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> Michel Deutsch (Autre)

ISBN : 2253016071
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4.3/5 (sur 142 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans une maison de santé, une redoutable infirmière, "La Chef", terrorise ses pensionnaires et fait régner, grâce à un arsenal de "traitements de choc", un ordre de fer, réduisant ses pensionnaires à une existence quasi-végétative.
Surgit alors McMurphy, un colos... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Walden-88, le 12 décembre 2012

    Walden-88
    Un asile, quelque part en Oregon, on y compte de nombreux fracassés, des allumés du ciboulot, des dingues quoi ! Ils sont répartis en plusieurs catégories les Légumes, les Chroniques, les Aigus et enfin les Agités. Miss Ratched, l'infirmière en chef, fait régner l'ordre et la discipline dans son service, n'hésitant pas à recourir aux psychotropes, à des électrochocs pour calmer les plus agités, parfois même une petite lobotomie s'impose...
    Jusque là rien de bien original me direz-vous, mais c'était sans compter avec l'apparition de Mc Murphy. Cet énergumène d'Irlandais, ce pilier de tripot, ce joueur de cartes, ce bagarreur invétéré en impose (et pas seulement par la taille). S'il s'est fait interner chez les maboules, quittant ainsi la ferme pénitentiaire, c'est pour se la couler douce et ne compte pas se laisser mener à la baguette par la Ratched.
    Mc Murphy compte bien dynamiter le Système de l'intérieur et n'aura de cesse de contrecarrer les plans de La Chef. Un sentiment de révolte apparait alors chez certains de ses camarades qui prennent conscience de leurs conditions de vie.
    Et à tous ceux qui disent avoir la flemme de lire ce livre car ils ont vu le film de Milos Forman avec Jack Nicholson, le livre est bien meilleur, comme souvent. le personnage de Bromden alias Grand Chef (est un indien qui se fait passer pour sourd et muet, il est aussi le narrateur du récit) est complexe et très intéressant de par sa double culture.
    N'hésitez pas à consulter l'excellente critique de Hahasiah si vous voulez en savoir plus
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    • Livres 4.00/5
    Par Ingannmic, le 11 septembre 2014

    Ingannmic
    Tout le monde -ou presque- connaît le célèbre film de Milos Forman...
    ... voilà le genre de postulat qui a tendance à m'agacer, même s'il est sans doute assez juste.
    Cela remonte à l'époque où je vivais encore chez mes parents. Non pas une époque antédiluvienne, mais disons que ça ne date pas d'hier, d'autant plus que j'ai quitté le foyer familial relativement jeune. Bref, je regardais déjà assez peu la télé, trop occupée que j'étais à dévorer, à la moindre seconde de temps libre, fictions et essais, polars et nouvelles, théâtre et poésie...
    Pourtant, j'étais attachée à certains programmes, comme le Ciné Club par exemple, qui vous donnait rendez-vous chaque vendredi en deuxième partie de soirée avec une vedette du cinéma en noir et blanc, dont était diffusé un cycle de films... J'adorais le "vieux cinéma", peuplé de beautés froides au destin tragique, d'acteurs au jeu souvent emphatiques. Mais j'aimais aussi ce que l'on considère comme des "classiques" des années 70 : les "Little Big Man", "Apocalypse Now", "Orange Mécanique", ou... "Vol au-dessus d'un nid de coucou".

    Le hic, c'est que j'ai loupé pas mal de ces incontournables, sous prétexte que lorsqu'ils étaient rediffusés à la télévision, on les avait "déjà vus cent fois", selon mes parents (oui, à l'époque, c'était les parents qui décidaient du programme TV, et comme nous n'avions pas d'ordinateur pour regarder tranquillement dans notre chambre la dernière saison de "Games of Thrones" ou "Secret story" lorsque leur choix ne nous convenait pas, nous... lisions). Vous pourriez me faire remarquer, avec raison, que rien ne m'empêchait, une fois émancipée de la férule familiale, de visionner ces films en vidéo, par exemple, et vous auriez raison, mais je crois que je préférais lire, finalement !
    Bon, ma parenthèse est un peu hors de propos parce que "Vol au-dessus d'un nid de coucou", je l'ai vu, une fois, il y très longtemps, et que je m'en souviens même vaguement.
    A priori, je n'aurais jamais envisagé de lire le roman éponyme -je n'ai appris que très récemment que le film était inspiré d'un livre- sans la fabuleuse découverte que je fis au début de cette année en lisant "Et quelquefois j'ai comme une grande idée" de Ken Kesey. Kesey a écrit moins d'une dizaine de romans, dont deux seulement ont été traduits en français. L'un a été publié une première fois dans l'hexagone sous le titre "La machine à brouillard", puis réédité quelques années plus tard sous celui de "Vol au-dessus d'un nid de coucou"...

    Le narrateur, c'est cet indien de deux mètres qui se fait passer pour sourd et muet, parce que c'est bien plus commode. On le laisse ainsi à peu près tranquille, et il peut en passant le balai -tâche à laquelle il est principalement affecté- écouter les conversations très instructives que tiennent entre eux les médecins et les infirmières. Cela fait plus de sept ans qu'il est pensionnaire de l'hôpital psychiatrique dans lequel se déroule le récit (hormis un mémorable épisode de pêche en mer), prisonnier du "système" que son esprit malade imagine régi par toutes sortes de mécanismes sophistiqués et implacables....
    La belle mécanique s'enraie avec l'arrivée d'un nouveau pensionnaire : McMurphy. Un homme charismatique, un rebelle à la prestance hilare et braillarde, qui a roulé sa bosse de casinos en pénitenciers, et accumulant ce faisant de multiples connaissances dans les bordels situés sur sa route.
    Avec McMurphy, c'est la révolution qui s'insinue peu à peu. Il parvient à encourager, avec sa faconde et sa ténacité, les autres pensionnaires, jusque-là passifs et craintifs, à s'exprimer, à revendiquer pour obtenir une amélioration leur quotidien.
    Il leur réapprend à rire.
    Le grand chef lui-même se libère peu à peu des angoisses qui occulte sa lucidité, renouant ainsi avec une fierté oubliée.
    Mais tous ces changements remettent en question l'autorité de Miss Ratched, l'infirmière en chef qui régentait jusque-là les malades à la baguette, si nécessaire à coups d'électrochocs...
    Un combat sans merci s'engage entre elle et McMurphy. On a beau savoir qu'il est perdu d'avance, que McMurphy -ainsi qu'il le sait sans doute lui-même-, inéluctablement, court à sa perte, il est hors de question, de plier l'échine. Sa résistance et sa rébellion face à un système inique et aliénant constituent, par l'étincelle qu'elles auront su allumer chez ses compagnons d'infortune, qui recouvrent, galvanisés par son audace, une part de leur statut d'hommes, ses plus belles victoires.
    Il les paiera bien cher...
    "Vol au-dessus d'un nid de coucou" est un roman très riche, qui parvient à être à la fois drôle et terrible, cauchemardesque et haut en couleurs. Il s'en dégage une incroyable énergie, une grandiloquence gouailleuse qui forme avec l'aspect par ailleurs éminemment sordide du contexte de l'intrigue une curieuse osmose, qui ne peut laisser indifférent.
    Sans doute ce titre n'a-t-il pas l'amplitude et l'originalité stylistique d'un "Et quelquefois j'ai comme une grande idée", mais c'est malgré tout un excellent roman !


    Lien : http://bookin-ingannmic.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Philemont, le 16 janvier 2014

    Philemont
    Randall McMurphy, petite frappe braillarde et remuante, choisit l'asile pour échapper à la prison. Miss Ratched dirige d'une main de fer son service psychiatrique, et sanctionne tout manquement à grand renfort de pilules et autres traitements de choc, lesquels rendent la vie quasi végétative. Entre les deux personnages s'engage une lutte qui monte crescendo dans la tragédie.
    L'histoire de cette confrontation est par ailleurs narrée par un troisième personnage, Bromden, le « Grand Chef » indien qui se fait passer pour sourd et muet, et qui de ce fait en est un témoin privilégié. Il sera aussi le seul à s'échapper physiquement de l'enfer dans lequel il vit avec McMurphy et les autres malades. Il en sera certainement tout autrement de sa santé psychique...
    Par ce biais Ken KESEY nous immerge donc dans un univers psychiatrique glacial et n'ayant plus rien d'humain. Les « malades » y sont simplement parqués, en aucun cas soignés ; pour beaucoup on peut même s'interroger sur la réalité de leurs problèmes de santé, certains étant d'ailleurs là à titre volontaire. Quant à l'équipe médicale, incarnée par Miss Ratched, on peut se demander si elle ne pourrait pas tout simplement être gardienne de prison, et si ce n'est pas elle qui a un problème de psychopathie.
    Vol au-dessus d'un nid de coucou est un roman fort, peut-être même l'oeuvre culte de toute une génération d'américains. Il est notamment remarquable pour l'épaisseur psychologique des personnages mis en scène, et ce d'autant plus qu'il s'agissait alors du premier roman de Ken KESEY, inspirateur par ailleurs du mouvement psychédélique apparu dans le milieu des années 1960. Il sera rendu célèbre internationalement un peu plus tard, grâce à l'adaptation cinématographique de Milos Forman en 1975. Il est depuis considéré comme un classique de la littérature mondiale.
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    • Livres 5.00/5
    Par raynald66, le 24 novembre 2014

    raynald66
    J'avais adoré le film avec Jack Nicholson et je n'ai pas été déçu.
    L'histoire : Mc Murphy se fait passer pour fou afin d'éviter la prison et les corvées. Il va semer la zizanie dans cet asile de fous ou tous les patients sont très attachants. J'ai choisit un extrait mémorable ou tous les pensionnaires sont assis face au poste de télé éteint (dans le film, le passage est beaucoup plus amusant car Jack Nicholson commente le match malgré les protestations de la CHEF !) :
    Extrait :
    Arrêtez ! Arrêtez ! Je vous dis d'arrêter...
    Nous sommes tous assis devant le poste éteint, les yeux fixés sur l'écran opaque comme si nous suivions la partie et que ce fût aussi clair que le jour tandis que, dans notre dos, elle s'époumone et glapit.
    Si quelqu'un survenait et voyait le spectacle : des hommes regardant un poste de télévision éteint, une vieille de cinquante ans qui hurle et tonitrue d'ordre et de rébellion, il penserait avoir affaire à une belle bande de cinglés !
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    • Livres 4.00/5
    Par Kejik, le 13 novembre 2014

    Kejik
    Je n'ai jamais vu le film et je viens de le lire pour la première fois.
    Il paraît que le film est très dur alors j'avais un peu d'appréhension en le commençant, espérant que ce ne serait pas trop glauque...
    Et j'ai été surprise ! Très surprise !
    Ken Kesey écrit avec un style très gracieux, doux, presque un peu mélancolique.
    On vit l'histoire à travers le regard d'un des "aliénés", on comprend ses pensées et sa structure du Système, on ressent cette nostalgie du "mieux avant" sans pour autant verser dans le mélodramatique.
    Et la grande question demeure : dans notre société, qui sont les "fous" et qui sont les "sains" ? Qui édicte les règles d'une société de plus en plus folle ?
    Et que sommes nous lorsque nous tombons entre les mains de quelqu'un d'apparence saine mais qui est peut-être plus folle que n'importe qui ?
    Sommes nous fous parce que nous sommes poussés à l'être ou est-ce un état si naturel que ça ?
    Dans notre mode actuelle, nous parlons de pervers narcissiques, comme si c'était la révélation du siècle.Mais Ken Kesey savait déjà, à l'époque, de quoi on parlait...
    Un livre éblouissant, confortable, parlant de la diversité de nos êtres, de nos folles énergies et de l'anticonformisme, de la répression de l'être, de ce que nous sommes.
    Je le recommande chaudement?
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Citations et extraits

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  • Par raynald66, le 24 novembre 2014

    Que veux tu que je fasse ? Je ne peux pas guérir ton bégaiement. Je ne peux pas effacer les cicatrices de rasoir de ton poignet, ni faire disparaître les brûlures de cigarettes sur le dos de ta mains. Je ne peux pas te donner une autre mère.
    Et tant que la Chef te mènera comme elle te mène, t'enfonçant le nez dans ta propre faiblesse jusqu'à ce que rien ne demeure plus du peu de dignité qui te reste encore et que tu t'anéantisses à force d'humiliation, je ne pourrai rien.
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  • Par raynald66, le 24 novembre 2014

    Quand ses mains et son visage bougent ainsi librement, c'est vraiment joli à voir ;
    mais quand il lutte pour les immobiliser, il se transforme en une marionnette endiablée, qui danse sur un rythme saccadé.

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  • Par raynald66, le 24 novembre 2014

    Mais les autres ont tellement la pétoche qu'ils n'osent même pas rigoler !
    ça m'a frappé quand je suis entré, personne ne riait.
    Si je vous disait que depuis que j'ai franchi cette porte, je n'ai pas entendu un vrai rire ? Et je vais te dire, mon vieux : un gars qui perd la faculté de rigoler, il perd aussi les pédales.

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  • Par raynald66, le 24 novembre 2014

    Toutefois, je remarque que le médecin du pénitencier a ajouté une appréciation qui ne manque pas d'intérêt :

    "Ne pas négliger l'éventualité que le sujet simule pour échapper à un travail pénible

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  • Par raynald66, le 24 novembre 2014

    J'cherche pas d'histoire, mon petit. Mais je veux pas non plus avaler un truc sans savoir. Et si c'était une de ces drôle de pilules qui me transforme en quelques choses que je ne suis pas, hein ?

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Vidéo de Ken Kesey

Ken Kesey - Et quelquefois j'ai comme une grande idée .
Dominique Borde nous présente l'ouvrage de Ken Kesey "Et quelquefois j'ai comme une grande idée". Parution le 3 octobre aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Notes de Musique : The Horace Silver Quintet 8 - Que Pasa (Trio Version)








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