Par Haruki Murakami , Corinne Atlan

Note moyenne : 4.26/5 (sur 117 notes)
10 2007
ISBN : 226404473X  
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Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

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Critiques et avis sur Kafka sur le rivage


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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, 2009-09-07 00:53:28

    bibliothèque

    Murakami nous entraîne avec « Kafka sur le rivage » au coeur d’un récit aux mille facettes. La lecture de ce roman nous fait pénétrer avec jubilation dans la réalité la plus brutale du japon d’aujourd’hui et dans une irréalité menaçante d’un passé proche. Le roman se déploie en effet dans un univers autant réaliste (les lieux existent) qu'irréel (ici, il peut pleuvoir des maquereaux ou des sangsues, les chats peuvent parler, la forêt peut cacher un monde enfoui).

    Murakami est cependant toujours profondément moderne et universel. Il sait mêler avec brio un monde à la fois très japonais (esthétique des paysages et du récit) et très occidental (nombreuses références à la littérature européenne). Il dit la difficulté d’exister dans la société d’aujourd’hui. « Tout est dans la quête, dit-il. En écrivant des histoires, je cherche mon âme profonde sous la surface ».

    Le roman est extrêmement riche. Il raconte la fugue de Kafka Tamura, jeune adolescent. Sa mère et sa sœur sont parties lorsqu’il était enfant et il fuit un père qui semble totalement l’ignorer. C’est un célèbre et étrange sculpteur qui mange les cœurs et collectionne les têtes coupées des chats dans l’espoir de prendre possession des âmes. Sans attache, Kafka quitte donc Tokyo pour Takamatsu où il trouve refuge dans une très belle bibliothèque privée. L’employé, Oshima, sensible, intelligent et hors normes, le prend sous son aile. La directrice, belle et mystérieuse, est douloureusement hantée par des souvenirs auxquels Kafka est étrangement mêlé …

    Parallèlement, nous suivont Nakata . Après avoir tué quelqu'un, cet homme âgé et analphabète se rend également à Takamatsu. Il a le pouvoir de parler aux chats de Tokyo. C'est un don qui lui est advenu ainsi que sa faiblesse d'esprit, après une perte de connaissance prolongée et inexpliquée. Cela s’est passé durant la Seconde Guerre mondiale alors qu’il était encore enfant. Quelque chose désormais l’habite et le fait sans conscience et sans mémoire. Entre Kafka et Nakata, entre l’enfant perdu et le mage malgré lui, entre le passé et le présent des fils invisibles se nouent peu à peu. Chez Murakami, les mondes parallèles communiquent par le biais des rêves, comme si le songe était un moyen de transport des consciences.

    Les quarante-neuf chapitres du sixième livre traduit d'Haruki Murakami tournent autour des thèmes de la mémoire, de la conscience, des liens entre générations, de la responsabilité. « Je [Kafka] prend un livre sur le procès de Karl Adolf Eichmann » : on pense au « Eichmann à Jérusalem » de Arendt ; on pense surtout à l’indispensable « Par-delà le crime et le châtiment », essai de Jean Améry pour surmonter l’insurmontable; surmonter l’insurmontable, c’est ce que tentent de faire les personnages du roman, pris qu’ils sont dans les filets du passé, le leur, celui de leurs proches, celui du Japon de la dernière guerre. « Oshima a laissé une note au crayon. Tout est question d’imagination. La responsabilité commence avec le pouvoir de l’imagination ». Murakami, en nous surprenant sans cesse, stimule la notre …

    C’est un livre magnifique, complexe, plein de rêve, une leçon de vie. Il faudrait parler également des belles pages consacrées à la lecture, au corps, à l’amour, à l’amitié, à la musique … À lire et à relire.

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    • Livres 4.00/5
    Par BlueGrey, 2009-08-27 10:57:44

    bibliothèque

    "Kafka sur le rivage" : le titre, énigmatique, nous charme avant même d'avoir ouvert le livre... On ouvre donc ce roman déjà rêveur et prêt à se laisser séduire... et, irrémédiablement, on est séduit, fasciné, envoûté, totalement captivé par ce récit pourtant débordant de défauts !



    "Kafka sur le rivage" est la quête initiatique extravagante et jubilatoire de Tamura, un jeune garçon qui se fait appeler Kafka (là s'arrête toute allusion au maître), et qui s'est inventé un autre lui-même, « le garçon nommé corbeau » (Kafka signifie corbeau en tchèque). Kafka-Tamura fugue le jour de ses 15 ans pour échapper à son artiste et tyran de père qui lui a prophétisé qu'il serait parricide et incestueux. Il échoue finalement dans une merveilleuse bibliothèque tenue par une très attirante mademoiselle Saeki au regard triste et par un androgyne éclairé qui va devenir son mentor.



    Pendant ce temps le vieux Nakata, un simple d'esprit qui a de la peine à communiquer avec les humains mais qui sait parler aux chats (les conversations félines sont superbes, embellies de formulations joliment désuètes) et sait déchiffrer les mystérieux présages du monde surnaturel, prend la route, lui aussi, sous l'effet de quelque force obscure. Il rencontre un jeune chauffeur routier sympathique et inculte qui, auprès du simplet Nakata, va s'ouvrir au monde, se mettre à douter, à penser...



    Entre Tamura et Nakata, des fils invisibles se nouent peu à peu, faisant inexorablement converger leurs destins dans les détours d'un scénario de plus en plus hypnotique...



    Malheureusement le récit perd de son efficience sous l'accumulation de clichés : la naïveté du jeune héros pétri d'illusions sur la Vie et l'Amour, l'idiot du village qui ignore les règles de la vie "normale" mais détient une perception supérieure, le routier hâbleur au grand cœur qui s'adoucit par la découverte de la musique classique, la prostituée philosophe... Rien ne nous est épargné ! Ajoutons à cela quelques lieux communs poético-philosophico-psychanalytique, des références littéraires qui rôdent sans but, et quelques longueurs...



    Toutefois, c'est le brouillage entre la réalité brute et une irréalité fantasmagorique quelque peu inquiétante, additionné d'une propension à la bizarrerie fantastique, qui définit l'univers si singulier de Murakami. Un univers sans limites, aux confins de tous les possibles. Ouvrir un de ses livres, c'est traverser le miroir : il faut accepter de plonger dans une réalité alternative, empreinte de surréalisme, où le temps se condense, où passé et présent se rencontrent, où les simples d'esprits parlent le langage des chats, où il pleut des poissons, où des soldats perdus montent la garde auprès de « la pierre de l'entrée », et où l'Amour défie toute logique spatio-temporelle. Lire Murakami, c'est aller vers l'inconnu, franchir des frontières et des passerelles entre rêve et réalité, entre étrange et rationnel. Si vous acceptez la règle du jeu, vous ne pouvez qu'être totalement subjugué par ce récit onirique, romantique, extravagant, merveilleux et jubilatoire !



    Et on finit le livre en se disant, tout comme son narrateur : « J'ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l'auteur avait voulu dire exactement. Mais c'est justement ce "je ne sais pas ce que l'auteur a voulu dire exactement" qui m'a laissé la plus forte impression. »

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/05/29/ka..
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    • Livres 5.00/5
    Par wakinasimba, 2009-08-20 09:24:53

    bibliothèque

    Kafka Tamura, quinze ans, s'enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui : "Tu tueras ton père et tu coucheras avec ta mère et ta soeur". Kafka décide de partir pour le Shikoku, plus exactement à la bibliothèque Komura de la ville de Takamatsu. Il se lie d'amitié avec le bibliothécaire et finie par s'installer dans une pièce de la maison Komura.



    De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, découvrant qu'il ne sait plus parler aux chats, décide lui aussi de prendre la route. Un jeune routier le prend en cour de route et fait tout le trajet avec lui jusqu'au Shikoku. Mais Nakata ne sait pas ce qu'il cherche...



    Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel.



    Mon avis :



    un roman ? un conte ? un mythe ? Un peu de ces trois formes narratives s'entremèlent dans ce long récit qui mèle rêve et réalité.



    Un hymne aux bibliothèque et au rêve.



    Vous l'aurez compris : un coup de coeur !





    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2009/07/27/14481232.html#comm..
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, 2008-05-30 13:56:11

    bibliothèque

    Enchanteur.



    L'auteur revisite le mythe d'Oedipe qui inspire ici une étrange prophétie.



    C'est en effet cette prédiction qu'inflige le célèbre sculpteur (à ses heures perdues tueur de chats dont il vole les âmes afin d'en faire une flute) à son fils Kafka Tamura, agé de 15 ans, de la même façon qu'il graverait un bloc de pierre. L'obsession du jeune homme sera desormais d'échapper à la sentence.

    L'adolescent, qui cherche à mieux s'armer pour combattre le monde, prend la route vers le Sud avec son sac a dos et un peu d'argent liquide, et atterrit, après quelques rencontres et péripéties, dans une mystérieuse bibliothèque ou travaille un bibliothécaire transsexuel. Ici la responsabilité commence dans les rêves.



    Parrallèlement on peut suivre l'histoire du vieux Nakata, simple d'esprit, capable de parler aux chats, qui se joint à un jeune routier pour une mission encore indéterminée vers le sud. Des poissons et des sangsues tombent du ciel le long de son parcours.



    ...



    http://lelabo.blogspot.com/2006/03/murakami-kafka-sur-le-rivage.html
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    • Livres 0.00/5
    Par ennapapillon, 2010-03-19 17:52:02

    bibliothèque

    Deux histoires racontées en alternance. Si au début elles semblent n'avoir aucun point commun, on s'aperçoit assez vite qu'elles convergent et finissent par être étroitement liées.



    On suit Kafka Tamura un jeune de 15 ans qui fait une fugue pour fuir son père et une prophétie qu'il a fait sur lui, quittant Tokyo pour une ville où il n'a jamais mis les pieds. Là-bas, il rencontre des gens qui l'aident à se stabiliser, à se sentir partie d'une famille.



    D'autre part, on suit aussi Nataka, un vieil homme un peu simple qui a perdu ses facultés dans un mystérieux coma quand il était enfant. Il peut parler aux chats et prédire des pluies de poissons. Il est irrésistiblement poussé dans un voyage lointain alors qu'il n'avait jusqu'alors jamais quitté son quartier. En route, il rencontre un jeune homme, Hoshino, qui l'aide, charmé par la simplicité de Nakata. Lui aussi sortira grandi de cette expérience.



    [...]

    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2010/03/05/16992577.html
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Citations et extraits de Kafka sur le rivage


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  • Par clarinette, 2009-06-17 10:00:54

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    Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi ? parce que la tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d'autre. elle vient de l'intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d'empêcher le sable d'y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de lune, pas de repère dans l'espace ; par moments, même, le temps n'existe plus. Il n'y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.
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  • Par Neigeline, 2009-03-01 15:10:45

    bibliothèque

    Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque.
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  • Par Neigeline, 2009-03-01 15:03:43

    bibliothèque

    Celui qui aime cherche la partie manquante de lui-même. Aussi, quand on pense à l'être dont on est amoureux, on est toujours triste. C'est comme si on entrait à nouveau dans une chambre pleine de nostalgie qu'on a quittée il y a longtemps.
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  • Par bibliophage, 2009-06-26 22:52:14

    bibliothèque

    A l'origine, la forme du labyrinthe s'est inspirée de celle des boyaux. Autrement dit, le principe du labyrinthe existe à l'intérieur de toi. Et il correspond à un labyrinthe extérieur à toi.
    -C'est une métaphore ?
    -Exactement. Une métaphore à double sens. Ce qui extérieur à toi, c'est la projection de ce qui est intérieur, et l'intérieur est la projection de l'extérieur. Souvent, quand tu mets les pieds dans un labyrinthe extérieur, c'est que tu entres aussi dans un labyrinthe intérieur. Dans la plupart des cas, c'est très dangereux.
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  • Par bibliophage, 2009-06-26 22:46:58

    bibliothèque

    Tout en ce monde est constamment en mouvement. La Terre, le temps, les idées, l'amour, la vie, la foi, la justice, le mal. Tout est fluide, tout est transitoire. Rien ne reste éternellement au même endroit, sous la même forme. L'univers lui-même est une sorte d'énorme service postal.
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