> Elisabeth Suetsugu (Traducteur)

ISBN : 2877307654
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c'est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu'au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 18 janvier 2012

    Kittiwake
    Au Japon. A une époque indéterminée, contemporaine.
    Une jeune femme, Tsukiko, est abordée dans un bar par son ancien prof de japonais, qui l'a immédiatement reconnue,bien qu'elle n'était pas une élève particulièrement assidue et brillante. c'est le début d'une relation ambiguë, faite de rencontres répétées bien que fortuites car non planifiées, assorties de consommation immodérée de saké. Les échanges peuvent sembler superficiels, les liens se renforcent cependant autour de partages : spectacle des cerisiers en fleurs, poussins achetés au marché, nombreux repas , cueillette de champignons, excursion sur une île ou repose la femme du «maitre» comme le nomme Tsukiko. Les retrouvailles avec un ancien camarade de classe , qui auraient pu anéantir leur alliance, renforcent au contraire leur complicité. Quelle peut être l'issue d'une telle alliance...
    Le miracle de ce roman tient dans la magie de l'écriture qui fait de ce qui aurait pu être un récit sordide (un vieillard s'entiche d'une jeune femme qui pourrait être au moins son père et ils passent ensemble de longs moments à boire du saké jusqu'à l'ivresse! ) une jolie fable des temps modernes, pleine de douceur et de délicatesse, à l'image de cette pluie de pétales de cerisiers, féerie qui rassemble de nombreux spectateurs au début du printemps. le récit est parsemé d'haiku (prof de japonais oblige).
    C'est presqu'un huis clos, centré sur ce couple atypique: peu de personnages gravitent autour d'eux, hormis le patron du bar où ils se voient la plupart du temps. On sait également peu de choses sur la vie passée de Tsukiko et à peine plus sur celle du «maitre» (juste qu'il a été marié, et c'est par bribes qu'il apprendra à Tsukiko l'histoire de son mariage).
    La simplicité du propos est assortie d'une écriture poétique, d'une grande légéreté, et extrêmement attachante. Peu importe l'issue, on apprécie phrase après phrase l'intensité des émotions ressenties, bercé par la musicalité de la plume. Tsukiko parle tantôt au passé tantôt au présent, ce qui contribue à détacher l'histoire d'un contexte temporel.


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/01/les-annees-douces.html
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par centrino, le 29 mai 2011

    centrino
    Décidément la littérature japonaise ne cessera jamais de m'étonner... dans le bon sens du terme !
    Ce petit travail d'orfèvre - qui ne paie pas de mine de prime abord - nous décrit la rencontre un peu par hasard (encore une oeuvre du destin à coup sûr) entre une jeune femme appréciant sa vie de célibataire et son ancien professeur de japonais, ainsi que la relation qui va naître et se développer entre ces deux êtres solitaires qui vont redécouvrir les petits bonheurs partagés à deux.
    Banale histoire déjà écrite moultes fois me direz-vous. Et vous aurez mille fois raison ! Je peux par ailleurs également comprendre les lecteurs qui n'ont pas été sensibles à la relative 'fadeur' du récit où il ne se passe rien, ou si peu... Mais c'est justement cette apparente banalité de l'histoire que l'auteur se plait à mettre en relief par ces petits détails auxquels la plupart d'entre nous ne prêtons même plus attention; un peu à l'image d'une peintre peaufinant sa toile avec des petits coups de pinceaux discrets ça et là donnant son cachet final à son oeuvre.
    Chez Hiromi Kawakami, les évocations véhiculent plus d'émotion que les mots prononcés et les décors participent autant à l'ambiance de la scène que les personnages.
    Une très bonne découverte pour moi donc, par laquelle je vous conseille ardemment de vous laisser tenter, à lire tant en hiver enmitouflé sous un gros plaid ou à l'ombre d'un cerisier en fleurs durant la saison ... douce ;-).

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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 13 juin 2010

    Ikebukuro

    J'avoue qu'au début de ma lecture, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire, j'avais l'impression de faire une sorte de voyage immobile au milieu de petits moments sucrés, voire sirupeux... Et tout d'un coup la magie s'est installée, insidieusement, sans que je réalise à quel moment le changement avait eu lieu, de façon délicate et légère. Je me suis mise à attendre avec impatience tous ces petits instants empreints de simplicité et d'émotion contenue. L'histoire en elle-même est plutôt simple, une rencontre entre deux solitudes et une relation qui va peu à peu s'installer dans les silences, se nourrissant simplement de la présence de l'autre: deux vies côte à côte... mais le charme opère. J'ai terminé ce livre à regret, je n'avais pas envie de quitter cet univers plein de poésie, d'attentes, de petits bonheurs, de douceur fragile... Un livre qui fait du bien, plein d'émotions et de grâce.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par erellwen, le 30 juin 2010

    erellwen
    J'ai complètement fondu à la lecture de ce superbe roman. Il y est question de la rencontre fort improbable, dans un bar à saké, de deux êtres à l'allure si différente. Elle, c'est une femme japonaise atypique, qui à quarante ans travaille encore sans avoir jamais goûté au mariage. Elle redoute tant de se retrouver enchaînée qu'il lui est arrivé maintes fois de saborder une relation qui commençait à compter pour elle.
    Lui semble un homme d'une autre époque: de trente ans son aîné, il est passionné de littérature, qu'il a enseignée, et fait preuve d'un sens prononcé du raffinement, tant par sa sensibilité que par sa gestuelle.
    Pourtant le passé les relie: il a été son professeur de japonais, au lycée.
    Les rencontres "de hasard" se succèdent, dans le bar a saké, leur permettant de célébrer ensemble leur goût pour les plaisirs de bouche, et de se découvrir diverses affinités.
    Délicatement, telle une rivière timide, se noue entre eux une complicité croissante, au fil des bonheurs partagés. Elle évolue si insensiblement que l'on se sent un instant surpris (avant de se laisser emporter) de découvrir l'intensité de la passion amoureuse qui finit par éclater entre ces deux êtres.
    Superbe!
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MoodIndigo, le 18 juin 2011

    MoodIndigo
    Voici un livre étonnant,
    un livre qui ne ressemble à aucun autre,
    un livre d'une délicatesse à couper le souffle,
    d'une poésie sensuelle, d'une gourmandise débordante.
    Un livre qui laisse le même effet
    qu'un galet chaud qu'on tient dans la main...
    Le destin de Tsukiko ressemble parait-il à celui
    de beaucoup de Japonaises célibataires.
    La solitude dans la ville, la carafe de saké,
    la bière fraîche, le thé vert.
    Et puis, un soir, elle croise dans un café
    son ancien professeur de japonais,
    veuf depuis de longues années.
    Ils ont une amie commune...
    Elle et lui s'apprivoisent dans le silence.
    Passent des soirées côte à côte sans se parler.
    Le récit est une succession de petits tableaux,
    comme une marelle.
    Ces histoires sont tellement simples
    qu'il est difficile de dire pourquoi on ne peut les quitter.
    Ce livre ressemble à une parenthèse qui s'ouvre,
    nous prend, nous berce puis... forcément, se referme.
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] - Tsukiko-san, comprenez-vous la signification de l'expression tashô no en ?
    - C'est-à-dire qu'il y a un lien, enfin, un petit lien, c'est ça ? ai-je répondu après avoir réfléchi un instant. Les sourcils froncés, le maître a secoué la tête.
    - Mais non, il ne s'agit pas de tashô dans le sens de un peu, c'est l'expression qui veut dire plusieurs vies, vivre en se réincarnant, voyons !
    Le lien que j'évoquais à l'instant, ce tashô no en, c'est celui qui unit des êtres dans une vie antérieure.
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] Si c'était un grand amour, il était primordial d'en prendre soin, comme d'une plante à qui on donne de l'engrais ou qu'on protège de la neige. S'il s'agissait d'une autre espèce d'amour, inutile de s'inquiéter, il suffisait de le négliger en attendant qu'il se dessèche.
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  • Par Stouph, le 14 mars 2011

    Voilà, la nuit est tombée, et l'instant d'après, un sentiment de désolation s'empare de vous et vous enveloppe d'une solitude pesante et lancinante.
    Donc, je suis sortie. Dans la rue, j'ai eu envie de m'assurer que je n'étais pas la seule à vivre, qu'il n'y avait pas que moi qui éprouvais la tristesse de vivre. Mais à simplement regarder les gens qui passaient, comment aurais-je pu vérifier ce genre de choses ? Plus mon désir devenait violent, moins je me sentais sûre de rien.
    C'est dans cet état que je suis tombée sur le maître.
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] Concombres fraîchement cueillis, frappés légèrement au couteau, servis avec de la chair de prune confite au sel. Aubergine fraîches émincées et passées à la poêle, nappées de sauce soja parfumée au gingembre. Feuilles de chou macérées dans du miso.
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  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] Kojima boit tout doucement, à petites gorgées, son bourbon coupé de soda. J'ai pris moi aussi une gorgée du liquide qui se trouve devant moi. C'est un martini, irréprochable lui aussi.
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"Japanese litterature after Fukushima", Toronto, 2011 - intervention de Hiromi Kawakami








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