectionneur d'érotiques du XVIIIème. Une aubaine peut-être pour Saurat qui doit préparer sa thèse ...
    Sur l'ensemble, une nuée de voiles opaques, de la pluie, froide, obstinée, des ombres qui vont, qui viennent, qu'on croit déjà connaître et qui, pourtant, à bien les regarder, ne vous disent plus rien, des voix mêmes ...
    Dès le début, quelqu'un d'ailleurs s'adresse à Saurat comme s'il le regardait vivre - ou comme s'il l'avait déjà vu vivre ? ...
    On pense bien sûr à Kafka, à ces villes glauques qui hantent des romans comme "Le Golem" ou "La Cité de l'Indicible Peur" ou encore certains films muets allemands. On pense aussi à "La Foire des Ténèbres" de Bradbury et à tous ces films dont le héros se rend compte trop tard qu'il fait partie d'un mystérieux spectacle. On pense en fait à beaucoup de choses mais le coup de maître de "Festins secrets", c'est d'allier cette richesse romanesque et culturelle à un portrait précis de notre société dans ce que celle-ci a de plus noir.
    Avec un courage que je trouve admirable, dans une langue qui semble toute simple et pourtant très travaillée, sans jamais sombrer dans le jargon pédantesque qui est le propre de tant d'universitaires contemporains, Pierre Jourde aligne un par un les dangers qui guettent le XXIème siècle : la violence banalisée, la violence pratiquée au nom du respect d'une religion rétrograde, la violence excusée par les médias et les "intellectuels" au nom de principes qui datent de l'immédiate après-guerre et qui ne sont plus en phase avec les réalités économiques et sociales de notre pays ; le racisme le plus abject justifié par la politique israélo-palestinienne et absous par la gauche bien-pensante ; la volonté de nier l'être humain, notamment quand il est de sexe féminin ou trop faible pour se défendre - un procédé bien connu des nazis, Jourde a le cran d'établir le parallèle ...
    Il vise, il tire et il fait mouche. C'est du grand art.
    Croyez-moi : lisez "Festins secrets" qui restera dans notre littérature non seulement en raison de ses qualités techniques ou de sa façon d'évoquer les problèmes de société tout en tenant son lecteur en haleine mais aussi parce que, en ce début des années 2000 et depuis déjà trop d'années, les vrais romans se font rares en France et que celui-là en est un - oui, un sacré bon roman ! ;o)
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    • Livres 2.00/5
    Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    jcfvc
    Pierre Jourde écrit très bien, je n'en disconviens pas, mais la peinture qu'il fait des êtres et de la province est vraiment trop glauque pour être crédible. On veut bien croire que la France profonde regorge de notables corrompus, de paysans dégénérés ou mutilés par les machines et les animaux, mais de là à en faire tous des organisateurs de ballets roses et des criminels, y faut pas pousser la mémé dans les orties quand même !
    On comprend aisément, à le lire, qu'il n'a pas aimé sa première nomination comme jeune prof dans une ville de l'est de la France, que la ruralité lui pèse, mais il en remet de telles couches dans la "glauquitude" que l'on a envie de lui dire qu'en en faisant trop, on décrit un pays et une société qui n'existe pas...
    Pierre Jourde n'aime pas grand chose, ni le landernau littéraire parisien, ni la province. Son oeuvre, tant fictionelle que critique, manque parfois d'humanité, d'empathie et de tendresse envers ses personnages, les lieux et les auteurs qu'il pourfend.
    C'est dommage, car il y a vraiment une écriture et un talent

    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par Musikant, le 30 mars 2010

    Les quinquagénaires dominent. Ils ont du enseigner quelques années, il y a longtemps, a l'époque où on pouvait le faire sans trop de risques, niais ce devait encore être trop difficile pour eux. Incapables de professer ou de se consacrer à la recherche fondamentales mais doues pour la bureaucratie, soumis à la hiérarchie et pleins de zèle envers la religion pédagogique, ils n'ont eu de cesse qu'ils se faufilent dans les ISFP lorsque le Système les a crées. Ils ont compris quel langage le Système souhaitait entendre, et ils ont su l'employer. Pour la plupart issus de cette génération qui a érigé la jeunesse en valeur absolue, et pour laquelle tout magistère était un abus de pouvoir. Protégés du monde, enfermes dans leur représentation idyllique de la jeunesse, ils vous obligent, vous que rien ne protège, vous qu'on injurie a écouter leurs généreux discours sur les adolescents et a les reproduire. Au nom de la démocratie et de l'égalité, ils vous contraignent a ne plus rien apprendre aux enfants des pauvres et vous démontrent à quel point vous êtes des réactionnaires barricades dans votre égoïsme de caste si vous prétendez essayer tout de même.
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  • Par Musikant, le 30 mars 2010

    Moi qui vous parle, j'ai vu une matrone méditerranéenne promener la crotte de son nourrisson au milieu d'un cercle d'amis, au moment de l'apéritif, en nous incitant à nous extasier pour encourager le héros. Dans son coin, le héros faisait des mines, prenait la pose, faussement timide, en fait ravi. On sentait que déjà, dans son petit crâne à peine fini, il tirait de la scène deux leçons fondamentales : la première, que tout ce qui sortirait de lui constituerait un cadeau pour l'univers. La seconde, qu'on lui accorderait le droit imprescriptible d'emmerder ses contemporains. Toute la vie des jeunes des quartiers répète cette scène primitive.
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  • Par Musikant, le 30 mars 2010

    Vous appliquez à notre monde des grilles vieilles de trente ans, Saurat. Toujours une époque de retard, les intellectuels. Ce ne sont pas les damnés de la terre qui pendent à Téhéran une jeune fille de seize ans à une grue de chantier parce qu'elle a fait l'amour avec son fiancé. Ce ne sont pas les damnés de la terre qui lapident une gamine de treize ans parce que son frère l'a violée et qu'elle est par conséquent impure.
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  • Par Musikant, le 30 mars 2010

    La vraie vie, alors ? Celle qu'évoquent certains de tes collègues, tu sais , ceux pour qui les confitures de fraises et le sarclage des patates constituent le retour aux valeurs profondes, le contact avec les éléments et avec la nature, le bonheur des saisons, l'harmonie cosmique, tout ça. Avec une goutte d'homéopathie et des tisanes calmantes, on approche de l'idéal, non ?
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  • Par Musikant, le 30 mars 2010

    Ces documents sont rédigés en une langue particulière, celle des ISFP, dont le lexique et les idiotismes n'ont qu'un rapport lointain avec le français courant. II faut une fréquentation assidue des ISFP pour commencer à les comprendre. Elle reste hermétique aux stagiaires un peu trop verts, comme toi. Mais ceux-ci demeurent pénètres de respect devant l'idiome sacre de l'ISFP. Les cours sont également donnes en langage liturgique. Tu n'écoutes rien de ce qui s'y dit, tant est profond I'ennui qui s'en dégage. Tu consacres ces heures interminables de la cérémonie pédagogique à observer les officiants. Tu apprends vite a les connaître. Pour la plupart, on devine aisément qu'ils se sont tournes vers le sacerdoce de l'ISFP par incapacité à faire autre chose.
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Vidéo de Pierre Jourde

Pierre Jourde - La présence .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris qui s'est déroulé du 18 au 21 mars 2011, Pierre Jourde vous présente son ouvrage "La présence" aux éditions Les Allusifs.http://www.mollat.com/livres/pierre-jourde-presence-9782923682198.html








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