> Elisabeth Suetsugu (Traducteur)

ISBN : 2809701067
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2009)


Note moyenne : 3.2/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Une femme, sa fille, son amant... et le fantôme de son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évaporé dans la nature. Le seul indice de l'endroit où il pourrait se trouver est le mot 'Manazuru' écrit sur l'agenda qu'il a laissé. Ce qui amène sa femme à se r... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par EMOTION, le 28 avril 2012

    EMOTION
    Un roman tout en douceur et assez dérangeant par ailleurs. Hiromi Kawakami jongle à nouveau sur la frontière floue entre réalité et fantastique. Manazuru est une station thermale où se rend régulièrement Kei, une jeune femme dont le mari a disparu soudainement. Cette station semble la rattacher à son mari. Kei vit constamment avec des ombres qui l'accompagnent, surtout une femme qui prétend pouvoir la conduire auprès de son mari. Est il mort? A t'il fui quelque chose? Un mystère attendri nous accompagne au fil de ces pages où l'auteure est attentive à la mélodie de la phrase et à la puissance précise des mots. Réfléxion sur la maternité également, sur la solitude et l'espérance. Réflexion sur l'au delà et ses questions. Quelles sont donc ces formes qui s'accrochent ainsi à Kei? Est ce le fruit de son imagination, un besoin de se découvrir en ce monde? Pourqoi certains êtres si proches deviennent soudainement des inconnus. Vous l'avez compris, ce roman est un roman du questionnement, de la déstabilisation. un vrai plaisir.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 18 août 2010

    kathel
    Kei est une femme encore jeune, qui vit avec sa mère et Momo, sa fille de seize ans. Depuis dix ans que son mari Rei a disparu, du jour au lendemain, sans donner aucune nouvelle, elle n'arrive pas à reconstruire vraiment quelque chose de sa vie, elle reste en attente, en cherchant à s'expliquer les raisons de cet abandon. Plusieurs fois, seule, avec sa fille ou avec son amant, elle va se rendre dans la station balnéaire de Manazuru, qu'une intuition confuse lui désigne comme étant rattachée au départ de son mari. A chaque fois qu'elle retrouve le bord de mer, d'étranges sensations la poursuivent, des souvenirs lui reviennent aussi, qui pourraient peut-être éclairer les raisons de la disparition de Rei.
    Comme dans le précédent roman d'Hiromi Kawakami, La brocante Nakano, je me suis glissée confortablement entre les pages, grâce aux courtes scènes de la vie quotidienne, entrecoupées de souvenirs, de réflexions sur la famille et les générations, d'observations de la vie urbaine à Tokyo. J'ai aimé le décalage avec notre façon occidentale de penser, les petits détails très japonais : envoyer un colis de champignons secs en cadeau, se promener dans la campagne vêtu du peignoir d'un hôtel. J'ai apprécié aussi la plus grande maturité des personnages, qui d'un peu inconsistants dans La brocante Nakano, sont devenus plus profonds ici, notamment la narratrice, mère de famille qui, sans avoir eu une vie très difficile, a du faire face à une situation pour le moins déstabilisante. L'auteur réussit particulièrement bien à faire sentir des impressions de rêves éveillés, le sentiment qu'un lieu, un objet cherchent à faire passer un message. Ces passages oniriques, à la frontière du fantastique, sont beaux mais parfois un peu longs, c'est le seul reproche que je ferai à ce roman.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-hiromi-kawakami-manazuru..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Cerisyi, le 03 octobre 2011

    Cerisyi
    Quel roman captivant ! A l'intérieur de celui-ci on y découvre l'histoire de Kei, cette femme qui douze ans plus tôt a dû endurer la mystérieuse disparition de son mari et qui encore aujourd'hui cherche des explications concernant son absence. Pour cela elle se rend à Manazuru où elle partage ses souvenirs et ses impressions auprès d'une étrange ombre. Entre ses désirs et ses craintes, la relation compliquée qu'elle entretient avec son amant depuis dix ans et dont elle craint un second abandon et celle de son mari, inexistante, mais qui ne cesse de la poursuivre, on se laisse facilement bercer par les évenements.
    A certain passages on sent quelques longueurs mais rien qui n'entache réellement au contenu attrayant du livre.
    Dans l'ensemble je retiens avant tout l'humanité des personnages en particulier celle de l'heroïne Kei, tellement "vrai" et la narration si poétique de Kawakami et je regrette que certaines questions restent sans réponse abandonnant le lecteur à la suggestion. Dans certaines circonstances ce n'est pas déplaisant, pour Manazuru en l'occurrence cela est quelque peu déplaisant.
    Malgré ces quelques points obscurs, Manazuru est un ouvrage agréable à lire que je conseille vivement.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 14 mars 2012
    Depuis Les Années douces, Hiromi Kawakami tisse une œuvre en demi-teinte, des livres murmurés où la description du quotidien en dit plus que la réflexion psychologique.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 18 août 2010

    Tandis que je marchais, j’ai senti que je n’étais pas seule.
    La distance était trop grande, je ne pouvais pas savoir si c’était un homme ou une femme qui se trouvait derrière moi. Sans me poser davantage de questions, j’ai continué à avancer.
    J’avais quitté dans la matinée l’auberge près de l’estuaire, et je me dirigeais vers la pointe du cap. J’avais passé la nuit dans un petit hôtel du bourg tenu par un couple dont l’âge laissait supposer que c’était la mère et le fils.
    A mon arrivée de Tokyo après deux heures de train, il était neuf heures du soir et la façade était obscure. En fait de façade, le nom de l’auberge n’y figurait même pas, il y avait simplement un petit portillon de fer que rien ne différenciait d’une habitation ordinaire, avec deux ou trois pins de petite taille aux branches torsadées et une vieille plaque accrochée discrètement sur laquelle on découvrait le caractère «Sunna », « Sable » écrit au pinceau.
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par EMOTION, le 30 avril 2012

    Allongé sur le lit, mon père était aussi épais qu'une planche à pain. Nous lui avons ôté sa chemise qu'on lui avait fait mettre en réanimation pour le vêtir du pyjama auquel il était habitué. Aidées de l'infirmière, ma mère et moi l'avons changé avec des gestes précautionneux. Mon père avait repris conscience mais gardait les yeux hérmétiquement clos. De la bouche, du nez dépassaient des tubes. Au bout de quelque temps, il a pu quitter l'hôpital. L' année suivante, il a de nouveau été hospitalisé, mais cette fois, il n'est pas revenu.
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par erellwen, le 08 janvier 2012

    Je ne désirais pas mon mari. Momo me remplissait de chaleur. Pendant que je lui donnais le sein, je ne ressentais pas le moindre désir d'un homme. En un sens, mon mari ne comptait pas. Ca ne m'empêchait pas de l'aimer dans ma tête. La nuit quand il m'approchait, mon corps ne l'accueillait qu'en surface. Je croyais que le corps et l'esprit étaient distincts, mais en réalité j'étais seulement un corps. Et ma tête faisait partie de mon corps.
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  • Par erellwen, le 05 février 2012

    Qu'en est-il alors de mon mari? Ce mari qui a disparu, dont je ne connais plus l'apparence, cette coupure soudaine et brutale. Mon mari n'est pas "quelqu'un qui n'est plus", il est celui qui n'est "pas encore là".
    Celui qui n'est pas encore là. Qui apparaîtra peut-être un jour. Seul ce qui existe maintenant peut disparaître dans le passé. Indélébile pour toujours. Absent, et pourtant qui ne disparaîtra jamais, présent à jamais.
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  • Par erellwen, le 22 janvier 2012

    Le refus de toute intrusion. J'ai conservé cette attitude depuis que Momo est tout bébé. A cette époque d'ailleurs, que je l'admette ou non, rien ne pouvait s'immiscer entre elle et moi. Elle m'était proche de nuit comme de jour. Ce n'était nullement un plaisir. C'était épuisant. Dans une complète immobilité, je vivais repliée sur moi-même, comme un fauve sur la défensive. J'allaitais, je faisais la cuisine, le ménage et la lessive, mon corps s'affairait du matin au soir sans un seul regard pour le monde extérieur. Comme on a le cou rentré dans les épaules, j'avais le regard recroquevillé.
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"Japanese litterature after Fukushima", Toronto, 2011 - intervention de Hiromi Kawakami








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